Le mythe… pour garder le peuple dans son ignorance
avr 25
« Les princes d’autrefois, qui connaissaient le Tao ne l’enseignaient pas au peuple.
« Car un peuple est difficile à gouverner s’il a trop de savoir.
« Celui qui utilise le savoir pour gouverner ruine son pays.
« C’est pour cela qu’il faut garder le peuple dans son heureuse ignorance.
« Celui qui le gouverne dans la simplicité le rend prospère et tranquille.
« Ces deux principes sont à la base de tout gouvernement.
« Les connaître, c’est posséder la vertu suprême, c’est avoir devant les yeux le modèle des modèles.
« La vertu suprême est illimitée, insondable, mystérieuse.
« Elle ramène tous les êtres à la sublime harmonie, vers où tout s’achemine ».
Lao Tseu
En enseignant de « garder le peuple dans son heureuse ignorance », Lao Tseu se fait l’écho d’un passage du Livre d’Enoch où l’auteur assure qu’il n’est de plus grand péché que de révéler aux hommes qui ils sont.
Cet enseignement a toujours été universel… tout au moins tant qu’on conserve au mot « ignorance » son sens profond.
Car il est bien évident que, lu au premier degré (surtout dans cette traduction française), ce texte aurait aujourd’hui de quoi faire bondir n’importe qui.
Non, l’ignorance dont il est ici question est évidemment l’inconnaissance ontologique, l’Avidya, autrement dit l’illusion, la maya.
Il n’a évidemment jamais été question, dans l’optique des Sages, de priver le peuple des formations et des informations qui lui étaient utiles.
En revanche, la science spirituelle, la connaissance initiatique ou les doctrines secrètes (quels que soient les noms qu’on leur donnait)… devaient rester secrètes !
J’évoquais, dans un récent commentaire, l’archétype Durga représenté sous la forme de deux lionnes, l’une emprisonnant avec amour son petit lionceau entre ses dents, et l’autre resserrant puissamment sa mâchoire sur une proie.
L’un des enseignements à retirer de cette image, c’est que, dans le premier cas, c’est uniquement l’amour de la matrice, de la maya, qui garde le psychisme de ses enfants dans l’illusion.
Un tel psychisme, pur produit de l’inconnaissance, doit – et ne peut que – se développer dans la maya.
Mahamaya, la grande illusion
Tout d’abord parce que la maya lui est consubstantielle, mais aussi parce qu’elle lui est protection contre une Réalité qu’il ne pourra aborder – et avec combien de difficultés – qu’à totale maturité, lorsqu’il sera prêt à disparaître.
Par le passé, les Maîtres spirituels réalisés, au contraire des faux gurus actuels qui sont avides de la plus grande audience, passaient presque plus de temps à éloigner les aspirants immatures qu’à accueillir et enseigner leurs bons disciples.
Et même ces derniers n’avaient accès à la transmission de la connaissance qu’après avoir subi un certain nombre d’épreuves destinées à décourager ceux dont les motivations restaient insuffisantes.
De même, dit Lao Tseu, « les princes d’autrefois, qui connaissaient le Tao, ne l’enseignaient pas au peuple ».
Pourquoi donc ?
Le peuple qui « est difficile à gouverner s’il a trop de savoir », c’est l’ego avide de possessions matérielles, intellectuelles et, pourquoi pas spirituelles, dans le seul but de se valoriser.
Un tel ego est difficile à gouverner dans le sens de la Voie, du Tao.
D’une part parce qu’il est dans sa nature d’ego de profiter du savoir pour se croire supérieur, même, si besoin, en singeant l’humilité.
D’autre part parce que tout savoir excédant ce que l’individu a vraiment réalisé par connaissance directe entraîne l’habitude réflexe de tout intellectualiser.
On comprend donc pourquoi « celui qui utilise le savoir pour gouverner ruine son pays », pourquoi le Guru qui a la faiblesse de ne pas couper court à tout processus d’intellectualisation abusive conduit le paysage spirituel intérieur à la ruine.
Les civilisations traditionnelles étaient bâties sur le modèle de la hiérarchisation du savoir sacré.
Chaque hiéroglyphe égyptien, par exemple, avait au moins trois sens :
un pour le peuple,
un pour les scribes et les prêtres,
et un pour les détenteurs de sagesse.
Mais avant de s’offusquer de ce qui apparaîtrait aujourd’hui comme une terrible injustice, il convient de se rappeler que c’est aussi au cœur du peuple que les détenteurs de sagesse recherchaient leurs disciples, leurs successeurs.
N’oublions pas que le Dalaï Lama est issu d’une famille de paysans semi nomades, ou qu’il est possible à un Hindou d’échapper à sa caste tout simplement en se consacrant à la spiritualité.
Dans n’importe quelle civilisation traditionnelle digne de ce nom, les princes qui connaissaient le Tao étaient – autant que possible – attentifs à tout frémissement d’aspiration spirituelle dans leur peuple.
Qu’il fut issu des mondes paysan, ouvrier ou marchand, le jeune qui manifestait le moindre décalage par rapport à la norme était assez vite repéré.
Et tout le savoir traditionnel qu’il s’avérait capable de faire entrer en résonance avec son entendement lui était offert, de strate en strate jusqu’aux plus hauts degrés s’il en était digne.
En revanche, il existait bien un peuple qui devait être gardé « dans son heureuse ignorance ».
C’était le frère du petit paysan, le voisin de l’ouvrier dont on parlait plus haut.
Ceux-là ne s’intéressaient absolument pas au spirituel, ne frémissaient à aucun appel métaphysique, et étaient effectivement aussi « heureux » dans leur ignorance qu’on peut l’être.
Si aucune interrogation ne les avait jamais poussés à sortir ne serait-ce qu’un œil hors de la matrice d’illusions de leur conditionnement, c’est qu’ils y demeuraient encore en gestation.
Les en déloger aurait été équivalent à un avortement spirituel.
Alors que pouvait-on pour eux ?
Antonin Artaud écrivait « il ne faut pas assassiner le public avec des considérations métaphysiques dont il n’a rien à faire, mais il importe que l’auteur les mette dans son œuvre, en filigrane ».
La même idée est sans doute venue aux chamanes préhistoriques, puis aux griots et aux bardes, et enfin aux rédacteurs de tous les écrits sacrés qui racontèrent de belles légendes à tous ceux qui se déclaraient plus que satisfaits dans le giron de la religiosité… et qu’il fallait donc scrupuleusement garder dans l’ignorance.
Si ce « peuple » avait nécessité d’inconscientiser la part de réalité que son mental en gestation ne pouvait encore intégrer, comment mieux assister cette gestation qu’en préservant le conscient de tout concept déstructurant, tout en s’adressant à l’inconscient par le biais du mythe ?
Celui-ci érigeait une charpente initiatique virtuelle dans cet inconscient, en vue d’une libération future, lorsque, la conscientisation devenant possible, il s’agirait de sortir d’Egypte et de franchir la mer rouge.
C’est ce que l’on appelle « semer ».
C’est ce que l’on appelle « la civilisation ».
Je ne me lasse pas de le répéter : civiliser, c’est fédérer les différentes natures individuelles autour de leur seul point commun : l’Esprit.
En l’absence d’une prise en considération du Spirituel comme fondement de toutes relations (avec soi-même comme avec les autres), il est impossible d’éviter aux individus l’égoïsme forcené, l’arrogance, l’avidité ou, pire encore, la dépression, l’anxiété et le désir de destruction et d’autodestruction.
En Inde, dans les ashrams védiques, il est enseigné qu’on reconnaît la valeur d’une civilisation aux modèles qu’elle donne à admirer à sa jeunesse.
Lorsque ces modèles étaient des Saints ou des Sages, la civilisation atteignait à la plus haute harmonie à laquelle on puisse prétendre et autorisait l’expression d’un certain bonheur intérieur dans toutes les couches de la population, quels que soient leurs différents degrés de compréhension de la Tradition.
Bien sûr, durant les siècles qui ont suivi la fondation des civilisations traditionnelles, la religiosité a très rapidement gagné du terrain sur la spiritualité et a inexorablement fini par la supplanter.
Toutefois le mythe fondateur demeurait à peu près intact la plupart du temps, et suffisait à lui seul à maintenir l’inconscient collectif dans l’attente du Messie, dans l’attente de l’impulsion qui doit pousser l’individu hors de la matrice d’illusion.
Le mythe n’a jamais été qu’une invitation à réaliser l’éveil… à une date ultérieure
Une invitation que la Tradition a injectée massivement dans l’inconscient des peuples.
Mais aujourd’hui, le mythe ne fonde plus les civilisations.
Il n’y a donc plus de civilisations (au sens où j’entendais ce terme). Plus de fédération des individus autour de l’Esprit commun.
Il est même possible qu’il n’y ait plus de « date ultérieure » à laquelle il serait encore possible de repousser l’éveil.
L’Apocalypse impose à l’inconscient collectif la purgation la plus drastique de l’histoire de l’humanité.
A peine secouée par les gémissements intégristes lancés par quelques mythes agonisants, notre espèce s’est massivement effondrée dans la religiosité essentielle : le matérialisme.
Parallèlement, les doctrines secrètes sont dévoilées au tout venant, incomprises et profanées, et même la religion exotérique chute encore d’un cran en se vautrant désormais dans le folklore.
Mais, le plus important, c’est que la prise de conscience de l’urgence de l’éveil commence à présent à faire son chemin au sein de ce peuple qui se divise plus que jamais entre ceux qui restent dans l’ignorance et ceux qui la quittent.
C’est au sein de ce peuple que le Christ brandit son glaive et s’apprête à « mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère » (Matthieu 10 : 35).
Plus que jamais la spiritualité va vous faire perdre vos amis, car le fonctionnement d’un ego offert à l’érosion du Djihad intérieur est totalement intolérable… pour tout autre ego s’accrochant encore à ses illusions !
L’Apocalypse est Djihad ; et le Djihad tranche !
Nul ne peut s’Unir sans avoir tranché !


Bonjour,
Aujourd’hui les modèles de nos enfants sont loin de la sagesse et de l’élévation de l’esprit. Comment ne pas mettre sur la touche toute une génération si on ne leur donne à admirer que des personnes avides de pouvoir et d’argent. Cette société ne peut qu’engendrer la violence pour satisfaire le besoin de possession.
Dans le « Santé yoga du mois d’avril il y a un très bel article intitulé « Tempête solaire ou tempête sous le crâne ». Il parle de l’accélération des choses qui est en partie due à des éruptions solaires.
Nous faisons partie de l’Univers et non pas seulement de notre mini entourage.
Danièle de Forme et bien-être Son dernier article…Votez pour le meilleur article « le meilleur du bien-être » !
Danièle bonjour,
En effet, les modèles livrés à la jeunesse comptent parmi les premiers responsables de la dégradation des comportements.
Le Dr. Jacques Vigne, psychiatre en Inde, faisait remarquer, il y a quelques temps déjà, que depuis que la télévision avait envahi les campagnes indiennes, la criminalité avait, du jour au lendemain, subi une multiplication par 10 !
Quant aux tempêtes solaires et autres influences du petit et du grand entourage, il est également très vrai qu’elles comptent. Nous faisons partie de l’univers. Mais chacun y réagit à sa manière.
C’est un autre médecin psychiatre, lui aussi tourné vers le spirituel, le Dr. Mantel, qui me faisait un jour très pertinemment remarquer que le schizophrène et l’éveillé « recevaient » les mêmes messages de la réalité… mais qu’ils ne les interprétaient pas du tout de la même façon.
Nous faisons donc tous partie du même univers, mais en fonction de l’état de notre conscience, la perception de cet univers peut varier du tout au tout, ainsi que ses effets sur nos comportements.
Bernard
Bonjour Bernard,
Tu sembles ne voir dans les mythes que des légendes s’adressant aux enfants. Or, le mythe a une autre dimension qui s’adresse aux initiés.
Dominique
Dominique, Bonjour,
Cela va sans dire !
Mais, il est vrai, cela va encore mieux en le disant.
Ce n’était tout simplement pas le sujet de cet article.
Pour les « initiés », bien sûr, le récit mythologique, une fois décrypté, se transforme en traité cosmogonique, en recueil de techniques initiatiques, ou encore en support de méditation…
Le mythe avait donc bien effectivement deux objectifs :
- ne pas attaquer directement l’ego du peuple qu’il faut garder dans la bienheureuse ignorance,
- et, par le biais de symboles et de codes secrets, délivrer différentes strates de messages aux initiés… sans que cela soit divulgué au dehors.
L’étymologie du mot « mythe » est d’ailleurs révélatrice de telles fonctions ésotériques, puisque c’est de la racine grecque « mu », le chuchotement, que dérivent aussi bien « muthos », la légende, que « muein », se taire, ou « mustêrion », le mystère, ou encore, en latin « mutus », muet, et en sanskrit « muni », l’ascète silencieux…
Il y a bien, dans le mythe, quelque chose de l’ordre du secret, du silence.
« Celui qui sait ne parle pas, et celui qui parle ne sait pas », enseignait Lao Tseu.
Dans toutes les Traditions, on tient le silence pour le plus haut enseignement.
Devant le Sanhédrin Jésus gardait le silence et ne répondait pas.
Quant au Bouddha, ses recommandations en la matière étaient encore plus lumineuses :
« Quand ils te poseront des questions étranges, cherchant à savoir ce que Cela est, n’affirme rien et ne nie rien.
« Comment quelqu’un peut-il vraiment expliquer la nature de ce qui est s’il n’en a pas eu l’entière révélation ?
« Et quand même cette révélation lui aura été faite, quel mot pourra-t-il envoyer de ce Royaume où le véhicule de la parole n’a de chemin sur lequel avancer ?
« Si donc ils t’interrogent, offre-leur le silence ».
Tous les Instructeurs ont formellement averti leurs disciples qu’il était impossible de conceptualiser ce qui ne saurait être découvert qu’en faisant précisément taire tout concept.
La lettre tue, seul l’Esprit vivifie.
Le silence pur et simple est donc la meilleure réponse ; le mythe en est une autre, presque aussi bonne.
Je dis « presque » parce que, malheureusement, la religiosité s’empresse d’interpréter le mythe à sa manière… et qu’il y a là matière à « scandale » (scandalon = piège spirituel).
Mais, comme je le disais aussi dans l’article, aujourd’hui on n’en est plus là.
Aujourd’hui, c’est la révélation, l’Apocalypse.
Bernard
Bonjour Bernard,
Le peuple est difficile à gouverner s’il a trop de savoir, laissons-le dans son heureuse ignorance.
Nos dirigeants auraient-ils lu Lao-Tseu au premier degré ?
Ne pas révéler aux hommes qui ils sont afin qu’ils le découvrent eux-mêmes… ou pas.
C’est un élément de sagesse qui s’inscrit bien dans l’enseignement du Tao.
Comme un maître d’art martial (un vrai) qui montre sans expliquer pour que l’apprenti fasse tout le chemin qui l’amènera à découvrir le sens des mouvements.
Belle image, l’avortement spirituel !
Cela nous ramène à la recherche de l’éveil sans le rechercher.
Je ne suis pas sûr d’être très clair.
Quoi qu’il en soit, retrouver le sens de la civilisation ne semble guère à l’ordre du jour.
Bonne soirée
Jean Paul
Jean Paul vivre bien Son dernier article…Changer ses mauvaises habitudes grâce à ses chaussures.
Bonsoir Jean Paul,
Ah mais si, au contraire !
La mission du vrai Maître est de laisser ses disciples avec les mains vides.
Il ne doit rien leur rester, ni système, ni exercice, ni technique, ni croyance à quoi accrocher leur recherche.
Parce qu’on ne doit pas rechercher l’éveil. On doit prendre conscience qu’il est déjà là. La démarche est totalement différente.
Pour bien chercher, il faut savoir (Veda), avoir une carte qui décrit le territoire.
Mais une fois qu’on a réellement compris que chercher était inutile, il faut aller au-delà du savoir (Vedanta).
Et au-delà du savoir, il n’y a qu’être.
Et personne ne peut être à votre place.
Vous êtes déjà.
Il vous suffit de prendre conscience à quel point vous êtes déjà !
A quel point vous êtes !
Au-delà de ce que vous croyez.
Au-delà de ce que vous savez.
Bernard
Peux tu, cher BK, donner l’exemple dans l’Histoire de civilisations, dans ta définition du terme ?
Merci d’avance.
PS: Une autre demande, te serais t il possible de faire un article sur les Cathares que tu sites parfois ? L’individu que je croyais être est né dans cette région et le sujet m’intéresse depuis longtemps. Étant castrais de naissance (de Castres, bien entendu…..).
RV
RV
RV Son dernier article…Evolutions graduelles, Eveil soudain.
Hello RV,
Serais-tu assez aimable pour bien daigner condescendre à reformuler ? Je ne suis certain ni de comprendre le sens de ta question ni de situer le passage du texte auquel elle se réfère.
Quant aux Cathares, oui d’accord ! Pourquoi, d’ailleurs, ne pas terminer la semaine là dessus ? Ça nous fera une petite récréation avant d’achever la série d’articles en cours (sur les Voies, les mythes, la religiosité, l’Apocalypse et toutes ces sortes de choses).
Bernard
P.S. J’aime beaucoup la citation du Bouddha sur ton blog.
Je daigne mais parce que c’est toi, cher BK!

Je reformule donc ma demande en essayant d’être plus clair cette fois ci:
durant quelles périodes historiques, la civilisation (dans ta définition du terme: »fédérer les différentes natures individuelles autour de leur seul point commun : l’Esprit. « ) ou les civilisations ont elles excitées ? Quels rois, quels pays ?
Ayant été prof d’histoire dans un passé lointain, j’ai du mal à citer un seul exemple réel et non fabriquer par idéaliste a posteriori d’une civilisation (Ashoka en Inde, Akhenaton en Égypte?). L’Histoire est une fabrication arrangée du passée comme toutes les histoires des speudo-individus que l’on croit être avant que Cela soit vu. Suis je assez compréhensible dans ma demande cette fois ci, sinon je suis sûr que je peux reformuler autrement, en étant toujours aussi peu clair
Merci d’accepter ma requête sur les Bons Hommes.
Bonne journée.
RV
RV Son dernier article…Evolutions graduelles, Eveil soudain.
Sans entrer dans le détail de l’histoire (effectivement copieusement reconstituée, pour ne pas dire bidonnée par les détenteurs du pouvoir), je faisais simplement référence au principe du mythe fondateur dont on retrouve des aspects à tous les niveaux de la société.
Bien sûr, il ne faut pas confondre ma définition (idéale et théorique) de la civilisation « qui fédère les différentes natures individuelles autour de leur seul point commun l’Esprit », avec une quelconque réalité historique.
Aucune société n’est parfaite ni ne le sera jamais.
Et, concernant les civilisations traditionnelles de l’Antiquité, leur point spirituel de référence n’était évidemment que représenté, en l’occurrence par le mythe ; ce qui ne constitue certainement pas une condition suffisante pour prétendre à la perfection, mais, dans l’ordre du possible et du raisonnable, ce qui les démarque incontestablement des sociétés « expérimentales » modernes.
Etant bien entendu que c’est le même homme-animal qui peuple les sociétés antiques et modernes, dans aucun des deux cas il ne faut s’attendre à des miracles. Mais, au plan psycho-spirituel, le « moins pire » me semble nettement se situer dans le cadre des civilisations traditionnelles… et le pire du pire dans nos sociétés modernes.
Il n’est que de comparer le petit paysan un peu isolé du monde, dans un pays « peu développé », avec le Parisien ou le New-Yorkais lambda, pour se rendre compte que le conditionnement moderne entraîne un surdosage de cynisme, d’avidité, d’égoïsme et d’arrogance, quand ce n’est pas de dépression et de paranoïa, qu’on est très, très loin d’atteindre ailleurs.
Quant à ceux qui aspirent à la spiritualité, je ne crois pas qu’on puisse dire que nos sociétés modernes ont été conçues ni pour accueillir leur démarche, ni pour leur permettre de la rayonner.
Alors, même si, inévitablement, les civilisations antiques présentaient divers défauts, dont certains nous sembleraient sans doute cruels aujourd’hui ; même si elles étaient repliées sur elles-mêmes ; et même si, au fil du temps, elles se sont corrompues, on ne peut pas les confondre avec l’espèce de suicide collectif que l’on appelle aujourd’hui « notre société ».
Bernard
Bonsoir Bernard!
» civiliser, c’est fédérer les différentes natures individuelles autour de leur seul point commun : l’Esprit. »
Ce passage rapproché de celui ci:
« Chaque hiéroglyphe égyptien, par exemple, avait au moins trois sens :
un pour le peuple,
un pour les scribes et les prêtres,
et un pour les détenteurs de sagesse. »
Ne peut on pas avancer que chaque hiéroglyphe est en lui même une manifestation de l’esprit fédérateur ? Et si le hiéroglyphe est capable de fédérer, l’écriture en elle même représente-elle dans le monde d’aujourd’hui cet esprit fédérateur dont tu parles ?
(C’est une question, pas une affirmation.)
Je te souhaite un bonne soirée riche en éveil .. fédérateur….
Xavier
Hello Xavier,
Il est un fait que, dans une civilisation (traditionnelle), tout fait référence, à travers le mythe, à l’Esprit. Pas seulement les hiéroglyphes, mais toutes les activités professionnelles et quotidiennes, les modes relationnels, les structures sociales, etc.
On ne dit pas « bonjour », mais « que la Paix soit avec toi ». On ne fait pas l’amour à une femme mais à la Déesse. On ne mange pas du pain mais le corps du Dieu. Enfant, ta mère n’est pas la personne qui te file du fric pour t’acheter un pain au chocolat, mais ton premier Guru. Vieux, tu ne touches pas ta retraite, mais tu te prépares à la dématérialisation pour te dissoudre dans l’Esprit.
Rien, pas même le plus petit pet, n’échappe à la référence au mythe et à l’Esprit.
Et l’écriture est donc sacrée. Au même titre que, pour le croyant catholique moderne, peut l’être encore l’hostie.
Les hiéroglyphes égyptiens s’appelaient « Medou Neter », c’est à dire, exotériquement, « paroles des Dieux » ou, plus ésotériquement, « désignation des fonctions psycho-ontologiques ».
Mais ces fonctions psycho-ontologiques se prolongeaient dans la matière. C’est ainsi que, par analogie, chaque Medou Neter, de par son dessin symbolique, désignait par exemple un légume pour le peuple, un dieu pour le prêtre, et une Vérité spirituelle pour le Sage. Ces trois niveaux et l’image hiéroglyphique étant évidemment reliés entre eux, comme je l’ai dit, par l’analogie ; mais une analogie élevée au rang de science spirituelle.
Alors, il est bien évident que notre écriture n’a plus grand chose à voir avec ces Medou Neter sacrés !
Tout au plus pouvons-nous évoquer certaines étymologies pour révéler un peu plus de sens ésotérique dans certains mots… mais nous sommes très loin du caractère sacré de l’écrit dans les grandes civilisations traditionnelles de l’antiquité.
Et je ne parle même pas des vibrations très spéciales produites par la prononciation de certains mots, comme c’est par exemple le cas dans les Mantras sanskrits, et comme ça l’était aussi dans les invocations des prêtres égyptiens.
Il faut bien voir que la civilisation traditionnelle était réellement fondée sur le Spirituel, dans tous ses aspects.
Et ça, ça ne se réinvente pas !
D’autant que nous sommes aujourd’hui passés à autre chose !
C’est l’heure de la destruction de l’ancien.
Au bout de cette destruction, si l’humanité sort victorieuse de l’Ordalie suprême qui la menace par la même occasion de disparition, la civilisation sera obligatoirement rétablie.
Bien sûr, il est impossible de dire à quoi ça ressemblera mais il serait possible, ou en tout cas logique, qu’il n’y ait plus nécessité de supports formels, comme le mythe, pour fédérer.
L’accession de notre espèce (ou d’une partie de l’espèce, ou d’une nouvelle espèce ?) à la conscience transpersonnelle devrait impliquer la disparition de tout ce qui était nécessaire à la conscience personnelle pour se « souvenir » du Spirituel, c’est à dire religions, mythes, rites, etc.
Mais, pour l’instant, nous n’en sommes qu’à l’amorce d’un processus qui prendra vraisemblablement des siècles, voire des millénaires, pour arriver à terme… à moins que son avortement n’aboutisse beaucoup plus vite à la fin pure et simple d’une humanité qui, parce que toujours dirigée par l’ego, ne pourra résoudre la crise systémique résultant de sa simple existence et de son fonctionnement.
Bernard
Bonjour Bernard,
Je me permets d’intervenir dans cette discussion.
« Alors, il est bien évident que notre écriture n’a plus grand chose à voir avec ces Medou Neter sacrés ! »
Cette phrase et les suivantes me chagrinent un peu, elles me donnent l’impression que l’écriture perd plus que son sens sacré, mais qu’elle devient insipide.
Certes, vous avez raison. Néanmoins l’écriture permet encore de faire passer un message à différents niveaux.
D’ailleurs vous l’écrivez vous-même :
« Antonin Artaud écrivait « il ne faut pas assassiner le public avec des considérations métaphysiques dont il n’a rien à faire, mais il importe que l’auteur les mette dans son œuvre, en filigrane ». »
Je prends un exemple naïf à dessein : Le petit prince.
Là où les uns voient un chapeau, il voit un boa qui a avalé un éléphant.
Qu’est-ce qui empêche de faire un parallèle avec la religion qui a avalé la spiritualité.
Quand le petit prince explique qu’il doit arracher les baobabs sur sa planète, l’image amuse les enfants, certains feront le parallèle avec les croyances négatives à extraire du subconscient, d’autres y verront des tentatives de tuer l’ego, etc.
L’écriture et la parole restent, selon moi, les meilleures armes pour véhiculer la diversité de l’humanité.
Et peut-être aussi pour qu’un jour on arrive à se comprendre un peu.
Bonne journée
Cheveu dans la soupe

Jean Paul vivre bien Son dernier article…Changer ses mauvaises habitudes grâce à ses chaussures.
Bonjour Jean Paul,
Vous avez évidemment raison de penser que l’écriture et la parole ont encore leur mot à dire. Je n’ai d’ailleurs jamais prétendu le contraire.
Mais les hiéroglyphes traditionnels étaient d’une toute autre nature que notre écriture. Ils reposaient intégralement sur la pensée analogique.
Notre écriture, elle, est beaucoup plus rationnelle qu’analogique. Partant, elle doit faire des efforts d’adaptation pour participer à la pensée analogique. Elle y parvient d’ailleurs. Elle sait devenir poétique. Mais elle ne l’est pas, au départ.
Entre ce qu’on peut dire d’une lettre de notre alphabet, et ce qu’un Kabbaliste peut dire d’une lettre de l’alphabet hébraïque… il n’y a pas photo !
La différence réside dans la science de l’analogie développée par les anciens. Il s’agissait vraiment d’une science auprès de laquelle nos sciences humaines font figure de gamines mal élevées.
Ce n’est pas parce qu’ils n’envoyaient pas de fusées dans l’espace, que les anciens ne possédaient pas des facultés mentales au moins identiques aux nôtres ; facultés dont ils se servaient plutôt pour fabriquer des civilisations capables de durer des millénaires.
Et pour obtenir de tels résultats (dont nous serions bien incapables), il faut posséder la science des Neterou ontologiques et de leurs diverses expressions, les Medou.
En fait, entre l’écriture traditionnelle et l’écriture moderne, aucune comparaison n’est possible. Il ne s’agit pas de la même chose !
Bonne journée
Bernard
Bonjour BERNARD, et à tout les dématérialisés potentiels,
Je me demande si les articles finement ciselés de ce blog, ne deviennent pas un alibi inconscient
Qui s’externalise, dans une sorte de fondue enchainée de notre conscience cognitive, et de notre présence no limite.
Il me semble que nous sommes en permanence dans cette posture d’interprétation, il y a de la mémoire, il y a de la présence plus où moins consciente, qui d’après certains sages observateurs réfutent le caractère passé.
Bon, pour essayer de me faire comprendre, la mémoire est-elle un MYTHE,une imposture d’interprétation ?
Qu’elle perspective peut on lui attribuer si elle fait partie intégrante du fameux moment présent ?
Bon, excusez-moi de plonger en eau profonde de bon matin, mais la lecture de vos commentaires, et de cet article,
Initialise peu être ma perplexité^^
Spot bonjour,
Concernant l’interprétation, la mémoire, la pensée, etc., il y a deux possibilités :
- soit y être incarcéré,
- soit en être libre.
Il n’y a absolument aucune expérience, qu’elle soit de l’ordre du sentiment, de l’émotion, du souvenir, de la perception sensorielle ou extra-sensorielle, de la pensée intellectuelle, etc., dont on puisse dire qu’elle incarcère. C’est nous qui nous y incarcérons… ou non !
Rien, dans l’univers entier, ne mérite notre méfiance… sinon le fonctionnement égocentré de notre propre mental.
Bref, le constat auquel vous vous livrez ne concerne que l’attitude de conscience que vous adoptez, et non les choses ou les faits extérieurs que vous considérez.
Cela étant, il est évident que la mémoire à laquelle vous vous identifiez est une imposture. Mais, là encore, l’imposture ne réside pas dans la mémoire elle-même, mais dans le fait de vous identifier ou de vous approprier cette mémoire, ou encore dans la croyance que cette mémoire possèderait un quelconque pouvoir sur votre conscience.
Si vous êtes le moment présent, rien, ni la pensée en général, ni la mémoire en particulier, ne vous empêchera d’être le moment présent.
Par contre, si vous voulez être dans le présent (ce qui n’est pas du tout la même chose), vous devrez lutter contre tel ou tel ennemi extérieur que votre croyance vous désigne. Les uns croient que c’est la sexualité qui empêcherait l’éveil. D’autres croient que c’est la pensée, ou le sommeil, ou l’alimentation, ou que sais-je ?…
Mais en réalité, rien ne vous éloigne de vous-mêmes que vos croyances.
S’enfermer dans un circuit fermé de pensées se demandant si telle ou telle forme de pensée, de mémoire ou autres occupations mentales, n’est pas en train de nuire à l’éveil n’est certainement pas une Voie d’accueil de ce qui est.
Débusquez l’escroc… et vous n’aurez plus jamais besoin de vérifier ses alibis !
Bernard
bernard merci,
j’ai le sentiment d’avoir integré votre message, et celà sans pretention, merci,
« J’accuse » bonne réception de ces lumineuses saintes thèses Bernard
Il y avait bien « autre foi » une « docte ignorance » et une ignorance entretenue par les doctes.
Tu écris : « C’est l’heure de la destruction de l’ancien.
Au bout de cette destruction, si l’humanité sort victorieuse de l’Ordalie suprême qui la menace par la même occasion de disparition, la civilisation sera obligatoirement rétablie. »
Il est vraisemblable que les causes induisant la destruction de l’occident en-trainant celle de l’Orient, c’est du fumier occidental que devrait naître une humanité digne de ce nom. Mais il est tout aussi possible que la Conscience-énergie abandonne le support de l’animal humain pour s’exprimer ! Tu parles « de l’espèce de suicide collectif que l’on appelle aujourd’hui « notre société ». » Il me semble que cela apparaît comme « suicide » à ceux rares qui ont encore quelque conscience vive et qui se disent avec « raison » que cette avidité est en nous ; mais je vois à l’oeuvre – depuis que les orfèvres sont devenus escrocs/banquiers au XVIIe siècle – une zombification planifiée. Il n’y a évidemment pas de crise économique mais elle apparaît telle à ceux qui subissent dans l’angoisse l’avidité d’une poignée et qui meurent (vraiment !) au travail pour tenter de nourrir leur famille, ou dans la rue ! Ceux-ci (celles-ci plus encore) sont trop accablé(e)s, blessé(e)s dans leur chair, pour se rendre compte de la gigantesque arnaque. Leurs maîtres peuvent leur dire le lundi un mensonge (pardon une contre-vérité !) enregistrée par tous les media, le mardi le même, et démentir le mercredi, ils (elles) iront par « devoir sacré » voter. « Et par Allah nous le craignons » !
Quand tu dis : « au plan psycho-spirituel, le « moins pire » me semble nettement se situer dans le cadre des civilisations traditionnelles… et le pire du pire dans nos sociétés modernes. » J’acquiesce et il me semble que l’animisme ou le totémisme correspondaient à ce « moins pire ».
Il me paraît excellent ici de se référer au « carré ontologique » de la « nouvelle ethnologie » pour définir les quatre seules cosmologies auxquelles l’animal humain peut être insérer. Philippe Descola considère dans une interview accordée à Libération : « Plus qu’une opposition nature / culture, qui semble bien propre à l’occident, l’ethnologue propose une opposition intériorité (c’est-à-dire peu ou prou l’intentionalité, la conscience) / physicalité (en gros, les corps), repérable également chez les non humains. Son enquête met en évidence quatre façons d’identifier les « existants » et de les regrouper à partir de traits communs qui se répondent d’un continent à l’autre : le totémisme, qui souligne la continuité matérielle et morale entre humains et non-humains ; l’analogisme, qui postule entre les éléments du monde un réseau de discontinuités structuré par des relations de correspondances ; l’animisme, qui prête aux non-humains l’intériorité des humains, mais les en différencie par le corps ; le naturalisme qui nous rattache au contraire aux non-humains par les continuités matérielles et nous en sépare par l’aptitude culturelle (…) Le naturalisme, c’est l’idée que seuls les humains sont dotés d’une intériorité. Les autres existants – plantes, rochers, animaux, etc. – en sont privés… En revanche, sur le plan du corps ou de l’organisme, les hommes n’ont rien de singulier puisqu’ils sont gouvernés par les mêmes lois de la physique que les non-humains. Quand je suis parti chez les Indiens Achuar, avec mon petit bagage naturaliste, je n’arrivais pas à comprendre ce qui se passait chez eux : en mesurant les rapports de cette société avec son environnement (le temps passé à la chasse, le jardinage … ), je me suis aperçu que ce que j’envisageais comme des activités de production, les Indiens en parlaient avec le vocabulaire de la sociabilité ! Ils entretenaient des rapports sociaux avec les animaux et les plantes, ils traitaient le manioc, les toucans ou les ombres comme des personnes. L’animisme, c’est donc l’inverse du naturalisme : les non-humains sont dotés d’une intériorité de même nature que celle des humains et mènent comme eux une vie culturelle et sociale. La distinction entre eux se situe juste au plan physique ou biologique. »
En tant qu’ex hermétiste, je suis rompu à la pratique de l’analogie ! mais n’ayant pas ta connaissance de l’écriture égyptienne je ne peux partager ta vision des « hiéroglyphes » que jusqu’à un certain point ! Je ne connais que leur interprétation (délirante) à la lueur de la cosmologie analogique de la Renaissance. Cependant les humanistes ont basé leurs « emblèmes » et « devises » sur cette interprétation et en ont fait une science pour cacher et révéler dans le même mouvement les arcanes de la voie occidentale basée sur la connaissance des rapports entre le moteur immobile de la Nature naturante et sa manifestation en tant que métamorphoses (transmutations) dans la Nature naturée. Cette voie contemplatrice et active est tout à la fois voie progressive et voie directe.
Tu écris « Entre ce qu’on peut dire d’une lettre de notre alphabet, et ce qu’un Kabbaliste peut dire d’une lettre de l’alphabet hébraïque… il n’y a pas photo ! »
Certes du point de vue de la pensée « naturaliste » en Cour ! Mais tout est question d’interprétation comme tu le soulignais par ailleurs ; qu’on ne s’y trompe pas, les « hiéroglyphes » se cachent même dans notre alphabet et pour ne pas évoquer les « syllabes chymiques » du XVIIe siècle – prétérition ! je prendrai un exemple moderne dans un livre de la 1ere moitié du XXe siècle ! Le Message Retrouvé :
« Celui qui ne s’émeut plus des grimaces de la mort, voit briller partout le sourire de l’unique clarté. » (1)
« Préparons la terre, soyons simples, soyons confiants, soyons patients, demeurons en paix, et Dieu nous fera voir son salut. » (2)
« NON. NON. Le commencement OUI. OUI. OUI.
OUI. NON. OUI. NON. OUI.
OUI. OUI. Le milieu NON. OUI. NON
OUI. OUI. OUI. La fin NON. NON. » (3)
J’ai numéroté ces trois versets qu’il faut se représenter : texte 1 en regard du texte 2, et en dessous et au centre le texte 3.
Cette disposition triangulaire implique traditionnellement que le texte 3 est la synthèse des 2 autres antagonistes, ce n’est pas une plaisanterie ! et il n’y a ici ni morale ni religion ! Il est évoqué une « unique clarté » et celle-ci à un poids et une « terre » pour la semer et c’est Dieu ( « le feu secret qui suscite les univers, qui les entretient, et qui les consume ») qui fait croître. Le ternaire des lettres formant les mots « OUI » et « NON » appartient à la Cabale calquée sur la kabbale hébraïque et ses permutations. Les lettres O-U-N-I- se relient à la théorie des quatre éléments dont les permutations forment l’univers manifesté, il suffit de voir leurs formes géométriques tracées par Règle et Compas à la Renaissance : O de la Terre, U de l’Eau…
Il est vraisemblable que nos alphabets sont nés de la vision de Sages qui ont divisés le cercle en 360° pour former les 22 polygones réguliers et je suis en cela le « voyant » Carteret. Le premier polygone, le triangle vaut 3 , le second le carré 4 …. il n’y a pas de polygone régulier à 7 côtés, parce que le dieu se repose le septième jour ! le 22e étant celui à 360 côtés. De ces figures sont nées les matrices de la plupart des alphabets, rien n’empêchait de créer quelques lettres supplémentaires au besoin et la place de nos voyelles au sein des consonnes qu’elles animent est explicite.
Nous sommes bien loin de ton projet initial, cher Bernard, mais j’ai eu plaisir à blatérer tel un chat-mot ou mieux un chas-mot, j’espère seulement que c’est partageable.
Bonne soirée,
Charly
Charly bonsoir,
Une fois de plus, excellents compléments d’information, mon cher Charly, même si leur « partageabilité » demeure incertaine.
Il va, en tout cas, sans dire que
Quant à savoir si le « moins pire » serait mieux que le « pire du pire », il me semble au contraire que le « mieux » est dans le « pire du pire » actuel, dans la mesure où, selon la formule consacrée, c’est aux heures les plus noires que l’on est au plus proche de l’aube.
Mais, je te l’accorde, reste à savoir si l’aube qui se lèvera pour cette espèce sera celle du condamné à mort au petit matin blême, ou celle d’un nouveau départ plein de promesses.
Bernard
« selon la formule consacrée, c’est aux heures les plus noires que l’on est au plus proche de l’aube. » Oui Bernard ! Mais avec les escrocs-banquiers + Tchernobil + Fukushima + la fonte des glaces +… je n’envisage pas comme toi des siècles mais des mois pour atteindre ces noirs rivages ! Tu vis (es) l’éternel présent, contrairement à moa hélas ! C’est certainement la cause de cette perspective temporelle décalée.
Je me relis plusieurs fois avant de poster, mais mais… mes copier/coller m’enlisent : « les quatre seules cosmologies auxquelles l’animal humain peut être insérer » !!! Dans lesquelles il peut être inséré, bon Dieu !
Charly
Du tout, du tout, mon cher Charly, je ne parlais de « siècles » que dans l’optique du déploiement d’un éventuel éveil transpersonnel collectif et d’une résurgence civilisationnelle.
Mais pour ce qui concerne le débarquement sur ces noirs rivages, nous n’avons évidemment pas des siècles devant nous !
Même si les quelques mois que tu suggères me semblent un chouïa exagérés dans l’autre sens.