La spiritualité est-elle une expérience schizophrénique ?
juin 25
Les neuroscientifiques ont récemment découvert que la schizophrénie, les expériences de mort rapprochées, l’usage de stupéfiants ou les pratiques chamaniques provoquaient des réactions du système temporo-limbique s’exprimant sous forme d’expériences mystiques.
En stimulant cette région temporo-limbique à l’aide d’électrodes, on est même parvenu à faire vivre des expériences d’illumination aux patients.
Aujourd’hui, les neurothéologiens nous assurent donc que la religion s’explique tout simplement par certaines propriétés du cerveau.
Ils avancent même que, tout comme la schizophrénie qui partage avec elle certaines régions cérébrales, cette tendance tenace à croire en Dieu ne serait qu’une grave psychose.
Dans ces affrontements entre les tenants du matérialisme et de la religiosité, il semble qu’une distinction fondamentale échappe à tout le monde : la religiosité n’est pas la spiritualité.
Il est vrai que de nombreux dogmes religieux s’apparentent au délire.
Vrai également que la morale religieuse est en rupture totale avec les réalités psychologiques humaines.
Vrai encore que cette religiosité développe dans l’imaginaire des populations un univers totalement fictionnel, avec ce bon Dieu tout droit sorti d’un conte pour enfant.
Et vrai, enfin, que tout cela a nécessairement une influence totalement nocive sur la santé mentale.
Mais il n’en demeure pas moins que la spiritualité authentique constitue la thérapie par excellence puisqu’elle n’est que la recherche de la Réalité et se situe donc aux antipodes des croyances religieuses.
Et très loin aussi des certitudes éphémères de la science.
Parmi les différents symptômes observés dans les cas de schizophrénie, comme dans d’autres maladies mentales, certains ressemblent étrangement aux états de conscience et aux comportements que traversent beaucoup de chercheurs spirituels dans leur quête de l’Eveil.
Le schizophrène entend fréquemment des voix. Ce fut le cas, également, de nombreux mystiques, à commencer par Jeanne d’Arc.
De la même manière, il lui arrive d’avoir des hallucinations. Combien de Chrétiens ont vu la vierge Marie ? Combien d’Hindous ont rencontré Krishna au détour du chemin ? On ne les compte évidemment plus !
On dit, d’autre part, que le schizophrène développe des idées délirantes, des pensées non-conformes à la logique conventionnelle ; mais la spiritualité, trouve-t-elle, elle-même, d’autre voie d’expression que celle de la pensée non conventionnelle ?
Le schizophrène semble fréquemment passionné par l’idée de Dieu ou tout autre concept emprunté à la religion, et un certain mysticisme, considéré comme délirant, caractérise dans des proportions massives cette maladie mentale.
Un délire, certes, mais qui peut en bien des points être comparé à celui de la personne en transe lors de pratiques religieuses à tendance chamanique.
On sait aussi qu’il arrive au schizophrène d’éclater de rire en commentant des événements tragiques. Mais de semblables explosions des zygomatiques ont également été relatées lors de tortures subies par des Cathares.
Pour ce qui concerne les symptômes dépressifs liés à la schizophrénie, le parallèle avec la vie spirituelle est sans doute encore plus étroit.
Le schizophrène, nous dit-on, manque de motivations. Or, le chercheur spirituel, dans son détachement progressif, perd aussi toutes ses motivations.
Quel intérêt conservent les affaires du monde face à la Conscience océanique ?
A un autre niveau, la présence de sentiments assez similaires à la dépression est constatée dans nombre d’écrits sacrés.
On se souvient, par exemple, des lamentations de Job dans l’Ancien Testament, ou des considérations sur l’existence formulées par un Bouddha qui répétait constamment que « la naissance est souffrance, la vie est souffrance et la mort est souffrance »…
Lié ou non à cette perte de motivations, l’isolement est encore un point commun entre le schizophrène et le chercheur spirituel, notamment lorsque ce dernier opte pour la vie monastique ou pour l’ermitage.
Autre conséquence possible de cette perte de motivation et de cet isolement, l’affaiblissement des émotions est partagé par le schizophrène et le spiritualiste en cheminement.
L’émotion étant reçue comme une perturbation dans une conscience qui se doit de rester sereine, il va sans dire que le moine et le méditant travaillent toujours à la disparition, ou tout au moins à l’amenuisement drastique, de leurs émotions.
Enfin, plus troublant encore, le schizophrène perd en partie conscience de son identité ou de son corps, ce qui est aussi un des objectifs principaux de la quête spirituelle qui pose a priori que l’identité est une illusion et que l’identification au corps est à l’origine de l’Ignorance.
Toutes ces similitudes, même si elles semblent saisissantes, ne sont évidemment qu’apparentes.
Tout d’abord, entre le délire mystique et la mystique, la différence est nommée : c’est le délire.
D’autant que ce délire schizophrénique est strictement personnel, alors que l’on peut qualifier le discours non conventionnel de la spiritualité de transpersonnel ou d’impersonnel.
N’en déplaise aux matérialistes et autres rationalistes, si le discours spiritualiste était délirant, il ne pourrait, en toute logique, démontrer une telle universalité transcendante dans toutes ses expressions ethniques et à travers toutes les époques de l’histoire.
Il est vrai que le malade mental est souvent obsédé par ce que les psychiatres appellent très improprement l’idée du religieux, ou l’idée de Dieu, mais cette idée ne sert en l’occurrence d’autre maître que son ego.
Ce malade mental se sent en effet pratiquement toujours investi personnellement d’une mission… quand il n’est pas carrément la réincarnation de Jésus Christ ou Dieu lui-même.
On assiste là à l’exacerbation pathologique d’un orgueil auquel la religion seule, à cause de son éminence même, peut servir de support.
En revanche, dans le cas du chercheur sincère, et a fortiori du Maître spirituel réalisé, l’identification à l’Absolu s’accompagne indissociablement de l’humilité la plus authentique, la plus totale et la plus naturelle.
Il en va de même du problème de la dépression, qui reste, dans sa version schizophrénique, indistinctement lié à l’ego.
Même si la dépression commune témoigne d’un relatif dégoût pour les choses de ce monde, il n’en demeure pas moins qu’elle s’enracine dans la nostalgie d’un passé où l’attachement à ces mêmes choses semblait vouloir assurer le ruissellement d’une inextinguible source de plaisir.
La « dépression sacrée », au contraire, n’est qu’un épisode dans la recherche spirituelle, où le moi, de par sa nature, ne peut s’empêcher de souffrir de l’autosacrifice auquel il se sait « condamné ».
Enfin, si beaucoup de maîtres spirituels se sont exprimés en des termes assez négatifs au sujet de l’existence et du monde, il ne faut nullement y voir le signe d’un état dépressif mais la volonté d’offrir à leurs disciples un enseignement capable d’anéantir les causes de leur attachement.
Le monde, la matière, le corps physique et même l’ego ne sont évidemment ni bons ni mauvais, mais le mental dualiste cultive la croyance qu’ils sont bons, et par conséquent s’y attache.
Aussi, le travail du Maître consiste-t-il, la plupart du temps, à éclairer l’autre versant de la dualité, et à rappeler – ce qui constitue malgré tout une certaine vérité – que la vie est souffrance.
Quant aux hallucinations, qu’elles soient visuelles ou auditives, s’il est vrai qu’on ne peut les considérer comme relevant de la norme, sont-elles pour autant pathologiques ?
Ici, il convient de s’interroger sur la nature de la maladie mentale ordinaire, celle qui affecte l’ensemble des populations dites normales.
Car l’a priori – selon lequel l’homme normal serait sain ou l’homme sain serait normal – sur la base duquel la psychologie occidentale fonde ses recherches, cet a priori doit être sérieusement remis en question.
En réalité, le seul homme sain est l’homme éveillé !
En conséquence, tous ceux qui ne sont pas éveillés fonctionnent anormalement.
Ceci implique qu’un psy fonctionnant, comme tout le monde, anormalement, ne possédera d’autre norme que l’anormal et ne pourra que faire fausse route aussi bien en termes de thérapeutique que de diagnostic.
Il est évident que le psychiatre matérialiste qui poussa le ridicule jusqu’à présenter les créateurs des grandes religions comme des épileptiques ou des hystériques et la méditation bouddhique comme une « catatonie artificielle » était très probablement sincère.
Mais il commettait simplement l’erreur monumentale de confondre la santé mentale avec cette norme psychique qui, en réalité, est si malsaine que l’humanité a, depuis toujours, tenté de s’en échapper par tous les moyens, à commencer par la drogue et l’alcool.
Les expériences hallucinatoires traversées par les mystiques sont connues depuis des millénaires par des sages qui ne les ont pas plus classées parmi les maladies que parmi les preuves de santé.
Ce sont, tout simplement, des manifestations d’un mental qui, quotidiennement travaillé par la quête, subit de nombreux réajustements.
On pourrait comparer ces réajustements à des glissements tectoniques provoquant autant de tremblements de terre et d’éruptions volcaniques.
Les transpersonnalistes les appellent des « crises d’émergence spirituelle ».
Et ces crises surviennent lorsque l’esprit se tourne vers l’intérieur et/ou lorsque l’individu s’isole, comme par exemple en devenant moine.
Alors que l’isolement du schizophrène lui est imposé par un psychisme qui se referme d’une manière dangereusement entropique sur lui-même, l’isolement du moine facilite la remontée, comme la crème à la surface du lait, des imprégnations subconscientes et inconscientes à la surface de la conscience.
Quel est, finalement, le secret du moine ?
Eh bien, tout comme la crème remonte dès qu’on arrête de brasser le lait, les miasmes de l’ego remontent en pleine lumière dès qu’on évite le brassage relationnel.
Alors, à la faveur de l’isolement, surviennent les visions.
C’est tout le corps, avec son centre apparemment le plus vital pour la conscience, le cerveau, qui est pris en otage du processus de la spiritualité.
C’est tout l’esprit qui est pris dans l’étau de la nécessité absolue de se rendre au Réel, un Réel qui ne saurait en aucun cas se contenter des structures psychophysiologiques mises temporairement en place pour satisfaire aux exigences de l’ego.
Aussi, cet esprit, malgré ou grâce à des collapsus de l’équilibre mental vertigineusement proches de la névrose ou de la psychose, se conforme-t-il à la lente érosion que la Conscience exerce sur les lourdes habitudes de la petite personne.
Lentement mais sûrement, à la faveur des flux et reflux de l’Océan de Conscience, les irrésistibles lames des révélations spirituelles viennent quotidiennement déchiqueter l’orgueilleux rocher des certitudes pour que s’ouvre, toujours plus béante d’amour, l’acceptation de ce qui Est.

Bonjour Bernard,
Cet article fait particulièrement écho à mon expérience personnelle…. non je ne suis pas schizophrène…
Mais je souffre d’une légère pathologie qui peut s’apparenter à des expériences métaphysiques. (hou la la, mais c’est quoi ce truc).
Ben en fait, ce n’est pas rare du tout, car 6% de la population en est atteinte, et un pourcentage beaucoup plus élevé en a fait au moins l’expérience une fois dans sa vie.
).
Mais qu’est-ce que c’est donc? (tu vois, je fais durer le suspens
En réalité je souffre de paralysie hypnagogique. (Vous voilà bien avancés…).
Il s’agit d’une forme de paralysie du sommeil. En gros mon corps s’endort mais pas mon cerveau.
C’est une impression très étrange, comme si mon corps était très lourd, j’ai l’impression d’étouffer, et j’entends des sons étranges, je me vois au dessus. Et j’ai le sentiment de mourir. En fait cette pathologie peut s’accompagner de visions, d’hallucinations auditives ou sensorielles. Et à l’adolescence, j’ai vraiment entendu toutes les interprétations possibles et inimaginables: sorties de corps, voyage astral etc….
Bref, j’étais plus que sceptique et convaincue d’une raison plus biologique.
J’ai eu la chance d’avoir affaire a un spécialiste de cette pathologie, pour comprendre beaucoup plus tard ce que j’avais.
Et il se trouve que ce n’est pas rare du tout, et beaucoup disent que cette pathologie est à l’origine de nombreuses croyances mystiques autour de manifestations surnaturelles, la présence de démons, les sorties de corps etc…
Comme quoi, notre cerveau nous fait parfois prendre les vessies pour des lanternes…
Bonne soirée Bernard
claire Son dernier article…C’est la fête de la musique… Dites-le en chanson!
Hello Claire,
Rafraîchissante candeur rationaliste que celle de croire que le savoir serait plus crédible que le croire !
Non, l’étiquette nosographique ne constitue pas l’explication ultime des phénomènes de conscience.
Et les « échos » physiologiques de ces phénomènes, que l’on peut observer dans l’organisme, ne sont généralement que des conséquences et non des causes.
Il serait, en tout cas, bien limitant de penser que l’explication biologique exonérerait de l’explication extrasensorielle… ou inversement.
En fait, rares sont les étiologies qui ne confessent une nature « onto-psycho-somatique ».
Et encore ! A condition de regarder les choses sous l’angle du pathologique !
Car, mis à part le bénéfice substantiel qu’en tirent les laboratoires pharmaceutiques, la perspective de la pathologie n’est, au plan métaphysique, qu’une hypothèse de travail.
Une hypothèse pose l’univers en tant que pathologie.
Une autre considère aussi bien un cancer mortel comme l’expression de la santé à un niveau supérieur.
Toujours la vieille histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein.
Pour en revenir à ladite « paralysie du sommeil », à la limite on peut voir, dans ce genre de pathologies typiquement onto-psycho-somatiques, le blocage d’une prise de conscience entamée mais « unfinished ».
Le transpersonnaliste diagnostiquerait sans peine une répétition, ad nauseam sinon ad aeternam, de l’amorce d’un processus de mort/renaissance.
Une répétition qui serait donc imposée par l’échec d’un lâcher-prise, par une résistance à l’abandon (ici abandon au sommeil, métaphore de l’abandon au Soi).
Spirituellement parlant et dans mon langage métaphorique qui fleure bon les contes et légendes du temps jadis, je dirais que la reddition de l’ego frappe à la porte mais que ce méfiant ego a collé son oeil au Judas, tout aussi incapable de se rendre en déverrouillant la serrure, que de rester aveugle à ce qu’il se passe de l’autre coté de la porte.
D’où paralysie !
Mais non point paralysie du sommeil !
Non, c’est une paralysie de l’éveil !
Un phénomène, comme tu le dis, très répandu !
Bernard
« Rafraîchissante candeur rationaliste que celle de croire que le savoir serait plus crédible que le croire ! »
)
Intéressant comme idée…
Le savoir vaut-il mieux que le croire (ou inversement) ? Digne d’un sujet de philo.
Personnellement je serai bien incapable de me prononcer pour l’un ou l’autre, tant la réponse serait différente en fonction de chaque contexte.
Mais je reconnais bien là ta façon de présenter « l’autre côté du miroir »…. ( Bernard, guide spirituel…
« Et les « échos » physiologiques de ces phénomènes, que l’on peut observer dans l’organisme, ne sont généralement que des conséquences et non des causes. »
Alors tu penses que l’origine de cette « pathologie » est psychologique (voir « mystique »?), avant d’être biologique ? (l’éternelle question de la poule ou de l’oeuf… )
Cette idée du refus de lâcher prise m’interpelle… En même temps il y a des cas de narcolepsie dans ma famille (là pour le coup, le lâcher prise est peu systématique… ). Et ma pathologie y est directement liée.
Bref, un héritage qui prendrait la forme chez moi d’une « paralysie de l’éveil » donc… hi hi hi
À méditer…
Merci Bernard pour cet éclairage nouveau…
Bonne journée
claire Son dernier article…C’est la fête de la musique… Dites-le en chanson!
Ah, il faudra que je développe un jour le concept « onto-psycho-somatique », apparemment éludé.
Concept qu’on peut, bien sûr, aussi bien lire dans l’autre sens : « somato-psycho-ontologique ».
Disons, pour simplifier, que si tu connais le concept « psychosomatique » ou « somato-psychique », il te suffit d’y ajouter celui d’ontologie, de secouer et de servir bien frais.
L’onto-psycho-somatique implique l’unification, au sein d’une même étiologie, de causes, habituellement séparées, d’origines ontologique, psychologique et somatique.
Unifiées !
La poule ET l’oeuf, précisément !
Je n’ai donc jamais dit que cette pathologie était d’origine psychologique avant d’être biologique.
Non pas avant mais pendant.
Et pendant qu’on y est, ajoutons-y l’origine ontologique qui, en termes de pathologie, relèverait alors d’un déficit d’accommodation à l’existence (ou, pour être plus précis, de l’être dans l’existence).
Et je n’ai pas non plus sous-entendu que le cofacteur héréditaire devrait être exclu.
Non, j’ai juste dit que c’était onto-psycho-somatique ! La cause est globale… et les conséquences (qui ne devraient donc être considérés que comme des symptômes) sont physiologiques, psychologiques et ontologiques.
De plus, l’onto-psycho-somatique concerne tout le monde, tout comme la « résistance à l’éveil » (qui est simplement un autre nom pour désigner l’ego, et non une caractéristique développée par un individu particulier engagé dans une démarche mystique).
Rien n’est plus héréditaire que la résistance à l’éveil ! Toutes modalités pathologiques y comprises.
Bernard
Oui je comprends ce que tu veux dire par « Non pas avant mais pendant. »… Il s’agit plus d’une interaction que d’une relation de causalité à sens unique.
Oui c’est beaucoup plus clair comme ça.
Bonne idée le développement du concept « onto-psycho-somatique ».
ça aussi c’est plus clair pour moi: « Et l’onto-psycho-somatique concerne tout le monde, tout comme la « résistance à l’éveil » (qui est simplement un autre nom pour désigner l’ego, et non une caractéristique développée par un individu particulier engagé dans une démarche mystique). »
Par contre je n’ai pas insinué que tu excluais le facteur héréditaire… je l’ai juste ajouté moi même pour élargir cette réflexion d’une dimension plus « spirituelle » liée à cette pathologie, à un contexte plus large. Dimension que je n’avais pas forcément envisagé et qui peut donc s’appréhender dans un contexte de filiation.
Bon ben bonne journée quand même Bernard

claire Son dernier article…C’est la fête de la musique… Dites-le en chanson!
Bonsoir Bernard,
« Aujourd’hui, les neurothéologiens nous assurent donc que la religion s’explique tout simplement par certaines propriétés du cerveau ».
Je n’en crois pas mes yeux. Il existe donc une science qui s’appelle neurothéologie? C’est une plaisanterie?
Sophie
Sophie bonsoir,
Non, non ! Ces dernières années, la neurophysiologie et la neuropsychologie ont connu de si importantes avancées qu’elles en sont arrivées à s’intéresser à la relation existant entre le cerveau et Dieu, et à inventer, pour l’occasion, une pseudo-science : la neurothéologie.
Ce tout dernier rejeton des neurosciences ne recherche évidemment pas où se cacherait Dieu dans notre cortex, mais s’attache à étudier les mécanismes cérébraux des phénomènes de croyance religieuse ou de pratique des méditations.
Pour faire parler ce cerveau virtuellement spirituel, les neurothéologiens ont donc, à l’aide de techniques d’imagerie médicale, poursuivi l’œuvre de leurs prédécesseurs des années soixante qui, après avoir soigneusement électroencéphalographié les méditants transcendantaux et les moines Zen en pleine action, étaient – en caricaturant à peine – parvenus à la conclusion que Dieu habitait dans le cerveau droit et le diable dans le gauche.
Et les revoilà aujourd’hui découvrant qu’une région située dans la partie supérieure du lobe pariétal, « l’ère des associations d’orientation », diminuait son activité pendant certains moments forts de la vie religieuse et en particulier de la méditation.
Du côté de l’hémisphère gauche ce phénomène serait lié à une impression de perte de repère avec l’environnement et d’indifférenciation entre le soi et le non-soi ; et dans l’hémisphère droit il correspondrait à une sensation d’infinitude.
Mais le plus remarquable, c’est qu’au-delà de l’observation et comme je le disais dans l’article, on colle maintenant des électrodes sur le crâne de cobayes pour leur faire voir Dieu.
Plus étonnant encore, le professeur Persinger de l’université Laurentian, en Ontario, a réussi pour sa part à induire des expériences mystiques en se contentant d’envoyer, sous forme de balayage au dessus de la tête de ses patients, des signaux électromagnétiques de faible puissance.
On l’imagine aisément, ce scientifique s’interroge avec humour sur ce qu’il se passerait si l’on appliquait sa découverte dans le cadre d’une église ou d’une mosquée.
Mais bien sûr, ce n’est pas parce qu’on peut déclencher des expériences mystiques avec des électrodes, comme on l’a très longtemps fait avec des drogues, des techniques respiratoires ou autres techniques très improprement qualifiées de spirituelles… que le spirituel s’en trouve pour autant discrédité.
Le spirituel, qui n’est ni expérience mystique ni expérience tout court, est naturellement hors de portée de toute atteinte.
Le spirituel est Vide, au-delà de toute cognition, au-delà de toute chimie, de toute manipulation énergétique.
Que l’on fasse crépiter Dieu ou une overdose de religiosité au bout d’électrodes est évidemment possible. Mais ni Dieu, ni les électrodes, ni le cerveau et ses prodigieuses partitions d’ondes de croyances et de savoir ne peuvent sortir du monde des phénomènes.
La chair et le sang n’hériteront pas le Royaume.
Bernard
J ‘aime bien ce diagnostic bernardien : »paralysie de l’éveil ».
Va-t-il être référencé bientôt dans le nouveau « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux » (DSM V , peut être?) ?
Je ne suis pas sûr que les compagnies pharmaceutiques soient intéressées pour trouver une nouvelle molécule qui soignerait ce trouble pourtant fort répandu comme vous le dites.
‘La parfaite santé et le plein éveil sont en réalité la même chose.’Tarthang Tulku
Elles ne veulent pas tuer la poule aux œufs d’or, une humanité névrosée addicte à l’ego-centré et aux prescriptions médica-menteuses.
Connaissez vous ce nouveau trouble dont je souffrirai de façon cyclique, voir chronique aux dires de mon épouse: l’orchidoclastie, cher aux défenseurs de la langue xyloglotte (http://www.cledut.net/xylo.htm)!!
Toujours un grand plaisir à vous lire cher BK.
RV
Bonsoir RV,
Ainsi venons-nous d’apprendre incidemment que Tchaikosvky était orchidoclaste !
Voilà une nouvelle qui ne manquera pas d’édifier Claire, grande musicienne devant l’Eternel.
Bernard
Bonjour RV,
« ‘La parfaite santé et le plein éveil sont en réalité la même chose.’Tarthang Tulku »
Heu c’est un peu univoque comme pensée cela, non?
Nous serions en parfaite santé parce que nous sommes éveillés et le plein éveil conduirait à une parfaite santé ?
Que dire des facteurs environnementaux qui agissent sur chacun de nous, sur notre métabolisme, tout comme nos pensées d’ailleurs. Mais notre état biologique ne peut être que le seul résultat d’un état « intérieur ».
Mais peut être le terme « santé » n’englobe ici que la santé mentale. Là encore, celle-ci peut dépendre aussi des perturbations chimiques liée à l’environnement.
Enfin être en pleine santé signifie t-il être éveillé?
Personnellement j’ai un peu de mal avec ce type de concept, qui me semble trop vague voir trop univoque pour ne pas être réducteur…. et si j’osais je dirais même culpabilisant… Que dire des gens qui n’ont pas la santé? Que c’est parce qu’ils n’ont pas atteint une certaine « qualité » spirituelle (si on peut dire ça comme ça) ?
Quant aux prescriptions « médica-menteuses », il y pour beaucoup un recours systématique déplorable. Mais ce n’est pas toujours le cas. Cela dépend aussi beaucoup du thérapeute et du patient lui-même.
Faut-il diaboliser pour autant le recours aux médicaments, qui ont tout de même permis une sacrée progression de la santé justement et une augmentation de l’espérance de vie ?
Tout peut être mauvais ou bon, ce sont les pratiques individuelles qui en déterminent le « résultat » . Et dans ce domaine, certains sont addicts, et d’autres absolument pas. Ces même « autres » qui lutent pour des thérapies différentes basées sur nos propres ressources et défenses immunitaires etc…
Et personnellement je pense que les uns au détriment des autres, n’ont pas plus à être cités. Ce serait définir le monde selon un panel précis d’individus (qu’il soit la majorité ou non). Cela ne conduit-il pas à une vision un peu réductrice et caricaturale de cette pauvre « humanité névrosée »?
Mais peut être que vos propos étaient davantage destinés à pointer du doigt les lobbies pharmaceutiques, plus que les médicaments eux-mêmes ou l’humanité névrosée.
Et je dois dire que sur ce point je vous rejoins plutôt.
Mais que voulez-vous… le monde est commerce. (Mais il n’est pas que ça)
Bonne journée RV
claire Son dernier article…C’est la fête de la musique… Dites-le en chanson!
Juste une précision : la santé dont parle le Tulku est la « Grande Santé ».
Ne pas confondre avec ce que l’on appelle généralement la santé, et qui est « ma petite santé ».
La mort au bout d’une longue maladie est une expression de la Grande Santé, celle de l’univers, du Tout, qui se porterait très vite beaucoup moins bien si tous les êtres vivants cessaient de mourir.
C’est cette Grande Santé que le plein éveil révèle, car ils ne sont qu’Un. La conscience de la Totalité participe de la Grande Santé, au-delà de la santé individuelle.
Mais je t’accorde que, du point de vue de ma petite santé, la mort au bout d’une longue maladie n’est pas si bonne que ça !
Ha ok
Bon ben c’est trop conceptuel pour moi tout ça…
Bon ça c’est clair :
« C’est cette Grande Santé que le plein éveil révèle, car ils ne sont qu’Un. La conscience de la Totalité participe de la Grande Santé, au-delà de la santé individuelle. »
Du coup quel lien doit-il être fait avec les compagnies pharmaceutique ?
Que si on participe à cette grande santé, il vaut mieux mourir et ne pas se soigner, et que c’est donc une perte de revenus pour l’industrie pharmaceutique???? (oui c’est un peu caricatural… mais franchement j’ai pas tout compris).
Le problème d’un langage référencé et conceptuel, c’est qu’il est parfois difficile pour les néophytes de bien saisir toute la portée du propos….
Bref
Merci pour ces précisions en tout cas.
Bonne journée
claire Son dernier article…C’est la fête de la musique… Dites-le en chanson!
La maladie existe, alors j’accepte la maladie.
La médecine existe, alors j’accepte la médecine.
Voilà la Grande Santé ! C’est celle du non-mental, qui coïncide avec ce qui est.
Les mystiques acceptent la maladie et refusent la médecine.
Les matérialistes acceptent la médecine et refusent la maladie.
Voilà la grande maladie ! C’est celle du mental dualiste, opérant des choix conditionnés pour cultiver un monde fantasmé, rejetant la réalité.
Mais non point paralysie du sommeil !
Non, c’est une paralysie de l’éveil ! »
En effet Dr Bernardus, en première lecture du post de Claire j’ai pensé que l’ego pressentait que le sommeil profond signifiait sa mort, à juste titre d’ailleurs. Heureusement que le corps est sage et sain – sans illusionS -, sinon il y aurait 6 % de la population en moins.
Bonne journée,
Charly
Ça semble tellement évident, il est n’est-il pas mon cher confrère ?
Déficit d’accommodation à l’existence et… à l’inexistence !
Bonjour Bernard,
Ton article me fait penser à un texte que j’ai lu dernièrement sur le besoin qu’ont les autistes de croire en Dieu.
J’ai travaillé plusieurs années avec des autistes et j’ai aussi connu certains autistes adultes de haut niveau.
Ces personnes saisissent la réalité sur un mode concret et visuel et ils doivent apprendre systématiquement la séquence et le sens des échanges sociaux. De prime abord, ils ne savent même pas que nous les neuro-typiques (comme ils nous appellent) nous avons des opinions et ressentons des émotions.
Notre façon de parler leur pose un tas de problème car ils interprètent tout au premier degré. Leur confusion est totale quand ils entendent par exemple : il pleut des cordes, prendre la poudre d’escampette, avoir une fièvre de cheval, avoir une faim de loup, mettre la main à la pâte, etc.
Expressions qui deviennent cocasses si on veut les illustrer avec des pictogrammes ou des scénarios sociaux.
Donc, de là à saisir la notion de Dieu et de supposer qu’un être suprême juge leurs actes et s’attend à certains comportements de leur part, le scénario social demeure à inventer. Tout comme ils peuvent difficilement se mettre à notre place et anticiper nos réactions, ils peuvent encore moins s’imaginer le fonctionnement d’un être divin
Voici le lien de l’article en question : http://www.lapresse.ca/vivre/societe/201206/07/01-4532602-les-autistes-auraient-moins-besoin-de-croire-en-dieu.php
PS : un scénario social est un outil qui permet à l’autiste d’anticiper une séquence reliée à une situation donnée.
http://www.autisme.qc.ca/TED/programmes-et-interventions/methodes-educatives/les-scenarios-sociaux-des-outils-dintervention-a-decouvrir.html
Re-bonsoir Bernard,
J’ai l’impression que mon commentaire sur « le besoin des autistes de croire en Dieu » est tombé dans les spams.
Aucune intervention divine, je l’espère, mais plutôt le fait que j’ai mis 2 liens qu’Akismet a du trouver indigestes.
MarieBo Son dernier article…Certains tapent sur des casseroles …
Hello MarieBo,
Voila donc cette grosse goinfre d’Akismet purgée après son indigestion !
C’est un sujet extrêmement important que tu développes là.
Un sujet qui remet tout d’abord en question le concept de pathologie, notamment lorsqu’elle est d’origine génétique.
La question n’est d’ailleurs pas nouvelle. Cela fait maintenant une quinzaine ou une vingtaine d’années que l’épistémologie de pointe pose la question de savoir si les « mutations » génétiques sont des pathologies où des essais tentés par la nature en vue d’adapter les formes du vivant aux nouvelles évolutions des contextes ?
Dans cette perspective, posons-nous aussi la question : l’autisme est-il une erreur génétique accidentelle ou une réponse orchestrée par le phylum ?
(Cette question n’impliquant nullement qu’une telle réponse soit nécessairement « une bonne réponse ».)
On sait qu’à l’origine de la vie sur terre 9 espèces sur 10 ne se sont pas avérées viables. Et aujourd’hui encore beaucoup sont simplement vouées à disparaître sans descendance.
C’est peut-être même le cas de notre propre espèce pas propre !
La nature tente donc constamment des essais génétiques.
Mais elle ne transforme en espèce à part entière que ceux de ces essais qui montrent suffisamment de résistance et d’adaptabilité.
« Rien n’est interdit mais tout n’est pas utile » disait Paul de Tarse.
Et parce que « rien n’est interdit », il y a abondance.
Une abondance qui deviendrait vite pléthore si le « tout n’est pas utile » ne venait éliminer le surplus.
Dans le cadre de l’espèce humaine, la nature se livre donc, là aussi, à des essais.
Aucune mutation génétique n’est interdite. Mais combien seront utiles ?
Le problème, c’est qu’armés d’un mental égocentré, les humains élaborent un fantasme de « normalité » qui n’a rien à voir avec la vision de « l’utilité » au sens où Paul de Tarse et la Totalité l’entendent.
Est normal, du point de vue de l’ego, celui qui est comme moi (ou à peu près).
Tous les autres tombent sous le verdict de pathologie.
Aussi erronée que soit cette manière de voir les choses, elle finit quand même par s’avérer pertinente « 9 fois sur 10″. Sans le vouloir et sans le savoir, le verdict de « pathologie » est statistiquement destiné à coïncider dans la plupart des cas avec la non viabilité des mutations génétiques.
Evidemment ! Pourquoi ne pas voir les essais de mutation génétique voués à l’échec… comme des « pathologies » ? Puisqu’ils ne seront pas « bons » !
Sauf que… aucun ego n’a le moyen de voir à l’avance quels essais aboutiront à une nouvelle espèce pérenne, et quels essais ne seront pas adaptés au contexte futur.
Cette société dirigée par les ego, incapable de l’amplitude de Vision nécessaire, se contente donc de réprimer l’anormalité à l’aide de médicaments, d’exclusions ou d’incarcérations diverses.
Ce qui inhibe d’autant la générosité du « rien n’est interdit » mis en oeuvre par la nature et incidemment prononcé par ce bon Paul !
Maintenant, au-delà du génétique la question se pose également au plan de la conscience.
Dans la conscience aussi, de grands mouvements d’énergie repositionnent constamment les différentes facultés pour tenter de les rééquilibrer entre elles et leur permettre de meilleures réponses par rapport aux sollicitations de l’existence.
Si je puis me permettre, il me semble que les fonctions conscientielles telles que nous les suggère la Tradition chinoise (voir l’article « Chasser les démons« ) pourraient nous aider à mieux appréhender la question de l’autisme.
On a vu, dans cet article, que l’imaginaire (le Roun) nourrissait le sentiment ontologique (le chenn), et débordait souvent sur la faculté rationnelle (le Yi), la parasitant par la même occasion avec des fantasmes insanes (les Kouei).
Dans l’autisme, il semblerait que l’imaginaire soit lourdement inhibé.
Ceci implique que l’imaginaire ne puisse nourrir le sentiment ontologique à l’aide d’aucune sorte de religiosité ni de spiritualisme… qui sont précisément tous deux des expressions de l’imagination.
En même temps, cette inhibition de l’imaginaire interdit l’exportation des Kouei dans le Yi.
En d’autres termes, en l’absence de Kouei la faculté rationnelle (le Yi) peut fonctionner à plein rendement.
On conçoit sans peine qu’une faculté rationnelle non parasitée par l’imaginaire du Roun et surtout par l’imaginaire insane des Kouei, soit capable de calculs prodigieux.
Aussi l’autiste jouit-il d’une fonction « ordinateur » (le Yi) souvent spectaculairement efficace.
Mais il reste aussi incapable de « sculpter des images de son Dieu » (puisque le chenn n’est pas nourrit par le Roun).
Est-il pour autant privé de chenn, de spirituel ?
Peut-être pas !
Car il existe, en face du chenn dans le cycle de débordement, une autre fonction : le Tche.
Et, à défaut d’être nourri par l’imaginaire, le chenn subit les assauts des débordements de ce Tche.
Or, dans le cycle d’engendrement, ce Tche ne peut nourrir le Roun… puisque celui-ci est inhibé.
Privé de cet exutoire naturel, il va donc franchement déborder sur le chenn.
Mais au fait, qu’est-ce que c’est que ce Tche ?
C’est la fonction du « passage à l’acte ».
On sait que l’autiste est souvent hyper ou hypo actif, c’est à dire que son Tche est en excès de Yang ou en excès de Yin.
Ce sont ces excès qui débordent sur le chenn.
Le chenn étant la spiritualité, ces excès vont donc lui imposer deux types de spiritualités :
- « contemplatif » (en cas d’excès de yin, donc d’hypo-activité),
- ou « Karma Yoga » (en cas d’excès de yang, donc d’hyperactivité).
Bien sûr, une telle spiritualité implicite a probablement peu de chance d’être conscientisée ; mais elle n’en participe pas moins à l’état autistique.
En l’état actuel des choses, l’autisme ne semble pas s’orienter vers une harmonisation des fonctions traditionnelles de la conscience ; cette inhibition du Roun constituant, a priori, un déséquilibre important.
Mais, finalement, souvenons-nous que seul l’être éveillé jouit de fonctions conscientielles harmonieuses.
Et que tous les autres se débrouillent comme ils peuvent pour gérer leurs déséquilibres.
Cela constitue d’ailleurs ce que l’on appelle leur « caractère ».
Alors, que certains types de caractères, comme l’autisme, aient réussi à s’incarner au point de provoquer une mutation génétique, cela pose la question du pourquoi !
Peut-être est-ce parce que de la nature-conscience a réagi vis à vis d’un lourd dysfonctionnement mental au sein de notre espèce.
Quand on voit comment les Kouei, l’imagination insane et la religiosité envoient des avions s’écraser sur des tours et excitent l’envie d’aller encore un peu plus loin en se procurant la bombe atomique, on se dit que la nature n’est peut-être pas complètement idiote de multiplier aujourd’hui les cas d’autismes imperméables à ce genre de folies.
Cela ne fait évidemment pas de l’autisme la solution du futur. Tant s’en faut !
Mais c’est peut-être l’un des « germes de pistes » possibles.
Ou au moins un « plan B ».
Mieux vaudrait tout de même s’éveiller !
Bernard
Hi there Bernard,
Les autistes de haut niveau que j’ai rencontrés étaient pourvus, comme tu dis, d’un super mental égocentré. Ils conçoivent leur propre grille d’interprétation des « neuro-typiques » (nous qui nous croyons normaux) et nous dévoilent en toute candeur leurs stratégies pour avoir l’air « normaux ».
Par exemple, ce qu’il FAUT dire quand on accueille des visiteurs étrangers (fait vécu : un petit moment dans l’ascenseur avec des visiteurs de France) :
• Le vol s’est bien passé ?
• Souffrez-vous du décalage horaire ?
• La pluie vous a-t-elle empêché de visiter quelques boutiques ?
• Vous travaillez avec des autistes de quel âge ?
• (Passons aux choses sérieuses) La conférence sur l’autisme commence à 09 :00 pile et il vous reste exactement 428 secondes pour rejoindre votre siège dans la salle de conférence.
Séquence bien mémorisée et réactions des « Français visés » tout à fait optionnelle !
Effectivement, les autistes adoptent souvent des comportements excessifs au quotidien (excès de Yin ou de Yang), mais ce qui me fascine chez eux c’est tout de même leur capacité à éprouver une certaine forme de compassion même si les manifestations de celle-ci prennent des chemins bien étranges.
Un de mes élèves voulait absolument connaitre mon trajet pour retourner chez moi après le travail. Quand je lui ai mentionné en gros le trajet parcouru, à la fin de chaque jour il me disait: « Pauvre Marie, tu dois prendre le train de banlieue jusqu’à telle station de métro, puis le bus XXX et le tout dure de 35 à 43 minutes selon le trafic. Comme tu dois être fatiguée après ta journée de travail qui commence à telle heure « xxx » quand tu arrives par le train de 07 :15 ».
Et bien sûr, il me servait ce petit discours tous les jours et à chaque fois qu’il me croisait dans les corridors.
Il avait observé ma réaction lors de sa première déclaration (j’étais émue … of course) et de ce fait même il a conclu que s’était une clé à utiliser à répétition pour me faire plaisir.
J’avoue qu’à la 488e fois, j’avais une envie féroce de lui dire que j’avais acheté une voiture.
Mais j’aurais tout simplement enclenché une litanie différente sur la meilleure route à suivre, le nombre de feux de circulation et la consommation d’essence à l’heure de pointe.
Cet élève « m’aimait » et ne disposait que d’une séquence de repères concrets pour me le manifester.
Une autiste de haut niveau absolument fascinante, Temple Grandin (architecte), a conçu l’aménagement d’abattoir adaptés pour les bovins afin qu’ils éprouvent le moins de stress possible avant de mourir.
Une empathie très ciblée, mais qu’elle n’éprouve peut-être pas pour les humains.
Comme tu l’évoques si bien, les autistes seront-ils les champions d’une nouvelle race alors que nous, les neuro-typiques sommes appelés à disparaitre ?
Ouais, l’Éveil, faut que ça saute si on veut échapper à une évolution qui a perdu ses repères !
MarieBo Son dernier article…Certains tapent sur des casseroles …