Les Cathares, chrétiens ou manichéens ?

avr 27

Considérez tout d’abord quelques grands préceptes du Christianisme, tels que « donner tout son argent aux pauvres» ou « tendre l’autre joue quand on vous frappe ».

Puis comparez-les avec les comportements quotidiens effectifs qui ont toujours été les nôtres.

Et enfin, demandez-vous si le terme « d’Occident chrétien » est bien approprié.

Il n’est pas impossible, en tout cas, que de telles comparaisons aient suscité le Catharisme !

En effet, c’est en grande partie en réponse au totalitarisme de l’institution religieuse en place, et au matérialisme – pour ne pas dire à la débauche – d’un certain clergé, que les Cathares ont opté pour une pureté ascétique sans faille et un étroit respect des principes du Christianisme originel.

Chateau Montségur

Pour rendre compte du Catharisme languedocien du treizième siècle, nous avons aujourd’hui le choix entre la vérité plus ou moins glacée des historiens ou des théologiens, la critique toujours venimeuse des catholiques, ennemis mortels de l’hérésie, et le témoignage, sans doute complaisant, de certains spiritualistes se présentant comme les derniers héritiers des Cathares.

Toutefois, malgré la ferveur simplificatrice de ces derniers, l’épisode cathare nous demeure extrêmement confus.

On se retrouve d’ailleurs à peu près dans le même type d’imbroglio qu’à la naissance du Christianisme où fondateurs de sectes, adeptes aux intentions plus ou moins pures, schismatiques, imitateurs et détracteurs mêlèrent leurs voix dans une cacophonie toujours propice à étouffer l’essentiel appel.

Dualisme ou monisme

Quelle fut donc la doctrine véritable du Catharisme ?

Impossible de le dire avec certitude !

D’autant que tout porte à croire que cette Eglise n’a jamais réellement connu d’unité dogmatique.

Je pense pour ma part que chaque Cathare était plus ou moins abandonné à la liberté d’interpréter les Evangiles et les écrits gnostiques en fonction de son niveau de compréhension.

Toujours est-il que les controverses sont loin d’être éteintes, et que les exégètes discutent encore autour de certaines doctrines, notamment celles concernant le dualisme qui dissocie le « Dieu-Esprit » et le « créateur du monde matériel ».

Dem 3

Les Cathares, il est vrai, insistèrent lourdement sur les assertions les plus dualistes du nouveau testament.

C’était un Christianisme qui affectionnait tout particulièrement des concepts comme « mon Royaume n’est pas de ce monde » ou « la chair et le sang n’hériteront pas le Royaume »…

Il s’inscrit en cela dans le droit fil des Traditions gnostique et manichéenne qui stipulaient l’existence de deux ordres séparés :

Fleche le monde divin (ou Bien)

Fleche et notre monde matériel et psychique (ou Mal).

Abra

Quant à savoir si les Cathares poussèrent cette dichotomie jusqu’au dithéisme qu’on leur a reproché, rien ne nous permet de l’affirmer.

Il est possible que certains d’entre eux aient été particulièrement radicaux en ce domaine.

Mais il reste également probable que d’autres, plus évolués, réconcilièrent les deux principes, rachetèrent leur Satan et n’utilisèrent plus les formulations dualistes que dans un but strictement pédagogique.

Il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler, à notre époque où la tendance est plutôt moniste (et les dérives plutôt new age), l’intérêt de la pédagogie dualiste.

Il existe en effet une confusion, extrêmement fréquente et répandue, entre psychique et Spirituel, qu’il est indispensable de dissiper avant de pouvoir prétendre à une Vision de l’Unité.

Cette confusion s’avérant finalement au moins aussi néfaste que l’usage immodéré du dithéisme, il n’est pas forcément anti-spirituel d’accueillir la dualité, voire le dualisme doctrinal, avant de se fondre dans l’Unité.

L'influence de Mani

Il n’en demeure pas moins que le discours cathare présente indéniablement de nombreuses ressemblances avec les doctrines de Zoroastre, de Mani, de Gnostiques comme Montan ou Marcion, et bien évidemment des Bogomiles, Manichéens de Bulgarie et de Bosnie, relativement proches voisins des Occitans.

On constatera notamment une similitude frappante dans la division entre les moines, appelés « Elus » chez les Manichéens et « Parfaits » dans le Catharisme, et les simples « Croyants ».

Cette distinction se retrouve dans la plupart des écoles gnostiques où l’on classifiait les types humains en trois groupes :

Fleche les « Spirituels », possédant une grande aspiration ;

Fleche les « Psychiques », ballottés entre l’Esprit et la matière, et se voyant obligés, pour cette raison, de s’efforcer au détachement ;

Fleche les « Hyliques », complètement matérialistes, donc irrécupérables.

Il va sans dire que seuls les Spirituels et les Psychiques avaient accès à la secte.

Mani 2

Mani

Cependant, et bien que tous frères – et non pères ou fils – ils n’étaient pas investis des mêmes pouvoirs ni des mêmes devoirs.

L’église cathare doit donc beaucoup à ses prédécesseurs. Toutefois, la réduire à sa filiation historique revient à nier sa filiation spirituelle qui seule compte et se situe bien au-delà des doctrines.

Il ne faudrait effectivement pas confondre la philosophie profonde de cette Eglise avec les mots et formules employés par les « Spirituels » pour rendre les évidences métaphysiques sensibles aux « Psychiques » qui, sans explications ou images, y resteraient indifférents et aveugles.

Oublions donc un peu le fameux dualisme et les autres bizarreries gnostiques, et ne retenons que l’orientation spirituelle !

Car derrière la pédagogie manichéenne – apparemment simpliste mais susceptible de toutes les adaptations – il s’agissait certainement avant tout de favoriser une réorientation résolument spirituelle chez les Chrétiens sincères que rebutait un Catholicisme hypocrite et matérialiste.

Les consolations de Bethléem

Les Cathares, bien que subvenant à leurs besoins par d’honnêtes travaux, restaient pauvres et réalisaient ce communisme spirituel prêché par l’Evangile.

N’accordant aucun intérêt à la vaine gloire mondaine, ils vivaient très proches de la nature et des choses simples.

C’est cette simplicité même qui en faisait d’authentiques Chrétiens, fidèles au culte de l’Eglise apostolique des débuts, sans villes saintes, temples ni autels, sans prêchi-prêcha, encens ni sacrifices…

En revanche, ils ne dédaignaient pas le silence, la méditation, les génuflexions et les prières, partagés en plein air sous la voûte céleste, ou à l’abri d’une grotte ou d’une humble demeure.

Et, pour couronner ce beau dépouillement, un sacrement fondamental, appelé « Co­nort » ou « Consolament », marquait l’accession du Cathare à l’Initiation des Parfaits.

Plus connu sous le nom de « Conso­lamentum », il tendait à reproduire – tout au moins rituellement – le baptême tel qu’en parlent les Evangiles.

Conso

Ce baptême, j’en ai déjà parlé à plusieurs reprises, est une immersion du mental dans les Eaux de l’Océan de Conscience, accompagnée d’une descente de l’Esprit Saint, ou faculté intuitionnelle, messagère du divin.

Le fait que l’Église cathare, d’ailleurs appelée « Église de la consolation », reposait sur ce Consolamentum prouve à quel point l’Esprit y soufflait, plus que n’y régnait la lettre… même si l’aspect initiatique s’est apparemment développé au détriment de la pure révélation.

Toujours est-il que le Baptême traditionnel ne peut que signer la naissance de l’Esprit… et non célébrer celle d’un corps encore sans grande connaissance, comme c’est le cas avec le baptême des nouveau-nés.

Chez les Cathares, au contraire, un consolamentum spécial était même donné aux mourants qui, à condition d’abandonner sans regret leur corps, pouvaient ainsi se dissoudre en paix dans la Conscience.

En ce monde, mais pas de ce monde

Nous venons de le voir, les Cathares ne transigeaient jamais avec les exigences évangéliques, et, à l’imitation du Grand Maître, se voulaient « en ce monde, mais pas de ce monde ».

Ils ne cherchaient par conséquent ni à se faire une place au soleil, ni à transformer ou à améliorer la société.

« Les poissons essaient-ils d’améliorer l’eau ? » répondait, sous d’autres cieux, Lao Tseu à Confucius.

Toutefois, ce détachement s’assortissait toujours de la plus extrême compassion.

Aussi, les Parfaits cathares, médecins des âmes et des corps, s’intégraient-ils avec simplicité à la communauté de leurs contemporains, avec pour règle d’or d’éviter de nuire et, si possible, d’essayer de faire du bien.

Parfait 1

Il va sans dire que les Cathares étaient non violents et respectaient la vie, à tel point qu’ils avaient fondé de nombreux hospices et qu’ils administraient couramment des soins de routine aux malades, ainsi que les premiers secours aux blessés.

Mais, en dehors de la médecine et, bien sûr, de leur apostolat, leurs principales occupations s’étendaient de la vannerie au tissage, en passant par le petit commerce de tous les produits de première nécessité qui pouvaient se vendre sur les marchés où ils avaient l’habitude d’instruire les populations des préceptes du Sauveur.

Le régime des Purs

On a beaucoup reproché aux Cathares de mépriser le corps, mais on a rarement voulu comprendre qu’un tel mépris n’était nullement d’ordre moral, ou psychologique, mais exclusivement spirituel.

En effet, s’il avait été question de répudier purement et simplement le corps, les Cathares n’auraient jamais, à la suite des Esséniens et des Thérapeutes d’Alexandrie, attaché autant d’importance à l’alimentation, au jeûne et à la phytothérapie.

Car, si les simples croyants pouvaient manger de tout, le régime habituel des Parfaits et des Parfaites était végétarien.

Il se composait, le plus fréquemment, de pain, d’huile, d’épaisses soupes de légumes et de fruits.

Toutefois, à l’occasion de réceptions ou de fêtes, et en l’honneur de la symbolique chrétienne, on agrémentait cet ordinaire de poissons et de vin très dilué.

Mais on l’interrompait plus souvent encore par des jeûnes prolongés.

Si bien que l’apparence du Cathare présentait plus de similitude avec celle du Yogi décharné des Indes, qu’avec celle des bons moines médiévaux dont la figure rougeaude et bouffie sert encore d’emblème incontournable à nos produits de moderne ripaille : bières, liqueurs et autres camemberts…

Moine 1

Tout, dans l’existence des Parfaits, et singulièrement de ceux qui vivaient dans les grottes, était en harmonie avec une vie et une nature qu’il n’était surtout pas question de croire éternelles ni de déifier, mais simplement de respecter pour l’opportunité qu’elles offraient, de permettre la renaissance de l’Ame immortelle.

Finalement, en de très nombreux points, le quotidien de ces Cathares cavernicoles ressemblait au mode de vie recommandé par Gandhi ou Lanza del Vasto : filage et tissage de ses propres vêtements, moulage du blé et des oléagineux pour la préparation de son pain et de son huile, repas frugal et jeûne, couchage sur une literie de branchages et de feuilles, à même le sol, ablutions répétées, et oraisons, oraisons, oraisons…

L'exercice de la renonciation

Il est cependant indispensable de préciser que tout ce qui vient d’être dit de la vie quotidienne des Parfaits Cathares s’intègre, ou plus exactement se subordonne, aux exigences de la vie mystique.

Le jeûne est ascétique, avant d’être thérapeutique. La consommation et le partage du pain est rituelle, avant d’être alimentaire. L’usage des vêtements de pur lin indique le rejet de toute animalité, avant de chercher à vêtir. Les ablutions et les libations d’eau lustrale évoquent la religion égyptienne et le baptême johannite, avant de rafraîchir…

Toute la vie dans les grottes était rythmée par la nécessité d’une purification intégrale.

Grotte 2

Vingt-quatre fois par jour, la voix de l’heure résonnait dans les cavernes, immédiatement suivie de la voix de l’Oraison qui entonnait un Notre Pè­re dont le « qui êtes au ciel » devait, s’il en était besoin, rappeler aux novices qu’il ne fallait pas confondre ce Père-là avec celui qui était sur terre.

Six fois chaque nuit, l’Oraison réveillait les disciples du Christ pour les appeler au recueillement avant le lever matinal, au soleil à peine naissant.

Trois fois par an, un jeûne de quarante jours aidait le candidat à se libérer de son attachement à la matière…

Rien d’étonnant, donc, à ce que les Cathares aient pu, relativement facilement, renoncer aux biens de ce monde.

D’ailleurs, l’austérité la plus absolue était de rigueur dans les inextricables réseaux de cavernes servant aux communautés de dortoirs, d’ateliers, de réfectoires et de chapelles.

Et aucun mobilier, ni tables, ni chaises, ne venaient adoucir le séjour terrestre de ceux qui, conformément au principe de l’Endoura, avaient décidé de mourir avant leur mort.

Rien sinon, de loin en loin, une petite lampe à huile pour tromper vaguement l’obscurité des grottes, là où le soleil ne parvenait jamais.

L'Alpha et l'Oméga

Toutes les communautés de Parfaits n’étaient pas nécessairement établies dans des grottes, mais ces dernières étaient toujours réservées à l’Initiation.

Il faut dire qu’une grotte, entrailles de la terre, est un ventre maternel, une matrice matérielle idéale, prolongeant la matrice psychique de l’Eglise.

Les Cathares, qui regardaient avec horreur le marianisme affreusement sentimental des Catholiques, préféraient largement attribuer le nom de « Vierge Marie » à leur Eglise, cette matrice psychique virginale qui engendrait des Fils de Dieu.

Mais une grotte est aussi un tombeau.

Grotte 1

D’ailleurs, le spelaion grec, la spelun­ca latine, la spoulga occitanne, qui désignent la caverne, proviennent sans conteste de la même source étymologique que « sépulcre » ou « sépulture », « se­pilio » en latin, ou encore « espéli » qui, en langue d’Oc, signifie, paradoxalement, naître ou éclore.

Ainsi, les cavernes d’initiation des Parfaits étaient-elles doubles, à l’image de l’Antre d’Ithaque, dans l’Odyssée, où il y avait deux entrées :

Fleche l’une, vers Borée, qui laissait descendre les Hommes,

Fleche et l’autre, vers le Notos, qui était réservée aux Dieux.

De la même manière, les aspirants cathares entraient dans leurs grottes par la porte du Mur Symbolique, abandonnant le monde matériel, et, après une initiation en trois degrés d’une durée d’environ quatre années, en sortaient par la porte mystique, ayant trouvé le monde spirituel.

C’était une mort et une renaissance.

L’Alpha et l’Oméga.

La transmutation de la chenille en insecte parfait.

De l'ascétisme aux bûchers

Comparée à la catholicité d’alors, l’Eglise Cathare a représenté, sans l’ombre d’un doute, une limpide Voie de Salut pour l’ensemble de ceux, villageois, petits paysans ou grands seigneurs, qui s’étaient trouvés en présence de ces Parfaits auxquels il était rare d’avoir quelque chose à reprocher.

Cela étant, l’ascétisme extrême qu’elle prônait ne saurait s’exporter sans dommage dans n’importe quel autre contexte socioculturel.

Le Bouddha, et bien d’autres, en ont fait l’expérience : l’ascèse n’est pas la solution !

Ou, tout au moins, pas toujours.

Mais, dans ce moyen-âge où la prêtrise avait atteint le degré ultime de l’hypocrisie spirituelle, l’exemple des Cathares était indéniablement celui qu’il fallait donner.

Bucher 2

Hélas, il ne fut pas suivi et, au contraire, suscita la création de l’inquisition, des bûchers, des tortures, des massacres et autres abominations qui, dans cet Occident placé sous la loi d’Amour du Christ, ont si souvent encouragé la recherche spirituelle.

Croix 6

6 commentaires

  1. Charly Alverda /

    Bonjour,

    je ne doute pas cher Bernard que ce blog aura une audience surprenante ! Les zozotéristes gougueulisés vont se ruer sur cet article, rédigé comme à l’accoutumée de main de… serviteur du pneuma. Dans leur monde, cathares, rose-croix et templiers avec (ou malgré c’est selon !) l’aide des extra-terrestres sont toujours en quête du trésor de Rennes le Château : Graal, voire tombeau du Christ !
    C’est en effet au XIIIe siècle que le dernier « évêché » cathare ‘établit dans le Razès, haut lieu (géographique), où par milliers ils attendront la fin de… l’année, au grand dam des municipalités débordées. Peut-être qu’après lecture certains renonceront, mais certes la montagne de Bugarach est magnifique ! :-)

    Pour l’anecdote, débarquant dans un hameau à la frontière de l’Ardèche et de la Haute Loire en 1990, grande fut ma surprise de voir, à quelque distance de la terrasse de l’unique café où je me trouvais, un groupe d’une vingtaine de personnes alignées contre le mur de l’église locale. De ce groupe sortaient tour à tour, homme, femme, enfant, pour prononcer un discours (profession de foi ?) que je ne pouvais entendre. L’amie qui m’avait amené là m’apprit que c’étaient des « purs ». Elle m’apprit par la suite, dans son jardin où se trouvaient les tombes de ses ancêtres protestants !, que dans les hameaux avoisinants la population était constituée de catholiques, de protestants, de « demi-purs » et de « purs » ! Evidemment ces groupes se côtoyaient fort peu ! Les « demi-purs » avaient des relations basiques avec tout le monde, mais les « purs » ne pouvaient entrer dans les maisons et vivaient strictement entre eux. J’ai longtemps pensé que cet état de fait ne devait guère remonter au delà du XIXe siècle, mais à la réflexion au vu de la désertification et du climat locaux…?

    Les « bonhommes » – le terme « cathare » étant celui donné par leurs ennemis – ont trouvé terre « d’élection » sur l’ancien territoire wisigothique où l’arianisme sévissait. Mais comme tu le rappelles, seule l’herméneutique des rares textes à notre connaissance peut (quelque peu !) élucider l’arcane :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Textes_cathares

    La pensée induit une approche duelle de la Réalité, et hors de ton énoncé qu’il est bon de toujours rappeler…. point de Salut :-)

    « Il existe en effet une confusion, extrêmement fréquente et répandue, entre psychique et Spirituel, qu’il est indispensable de dissiper avant de pouvoir prétendre à une Vision de l’Unité. »

    Quant aux « cavernes d’initiation », l’Antre des Nymphes (de Porphyre) petit texte à petit prix, est un régal ! Une fable hermétique commentée « en inspiré, selon son sens mystique et caché »

    « Les poissons essaient-ils d’améliorer l’eau ? » Cette question taoïste colore ma journée. Merci.

    Charly

    • BK /

      Bonsoir mon cher Charly,

      Je prends bonne note de ta demande expresse d’un prochain article sur les extraterrestres. Nous n’y manquerons pas !

      A défaut d’améliorer l’eau, on peut toujours parer le bocal (et non Paray-le-Monial) d’un beau flou artistique !

      Bonne soirée

      Bernard

  2. Clémentine /

    Je connaissai pas trop les cathares et ca ma beaucoup intéréssée. Mais finalement comment cette religion est elle né? Avec l’église qui réjenté tout ca ne devait pas etre facile.

    • BK /

      Clémentine, bonsoir et bienvenue,

      Concernant l’Eglise, c’est surtout à la fin du Catharisme, plutôt qu’à ses débuts, qu’elle a fait des « difficultés ».

      A l’origine, le Catharisme est d’ailleurs avant tout chrétien.

      Mais il s’agit toutefois d’un Christianisme beaucoup plus grec et oriental que judaïque.

      Le terme même de Christ, Christos, fut évidemment concocté par les Grecs qui célébrèrent d’ailleurs de nombreux autres Christos.

      D’autre part, l’Evangile, tel que nous le connaissons, est un texte grec.

      Aussi, les Cathares ne virent-ils aucun inconvénient à considérer Platon comme le véritable précurseur du Christ, et à rejeter Moïse et le Judaïsme, comme le Judaïsme avait rejeté Jésus.

      La secte juive des Esséniens, en revanche, jouissait de la meilleure considération parmi les Cathares qui s’en sentaient très proches par le mode de vie.

      A noter que les Evangiles ne critiquent jamais les Esseniens, alors que les deux autres sectes, celles des Pharisiens et des Sadducéens, y sont plus d’une fois violemment maltraitées par Jésus.

      Mais c’est l’école d’Alexandrie qui, en confrontant Mystères égyptiens et grecs, Vedas, Essénisme, Christianisme et Néo-Platonisme, donna vraiment naissance au Catharisme.

      Car il ne faut pas croire que les premiers Chrétiens constituaient des sectes fermées. L’ouverture était alors totale sur les autres points de vue, et de nombreux Chrétiens devinrent les disciples de néo-platoniciens célèbres.

      C’est dans un tel contexte que, vers le milieu du deuxième siècle, des Montan ou des Novat fondèrent les sectes gnostiques dont s’inspirèrent le plus les Cathares du Languedoc.

      Quant au Manichéisme, puisque né à peu près du même brassage de doctrines, il serait probablement plus juste de le considérer comme un cousin du Catharisme que comme un père ou même un frère.

      L’amalgame auquel on se livre habituellement tient de toute évidence au fait que le Manichéisme déferla sur le monde avec une telle vigueur que les esprits en restèrent marqués et que l’on taxa systématiquement de «mani¬chéisme» tous les dualistes natifs des régions que la gnose de Mani avait touchées.

      Or, ce dernier n’avait pas le monopole du dualisme, phénomène universellement répandu, que l’on retrouve aussi bien dans le Taoïsme ou le Védantisme, que dans le Gnosticisme…

      Il faut peut-être ajouter que, selon certains auteurs et sous toutes réserves, le Catharisme des Parfaits n’aurait parlé de Mani qu’au sens du manas hindou (mental) ou des mânes latines (esprits), c’est-à-dire de l’esprit, sans vraiment faire référence au Mani fondateur du Manichéisme.

      Ça me semble quand même un peu tiré par les cheveux, d’autant que, comme je l’ai dit dans l’article, il est possible que le Catharisme des simples croyants ait été franchement manichéen.

      Bref, chacun a fait du Catharisme un peu ce qu’il a voulu. Et si l’on en croit notre ami Charly, il existerait encore des « Purs » de nos jours, sans doute soucieux de voir se réaliser la prophétie des derniers Cathares : « Après sept cents ans, le laurier reverdira sur les bûchers des Martyrs ! »

      Bernard

  3. Avant de me faire traiter de « dithyrambique »,tout d’abord te remercier d’avoir eu l’amabilité de bien vouloir répondre à ma demande.
    Tu as, cher BK, le siddhi de synthèse (grâce à ta vision globale du processus) et tu partages avec Osho (les Rolex et les Roll’s en moins, sans doute?) un immense savoir . La lecture de cet article fut pure amrita.Rien à rajouter pour faire mon malin sur le sujet des albigeois.
    Par contre quelques réflexions , histoires de remplir le Silence de quelques pensées sans importance, donc absolument nécessaire.
    Quand tu écris: »La transmutation de la chenille en insecte parfait. » N’est il pas préférable de dire que le papillon, qui a toujours été papillon, se réveille et le rêve (cauchemar) d’avoir été une chenille qui évoluait, par l’effort, sur les chemins accidentés de l’existence onirique, se termine soudainement?

    Quand aux poissons-humains (religieux ou psychiques) voulant toujours améliorer l’eau, ils la polluent de plus en plus. Pendant que d’autres poissons-humains spirituel, eux, recherchent continuellement l’eau dans laquelle ils nagent!
    Quant à faire un commentaire sur le temps charnière dans lequel nous vivons, je crois que c’est Annick de Souzenelle qui disait que nous vivons les dernières contractions de l’accouchement . Je pense, comme toi, que la mère et l’enfant peuvent tous les deux mourir en couche, ou pas. C’est parce que la Lumière est forte que les ténèbres sont si impressionnant, surtout si on regarde le JT.
    Bonne journée.
    RV
    RV Son dernier article…Enfantin !My Profile

    • BK /

      Bonsoir RV,

      Puisque je n’ai pas les Roll’s comme Osho, je me consolerai avec le Rock !

      Pour ce qui est de la chenille qui se transforme en insecte parfait, et comme je le disais à Charly dans un commentaire précédent, c’est une métaphore qui s’inscrit dans le cadre des Voies progressives.

      On peut, bien sûr, la traduire comme tu le fais pour la faire rentrer dans le moule des Voies directes… mais ça ressemble plus à un film de Bunuel qu’à un Évangile cathare !

      En revanche, je suis tout à fait d’accord avec toi au sujet de l’amélioration de l’eau qui tourne en eau de boudin. N’en déplaise aux aficionados de la loi de l’attraction, le positif mène toujours au négatif, et inversement. C’est la sévère (mais juste) loi de la dialectique du bon Dieu !

      Enfin, à propos du JT… le regarder, c’est aux risques et périls de chacun !

      Bon week-end

      Bernard

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