La tête dans les étoiles et les pieds bien sur terre
avr 12
Il existe une espèce de tourisme métaphysique qui passe souvent pour de la spiritualité mais qui n’a, en réalité, pas grand-chose à voir avec elle.
Ce tourisme est un spiritualisme stagnant, refusant d’évoluer vers la spiritualité dissolvante.
Et, comme on l’a vu dans le précédent article, parmi les raisons empêchant de transformer ce spiritualisme en un véritable engagement dans la spiritualité, trônent en première place les diverses divagations propres à l’imagination.
Quel rapport, vous demanderez-vous, peut-il bien y avoir entre les divagations en question et la démarche spirituelle ?
Et surtout en quoi sont-elles susceptibles de lui faire obstacle ?
Eh bien, ceux qui l’ont entamée le savent, la recherche spirituelle exige une grande réceptivité à l’univers intérieur, en même temps, si possible, qu’un maximum d’ouverture d’esprit vis-à-vis de réalités jusqu’alors prudemment inconscientisées.
Seulement, voilà : ces heureuses dispositions s’accompagnent presque inévitablement, au niveau mental, d’une relative mise en jachère du sens critique ; et par conséquent d’un possible danger de retour à la crédulité qui caractérisait la religiosité.
Les rationalistes ont beau jeu – eux qui pèchent, à l’inverse, par excès de sens critique – de se moquer de ces « illuminés » qui ont perdu tout sens commun.
Mais il n’est pas toujours facile d’avoir à la fois la tête dans les étoiles et les pieds bien sur terre !
Si les amoureux ne sont pas enclins à voir les défauts de celui ou de celle qu’ils aiment, c’est bien parce que l’état fusionnel de leur conscience ne s’accorde pas avec la froide analyse des données, par ailleurs cruciale dans la plupart des autres circonstances de l’existence.
De la même manière, le spiritualiste de cœur ouvre, ou tout au moins entrouvre, la porte de sa « maison-conscience » à une espèce d’état amoureux, fusionnel.
Or, dans cet état, les fulgurances en provenance de l’univers intérieur échappent au filtre du sens critique… puisque celui-ci a précisément cru bon de démissionner pour permettre l’ouverture.
Pourtant, entre le rationalisme matérialiste et le délire mystique, tout comme entre une discipline stricte et une inspiration débridée, il y a un juste milieu.
Le bouddhisme, qui se présente en tant que « Voie du milieu », rejette deux extrêmes : le matérialisme et le spiritualisme.
Il n’y voit que deux espoirs – aussi illusoires l’un que l’autre – de trouver le bonheur là où il ne se trouve pas, en l’occurrence dans l’argent… ou dans les états extatiques.
Mais le Bouddhisme n’est pas la seule Tradition enseignant à éviter cette erreur.
Toutes vous exhortent à suivre le droit chemin du milieu, celui qui ne pèche ni par extraversion ni par introversion, ni par excès de sens critique ni par excès d’imagination.
Que dit, par exemple, la Tradition chrétienne, à ce sujet ?
Elle nous raconte l’histoire d’Hananyah et de Shapira.
La voici dans sa version Chouraqui…
« Hananyah avait une femme, Shapira, avec laquelle il vendit une propriété, prétendument au profit de l’Adôn (le Seigneur), mais dont il détourna en réalité une partie du prix à son propre profit.
« Mais Pierre lui dit : « Hananyah, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur pour mentir au souffle sacré et pour cacher une partie du prix du domaine ? N’était-ce pas à toi quand tu l’avais ? Et même après la vente, c’était sous ton autorité. Pourquoi as-tu mis en ton cœur cette action ? Tu n’as pas menti aux hommes mais à Elohim. »
« Quand Hananyah entend ces paroles, il tombe et expire. Et c’est un grand frémissement pour tous les auditeurs. Les plus jeunes se lèvent, l’enveloppent, l’emportent au-dehors et l’ensevelissent ».
Trois heures plus tard, Shapira entre et subit le même sort.
Cette histoire vous paraîtra sans doute dramatique si vous la lisez au premier degré.
Mais elle témoigne, en réalité, de la victoire finale de l’Unité sur la dualité.
Le mythe d’Hananyah et Shapira nous conte le triomphe de la « Voie du juste milieu » sur les sentiers détournés de l’intellect et de l’émotion, du rationalisme et de l’imagination.
Hananyah et Shapira, vous les connaissez probablement sous d’autres noms. Les Indiens, notamment, les appellent Pingala, l’énergie solaire, et Ida, l’énergie lunaire.
Encore ailleurs, la Tradition vous présente les trois voies du Souffle, de l’énergie, sous la forme d’un caducée, d’un bâton entouré de deux serpents.
« Sache-le ! Quand l’arbre de l’univers grandit, il produisit trois branches, une partant de la droite, une de la gauche et une autre droite et bien érigée, rameau de ceux qui devancent » disait le grand Soufi Ibn Arabi.
Partout, vous sont enseignés les dangers que font courir à beaucoup de chercheurs les deux grandes stratégies adoptées par l’ego spiritualiste pour échapper au Spirituel :
soit une dérive du côté droit, du côté d’Hananyah (ou Pingala), en d’autres termes du côté masculin dans des approches trop actives et agressives, trop intellectuelles et planifiées ;
soit, au contraire, du côté gauche vers le pôle féminin représenté par Shapira (ou Ida), dans l’émotionnel, le mysticisme excessif, l’attachement au passé avec ce que cela implique bien souvent de dépression.
La science spirituelle des Védas est extrêmement explicite à ce sujet, avec les concepts d’Ida et de Pingala.
Si vous avez fait du Yoga vous le savez sans doute, Ida et Pingala sont les deux canaux énergétiques situés de part et d’autre de la colonne vertébrale et descendant en s’entrecroisant au niveau de chaque Chakra jusqu’au Chakra racine où siège la Kundalini.
Ces canaux conduisent des énergies psychiques, dites astrales et causales.
Il n’est donc pas ici question de l’Energie spirituelle qui, Elle, réside dans le seul canal central, Sushumna nadi.
Ainsi, chez le spiritualiste, Ida et Pingala gèrent une énergie mise en route par le fonctionnement du mental égocentré.
Et, comme Shapira et Hananyah, ils détournent donc à leur profit une partie du prix, une partie de l’énergie, réservée à l’Adôn.
Si haut que puisse mener une telle énergie, dans les sphères des apparitions célestes d’Ida ou dans le mental cosmique de Pingala, elle ne permet jamais de réaliser le Spirituel.
Hananyah et Shapira doivent donc mourir !
Tout comme les pratiques rituelles ou énergétiques au profit de l’ego spiritualiste doivent cesser !
Afin que, par Sushumna nadi, par le canal central, puisse s’effectuer la descente de ce que les Chrétiens appellent l’Esprit Saint.
C’est là le Chemin du juste milieu dont parlent le Bouddhisme et le Taoïsme.
C’est là le sentier étroit qu’évoquent les Evangiles et le poète Kabir :
« O Kabir, suis le sentier étroit qui se trouve au milieu. C’est le seul moyen pour traverser l’océan ! Si tu dévies de ton chemin et que tu tombes de chaque côté, tu vas sûrement te noyer ! »




SAT NAM Bernard ,
Tout à fait d’accord avec ce texte complet ,
détaillé , si bien écrit …un vrai plaisir!
Belle journée à toi.
Belle journée à toi aussi, Marie, et merci pour ta visite et tes sympathiques appréciations qui me rassurent, en fait, car j’hésitais à publier cet article que je trouvais un peu hésitant entre métaphysique, psychologisme et énergétique…
Bref, si le lecteur s’y retrouve, c’est l’essentiel !
Merci
Bernard
Bonsoir,
Pour illustrer ton préambule Bernard, voici d’un moderne hermétiste, Louis Cattiaux :
« Gardons-nous des savants rationalistes qui enfouissent la révélation de Dieu dans la tombe.
Mais gardons-nous également des délirants abstraits qui la pulvérisent hors de notre portée dans le ciel.
Il faut avoir la patience de briser l’os pour en goûter la moelle, et prendre le temps d’examiner la terre avant d’explorer le ciel, afin de ne pas oublier la vie à force de courir après son ombre. »
Je crois utile de préciser que son concept de « Dieu » est : « Lui, le Feu secret qui suscite les univers qui les entretient, et qui les consume ».
Quant au premier chapitre il est vraiment excellent ! Je suis subjugué par l’exégèse biblique. « Hananyah et Shapira doivent donc mourir » ! Wah ! Wah ! Wah ! Bon Tout-Tout, j’aboie de contentement devant l’os medullare !
Vidéo édifiante !… quoique je doute que l’on voie la même chose ! Ma vision hermésienne me laisse sur le parvis du Temple devant l’exposé de la relation entre deux canaux énergétiques (Ida et Pingala) et un canal central (Sushumna nadi) où résiderait l’Energie spirituelle et par laquelle s’effectuerait la descente de ce que les Chrétiens appellent l’Esprit Saint (j’espère ne pas déformer ton propos). Personnellement je vois dans ton exposé une illustration possible d’une montée de kundalini, mais non de descente de l’Esprit-Saint !
Help ! (je ne veux pas faire de jeux de mots bons à jeter aux chiens avec l’expression française)
La formulation dans le chat-pitre : « La voie du milieu » pose un « sacré » problème à ma mentalité d’occidental, je devrais féliciter Marie.Surya mais avec ce joli nom je pré-hume qu’elle est multiculturée ?
Je perçois bien les 2 canaux sur le même plan, mais ne peut croire (momentanément) à l’existence du 3eme, n’est-il pas l’Unique source de tous les plans ?
J’ai une des rares images hindouisantes que je connais et dont je raffole qui devrait vous parler Marie.Surya et Bernard : « le gourou est dans l’avion tout là-haut et tout le monde l’attend sur la piste d’atterrissage. Mais le gourou dans son bel avion attend que la piste soit dégagée pour pouvoir se poser. » je remplace « tout le monde » par ce couple maudit : la belle Ida et le beau Pingala ! Et je brandis mon caducée « Dégagez y’a rien à voir » !
j’ai perçu un (beau) jour un réseau, de fils lumineux transmetteurs d’énergie, c’était mon corps, et j’imagine (!) bien leur polarité agissante, mais c’est la conscience-énergie qui les animaient tous. La descente de l’Esprit-Saint ne se fait-elle pas par le submergement de tous les canaux du, et pourquoi pas des, corps, temps qu’on y est ?
Je ne vois dans le caducée des hermétistes que les deux serpents de la polarité, pas trois, Soufre et Mercure. Selon moi il exprime cette Loi de l’Univers : « TOUT s’oppose par les milieux et se rejoint par les extrêmes », et ce qui produit la « merveille » est l’unité divisible à l’infini et invisible, le Logos hermésien.
Je suppose qu’après Marie d’autres lecteurs s’y retrouveront ? Mais là, je suis Rantanplan… et je pose mon os. Merci pour tes efforts et ta patience.
A Dieu, et je te salue Marie !
Charly
Charly bonjour,
Métaphore !
Honni soit qui objectiverait le Coeur, les Chakras, les Nadis ou la Kundalini !
L’énergie est une illusion. Elle surgit de la fission du Un en deux. Mais, en Réalité, le Un ne s’est jamais séparé !
Alors, au cas où l’on croirait le contraire (et je me suis laissé dire que ce cas se serait déjà manifesté), il peut s’avérer utile de ramener à la Raison du Un les croyants du deux. C’est pourquoi on a inventé le trois.
Inutile de se chamailler là-dessus, la guerre du trois n’aura pas lieu car le trois, lui aussi, n’est qu’Un !
Le troisième canal n’est là que pour rappeler que les deux autres ne sont pas. Ils existent et doivent retourner à l’inexistence. Cette petite formalité remplie (la mort d’Hananyah et de Shapira), ils n’ont jamais été. Pas de quoi en faire un fromage ! Même si c’est un Munster sur son lit de boules de gomme !
Du tout ! Du tout ! Du tout !
Mais Ah ! Ah ! C’est là une question cruciale ! Descente de l’Esprit ou montée de cette Kundalini métaphore énergétique de l’éveil ?
Un sacré scandalon, que nous avons là !
Combien de Yogis, combien de magiciens,
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis ?
Mais… tu sais que tu viens de me donner l’idée de mon article de lundi ?
Donc, rendez-vous lundi pour la réponse à cette brûlante question…
Bernard
Montaigne disait aimer les citations parce que, ramassant la pensée d’un grand esprit, comme le tien cher BK, elles donnent l’occasion de penser par soi-même, pour ensuite ensuite ne plus croire en la pensée .
La dictature de la raison, comme son absence engendre toujours des monstres disaient, je crois, Pascal. Cette citation résume les écueils de la titubation de l’individu égo-centré que tu décris dans cet article. Il est saoul de sa croyance d’être l’agent. Addict aux histoires.
« Sur le sentier, quand j’y suis, Dieu n’est pas. Quand je ne suis plus, Dieu est là. »de mémoire, de Kabir).
A Dieu à vous tous et pourtant UN ( il n’y a de Dieu que Dieu).
RV
rv Son dernier article…L’humilité
Chère réincarnation de Monsieur de Montaigne, bonjour,
Et pourtant UN !
Et pourtant, même quand j’y suis, Il y est ! Même quand Il n’y est pas, Il y est !
Alors, au risque de dégringoler de mon classement de « meilleur en humilité », je vais me citer moi-même : « La présence ou l’absence ne changent rien ! ». (J’ai aussi dit « Hmmm ! », mais ça c’était dans un autre contexte).
Mis à part ça, tu es sûr pour ta citation de Pascal ?
Non que Pascal ne se serait jamais intéressé à la raison (eût-ce été bien raisonnable ?), mais, dans le genre, je ne connaissais, pour ma part, que l’estampe de Goya « El sueno de la razon produce monstruos » (don’t worry : Espagnol deuxième langue), le sommeil de la raison engendre des monstres.
Tout en te titillant, je me demande si Charly ne serait pas en train de déteindre un peu sur ton serviteur ?
On a du pot : les vases communiquent !
Bernard
Bonjour Bernard,
J’adore le concept de tourisme métaphysique.
Peut-être parce que je me reconnais ?
L’imagination refusant obstinément de céder le pouvoir.
Quoiqu’il en soit, le chemin du juste milieu me paraît le meilleur chemin.
Quant à le trouver et le suivre…
Bonne journée
Jean Paul
Bonjour Jean Paul,
Bah, un touriste avec de bonnes jumelles verra toujours plus loin que celui qui reste dans ses pantoufles !
Et puis, s’il abandonne l’idée de faire des photos pour ne finalement « voyager » qu’en les regardant une fois rentré chez lui… peut-être s’apercevra-t-il que ses deux pieds sont déjà sur la route ?
Bonne journée à vous aussi
Bernard
J’ai retrouvé la citation de Pascal qui est:
« Deux excès: exclure la raison, n’admettre que la raison. »
Et j’ai dû la mixer pour faire apparaitre, de je ne sais où, des monstres, enfants de ces excès.
Et pour paraphraser ta citation (« La présence ou l’absence ne changent rien ! »):
« Si la Vision se fait, les choses sont telles qu’elles sont; Si la Vision ne se fait pas, les choses sont telles qu’elles sont. » Car comme de bien entendu, il n’y a que Vision .
Dieu est Un car il n’y a pas d’Autre.
Bon week-end cher BK.
RV
rv Son dernier article…L’humilité
Bonjour Bernard,
C’est la première fois que je commente chez toi. Non pas ma première visite. En fait, en esprit rationnel, et aussi en rapport avec le postulat de mon blog, j’ai cliqué sur cet article. D’une part, je m’intéresse beaucoup à l’astronomie, d’autre part, j’aime les histoires, ces mythes qui sont finalement plein d’enseignements.

Alors, comme je suis profane dans le monde de la juste voie du milieu, j’espère que tu accorderas à mes propos quelques tolérances.
Si je résume, les rationalistes et les spirituels stagnants, de part leurs choix manichéens se tromperaient de voie ? Si j’en crois l’histoire tragique de Hananyah et de sa femme Shapira, ce serait pêcher que d’imaginer, d’avoir un coeur, et d’être rationnel ? J’ai peut-être un esprit terre-à-terre, mais bien que j’ai un peu conscience que la frontière entre ce que je vois (ce qui me semble palpable, réel, quotidien) et ce qui est réellement (l’intérieur, l’esprit), au final le quotidien palpable l’emporte.Pour moi, Hananyah a réalisé une opération malencontreuse. Du moins, aurait-il dû, si il avait besoin de garder un pécule, d’en parler avant, de clarifier ses intentions. Quant à le punir de mort pour cela, il y a un monde tout de même ! Bien que je sois assez sensible à tes écrits,car au fond, ils m’interpellent, j’ai du mal à conjuguer la spiritualité dissolvante et le rationalisme, le quotidien me rappelant à l’ordre chaque fois que je consulte mon compte bancaire.
A bientôt, Bernard,
Bonne journée,
Caroline
Caroline Son dernier article…Le pessimiste est-il réaliste ?
Hello Caroline et bienvenue pour ce premier commentaire,
Pas de problème ! La spiritualité est une maison de tolérance !
Quant à ces propos, ils ne s’appliquent guère à ce qui était dit dans l’article.
Le mythe d’Hananyah et de Shapira a pour but d’informer et de mettre en garde ceux qui sont déjà très engagés dans une spiritualité dissolvante et qui s’accrochent malgré tout à des fonctionnements conscientiels et énergétiques… alors que ceux-ci sont prêts à tomber.
Hananyah n’a d’ailleurs été tué par personne. Il tombe et expire. Alors, je veux bien que la religiosité – qui passe son temps à vouloir « matérialiser » le spirituel – interprète les écritures au premier degré, mais du point de vue spirituel (c’est à dire lorsqu’il s’agit de raconter les aventures de l’Esprit) cette mort d’Hananyah est un fonctionnement psycho-énergétique qui tombe. Il n’y a aucune punition là dedans.
Cela posé, il est bien évident que ni l’imagination ni le rationalisme ne sont reprochés à ceux qui ne sont pas en train de vivre ces mutations énergétiques tout à fait spéciales. Au contraire, les deux fonctions « imaginaire et ratio » leur sont indispensables, et c’est une bénédiction qu’ils puissent les employer !
La religiosité et le matérialisme ne sont pas de mauvaises choses. Elles ne le deviennent que pour ceux qui éprouvent le besoin d’en sortir et d’entrer dans une démarche spiritualiste.
Et le spiritualisme, à son tour, est la meilleure des choses… tant qu’il n’est pas temps de passer à la phase de dissolution de l’ego (la spiritualité).
Mais lorsque vient ce moment, alors oui, certains fonctionnements mentaux et, par extension, énergétiques sont appelés à disparaître.
Et c’est là que s’y raccrocher devient problématique !
A un certain moment, une autre faculté de conscience prend la direction des opérations ; et l’imaginaire et la ratio sont renvoyés.
S’ils s’accrochent, l’imagination risque de tourner au délire, et la ratio à la rigidité psycho-mentale.
Mais en aucun cas il n’a été question de les renvoyer avant ce moment bien précis !
Même dans le spiritualisme, ils conservent une utilité de premier plan, permettant à la doctrine « d’aplanir le Chemin pour le Seigneur », c’est à dire de préparer le mental à son immersion dans le Soi.
On pourrait un peu les comparer à une liste de courses à faire, éminemment précieuse pour se souvenir de ce qu’il faut acheter… mais qui, une fois les choses achetées, est juste bonne à jeter dans le caniveau.
Bonne journée à toi aussi
Bernard