La solution à la crise, c’est vous… sans vous (1)

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« Vous », vous connaissez ?

Bien sûr ! Vous ne connaissez que lui !

Mais « vous sans vous », qui est-ce ?

« Vous » est une histoire, comme celles qu’on raconte aux enfants pour les endormir.

« Vous » est une arme de distraction massive.

« Vous » est une illusion qui ne s’intéresse qu’aux illusions, et qui rejette la réalité ; qui entretient même un rapport de haine avec elle. Et c’est d’ailleurs à ce rejet haineux que l’on doit l’inconscient ou, plus exactement, l’habitude d’inconscientiser ce dont le « vous » ne veut pas.

Au fait, qu’entends-je par « réalité » ? Eh bien, disons simplement que c’est ce qui resterait dans votre conscience après que vous l’ayez débarrassé de l’ego. C’est le « vous sans vous ». Le Soi universel sans ego personnel. Votre véritable nature.

Alors, si vous éprouvez depuis quelques temps une certaine lassitude à entretenir votre « vous » illusoire, s’il affleure à la lisière de votre conscient quelque chose comme un remord à accepter passivement d’être sempiternellement affligé de ce « vous » problématique et dangereux… suivez-moi, on va parler de vos deux identités : la fausse et la vraie.

 

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Personnellement, je me souviens que ma fausse identité commençait très sérieusement à affirmer sa séparation, vers l’âge de trois ou quatre ans, lorsque je hurlais « moi c’est moi, c’est pas les autres ! » pour faire reculer tous ceux qui insistaient trop lourdement dans leurs tentatives de me rendre conforme aux exigences du troupeau.

Plus tard, beaucoup plus tard, je devais m’interroger à m’en labourer l’âme à propos du sentiment d’être soi.

Je ne réussissais pas à me représenter par quel mécanisme, digne de l’anneau de Moebius, le sentiment d’être cet unique soi-même parvenait à être éprouvé par… tout le monde ! Comment la principale chose que nous ayons en commun (le moi) s’avérait-elle être précisément ce qui nous séparait les uns des autres?

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C’est ce questionnement sans espoir de réponse qui, au bout du désespoir auquel il ne manqua pas de me conduire, désintégra pour la première fois mon petit ego.

Mais avant de vous en conter l’histoire, je vous propose ce mini Satsang-vidéo de Burt Harding pour vous aider à bien positionner le double concept ego/Soi dans votre esprit et, éventuellement, réaliser un certain nombre de vérités éveillantes concernant votre identité.

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A ce stade, la question qui se pose normalement ne devrait pas être « Quand est-ce qu’on mange ? » mais « Comment passer de l’ego au Soi ? ».

Burt parle d’une « expansion ». Et c’est effectivement un modèle de « Chemin » repris par de nombreux instructeurs spirituels.

Comme un ballon de baudruche, l’ego gonfle, gonfle… et éclate ou, si l’on préfère, se dissout dans l’immensité indéfinie du Soi.

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D’autres préfèrent décrire le processus en employant le modèle de l’interversion des identités. C’est notamment la doctrine exposée par le Christianisme dans la phrase du Baptiste : « Il faut qu’Il croisse et que je diminue ».

« Il », c’est le Christ, le Soi ; et « je », c’est l’ego. Au fur et à mesure que l’illusion de l’ego se défait, le sentiment du Soi se révèle.

Ces deux perspectives paraîtront naturellement contradictoires à tout mental fonctionnant en mode duel, mais elles ne sont en réalité que les deux faces d’une même pièce. Elles reviennent, en tout cas, exactement au même !

 

La spectaculaire résolution du Koan

Pour en revenir à mon aventure personnelle, ne parvenant pas à résoudre le Koan de cette invraisemblable « identité individuelle partagée par tous », il finit par m’arriver ce qui arrive souvent dans ces cas là : mon impression fallacieuse d’ego s’est trouvée brusquement submergée par l’impérieuse réalité du Soi.

Je suppose que chacun vit cette première expérience d’éveil à sa manière… puisque le caractère momentané de cet épisode, malgré son apparence transcendantale, ne l’inscrit dans rien d’autre que dans la petite histoire de l’ego. D’un ego spiritualiste, certes, mais d’un ego.

Pour ma part, c’est l’océan de conscience qui me servit essentiellement de référence archétypale. Pour être vraiment précis, je dirais plutôt l’océan-univers-Esprit. Je n’étais plus l’ego ni, bien sûr, le corps, mais une conscience océanique sans dimension et contenant Tout.

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Ramakrishna relate une semblable expérience au début de son Chemin d’éveil. Mais l’intensité avec laquelle ce remarquable mystique l’a vécue confère à son récit un caractère spectaculaire inégalable.

Je vous laisse le savourer.

« La pièce, avec toutes ses portes et ses fenêtres, le temple, tout s’évanouit. Il me sembla que plus rien n’existait. Et, à la place, je perçus un océan d’esprit, sans limite, éblouissant. De quelque part que je tournasse les yeux, aussi loin que je regardais, je voyais arriver d’énormes vagues de cet océan luisant. En un instant, elles furent sur moi, elles m’engouffrèrent. Roulé par elles, je perdis conscience, et je tombai… Comment passèrent ce jour et le suivant, je ne le sais point. Au dedans de moi roulait un océan de joie ineffable. Et jusqu’au fond, j’étais conscient de la présence de la divine Mère ».

 

Un baptême et une crucifixion

Que ce soit avec ou sans présence de la divine Mère, voilà en tout cas une des façons de rencontrer le Soi.

C’est une rencontre exceptionnelle et inoubliable, que les Chrétiens ont dénommé « Baptême » ou, pour reprendre la traduction Chouraqui, « Immersion » ; car il est bien évident que le rite sur les fonts baptismaux ou dans les eaux d’une rivière n’est pas le vrai Baptême d’Esprit.

Est baptisé celui dont le mental a été immergé dans le Soi. Sur lui, comme sur le Christ du mythe chrétien, se pose la colombe de l’Esprit, cette colombe messagère de paix que, dans un langage plus moderne et moins cryptique, j’appelle tout simplement « la faculté intuitionnelle ».

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Cette faculté est un pouvoir naturel de conscience, le premier pouvoir transpersonnel, qui rayonne la Connaissance sur un mental désormais passé du statut de maître à celui de serviteur.

L’épisode de l’Immersion est certainement tout à fait à part, mais on est en droit de le considérer comme le début du Chemin réellement spirituel (avant, ce n’était qu’un sentier pré-spirituel).

A partir de là, il ne reste plus au mental qu’à abandonner, au quotidien, de manière non violente et à plus ou moins brève échéance, la structure égocentrée qui le caractérisait jusqu’alors.

Et au bout de ce Chemin, comme chacun sait, l’ego – ou ce qu’il en reste – est crucifié. C’est alors que la Conscience-fils (la faculté intuitionnelle) retourne à la Conscience-père (le Soi).

Les Indiens, quant à eux, donnent, à cette faculté intuitionnelle, le nom de Guru ou, plus exactement, de Satguru, le Maître intérieur. C’est lui et lui seul qui, en présence ou non d’un Maître extérieur, vous guidera dans votre investigation de vous-même, dans ce que Ramana Maharshi nommait « Atma Vichara » et que l’on peut traduire par « Qui suis-je ? »

 

« Qui suis-je ? »

Avec ce « Qui suis-je ? » voilà, non pas une question philosophique que vous trouverez sans doute confortable de caser quelque part dans le nid douillet de votre intellect, mais une attitude de conscience.

« Qui suis-je ? » est une formule générique proposée par une multitude de Maîtres spirituels dans l’histoire, de Socrate à Ramana Maharshi.

Elle désigne l’état interrogatif, réceptif, de la conscience. Tant que votre conscience n’est pas un réceptacle, tant qu’elle n’est pas vide, elle demeure impropre à accueillir le Soi. Pourquoi ? Parce qu’elle est pleine d’ego, c’est-à-dire d’arrogantes affirmations concernant des croyances de tous ordres.

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« Qui suis-je ? » vous invite à « décroire » plutôt qu’à croire. Ne croyez en aucune identité égocentrée, en aucune histoire personnelle. Et quand cet état constamment interrogatif aura rejeté toutes les facettes de votre ego… il ne restera que ce qui a toujours été : le Soi.

Pour vous aider à percevoir, au-delà des mots, ce qu’est ce Soi, cette identité non égocentrée, voici une réponse utilisée par Gangaji pour désintégrer dans l’amour la question « Qui suis-je ? »…

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Secourue par un tel témoignage, je souhaite que votre compréhension de ce qu’est l’illusion de l’ego-story et surtout de ce qu’est le véritable Soi commence à creuser ses premières fondations dans votre esprit.

Dans le prochain post, j’aborderai la délicate question de votre reddition à la conscience universelle (la Totalité) au fur et à mesure que votre ego devient impuissant à vous illusionner.

Et l’on découvrira notamment pourquoi la prière « Que La Volonté de la Totalité soit faite, et non la mienne ! » n’a aucun sens tant que l’ego n’a pas lâché prise.

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15 commentaires

  1. Stéphane /

    Bonjour,

    Puisque nous sommes un et un seul derrière l’illusion de la multiplicité des formes et qu’il semble que nous le sachions tous les 2 ( j’adore le paradoxe :-) ), puis-je te tutoyer ? Je vais partir sur la base d’une acceptation mais si tu souhaites plutôt le vous, cela ne me posera pas de problème.

    Si tu le permet je souhaiterais ajouter une petite chose à ton excellent article.

    Car en effet, l’ego est la bête noire des milieux spirituels. Cependant, il ne faut pas oublier que l’ego fait lui-même partie du processus de dévoilement de l’être.

    Je prends parfois comme exemple la coquille de l’oeuf dans lequel le poussin grandit. Et bien l’ego humain, c’est cette coquille.

    Alors bien évidemment que cette coquille, il va falloir la percer pour pouvoir continuer à grandir. Mais il ne faut pas non plus oublier que cette coquille a, à son propre niveau, son utilité.

    Car comme le poussin a besoin de cette coquille pour grandir à l’abri, nous avons besoin d’un ego pour arriver à la notion d’individualité.

    Et comme le poussin va développer de la force pour briser sa coquille lorsqu’il s’y sent étouffer et à l’étroit, nous allons nous aussi acquérir certains forces et qualités à percer la coquille de l’ego.

    C’est d’ailleurs grâce à cette percée de coquille que nous acquérons ce qui nous est essentiel pour vivre la phase qui suit celle de la coquille.

    Bref, tout cela pour dire que OUI, il faut dépasser l’ego étriqué mais sans oublier qu’il est la base à partir de laquelle toute personne humaine va pouvoir se lancer dans la formidable aventure de la Vérité au sujet de Soi.

    N’oublions qu’il est dit « aimes tes ennemis.. » et que si cet ego est « l’ennemi » de la libération spirituelle, il faut l’aimer pour ce qu’il est afin de mieux pouvoir le dépasser.

    Car il est un fait que ce à quoi nous résistons persiste… et lorsque l’ego devient l’ennemi à abattre (comme je l’ai trop souvent rencontré dans certains milieux spirituels), alors nous ne faisons que le renforcer et nous enfermer dans un conflit avec nous-même qui est à l’exact opposé de la direction de la libération.

    Voilà cher ami ce que je voulais partager ici avec toi/moi/nous… ;-)

    Stéphane

    • BK /

      Cher Stéphane, bonjour,

      Tout d’abord – et pour emprunter à la formule d’Audiard -, « je ne permets pas le tutoiement, je préconise » !

      Ensuite et surtout : tu as absolument raison ! L’ego, comme tout ce qui est, a son utilité… puisque ça est.

      Quant à « aimer l’ego », amusante coïncidence, c’était précisément le thème d’un commentaire que j’ai laissé la semaine dernière sur le blog d’Olivier Roland, « Des livres pour changer de vie ».

      Voici ce commentaire :

      « Question piège : qui est-ce qui cherche à maîtriser l’ego ? Eh bien c’est… l’ego.

      « Il a tout à y gagner. En prenant comme ennemi ce qu’il appelle « ego », l’ego va créer un nouveau conflit, peut-être le plus intense de tous. Or, l’ego se nourrit de conflits.

      « Pour détruire l’ego, il ne faut pas le combattre. En fait, le principe naturel de destruction s’en charge. Il suffit d’entrer dans la conscience observatrice. Observer le fonctionnement de l’ego en temps réel et sans jugement, je dirais même avec amour. C’est la seule chose qu’il ne supporte pas : l’amour, la conscience, la lumière.

      « Surtout pas de refoulement, de censure ou de répression ! »

      L’ego « coquille d’oeuf » est également une métaphore des plus pertinentes. Il y a indéniablement un temps de gestation nécessaire pendant lequel il serait criminel de tenter d’entrer dans la phase Djihad vis à vis de l’ego. Cela reviendrait à un avortement spirituel.

      Il y a donc bien un temps pour le « développement personnel » et un temps pour le « développement transpersonnel ». Une phase « décollage de la fusée » où l’ego joue son rôle de premier étage, et une phase de « largage du premier étage et d’entrée dans l’apesanteur » où l’ego doit tomber de lui-même, comme un fruit mûr ou une feuille morte. La seule chose « à faire » est de veiller à ne pas s’y opposer.

      D’ailleurs, dans sa petite vidéo, Burt Harding évoquait justement cette nécessité d’aimer l’ego.

      Pour ma part, j’avais prévu de développer ultérieurement un autre sujet crucial, celui de « l’utilité du moi pour cibler le Soi ». Tu le dis toi-même « l’ego fait partie du processus de dévoilement de l’être ». C’est en effet fondamental !

      A aucun moment, donc, le « Chemin » ne consiste à partir en guerre contre l’ego. Quelques Maîtres spirituels, comme par exemple Prajnanpad, se sont beaucoup « amusés » à prendre le contre-pied de certaines conventions spiritualistes, notamment en enseignant que l’ego faisait partie de l’axe du bien plutôt que de l’axe du mal.

      Cela étant, il est vrai aussi que le « discours spiritualiste » (pardon pour le pléonasme) ne parvient à maturité qu’à partir du moment où il expose les deux faces du problème/solution.

      En cristallisant le discours sur une seule face (par exemple, « l’ego c’est mal ») on invite les gens à roupiller dans leur intellect. Bien sûr, en disant « l’ego c’est bien »… cela revient au même.

      Il faut évidemment que les antagonismes conceptuels copulent. Mieux vaut donc avancer les deux points de vue, d’une part pour relativiser la valeur supposée des points de vue, et d’autre part pour favoriser la possibilité de rupture intellectuelle.

      C’est un peu le principe du Koan ou, plus exactement, de cette bonne blague juive que tu dois connaître :

      Un rabbin réunit ses disciples et leur dit « la Vérité est blanche ». Les disciples vont alors chercher confirmation de cet enseignement chez d’autres rabbins, mais en vain. Finalement, ils en trouvent quand même un qui leur dit « La Vérité est noire ». N’y comprenant rien, ils retournent chez leur rabbin d’origine et lui rapportent le résultat de leur quête. Le vieux rabbin grommelle alors dans sa barbe : « Hmmm, la Vérité serait noire ?… Ah voui, on peut aussi le dire comme ça ! »

      Si nous posons un objet sur une table, en le décalant légèrement, et que nous soyons face à face, de chaque coté de la table, tu pourras dire « l’objet est à droite » et moi « l’objet est à gauche ».

      A partir de là, si notre esprit est hypnotisé par la reliogiosité, nous nous ferons la guerre. Mais si nous sommes en paix dans la spiritualité, alors nous éclaterons d’un grand rire entendu.

      Ce sera mon propos, sur ce blog, d’inviter nos esprits à organiser de grandes partouzes, avec copulation des antagonismes conceptuels et grosses rigolades, bien entendues.

      Bernard

      • Olivier Roland /

        Bravo pour vos excellents commentaires Bernard et Stéphane. Je commence à être impressionné par la qualité des commentaires que tu publies, Bernard ! ;)

        Au sujet de la guerre de l’égo à laquelle se livre certaines pratiques spirituelles, Steve Pavlina a écrit deux articles marquants qui devraient vous intéresser :

        The war on ego (2008)

        How to build a stronger ego (2010)

        Qu’en pensez-vous ?

      • BK /

        Olivier, bienvenue et merci pour ce commentaire et ces liens qui, indéniablement, posent une question centrale : faut-il détruire l’ego ou le renforcer ?

        Petite mise au point : plutôt que d’ego je vais préférer parler de « mental égocentré » pour mieux me faire comprendre.

        Maintenant, soyons honnêtes : la plupart du temps, le mental humain est dysfonctionnel. Rien d’étonnant à cela puisque notre humanité ne dispose de ce mental que depuis peu, et que son psychisme est resté encore très enchevêtré dans ses racines animales.

        On peut donc voir l’ego comme un vestige d’animalité dans le mental. C’est la « Bête » dont parle l’Apocalypse ou, d’un point de vue plus éthologique, une réorganisation, dans le champ mental, des pulsions animales qui nous poussent à dominer ou se soumettre, marquer son territoire, se battre ou fuir…

        Alors, bien sûr, plutôt que « ego », on peut trouver toutes sortes d’autres noms pour désigner les dysfonctions du mental. Les Orientaux les regroupent sous le nom de Maya, l’illusion, ou d’Avidya, l’aveuglement… mais cela n’empêche à peu près tous les spiritualistes de s’accorder par ailleurs sur l’emploi du terme d’ego.

        Malheureusement et inévitablement, le mot « ego », depuis le temps qu’il râpe nos langues, finit par être interprété de bien des manières discordantes.

        Mais si l’on s’en tient à son sens de « dysfonctionnement fondamental du mental », on admettra volontiers qu’il faille s’en libérer.

        C’est alors que la question rebondit : s’en libérer, oui, mais de quelle manière ?

        Les uns hurlent « tuez-le ! tuez-le ! » ; les autres « renforcez-le ! », voire « aimez-le ! »

        Eh bien, un peu de bon sens suffit pour comprendre qu’il serait périlleux de libérer le mental de son fonctionnement égocentrique tant qu’il est encore trop faible pour supporter l’opération.

        Car l’opération en question n’est pas une mince affaire ! Nous parlons ici d’une mutation de conscience affectant des fonctionnements mentaux, cérébraux, nerveux et même hormonaux vieux de dizaines de millénaires !

        Faire subir un tel bouleversement à un mental faible revient presque toujours à envoyer l’individu chez les fous ou au cimetière. Au minimum, cela provoquerait une dépersonnalisation franchement prématurée.

        Il faut donc bien, préalablement, renforcer le mental. Tout au moins, j’insiste, dans un premier temps et… d’une certaine manière.

        Tout est en effet dans l’art et la manière. Il ne s’agit évidemment pas de laisser l’ego profiter de l’aubaine pour cultiver ses plus mauvais penchants, arrogance, vanité et pourquoi pas violence…

        Pour que le renforcement soit salutaire, pour qu’il aille dans le sens d’une thérapie des dysfonctionnements mentaux, il doit impérativement consister en un assouplissement.

        Le mental doit devenir souple. C’est d’ailleurs à cet effet que les Traditions spirituelles prônent des solutions comme l’humilité, la compassion, etc.

        Inversement, comprendre le renforcement de l’ego dans le sens de rigidité (ce à quoi mène souvent la religiosité) serait la plus grave des erreurs.

        En revanche, rendre le mental plus souple, plus léger, plus transparent, lui confère une puissance qui n’a rien à voir avec la force brute. C’est plutôt une pénétration… en douceur et profondeur. Une très grande profondeur !

        En fait, un mental fort est un mental qui commence à faire l’apprentissage du « miracle ». Je veux dire par là qu’il agit dans le mouvement de la vie, dans le sens de l’énergie. Comme un maître d’art martial ou de Taï Chi.

        Mais attention : il ne s’agit encore là que d’une mise en application de « l’intelligence » (pour reprendre le terme de Steve Pavlina).

        Car, dans un deuxième temps, ce que l’illumination va apporter au mental dépasse incommensurablement les bienfaits de l’intelligence.

        Quand l’ego s’est dissipé et que le mental est devenu tranquille, ce dont ce « mental pur » se fait le réceptacle est la conscience de la Totalité.

        Jean de la Croix disait : « Si tu veux être le Tout, veille à n’être quelque chose en rien ».

        « N’être quelque chose en rien » se réalise en se libérant de l’ego.

        « Etre le Tout » n’a pas besoin d’être réalisé. C’est déjà la réalité ! Une réalité qui ne demande qu’à être révélée à la dissolution de l’ego.

        Cela dit, il est crucial de bien distinguer ces deux phases et surtout de savoir dans laquelle des deux on se situe.

        Steve Pavlina en est clairement à la première, et il fait preuve de la plus grande sagesse en rejetant le processus de destruction de l’ego. Car, je le répète, déstructurer un ego insuffisamment assoupli conduit à la dépersonnalisation.

        Mais il est évident que lorsqu’arrive le temps de passer à la deuxième phase, une stagnation dans la première serait tout aussi dommageable… sauf que, cette fois-ci, la conséquence serait une cristallisation de l’ego.

        Pour finir, je vais faire référence au mythe chrétien. Disons donc que la première phase est celle de Jean-Baptiste qui « aplanit les sentiers pour son Seigneur » ; et que la deuxième est celle de l’arrivée de Jésus.

        Ce que cela veut dire, c’est que la première phase fait intervenir la volonté (en l’occurrence, une « bonne » volonté) ; alors que la deuxième arrive d’elle-même, d’au-delà du Jourdain (en provenance du non-moi).

        C’est alors le moment de l’illumination, de l’immersion dans les eaux de la Grande Conscience… et c’est aussi le début du Chemin immobile qui va de soi à soi ou, plus exactement, du moi au Soi.

        Bernard

  2. Bonsoir BK,

    Waouh! Tes articles sont encore plus alambiqué que tes commentaires!

    En ce qui concerne le sujet, je n’avais jamais réussi à vraiment maitriser la différence entre le « Soi » et le « Je ».

    L’explication simple que tu en fait m’aide a un peu mieux encore cerner la différence entre les deux, savoir la limite du « je » et la limite de son « Soi ».

    A bientôt et félicitations pour ton blog !

    Cordialement,

    • BK /

      Bonsoir Jonathan,

      Merci pour ces appréciations fort appréciées, et bienvenue !

      Pour ce qui est du je et du Soi, il ne faut toutefois pas voir dans mes explications des définitions définitives. Je suis en effet contraint, pour des raisons bien compréhensibles de compréhension, de m’en tenir à certains choix sémantiques.

      Mais, au-delà, chacun serait avisé d’en percevoir plus librement le sens en fonction du contexte.

      Le « Je » ne fait pas nécessairement toujours référence à la même identité chez tout le monde. Le « Je » de Ramana Maharshi, par exemple, désignait le Soi. Alors que celui de Mame Michu ne correspond généralement qu’à un ego basique.

      Et à quoi va-t-il correspondre chez le schizophrène ou en cas de personnalités multiples ? Là, on est encore en dessous du niveau de l’ego.

      Donc, pour simplifier, distinguons seulement le « moi » ou « ego », d’une part, et le « Soi » d’autre part. Pour faciliter, on écrit souvent les premiers avec une minuscule, et les second avec une majuscule.

      On peut aussi parler d’identité personnelle et d’identité transpersonnelle (ou impersonnelle).

      Quant au « je » laissons-le à l’appréciation de la clientèle.

      Bonne soirée

      Bernard

      • Et oui, c’est pour ça que je parle de différence entre les deux.

        Car elle change en fonction des personnes et de leur compréhension.

        Ton article me permet d’un « peu » mieux cerner la frontière entre mon « Moi » et mon « Je ».

  3. Bonjour Bernard,

    Le « Qui suis-je ? » est aussi tributaire de nos liens et échanges avec les autres.

    Pour certaines personnes, nous sommes brillants et pour d’autres, nous sommes verbeux. Pour certains nous apparaissons cyniques alors que d’autres encensent notre gros bon sens.

    D’ailleurs, c’est curieux comme on ne raconte pas une anecdote de la même façon selon la personne à qui on se confie.

    Un jour, je me suis amusée à faire la liste des reproches de mes ex. J’ai été tour à tour : trop intellectuelle, pas assez cultivée, trop émotive, trop rationnelle, trop indépendante, dépendante affective, j’en passe et des plus « confusionnantes ».

    Les partenaires amoureux sont de bien étranges miroirs, surtout quand ils cherchent une raison pour nous quitter.

    Même notre propre perception affecte notre sentiment d’identité dépendant des jours, des événements, de nos réussites et de nos échecs.

    Alors plus je vieillis, plus je trouve que cette notion d’ego est bien surfaite. Qui me regarde dans la glace le matin ?

    Peut-être que nous sommes des acteurs assumant de nombreux rôles et que nous jouons dans plusieurs pièces de théâtre à la fois ?

    Un titre d’article : « La fluctuation de l’être à la poursuite de l’identité ».

    • BK /

      MarieBo, bonjour,

      Ah ça, tu as mille fois raison de souligner cet amusant constat de la vie quotidienne : les uns nous voient comme çi, les autres comme ça… et on le leur rend bien !

      Déjà, il y a le regard influencé par les rôles familiaux. Tu n’es pas vue de la même manière en tant que mère, ou que fille, ou que soeur, ou qu’épouse, etc. D’ailleurs jusqu’à quel point est-on le même à 2 ans, à 17 ans, à 50 ans, à 80 ans ?…

      Ensuite, il y a le regard de ceux qui ont un problème irrésolu dans un coin de l’inconscient et qui le projettent sur toi, t’accusant sans vergogne de leurs propres défauts… alors que tu n’y es pour rien !

      Il y a également les extrémistes, qui te croient systématiquement de l’autre bord. Par exemple un gars d’extrême gauche qui te considère automatiquement de droite dès que tu respires.

      De toute façon, il suffit de stocker quelques critères dans sa citrouille pour ne plus voir le monde qu’à travers eux, même et y compris lorsque la démarche est « scientifique ». Il est évident qu’analyser les gens à travers les yeux de Freud, par exemple, ne permet pas plus de les voir réellement qu’en les regardant à travers quelques verres de vodka.

      Un peu d’alcool, quelques tasses de café, une paire de bottes ou des pantoufles, une voiture de sport ou une brouette… et hop, tu changes de sensations et d’identité aussi facilement qu’un comédien chevronné.

      Et que dire de ceux qui souffrent du syndrome des personnalités multiples ? Quand tu as, 5, 10, 50 personnalités différentes ! Ou tout simplement quand tu fais un accident vasculaire cérébral et que tu te transformes en légume. Ou mieux encore, quand tu es amnésique…

      Et, dans les rites de possession, ceux qui sont le « cheval » d’un esprit. Ou, dans certaines applications délirantes de l’hypnose, ceux que l’on a convaincu qu’ils étaient la réincarnation de Ramsès II…

      Ou encore, tout simplement quand tu rêves que tu es quelqu’un d’autre, ou toi-même avec 30 ans de moins… ou 40 de plus.

      Donc je recopie à présent soigneusement ta formule : « La fluctuation de l’être à la poursuite de l’identité » et je te réponds :

      Non, ce n’est pas l’être qui fluctue, c’est l’identité !

      D’ailleurs, il n’y a pas que l’identité qui fluctue. Tout fluctue. Les Bouddhistes appellent ça l’impermanence. Tout change constamment. Dans ces conditions, à qui se fier ? A quoi croire ?

      C’est généralement quand ce genre de constats commence à te ravager l’âme que :

      soit tu te réserves une place à l’hôpital psychiatrique le plus proche,

      soit tu entreprends une investigation plus poussée de ta conscience.

      Le plus gros problème avec l’ego, c’est qu’il n’existe pas. On ne peut donc pas le saisir et lui tordre le cou. Mais en tant qu’illusion, tu lui confères malgré tout suffisamment de puissance pour qu’il t’isole complètement de la réalité et notamment de celle des autres.

      L’ego ne te permet pas de voir l’autre. Au contraire, il prend les autres en otage et s’en sert d’écrans pour projeter sur eux ses fantasmes.

      Et même lorsque tu passes à la vitesse supérieure en terme d’intelligence de la vie, et que tu comprends que les autres sont des miroirs, l’image que tu reçois d’eux n’est pas plus vraie que celle qu’ils ont sculptée à ton effigie dans leur mental.

      Bref, tu as une image de toi, une image des autres, et les autres ayant aussi une image de toi cela influence encore un peu plus faussement l’image que tu te fais d’eux.

      Et puis, tu as aussi une image du monde, une image de tes activités et même, le cas échéant, une image du spirituel, etc.

      C’est un vrai petit cinéma. Mais, dans tout ça, on n’est pas dans la vraie vie !

      Et pourtant… Pourtant, tu es la vraie vie. Car il n’y a rien d’autre que la vraie vie. Même l’illusion fait partie de la vraie vie. Et l’impermanence est la seule constante sur laquelle on puisse compter.

      Alors, c’est finalement lorsqu’on réalise pleinement que l’illusion est illusion et lorsqu’on tombe amoureux de l’impermanence, que l’on commence à vivre vraiment et que l’immortalité de « la vie que nous sommes » se dévoile à la conscience.

      Bernard

  4. Bonjour Bernard,

    Toutes mes félicitations ta résolution 2012 qui va profiter, je le sens, à beaucoup de monde et pour ces articles d’une densité philosophique et spirituelle peu commune.

    Sans entrer dans les détails d’une discussion difficile, tes réflexions m’ont fait penser à une citation de Lucrèce je crois, et qui, me semble-t-il, résume assez fidèlement (sans trop la travestir je l’espère) ta pensée.
    « Fais taire tes opinions, tes sentiments, tes humeurs. Efface ta personne. Alors ton guide intérieur, ne se causant plus aucun trouble à lui-même, te conduit à la chose essentielle qui est en toi l’impassible nature universelle. »

    L’ego est effectivement ce contre quoi les orientaux partent en guerre.
    Plutôt que de le supprimer totalement (car je pense aussi que la métaphore de la coquille de l’oeuf est très pertinente), peut-être que notre travail spirituel (adapté à nos sociétés modernes dans lesquelles nous ne prenons pas toujours le temps de faire 3 mois de méditation dans un endroit reculé du monde) consisterait à, non pas totalement éliminer l’ego, mais plutôt le rendre transparent (trans-parents :-) ), ou, plus précisément, être en capacité, dans certaines situations de la vie de tous les jours, de savoir quand et comment le rendre transparent.

    Bravo encore, et je suis ravi de savoir que ta plume aiguisée nous sera maintenant accessible !!

    • BK /

      Grégory, bonjour,

      « Fais taire tes opinions, tes sentiments, tes humeurs. Efface ta personne. Alors ton guide intérieur, ne se causant plus aucun trouble à lui-même, te conduit à la chose essentielle qui est en toi l’impassible nature universelle. »

      Ah oui ! Mais alors là, c’est un résumé d’une fidélité exemplaire !

      Il faut dire que le bon sens (qui est un autre nom de la métaphysique) ne connaît pas de frontière ni d’époque particulière.

      C’est pourquoi les doctrines d’éveil ont aussi bien fleuri en Occident qu’en Orient et que, parmi elles, on peut distinguer diverses méthodes apparemment différentes mais conduisant toutes au même « sommet de la montagne ».

      Ainsi la méthode consistant à « partir en guerre contre l’ego » (pour reprendre ton expression) n’est pas spécifique à l’Orient. Les Cathares, par exemple, n’en suivait pas une autre.

      Quant aux Orientaux, ils ne partent quand même pas tous en guerre contre ce diable d’ego. Satan s’en faut !

      Il est d’ailleurs fort probable que ce terme de « guerre » soit simplement une métaphore datant des époques belliqueuses où l’on ne connaissait encore rien aux frappes chirurgicales (ah, les ploucs !).

      Plus sérieusement, l’idée de ne pas supprimer totalement l’ego… c’est encore une idée d’ego, ça je parie ?!!!

      1/ L’ego n’est pas une réalité, et encore moins une espèce de sac qu’on pourrait plus ou moins remplir ou vider. C’est une illusion.

      2/ Cette illusion se produit uniquement dans l’infinitésimal instant du présent. C’est la pensée qui la projette. Il n’y a jamais eu d’ego qui pense. C’est la pensée qui génère une impression d’ego. Ou pas. Si pas : il n’y a pas d’ego. C’est aussi simple que ça ! Il y a ou il n’y a pas. Il ne peut pas y avoir à moitié. Pas plus qu’il pourrait exister une moitié de pensée, ou un dixième de pensée.

      3/ La métaphore de la transparence de l’ego est tout à fait pertinente mais seulement applicable à la première phase des opérations (voir, à ce sujet, mes réponses à Stéphane et à Olivier).

      4/ L’illumination, la Voie et l’Eveil sont totalement indépendants de la méditation intensive. Les exercices de méditation (Dharana) sont distincts de l’état de méditation (Dhyana). Beaucoup d’autres pratiques (et même une absence de toute pratique) peuvent parfaitement remplacer Dharana. Des tas de gens ont d’ailleurs pratiqué une méditation intensive toute leur vie sans trouver l’éveil. Et d’autres ont trouvé l’éveil sans rien pratiquer. Ce sont deux choses différentes.

      5/ Et pour finir, il est évident que le « travail » spirituel varie en fonction des cultures, des pays et des époques. Il varie même et peut-être surtout en fonction des individus. Toutefois, parmi toutes les époques, la nôtre se distingue d’une manière exceptionnelle. A tel point que beaucoup de doctrines traditionnelles risquent de s’avérer inadaptées à la plupart des paramètres de la vie moderne. Mais, comme je le disais dans mon précédent article, il y a sans aucun doute un autre facteur, une accélération sans précédent du processus d’éveil ou, tout au moins, de l’éveil au transpersonnel.

      Bon, tout ça m’incite à développer plus avant ces sujets dans de nouveaux articles.

      Donc, la phrase magique : à suivre…

      Bernard

      • Bonjour Bernard.
        Merci pour toutes ces précisions !
        J’ai effectivement fait un raccourci, par trop rapide, entre l’Orient (dont l’histoire serait plus imprégnée de spiritualité) et l’Occident (qui ne se serait pas donné cette peine). Ta remarque sur les Cathares est donc bienvenue !
        Je suis on ne peut plus d’accord sur les points 4 et 5 !
        Pour le reste, je suis content de savoir que la réflexion sera éclairée au fil de tes articles !

  5. RT /

    Bonjour,
    je n’ai jamais pu pour « ma » part me résoudre à m’interroger sur le « qui suis-je ? ». Cela ne m’a jamais taraudé ni même titillé le moins du monde.
    En revanche le « où suis-je ? » ça oui. Où est cet ego dont on parle tant ? Où est-il situé ? Dans la tête ? Ah c’est surement là ! Investiguons plus avant. Essayons de le débusquer.
    Déception.
    Si je porte plus finement mon attention à l’intérieur de cette boîte imaginaire, il(l’ego) fuit sans autre forme de procès. Insaisissable. Alors quoi ? On nous a menti ? Il n’existerait pas ?
    Pourtant la croyance en son existence revient dans les moments d’endormissement. Et l’affaire recommence.
    Douglas Harding préconisait de le pourchasser sans relâche, sérieusement et honnêtement et puis voir, simplement voir (ou entendre ou toucher) ce qui est réellement là. Cette authenticité est la pierre de touche de cette vision sans tâche. Et sur cette pierre…

    Bonne journée

    • BK /

      RT bonjour,

      Effectivement il importe peu de savoir comment formuler l’interrogation. Ce n’est qu’une formule.

      L’important, c’est de s’ouvrir à l’état interrogatif de la conscience. Ça, c’est un espace d’accueil.

      Et c’est depuis cet espace d’accueil que l’on peut constater l’inexistence de l’ego.

      L’ego est une hypnose. Or, qu’est-ce que l’hypnose ? Uniquement la croyance en l’hypnose !

      Les techniques de l’hypnotiseur consistent à pousser l’hypnotisé à ratifier son état d’hypnose.

      Plus on ratifie, plus l’hypnose s’approfondit. Moins on ratifie, plus on s’éveille.

      Pour en revenir à l’ego, rien ne vaut la prise de conscience que l’ego est insaisissable parce qu’inexistant… pour s’éveiller.

      Il ne reste plus alors qu’à réaliser qu’il n’y a pas d’éveil !

      Bernard

  6. Qui suis je ? est une bonne question

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