La fin des temps, c’est pour hier ou pour demain ?
avr 10
Depuis la nuit des temps, les hommes fantasment à propos de la fin des temps.
Périodiquement, ils lui arrangent un brûlant rendez-vous avec une date de calendrier plus ou moins symbolique, comme l’an 1000 ou l’an 2000, ou encore 2012…
La Tradition a beau leur rappeler que nul ne connaît le jour ni l’heure, ils ne parviennent jamais à percevoir le mensonge qui projette leur imagination dans un univers de calculs délirants.
Dernièrement, deux dates nous attendaient au tournant de l’histoire : le fameux 11/11/11 et surtout le 28 octobre 2011 qui, selon certains spécialistes, marquait la véritable fin du calendrier maya.
Et donc la fin des temps !
Au premier degré, on ne voit pas très bien ce que peut vouloir signifier la « fin des temps ».
Même l’expression « fin du temps » (au singulier) produit une impression bizarre.
On a tout de suite envie de poser la question bête qui nous brûle les lèvres : « Une fois que le temps sera fini, qu’est-ce qu’il y aura après ? »
A fortiori, la fin des temps (au pluriel) semble encore plus insolite.
Y aurait-il plusieurs temps ?
A un second degré, les exégètes, bien sûr, nous suggèrent d’entendre le mot « temps » au sens de « cycles » ou « d’ères ».
Alors, à la rigueur, envisager l’hypothèse qu’une ère s’achève et qu’une autre commence, cela rentre dans les compétences d’à peu près tous les intellects.
Mais… la fin des ères ? De toutes les ères ?
Dans l’entendement ordinaire, c’est totalement incompréhensible !
Pourtant, un célèbre conférencier californien, Ian Xel Lungold, avait résolu cette paradoxale équation de l’après fin des temps.
Aujourd’hui disparu, ce spécialiste du calendrier Maya prévoyait, dès 2004, une succession d’événements surprenants devant nous conduire, le 28 octobre 2011, non pas à la fin du monde mais bel et bien à la fin du temps !
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Curieusement, on ne pense pas souvent à vérifier a posteriori les prédictions de nos mages.
Profitez donc de ce moment rare : remontez le temps avec cette vidéo qui, je vous le rappelle, date de 2004, et redécouvrez ce qui, à l’époque, allait devenir votre futur… 2005… 2007… 2009… jusqu’à la fin des temps, au 28 octobre 2011.
http://vous-y-etes.com/wp-content/uploads/2012/04/calendrier-maya-1.mp4
Si vous hésitez à adhérer aux théories de Ian Xel Lungold au prétexte que la fin du temps qu’il prédisait appartient désormais au passé, je vous conseillerais d’attendre la prochaine fin des temps, prévue pour le 21 décembre 2012.
D’une manière générale, reporter à plus tard les « fins des temps » présente toujours l’avantage d’offrir aux paranoïas les plus catastrophistes quelques mois de répit bien mérités.
Et puis, ça confirme Madame Irma dans sa conviction que « la voyance aura toujours de l’avenir ».
Une fois de plus, reportons donc l’ultime échéance…
Mais avant de nous donner rendez-vous au 21 décembre, voyageons encore un peu dans le temps…
Cette fois-ci vers la fin des années 80.
A cette époque, un autre de ces mages, le Dr Chet Snow, pratiquait l’hypnose à grande échelle dans le but avoué de cartographier le futur de l’humanité.
Sous hypnose, les patients – ou plutôt les cobayes – de ce médecin lui dévoilaient les visions qu’ils ramenaient de leurs voyages dans le futur.
Voyons voir ce qu’ils rapportaient de leurs expéditions dans le temps…
Les uns voyaient l’humanité de ces prochains siècles dans l’espace.
Les autres dans des fermes écologiques.
D’autres encore, au contraire, dans un univers urbain et technologique.
Mais presque tous prédisaient une terrible apocalypse pour les années 90.
Maîtrisant fort bien notre langue, le Dr Snow passait fréquemment à Paris, ce qui me permit de le rencontrer et d’observer de près comment un esprit scientifique abdiquait tout sens critique.
En cet homme sommeillaient un Dr Jekyll et un Mr Hyde.
D’un coté, l’hypnothérapeute admettait que les visions prophétiques de ses patients sous hypnose ne relevaient que du fantasme plus ou moins collectif.
Et de l’autre, l’adepte du new age qu’il était également se préparait aux cataclysmes prophétisés, déménageant dans une région « sûre » et emmagasinant les provisions qui s’imposaient.
Quel était son agenda ?
Si ma mémoire ne me trompe pas, il annonçait, pour le courant des années 90 :
de gigantesques montées du niveau des océans recouvrant un bon gros tiers des terres,
l’invasion militaire de l’ensemble de l’Europe par les pays arabes.
A l’époque (88-89), il n’était pas encore question de 2012, mais nos amis les prophètes de malheur semblaient en vouloir à l’année 1996.
Aujourd’hui, le Dr Snow s’est recyclé, comme tout le monde, dans le business des crop circles et, bien entendu, de 2012.
Alors peut-être penserez-vous que ses préoccupations édito-commerciales avaient plus de poids dans ses orientations prophétiques que ses convictions intimes ?
C’est évidemment possible mais, pour ma part, je n’en suis même pas certain !
La crainte millénaire d’une « fin du monde prochaine » n’ayant jamais laissé le genre humain en repos, rien n’interdit de penser que, même parmi ceux qui en profitent pour s’enrichir, il y ait une proportion non négligeable de victimes de ces illusions.
Ian Xel Lungold, lui-même, était probablement un chercheur sincère et sensible.
Je l’ai d’ailleurs surpris, ici ou là dans sa fameuse conférence sur la fin du calendrier maya, à avancer des arguments non dénués d’intérêt au plan spirituel.
Hélas, comme tant d’autres, il n’a pas su résister au tourbillon d’une imagination débridée.
Une imagination qui l’a aspiré jusqu’aux plus profonds abysses de l’irréalité.
Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi le raisonnement de tant d’êtres spirituellement sensibles sombrait aussi fréquemment dans des croyances aberrantes, des théories fumeuses, des superstitions grotesques ?
Quand ce n’était pas dans la folie pure et simple ?
On sait qu’en institution psychiatrique une écrasante majorité de pathologies présente une composante mystique.
Et que dire de cette folie ordinaire qui, depuis des millénaires, pousse les hommes à s’entretuer pour des questions politico-religieuses ?
Si le rationaliste matérialiste se ferme radicalement tout accès à la Voie intérieure, le délirant mystique, pour sa part, la corrompt à tel point que le résultat spirituel s’avère à peu près aussi stérile.
Du créationnisme aux spéculations nébuleuses à propos de 2012 ou des extraterrestres, en passant tout simplement par les dogmes religieux admis par une majorité de croyants malgré leur invraisemblance, il y a assurément de quoi s’interroger sur le degré de dangerosité de l’imagination !
L’imagination n’est pas le réel ! Lapalissade, sans doute, mais qui, lorsqu’on veut percer à jour la véritable nature de sa conscience, mérite d’être approfondie.
Dans la Tradition chinoise, l’imaginaire (le Roun) est considéré comme l’ombre de l’Esprit (le Shen).
Dans le Vedanta, Ramana Maharshi disait « Vous pouvez seulement imaginer que vous n’êtes pas l’Un ».
L’imagination est bel et bien, dans tous les cas, ce qui occulte l’état d’éveil spirituel.
Mais plus particulièrement encore lorsqu’elle s’emballe !
Or, elle a justement très nettement tendance à s’emballer dès qu’une révélation spirituelle frappe à la porte d’un mental non préparé.
Pourquoi ?
Parce qu’il n’y a de révélation spirituelle que dans la mesure où l’ego s’efface.
En conséquence de quoi le mental égocentré ne peut, par définition, que se sentir menacé par le Spirituel… et y réagir alors avec ses armes favorites.
L’une d’entre elles, et non des moindres, est l’imagination.
Celle-ci est experte dans l’art d’interpréter les intuitions et les doctrines.
Experte dans l’art de transposer en des termes qui lui sont propres cette spiritualité qui la menace.
La spiritualité, au contraire de la religiosité imaginative, implique de ne jamais se satisfaire de la façon dont le petit esprit interprète le Grand Esprit.
On sait bien que lorsque le Grand Esprit montre la lune, le petit esprit regarde le doigt.
C’est pourquoi la spiritualité tend à cultiver à la fois ouverture d’esprit et scepticisme par rapport aux réactions du mental.
La question qui se pose donc, dans un spiritualisme qui conserve une part importante de la crédulité caractérisant la religiosité, est alors : comment rester ouvert sans tomber dans la crédulité ?
C’est là que se situe la difficulté, dans la démarche spiritualiste !
Car tous ces délires, dont je n’ai fait que survoler un bien modeste échantillon avec les anecdotes que nous ont offertes le Dr Snow et Ian Xel Lungold, toutes ces dérives étranges de la raison, révèlent une difficulté majeure à gérer l’ouverture d’esprit sans perdre la raison.
Résumons l’épineuse situation :
Le rationalisme matérialiste ferme l’esprit et le rend sceptique.
Le spiritualisme ouvre l’esprit mais peut le rendre crédule.
La spiritualité augmente l’ouverture et réduit la crédulité en mettant en œuvre un scepticisme focalisé sur les interprétations du mental.
La spiritualité représente donc bien la phase où vous vous débarrassez à la fois d’une crédulité qui dévore votre santé mentale et d’un esprit critique qui étrangle votre intuition spirituelle.
C’est cette très délicate discrimination que nous approfondirons dans le prochain article avec le mythe d’Hananyah et Shapira.
à suivre…









Bonjour
je suis d’accord qu’il y a beaucoup de charlatan mais si je comprens bien d’aprés vous le calendrier maya ne doit pas etre pris plus au sérieux?
Anne bonjour et bienvenue,
Non, non, je n’ai rien dit de tel !
Je n’ai rien contre le calendrier maya, rien contre les crop circles, rien contre les extraterrestres, rien contre l’idée que nous vivons actuellement une époque assez particulière…
En revanche, je ne trouve pas spécialement pertinent de prendre un calendrier pour une prophétie, pas plus que de spéculer au sujet d’énigmes encore irrésolues ou d’attendre qu’une date fatidique vienne transformer notre existence comme par magie !
Pour tout vous dire, je n’ai même rien contre les gens qui se font de l’argent en exploitant la crédulité populaire. Sont-ils pires que les marchands de tabac, d’alcool… ou de rêves frelatés du showbiz ? Je ne crois pas !
Je dis seulement que, dans une démarche spiritualiste, les abus d’alcool ou de rêves frelatés peuvent être des facteurs perturbateurs.
Et croire qu’une date de calendrier – aussi utile qu’elle puisse être pour se repérer – va correspondre à de gigantesques bouleversements… me paraît être un abus !
Ce n’est évidemment pas au premier jour du printemps à minuit que la neige s’arrête brusquement de tomber et que le soleil se met à briller et les p’tits oiseaux à chanter.
Et, en disant ça, je vous assure que je n’ai rien contre le calendrier des P et T !
Non, le calendrier maya compte parmi les documents traditionnels qui nous invitent à une certaine méditation et nous aident à prendre conscience des mutations.
Mais quoi qu’il puisse se passer dans la tête de tas de gens le 21 décembre (comme il s’en passe aussi le 1er janvier avec toutes les bonnes résolutions, etc.), le 21 et le 1er restent, en eux-mêmes, des jours comme les autres.
Le sens qu’on leur ajoute relève de la religiosité ou, pour reprendre le titre de cette rubrique que j’inaugure aujourd’hui, des « délires de l’exospire ».
Bonne journée
Bernard
L’éternité est longue, surtout vers la fin (des temps, bien sûr!).
L’individu ego centré (je reprend ta terminologie) a besoin d’arrières monde (que tu appelles ‘délires’) matérialistes ou mystiques pour soulager son abyssale angoisse existentielle. Rares sont les Hommes qui peuvent rester debout face à ce qui est. C’est un constat.
Voir est la chose la plus simple, mais le mental déteste la simplicité. La simplicité m’a tuer, comme dirait Omar. Se contenter de ce qui est, arrive par la grâce du « marre ». Marre de prendre des vessies pour des lanternes. Le marre détruit l’illusion, l’inconnaissance. Le marre amène naturellement le lâcher-prise, définitif ou pas (dans mon cas ‘ou pas’) dans lequel la croyance racine d’être l’agent se dissout (et dix sous, c’est pas cher). Désolé, je suis anombré par un clown aujourd’hui.
L’individu ego centré est le chaînon manquant entre le singe et l’Homme.
Pourquoi il en est ainsi ?
« La rose n’a pas de pourquoi. » disait Angelus Silesius. Et c’est pour cela qu’elle est belle, n’est il pas, cher BK.
Bonne journée .
RV
rv Son dernier article…Les Hommes Pingouins
Le marre des canards sauvages qui se prennent pour des enfants du bon Dieu… je te suis parfaitement, mon cher RV !
Selon UG (UG, BK, RV… allez retrouver les initiés parmi toutes ces initiales !), l’Homme dans l’état naturel serait comme une fleur dans un pré.
Des millions de brins d’herbe pour une poignée de fleurs.
Juste pour la beauté de la chose ? Pas de pourquoi ?
Non, bien sûr, il n’y a pas de pourquoi et la chose est belle, mais…
Mais en désaccord formel avec mon gentil cousin UG, et sans pour autant parler de plan divin, je percevrais plutôt, pour ma part, un souffle expansif, encore très faible à l’heure de l’apparition du « chaînon manquant » mais qui va s’amplifiant au long de l’Histoire… parce que les petites fleurs finissent peut-être par contaminer un nombre croissant de brins d’herbe, à moins qu’elles surgissent juste plus fréquemment.
Je dis « sans parler de plan divin » parce que si les herbes folles continuent de brouter le jardinier, il ne va pas tarder à passer la tondeuse !
Par contre si, la sève souche de cette espèce humano-bizarroïde, son Coeur vivant, atteint sa masse critique (depuis le temps que ça mature !)… alors peut-être verra-t-on exploser un humano de troisième génération qui, comme disait Satprem, sera un peu moins ridicule.
Pour l’instant l’espèce « chaînon manquant » a besoin de mythes, c’est vrai, mais pas forcément de délires.
Il y a quand même une différence entre les semailles d’une charpente initiatique dans l’inconscient collectif, et les errements individuels dans le champ du grand n’importe quoi… même si ces délires ont quand même une relative utilité psycho-anesthésiante au plan individuel.
Cela dit, je n’ai pas l’impression que le vent de l’Histoire souffle actuellement dans le sens d’un retour aux grands mythes !
Donc : Apocalypse !
Dévoilement !
Ou alors ce sera l’apocalypse…
Excellente journée
Bernard
Pour vos problèmes de fin de moi, une seule adresse ==> :
http://vous-y-etes.com/2012/04/les-fins-de-temps-dhier-et-de-demain/
Quelques déblablatérations temps-horaires… pour tuer le temps :
Pré-sentiment ? Il semble évident que les objets ne pourront supporter encore long-temps leurs sujets ! La prochaine génération de bio-robots cessera de « penser » en terme de droite et de gauche… ou disparaîtra.
Tant de temps pourtant ! Mais le train de l’avidité, s’il n’est stoppé « à temps », se fracassera contre la muraille de la Réalité ; et cela à cause d’une singularité apparue depuis plus de 300 ans sur ce bout de péninsule occidentale et qui s’est exportée en contaminant le reste de la planète.
On savait, en ces temps-là (Tradition occidentale), comment le plus grand remède s’ « ellébore » à partir du plus grand poison, selon les lois de l’analogie justement érigées en paradigme au temps de la « parenthèse Renaissance ». La métanoïa (retournement vers l’être) est-elle encore inscriptible dans « nos temps » ?
Bernard, tu évoques à juste titre les ravages de la pensée « débridée », mais imaginer c’est penser en images, et penser c’est créer. L’immense majorité des êtres humains ignore encore ce fait et s’imagine penser consciemment (par elle-même), alors qu’elle est seulement pensée par le Logos et n’a de « raison d’être » qu’en « temps » que support de cette pensée cosmique, appelée Verbe sous nos climats.
Aussi à l’heure ou des eucalyptus tuent des cervidés de plus de 100 kgs quand ceux-ci sont en surnombre (j’ai vu un documentaire sur Arte à ce sujet), on peut se demander raisonnable-ment si la Conscience cosmique va renoncer à ses créations en utilisant plus longtemps la pensée humaine pour ses « fins » ? D’autres « formes » seraient peut-être plus pertinentes pour devenir conscientes d’Elle ?
Cela dit, n’est pas vraiment mon problème ni apparemment le tien, mais peut-être celui de lecteurs éventuels de ton blog. Qu’ils prennent le temps, tant éperdus d’éternité
, de se pencher sur ce miroir obscur avant de « songer » à recourir à un fictif « développement personnel »… qui ne ferait que masquer leurs angoisses.
Cordialement,
C…a
Hello Charly,
Je vois que, tout comme moi, tu n’as pas encore arrêté le sort de notre espèce d’espèce.
On va réfléchir encore un peu avant de se décider !
Bien sûr, comme je le disais à notre ami RV,
Mais, d’un autre coté, et pour répondre au fait, indéniable, que
n’oublions pas qu’il ne pourrait jamais y avoir de supramental s’il n’y avait d’abord eu un mental.
Mais il est vrai que le mental… aie ! aie ! aie ! La vérité… il n’est pas fini, le pauvre gars !
Ce qui ne l’empêche pas d’être très limité.
Mais bon, maintenant qu’il sait ce qu’il ne faut pas faire, peut-être va-t-il laisser la rose de la complétude fleurir sur le fumier de son incomplétude ?
Et puis, même si la locomotive du train de la singularité occidentale est certainement l’avidité, ses rails sont peut-être ceux de Shiva, le destructeur d’illusions ?
Un train de destruction peut en cacher un autre.
Ou pas…
Bernard
La prophétie est un art difficile, surtout en ce qui concerne le futur.
rv Son dernier article…Une merdité.
Ça, c’est très amusant :
et
sont les deux citations humoristiques favorites d’un de mes amis, Dimitri Davidenko (je ne sais pas combien de fois il me les a ressorties), dont je ne puis m’empêcher de te communiquer le lien du site (ça n’est pas un blog) au cas où vous vous trouveriez d’autres atomes crochus : http://voie-royale.com/
Bonsoir Bernard,
Alors je comprends mieux pourquoi je n’ai pas trouvé la machine à téleporter au supermarché, en fait je dois attendre décembre 2012.
Mouèh… c’est quand même long la fin des temps !
Par contre je me demande si il me sera possible de téléporter un extra terrestre dans mon salon. Peut être faudrat-il attendre 2013 ?
« L’imagination n’est pas le réel » et lorsqu’elle est confondue avec la réalité, c’est la porte ouverte à toutes les dérives.
Cependant elle peut être un outil pour nous permettre d’explorer le réel, de nous ouvrir à d’autres possibles. Einstein, sans imagination, n’aurait pu ni envisager, ni découvrir la relativité du temps.
Ce n’est pas à mon sens l’imagination qui est néfaste mais notre incapacité à vivre sans « réponses », notre besoin d’interpréter, de poser des contours, de donner une forme au monde comme s’il valait mieux de fausses « croyances » plutôt que le silence.
Pour moi l’imagination (je fais exception de l’art) peut relever davantage de la supposition que de l’interprétation.
Elle peut nous offrir une vue plus large comme nous enfermer dans l’étroitesse de nous-même. (Mmmm, je ne sais pas si je suis très claire… ce qui est un comble tout de même).
Qu’en penses-tu ?
Bonne soirée Bernard
claire Son dernier article…Dans quelle mesure votre voix communique et que dit-elle de vous ?
Hello Claire et bon mercredi de Pâques,
Inutile de téléporter des extraterrestres… Révélation : j’ai eu une révélation qui m’a révélé que nous étions déjà des terrestres extra !
(Je savais – car j’ai le don de prophétie – que cet article déclencherait tous les jeux de mots possibles et imaginables).
A propos d’imagination, justement et pour répondre à tes questions, deux petites mises au point sémantiques s’imposent.
1/ La réalité
La réalité, dans le jargon spiritualiste : c’est le Soi.
Je parlais donc d’une réalité spirituelle. « Réalité », avec un « R » majus, pour les intimes.
Le « point de vue » définissant le mot « réalité » est ici celui de la Conscience.
Comme disait Teilhard : « Nous ne sommes pas des humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine ».
Alors, la Réalité, pour ces êtres spirituels, c’est le Spirituel !
C’est l’Esprit, la pure Conscience, la Subjectivité foncière, le Sujet d’avant la division entre sujet et objet, le monde de l’Intériorité antérieur à la division entre intérieur et extérieur…
Bref : le Soi.
2/ L’imagination
Quant à l’imagination, c’est tout simplement ce qui n’est pas la Réalité.
(Tu vois à quel point c’est fastoche, le spiritualisme !).
L’imagination, c’est ce qui crée la maya, l’illusion.
Quand le Vedanta nous dit que « l’univers est dans le mental », c’est de l’imagination dont il parle. Dans la Réalité il n’y a pas de monde (« loka », ce qui localise). Le monde est le produit de l’imagination. Il naît du concept-racine « je suis » qui prolifère en une infinité de « je suis ceci, je suis cela », autant de sujets imaginaires qui n’ont d’autre existence que dans leur relation avec leurs objets (dont le monde), tout autant imaginaires.
Bref, l’imagination c’est la conscience cognitive.
Bon, ces définitions relèvent d’une vision ontologique de « la réalité » et de « l’imagination » ; et il est bien évident qu’à un niveau psycho-mental, tous les arguments que tu avances sont parfaitement défendable.
L’imagination au niveau psycho-mental
D’ailleurs, dans la Tradition chinoise et à ce même niveau psycho-mental, le Roun (l’imaginaire) nourrit le chenn (l’esprit spiritus) dans le cycle d’engendrement. Donc, comme tu le disais en substance : tant qu’elle ne déborde pas, l’imagination (au niveau psycho-mental) peut conserver une relation saine avec l’esprit.
Mais il faut malheureusement ajouter que, dans le cycle de domination, le Roun déborde justement sur le Yi (le rationnel) et comble toutes les failles de ce Yi à l’aide de Koueï (les démons, les névroses)… ce qui, par répercussion, ne peut qu’être une épreuve pour le chenn, surtout s’il est en train de se résorber dans le Chenn (le Grand Esprit majuscule).
Ceci revient à dire, une fois de plus, qu’une doctrine (produit de l’imagination) peut sainement déraciner les croyances ordinaires (autre produit de l’imagination).
Mais que si elle déborde de cette fonction, elle se transforme en dogme qui contamine le rationnel en l’infectant de démons.
La doctrine, l’imagination, doit donc être déracinée à son tour dès qu’elle a fait son office.
Afin que toute imagination soit déracinée.
Car le niveau psycho-mental… c’est bien joli, mais à condition que ça comprenne que ça n’est là que pour se sacrifier au profit du Soi.
Dans cet exemple, tu peux bien sûr, jusque dans une certaine mesure, remplacer le mot « doctrine » par le mot « art »… (je dis « dans une certaine mesure » parce qu’il serait bon qu’après l’art vienne une spiritualité déracinante. On parlerait donc plus ici, par exemple, de Malcolm de Chazal ou de Daumal, que de Breton ou de Dali, malgré sa « paranoïa critique »).
Formuler des hypothèses
Ensuite, pour ce qui est de « l’imagination qui peut relever davantage de la supposition », ça, à la rigueur, si tu veux !
Mais mon coupable laxisme à ton égard et à ce sujet est surtout dû au manque de précision de notre vocabulaire. Parce que, dans celui de nos amis chinois, il faut bien admettre que formuler des hypothèses relève plus du Yi (la pensée rationnelle) que du Roun (l’imaginaire, le fantasme).
Imagination… ou intuition ?
Quant à l’imagination de ce brave Einstein, sans doute faudrait-il y voir de l’intuition plutôt que de l’imagination.
Pour faire une fois encore référence au système chinois, je rappelle que c’est le chenn (spiritus) qui nourrit le Yi (ratio).
Autrement dit, c’est l’esprit (spiritus) qui, par l’intermédiaire des « anges » (la faculté intuitionnelle), inspire la pensée rationnelle, le Yi.
En aucun cas ce n’est le Roun !
Comme je l’ai dit, dans son rapport avec le Yi le Roun (l’imaginaire) ne sait que déborder sur le Yi pour l’infecter de démons.
Mais tout ça, c’est d’ailleurs de la faute de cet imbécile de Yi (la pauvre ratio humaine) qui est plein de failles. Si le mental était plus fort, à la fois plus souple et moins craquelé d’absences et de défections, le Yi se rirait des démons du Roun !
Donc, ce pauvre Einstein, comme tout le monde, fut guidé par l’intuition et emmerdé par l’imagination.
La maîtrise de l’imagination
Cela dit, et tu as raison de le dire, l’imagination maîtrisée peut s’avérer fort utile.
C’est le Roun (imaginaire) qui nourrit le chenn (esprit).
C’est Annamalai Swami qui enseigne de croire « je suis le Soi » plutôt que « je suis le moi ».
Ces deux croyances sont toutes deux issues de l’imagination, certes, mais, comme tu le dis, l’une « peut nous offrir une vue plus large » et l’autre « nous enfermer dans l’étroitesse de nous-même ».
L’éveil
Tout ceci n’empêche que quand on en a assez de croire… on arrête de croire !
Et ça, ça s’appelle l’éveil !
Bernard
Ouhaou quelle réponse.
Claire, complète, et j’adore cette phrase sur la spiritualité d’Annamalai Swami : « je suis le Soi » plutôt que « je suis le moi ».
Quant à la conclusion…
Il est vrai que mes repères sont plus de l’ordre de la psychologie que de la spiritualité. Et le vocabulaire est tellement spécifique et chargé « d’histoire » pour ces deux domaines. Mais pour élargir nos références en matière de spiritualité, heureusement Bernard est là
Merci pour ces éclaircissements.
Une très bonne journée
claire Son dernier article…Dans quelle mesure votre voix communique et que dit-elle de vous ?