Le pouvoir des aliments

jan 16

Grandes questions pour certains, sujets sans intérêt pour d’autres :

Quelle est l’incidence de l’alimentation dans la spiritualité ?

Faut-il ou non veiller à la qualité – voire à la pureté – de la nourriture lorsqu’on est en recherche d’éveil ?

Certains aliments favorisent-ils des états de conscience plus élevés ?

D’autres obscurcissent-ils l’esprit ? Et si oui, lesquels ?

Que d’interrogations se posent à ce sujet depuis l’aube de l’humanité !

Ce sont ces questionnements, ô combien légitimes, que nous allons désormais explorer dans une nouvelle rubrique, « Le ventre de l’exospire », qu’à la demande de certains de mes amis je me suis décidé à créer.

Et pour l’inaugurer, commençons donc par l’introduction qui s’imposait : le pouvoir (quasi magique) qu’exercent les aliments sur les humains.

Cene

Depuis toujours l’homme a accordé à la nourriture une importance réellement prépondérante.

Dans les sociétés archaïques, c’était à cause de l’anxiété liée à la peur de manquer.

Et dans l’Occident moderne… pour la raison inverse.

La formule est d’ailleurs désormais tristement célèbre :

Fleche aujourd’hui, une partie de l’humanité est occupée à se demander où trouver de quoi manger,

Fleche pendant que l’autre est désespérément à la recherche de moyens pour maigrir ou éviter de prendre du poids.

Gros cochon

Mais il est également vrai qu’une croissante minorité s’efforce de manger sainement.

Ces adeptes des régimes ou des systèmes diététiques avouent généralement le double objectif d’échapper à la malbouffe industrielle et de retourner à des modes d’alimentation plus naturels et équitables.

Mais que l’on appartienne aux clans des « diet » ou des « grosse bouffe » , les uns comme les autres projettent une quantité invraisemblable de fantasmes sur ce qu’ils mangent.

Et tous investissent l’aliment de pouvoirs qu’il est souvent loin de posséder.

De pouvoirs, qu’à défaut d’un terme plus adéquat, il faut bien qualifier de «magiques».

 07

Les peuples premiers, croyant que c’étaient les puissances surnaturelles qui leur assuraient la nourriture, privilégiaient sans ambiguïté la magie, le symbolisme et la transe pour être certains d’obtenir de quoi manger.

Il fallait absolument exorciser la peur d’avoir le ventre vide et de devenir ainsi la proie des démons.

Manger était donc un moyen de se protéger contre les influences psychiques néfastes.

C’est la raison pour laquelle, à cette époque, le principal souci consistait à mettre la nourriture à l’abri de la contagion de tout objet, lieu ou personne maléfiques.

On retrouve encore, chez les Massa du Nord-Cameroun étudiés par l’anthropologue Igor de Garine, la croyance que le champ est un lieu très fortement pollué par l’activité surnaturelle, par une sorte d’irradiation divine.

En conséquence de quoi :

Fleche personne, à l’exception du chef de terre, ne saurait s’y aventurer impunément,

Fleche et tout produit de la terre doit être impérativement dépollué à l’aide de nombreux rituels.

02

Le maître mot des cultures primitives est « harmonie ».

Harmonie avec la terre, les ancêtres et les dieux.

Or, dans de tels systèmes, ce n’est que sur la répétition inlassable des mêmes schémas que repose la possibilité de maintenir l’harmonie.

Et seul le strict respect des rites assure la sécurité.

Même le plaisir de manger ne peut être procuré que par l’ingestion répétitive, au long de millénaires, d’un unique aliment. La recherche de l’aventure gastronomique est évidemment inconnue.

Ce ne sera qu’à l’ère pastorale, avec les grandes civilisations de l’antiquité et la complexification de l’alimentation, que le caractère sacré de la nourriture sera réévalué.

C’est alors qu’interviendra, dans le cadre de la Tradition spirituelle, une nouvelle perspective « diétético-thérapeutique », aussi bien en Egypte ou en Grèce, qu’en Chine ou aux Indes.

03

Sans doute la notion indienne de Prana (énergie), vous est-elle familière ?

Peut-être celle des distinctions traditionnelles entre les aliments sattviques, rajasiques et tamasiques vous l’est-elle un peu moins ?

Mais il y a de fortes chances pour que vous ignoriez totalement que cette science védique, relativement rationnelle puisqu’elle ne vise finalement qu’à augmenter la force vitale, se superpose à une institution profondément irrationnelle.

La religiosité impose en effet aux Hindous un mode rituel d’alimentation à seule fin de leur conserver la bienveillance des dieux.

Dans ce système magico-religieux, les humains ont à charge de nourrir les dieux en abandonnant au feu certains aliments.

Ainsi, sacrifier signifie donner à manger.

Prasad

De telle sorte que, même lorsqu’ils se nourrissent eux-mêmes, les Hindous, bien qu’également destinataires, restent expéditeurs d’une oblation.

La seule nourriture légitime est donc celle qui constitue un sacrifice.

Pour l’Hindou orthodoxe il ne doit être question que de se nourrir du reste des sacrifices aux dieux.

Par contre, tout autre reste est souillure.

Or, il suffit qu’un aliment soit effleuré par le regard d’autrui pour devenir un reste, le regard ayant mangé une part de cet aliment.

Dans ces conditions, on imagine aisément qu’il est impossible d’accepter la nourriture offerte par un tiers, surtout s’il appartient à une caste inférieure.

En conséquence de quoi le croyant est obligé de se charger de toute la manipulation de ses aliments, et de veiller à ce qu’aucune souillure ne les transforme en restes.

Parmi les principales causes de souillure, c’est probablement la mort qui l’emporte sur toutes les autres.

Le contact, même lointain, avec tout ce qui a été objectivement ou symboliquement touché par la mort rend la nourriture inexorablement inconsommable.

Le nombre de causes de souillure étant toutefois infini, l’Hindouiste a recours à une croyance bien pratique, selon laquelle certains aliments ou certains modes culinaires seraient de mauvais conducteurs de la souillure.

Par exemple, la friture au beurre clarifié (symbole de pureté), ou les fruits qui se pèlent, résistent étonnamment aux influences néfastes ; alors que les aliments cuits à l’eau y sont très réceptifs.

Toutes ces règles sont assez souvent présentées de manière dogmatique, sans justificatif d’aucune sorte ; et leur transgression n’est d’ailleurs absolument pas censée faire courir le moindre risque sur le plan de la santé.

Seule la vie spirituelle est censée être menacée.

Heureusement, le cas échéant, le jeûne et la pénitence effaceront la faute.

04

En Occident, tout le moyen âge est habité par l’occulte.

On recourt volontiers à l’étude des astres ou à toutes sortes de mancies étranges pour définir la nature de l’aliment qu’il convient de consommer chaque jour. Doit-il être froid ou chaud, sec ou humide ?…

C’est le règne de l’analogie sans vérification rationnelle, où sont associés éléments, saisons, énergies et substances en fonction de leurs qualités apparentes.

Médiéval 2

Bien sûr, il n’y a rien de délirant à vouloir compenser la chaleur humide du printemps avec des nourritures rafraîchissantes et purgatives.

Hélas, la science médiévale ne confronte que très rarement ses hypothèses à l’épreuve des faits.

Bien pire, en fait d’hypothèses, elle ne met en chantier que des certitudes péremptoires fondées sur des repères essentiellement magiques.

Aussi, rien d’étonnant à ce que l’on ait longtemps considéré comme une panacée la simple mise en contact d’un vin ou d’une potion avec des perles, de l’or ou des pierres précieuses.

Elixir

A partir du 16ème ou du 17ème siècle, une attitude plus scientifique commence à être adoptée.

Mais l’a priori de la pensée magique ne disparaît pas tout de suite pour autant.

Ainsi, la maladie cesse d’être une simple punition du péché.

Mais, d’un autre coté, la notion de contagion reste à épurer, puisqu’on croit encore volontiers que les épidémies se propagent même à distance, par le seul vecteur de la pensée.

Plus prés de nous, l’esprit du 19ème siècle mit – ou crut mettre – fin à la pensée magique dans la culture occidentale.

Une page semblait avoir été tournée dans la mesure où le changement qui eut lieu était inexorable.

L’impératif était désormais de trouver des modes de pensée rationnels.

Dieu était mort… et la magie avec lui !

05

Aujourd’hui il n’existe plus aucune forme de magie officielle touchant à la nourriture.

Mais les croyances et comportements irrationnels liés à l’alimentation sont légions !

Nous disposons bien de connaissances rationnelles et scientifiques, mais elles ne cessent de se prolonger dans le domaine de l’irrationnel.

Nous savons, par exemple, qu’une contagion microbienne existe et qu’il n’est pas très hygiénique de boire un verre de lait dans lequel est tombé une mouche ; pourtant, nous éprouverions une répulsion identique si la mouche avait été stérilisée.

Mouche

Notre monde moderne est en réalité truffé de superstitions, dont l’origine est à chercher dans la vulgarisation scientifique.

Que le cholestérol soit un jour déclaré mauvais, et aussitôt les aliments en contenant tombent sous un interdit aussi incontournable qu’un tabou archaïque!

Il n’y a pas place, dans cette réaction irrationnelle, pour la moindre adaptation au cas particulier, ni pour la prise en compte d’une éventuelle évolution des découvertes en matière de cholestérol.

Burger

Pire encore : nos tabous alimentaires personnels débouchent bien souvent sur le mépris.

Selon la nourriture qu’elle absorbe, une personne peut en effet baisser dans notre estime.

« Quoi ? Charles est végétarien ! Non mais, quel c… ! »

Imaginez qu’on enferme un macrobiote, un instincto et un naturopathe dans une même cellule : ils évolueront d’un commun accord vers le cannibalisme !

Dans nos sociétés modernes, les interdits alimentaires ne cessent de se multiplier ; et le diable se cache aussi bien dans les protéines que dans les graisses, dans les crustacés, dans l’ail ou l’oignon, la pomme de terre ou la tomate, le sel ou le poivre, ou encore dans la cuisson, dans l’acidité, etc., etc.

Chaque adepte d’une méthode diététique semble ne plus pouvoir s’affirmer ou se définir que d’une manière négative, par privation.

Cette anorexie symbolique exorcise sans doute la crainte des conséquences de l’excès alimentaire, mais embrase littéralement la peur de l’aliment.

Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’un jour prochain tout devienne suspect… comme c’est déjà à peu près le cas aux Etats-Unis.

06

Pourquoi accorde-t-on depuis toujours un tel pouvoir aux aliments ?

Parce que l’aliment, à cause de sa pénétration au plus intime du corps, est perçu comme capable de contaminer symboliquement notre être en lui conférant des qualités semblables aux siennes.

Par exemple, l’aliment pur rend pur, l’aliment sain rend sain, etc.

Finalement, n’est-ce pas autour de telles analogies que se construit toute convention relationnelle, tout commerce, toute société ?

Qui se ressemble s’assemble.

Pour bien saisir l’universalité d’un tel phénomène, sans doute faut-il rappeler que le paysan primitif ou le cadre dynamique ne vivent jamais qu’en fonction de leurs modèles mentaux, et non de la réalité.

A partir de ce constat, la seule question qui doit légitimement être posée est : comment pensent-ils manger ?

Ou : quelles résonances morales et métaphysiques « manger » a-t-il dans leur culture ?

Manger

En France, le verbe « ingurgiter » s’applique indifféremment à un aliment ou à un savoir. En d’autres termes, nous pensons apprendre par la nourriture.

Comme beaucoup d’autres peuples, mais peut-être d’une manière encore plus cruciale, les Français affirment leur identité en choisissant leurs aliments.

Et même si vous n’êtes pas français, en mangeant vous vous remplissez de votre identité.

Voilà pourquoi vous donnez du pouvoir aux aliments.

Et voilà pourquoi Ramana Maharshi partit d’un grand rire en constatant que sa mère avait peur de perdre son âme immortelle si elle mangeait de l’oignon.

Dans son cas, ce rire, c’était l’absence de toute identité.

 

Mr Sandwich

7 commentaires

  1. Bonjour Cher Bernard,

    Ta démonstration chronologique est très efficace je trouve, pour nous montrer que finalement, aujourd’hui encore, nous ne sommes pas si éloignés des temps anciens où régnaient la superstition et autres dogmes relatifs à la nourriture.
    J’aime beaucoup ton expression « d’anorexie symbolique » pour le monde moderne (enfin post-moderne diront certains).
    C’est vrai que la généralisation scientifique a tendance à noyer l’individu et les prises en considération individuelles. Curieusement, plus on avance dans le scientifique, plus l’irrationnel, non seulement perdure mais, peut-être même, se renforce !

    Ton article m’inspire une remarque pour compléter un de tes propos. Viennent ensuite deux questions :

    - Tu expliques que l’aliment pénètre intimement le corps et c’est cela qui confère un tel pouvoir aux choses que l’on ingère.
    Je suis d’accord, et j’ajouterai que cette fascination vient aussi du fait que lorsqu’on mange, plus que d’incorporer de l’identité, on « fait soi » le monde extérieur. On ne fait plus qu’un avec lui, car la chose extérieure à nous, va devenir « nous », on va la transformer en nous. On va « l’assimiler », au sens symbolique et digestif du terme. Il y a là une véritable transformation.

    J’ai vu qu’il existait des ouvrages sur le sens symbolique de nos désirs alimentaires (en fonction de ce que l’on aime : sucré, douceur, salé, etc., il en ressort quelques enseignements sur notre fonctionnement personnel).
    J’aimerais creuser la question, je ne sais pas si tu as des livres de références sur ce point éventuellement ?

    - Autre question : as-tu vu le film « Lumière » ?
    Je ne l’ai pas encore visionné. Ce sont des expériences qui ont été faites où les gens, pendant un certain temps, ne se sont nourris que de Lumière (ni nourriture ni eau).
    On rejoint là certains fakirs indiens qui disent adopter cette pratique depuis tout jeune. Seulement le film concerne des occidentaux je crois, portés sur la méditation et la nourriture du Prana.
    As-tu un avis sur cela ?
    Grégory de Virtuose2lavie Son dernier article…Et s’il était possible d’écrire facilement un article de blog efficace ? (3/3)My Profile

    • BK /

      Cher Grégory, bonjour,

      Ah, la superstition scientiste !

      On est même en droit de se demander si elle ne serait pas plus forte que son homologue religieuse, tout simplement parce que son étiquette « scientifique » écarte précisément la suspicion de croyance.

      Concernant l’assimilation de l’aliment par le moi, tu as plus que raison… puisque, au-delà du psychologique, ça se passe même au niveau physiologique.

      Rudolf Steiner en a beaucoup parlé également au niveau énergétique.

      L’intégration de la nourriture est une véritable bataille contre l’altérité. La digestion dépense d’ailleurs 70% de l’énergie de la bestiole. C’est dire !

      Concernant « le sens symbolique de nos désirs alimentaires », j’ai effectivement lu des trucs là dessus mais… c’était il y a au moins 35 ans et je dois bien avouer ne plus trop m’en souvenir.

      Les auteurs macrobiotiques aiment souvent à traiter de ce sujet, qu’ils analysent bien sûr à travers leur grille de lecture (comme tout le monde). Ils prétendent notamment pouvoir te dire ce que tu manges rien qu’en te regardant.

      Et il est un fait que j’ai connu un médecin macro qui savait faire ça… et bien d’autres choses encore. Mais le bonhomme avait aussi fait de nombreux séjours chez les Lamas. Alors, je ne saurais affirmer d’où lui venait sa science.

      Personnellement, j’aurais tendance à penser que, dans la mesure où nos goûts, besoins et désirs sont assez fluctuants en la matière, l’attirance pour les gâteaux ou le gras double ne doit pas être nécessairement symptomatique d’un désordre de l’âme très profond.

      Enfin, à propos de la lumière et du prana comme nourriture : non je n’ai pas vu le film, mais il est bien évident que ce n’est pas de nourriture dont nous avons besoin, mais d’énergie.

      Tant que notre mode de vie et notre niveau de conscience nous imposent de trouver l’essentiel de cette énergie dans la bouffe, il ne saurait être question de s’en passer.

      Mais dès que ça se raffine un peu et qu’il n’y a plus besoin de faire de gros travaux physiques, rien n’empêche la bestiole de se sustenter à d’autres sources énergétiques moins denses.

      Beaucoup de Maîtres spirituels mangent très peu. Ma Ananda Moyi, par exemple, se contentait d’un demi fruit par jour.

      Moi-même, dans ma lointaine jeunesse (20 ans), lorsque je faisais du yoga et de la macrobiotique, je pouvais tenir des mois en absorbant l’équivalent d’une dizaine de cuillères à soupe de riz complet et d’une tasse de tisane par jour. Sans compter du jeûne périodiquement.

      C’est une question d’habitude.

      Habitude que j’ai perdue… il faut bien le dire !

      Bonne journée

      Bernard

      • hahaha, merci pour cette réponse ;-)
        Tu as donc pratiqué la tisane et les cuillères de riz complet !
        Mais que n’as-tu pas encore essayé ;-) !!

        J’avais lu quelques livres sur le Zen Macrobiotique que j’avais trouvé à l’époque très extrêmes.
        Bon, il faut avouer que je suis un fervent fan de tout ce qui n’est pas nécessairement conseillé alors… Mais j’aime la discipline que cela implique de faire attention à ne pas non plus ingérer n’importe quoi.
        Je me dis (à tort ou à raison) que mon corps sait dont il a besoin, et je compose avec ça.

        Oui, pour le p’tit coup de barre de la digestion après le midi, je confirme ! 70% de l’énergie de la machine ?!! Je ne savais pas que ça montait si haut !

        Effectivement, c’est bien de l’énergie que les gens qui mangent peu absorbent. Tu imagines si tout le monde se mettait à fonctionner sur ce mode là… ? Nos pauvres cuisiniers de talents et autres industries alimentaires ne seraient pas ravis. Enfin, c’est ici un autre débat !
        Grégory de Virtuose2lavie Son dernier article…Et s’il était possible d’écrire facilement un article de blog efficace ? (3/3)My Profile

  2. Stéphane /

    Bonjour Bernard,

    Moi aussi je me suis posé beaucoup de questions au sujet de la nourriture, non seulement au point de vue de la santé mais également par rapport à la spiritualité.

    D’ailleurs, j’ai essayé un certain nombre de méthodes alimentaires ( dont l’instincto ) avant de revenir à ce qui me semblait raisonnable et suivant les paroles du Vivant comme celles-ci :

    « Écoutez et comprenez: ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est là ce qui souille l’homme. » – Mathieu 15-11

    Jésus a dit : Heureux le lion que l’homme mangera : le lion deviendra homme. Maudit l’homme que le lion mangera : le lion deviendra homme. – Logion 7 évangile de Thomas

    J’aime vraiment ce logion 7, car il me semble qu’il indique clairement cette transmutation qui se fait par l’acte de manger… encore faut-il effectivement que les croyances mentales au sujet de la nourriture soient tombées. Car n’oublions pas que TOUT est nourriture et en 1er les pensées que l’on nourrit.

    Excellente journée (d’ailleurs pourquoi ne le serait-elle pas ?).

    Stéphane

    • BK /

      Stéphane bonjour,

      Effectivement, le monde objectif est un monde où tout mange tout. En tant que reflet du Un, il ne pouvait se comporter autrement. C’est la moindre des choses !

      « Je t’aime, je te mange », c’est ce que dit « pour rire » la maman à son bébé. C’est aussi ce que confessait, plus sérieusement, l’anthropophage.

      Et tout ça débouche tout naturellement sur un Christ qui dit « Prenez et mangez car ceci est mon corps ».

      Cela étant, pour en revenir à l’acception la plus courante de l’alimentation, il est un fait que le Christianisme, non seulement dans les paroles de Jésus mais aussi dans celles de Paul, rejette l’utilisation de la nourriture à des fins spirituelles.

      Mais elle ne l’interdit pas non plus à des fins de santé.

      En fait, c’est Paul qui résume le mieux la situation lorsqu’il écrit : « Rien n’est interdit, mais tout n’est pas utile ».

      Bonne journée à toi aussi

      Bernard

  3. Bonjour Bernard, sujet intéressant que les aliments !

    Pour moi les aliments sont de faux amis qui réconfortent !

    La preuve c’est que quand je suis fatiguée, j’ai tendance à manger plus ce qui pour moi constitue un signal bien pratique pour lever le pied dans mes activités !

    J’ai observé pendant longtemps mon comportement par rapport à la nourriture. Sous ces airs amicaux, elle peut constituer une véritable drogue, créant des dépendances énormes.

    C’est un des plaisirs les plus faciles donc un des plus durs à combattre !

    Arriver à se détacher des aliments est un premier pas vers la liberté.

    J’avais entendu dans une conférence que le sucre industrialisé n’était pas bon pour la spiritualité et qu’il fallait privilégié le sucre naturel.

    J’essaie d’avoir une alimentation équilibrée où rien n’est formellement interdit mais où j’ai un pouvoir de décision sur ce qui rentre ou pas dans mon corps.

    zenie
    zenie@lesphrasesdezenie Son dernier article…Un ami pas comme les autresMy Profile

    • BK /

      Zenie bonjour,

      Si la spiritualité ne résiste pas au sucre blanc, elle ne va pas pouvoir résister à grand chose !

      En revanche, il est vrai que le sucre blanc est, avec les huiles et margarines industrielles, l’alcool et quelques autres produits industriels, ce qui se fait de pire pour la santé.

      Tu as donc tout à fait raison de préférer un bon sucre complet, plein de minéraux et beaucoup moins agressif pour le système nerveux et le pancréas.

      Pour le reste, parvenir à équilibrer son alimentation sans s’imposer des privations déséquilibrantes au plan psychologique est un défi que beaucoup trouvent difficile à remporter. Cela dépend des personnalités et de leur conditionnement. Mais c’est évidemment possible !

      Il n’en demeure pas moins que le rapport psychologique avec la nourriture constitue souvent un sacré sac de noeud ou, si l’on préfère, un cercle vicieux. Les excès alimentaires finissent en effet toujours par aggraver les problèmes psychologiques, et ces derniers entraînent une addiction toujours plus grande aux gros repas ou aux petits grignotages.

      J’ai signé un article invité sur la question de la psychologie du régime, ici : http://www.reponsesbio.com/2012/01/16/psychologie-du-regime/

      Cela dit, je ne crois pas qu’il faille bouder son plaisir à table, mais il ne me semble pas non plus judicieux d’y chercher un quelconque réconfort.

      Finalement, c’est moins auprès des diététiciens que des psy qu’il conviendrait de chercher à régler ses problèmes avec les aliments.

      Bonne journée

      Bernard

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