Erik Satie, musicien de talent et rosicrucien improbable

avr 21

Après avoir consacré nos deux dernier articles aux trois roses de l’éveil, pourquoi ne pas finir la semaine avec l’un des plus anticonformistes rosicruciens que la scène musicale ait porté en son sein : Erik Satie ?

Ma sélection, bien entendu, se bornera aux pièces les plus relaxantes de son riche répertoire.

Même si les médias usent et abusent de cette musique profondément nostalgique, et si elle a désormais pignon sur rue dans les avenues de notre mémoire, on ne se lasse jamais de la réentendre.

D’ailleurs, que serait la nostalgie sans la mémoire ?

FRANCE - ERIK SATIE

Satie… ce n’est pas si vieux que ça ! Il aurait pu être mon arrière-grand-père !

Bon, ce que je dis là ne me rajeunit pas non plus !

Il est quand même né en 1866.

C’est un Normand, fils d’une mère écossaise qui le baptisera dans la religion anglicane avant qu’il ne se convertisse au Catholicisme et n’étudie la musique avec l’organiste de sa paroisse.

Cette double orientation religieuse et musicale le suivra pratiquement toute sa vie.

Après la mort de sa mère… une belle-mère pianiste… le Conservatoire… un père éditeur de musique qui publiera ses premières mélodies… puis Montmartre et les orchestres de cabarets…

Satie 7

C’est en 1888 qu’il compose ses célébrissimes « Trois Gymnopédies », plus tard orchestrées par son ami Claude Debussy.

En 1891, le voila maître de chapelle d’un Ordre rosicrucien des plus fantaisistes, celui du désopilant Sâr Joséphin Péladan… dont Pierre Dac, après tant d’autres caricaturistes du dix-neuvième siècle, s’inspirera pour créer le personnage du Sâr Rabindranath Duval, le fameux Sâr (qui) dîne à l’huile.

Satie composera donc quelques pièces pour cette « Rose Croix », comme les « Sonneries de la Rose+Croix » ou le « Fils des Etoiles »…

Satie 6

Inévitablement, il se séparera assez vite de ce farceur de Péladan, pour fonder sa propre communauté, « L’Eglise métropolitaine d’art de Jésus-Conducteur », dont la mission dans le monde serait de « combattre la société par la musique et la peinture ».

De cette Fraternité, il sera le chef, le trésorier et… l’unique membre, jusqu’à sa dissolution très peu de temps après.

Qu’importe ! Il en aura au moins largement profité pour insulter les bourgeois et les personnalités du Tout Paris, et composer une « Messe des pauvres », histoire de ritualiser ses offices dans le taudis mansardé qui lui servait à la fois d’église et de domicile.

Satie 5

Entretemps, il aura composé le ballet chrétien « Uspud », aura rencontré la femme de sa vie, Suzanne Valadon, qui le quittera au bout de quelques mois, lui brisant le cœur mais lui inspirant une partition, « Vexations », destinée à être jouée… 840 fois de suite, autrement dit pendant 24 heures !

C’est aujourd’hui devenu un challenge pour beaucoup de musiciens.

En 1898, il abandonne brutalement la musique religieuse pour le Café Concert et le music-hall ; et la religion pour la politique.

Changement de siècle, nouveau changement d’orientation : en 1905, il décide d’étudier le contrepoint, et trois ans plus tard obtient son premier diplôme.

En 1910, Ravel le bombarde « précurseur de la nouvelle musique », ce qui incite naturellement Satie à changer une fois de plus de style, et à faire, à présent, dans la musique humoristique.

Satie 4

En plein milieu de la guerre, il s’associe avec Cocteau et Picasso pour monter un ballet, « Parade », qui fera l’objet d’un retentissant scandale.

Enfin, après deux autres ballets, avec Picasso et Picabia, puis une musique de film pour René Clair, il s’éteindra dans la plus extrême misère en 1925, à l’âge de 59 ans, des suites d’une longue maladie.

Une « vie d’artiste » !

Mais, de l’autre coté de ce miroir, personne n’avait remarqué l’existence d’un Satie inconnu, beaucoup plus profond que celui qui se donnait en spectacle.

Un Satie dont seuls ses amis ont connu le secret en découvrant ses écrits cachés quelque part dans sa sordide mansarde, au fond d’un tiroir à double fond.

Première Gymnopédie

Commençons par son morceau le plus joué : la Gymnopédie N°1, que nous allons découvrir dans diverses interprétations sur divers instruments.

Un moment de grande détente… répliqué en plusieurs exemplaires !

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Gymnopédies 2 et 3

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Les Gnosiennes

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Satie 2

6 commentaires

  1. Bonjour Bernard ,
    Merci pour cette opportunité que tu nous offres de nous laisser fondre dans la douceur de l’instant grâce à cette mélodie magnifique…
    Je connaissais au moins le premier morceau , le plus connu … et je le retrouve avec bonheur …
    Bon week-end à toi.

    • BK /

      Bon week-end à toi aussi, Marie,

      C’est vrai que c’est une musique qui « fait fondre » !

      Du temps où j’étais relaxologue, j’avais essayé une fois ou deux de l’employer en séance… mais elle est, de toute évidence,beaucoup trop riche en affects.

      Par contre, pour la détente, c’est top !

      Bernard

  2. Bonjour Bernard,

    Cette interprétation de la Gnossienne no 1 est particulièrement touchante grâce à la basse et l’accordéon. Comme si Satie flirtait avec la musique Klezmer.

    En plus, Seth Ford-Young offre ce morceau en cadeau sur son site si on s’abonne à sa newsletter. Un ajout superbe pour mon lecteur Mp3.

    Merci pour cette découverte !
    MarieBo Son dernier article…CopyWriting Pratique – Humour Québécois ( Pince-sans-rire, s’abstenir !)My Profile

    • BK /

      MarieBo, très bon matin (il doit être très tôt ou très tard chez toi asteur),

      et ravi d’avoir pu être agréable à ton lecteur Mp3 (les lecteurs sont toujours les bienvenus sur un blog).

      (humour juste un peu « pince-sans-rire »… mais qui ne s’abstient pas)

      Bonne journée à toi

      Bernard

      • Bonjour Bernard,

        J’étais de passage sur ton blog “at an ungodly hour” parce que because je suis une adepte féroce de l’insomnie.

        Mon lecteur Mp3 te salue et sois assuré de la qualité de son écoute.

        Il se prénomme Sony et m’accompagne fidèlement dans mes promenades quotidiennes le long de ma chère Rivière-des-Prairies.

        Alors à quand les Podcasts sur ton blog ?

        Imagine, tu pourrais te promener au Québec (entre autres) sans avoir à prendre l’avion et en voyageant tout léger.

        MarieBo

        PS : tu as bien fais de ne pas t’abstenir !
        MarieBo Son dernier article…CopyWriting Pratique – Humour Québécois ( Pince-sans-rire, s’abstenir !)My Profile

      • BK /

        Oui, les Podcast…

        J’avais déjà fait, par deux fois, une petite expérience de réponse audio dans les commentaires… suffisamment, en tout cas, pour juger du travail (niveaux voix et technique) qu’il me restait à accomplir avant d’arriver à quelque chose de satisfaisant.

        Mais on ne se décourage pas !

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