Navnath (1) – La Tradition de Nisargadatta
juin 14
Avant le premier livre de Nisargadatta, « Je suis », l’Occident ne connaissait guère la Tradition indienne qu’à travers Ramakrishna, Vivekananda, Ramana Maharshi, Ma Anandamoyi, Aurobindo ou Ramdas…
Tous ces Maîtres avaient déjà fait preuve de « bonne volonté » en adaptant le langage de l’Hindouisme à la mentalité occidentale.
Ils avaient ainsi commencé à rendre le Vedanta plus universel, mais en lui conservant néanmoins une certaine coloration culturelle qui pouvait encore faire hiatus entre ce qui était enseigné et ce qui était compris.
Avec Nisagardatta Maharaj, l’excuse de la différence culturelle ne peut plus jouer !
Car ce Guru, et la lignée moderne de la Navnath sampradaya dont il était issu, s’étaient fait un devoir de s’exprimer de la manière la plus compréhensible qui soit.
Dans un premier temps, les sages « Navnath » se rendirent dans les villages indiens pour expliquer en quoi consistait l’illusion du mental à des paysans qui jusqu’alors n’avaient approché leur Tradition qu’à travers les mythes et les légendes populaires.
Puis, plus récemment, les Navnath ajustèrent leur discours à la mentalité occidentale, afin d’être compris non seulement de leurs visiteurs européens et américains, mais surtout de tout esprit moderne.
A tel point même que l’ancien traducteur de Nisagardatta, Ramesh Balsekar, qui fit autrefois ses études en Angleterre, donnait des Satsang et publiait des livres dans lesquels les références à la physique quantique et aux sciences et technologies modernes étaient fréquentes.
La lignée des Navnath remonte historiquement au 9ème siècle.
Mais elle trouve plutôt son origine dans une légende.
Une légende qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’image de Jésus entouré de ses douze apôtres.
Là, c’est le Rishi Dattatreya qui tient le rôle de la figure de proue ; et il est entouré de huit disciples.
Ensemble, ils formèrent la « Tradition des Neuf Maîtres », autrement dit, textuellement, de la Nav (neuf) nath (maîtres) sampradaya (tradition).
C’est une Ecole spirituelle à part entière.
Toutefois, au-delà de la légende, la lignée historique ne doit pas être vue comme une secte classique se composant exclusivement de Gurus officiellement reconnus par leurs propres Gurus.
Chez les Navnath, la succession ne semble pas s’opérer de manière aussi stricte puisque, selon Nisargadatta Maharaj lui-même, la continuité de cette Tradition est informelle.
Navnath sampradaya serait donc un « nom de famille spirituelle » auquel seraient en droit de prétendre tous ceux qui suivent la même Voie d’enseignement et de pratique.
Quelque chose comme l’appellation « Gnostiques », en Occident.
Tout individu, dit encore en substance Nisargadatta, dont la sadhana consiste à concentrer son esprit sur « je suis », peut considérer appartenir à ce groupe informel de chercheurs et de sages qui, en Inde, ont choisi le nom de Navnath sampradaya.
Ils n’usent cependant du nom de « Navnath » que pour marquer leur parenté spirituelle, car ils savent très bien qu’aucune étiquette, aucune forme conceptuelle ne les aidera en rien.
« En réalité », disait Nisargadatta, « il n’y a ni gourou ni disciple, ni théorie ni pratique, ni ignorance ni réalisation. Tout dépend de ce que pour quoi vous vous prenez ».
Dattatreya, lui aussi, lui déjà, transmettait l’enseignement de cette Voie négative.
Il fut le premier à conseiller à ses disciples : « Renoncez ! Renoncez au monde, et renoncez également à la renonciation, et renoncez même à l’absence de renonciation ».
Quand on sait quelle importance revêt, dans la spiritualité indienne, le renoncement classique officialisé par la robe de moine ou par la marginalisation définitive du sâdhu, on comprend à quel point ce « renoncez à la renonciation » pouvait être iconoclaste, surtout au 9ème siècle.
Dattatreya
Par la suite, les Navnath, probablement au contact des Musulmans puis des Occidentaux, persistèrent dans leur attitude révolutionnaire vis-à-vis de l’Hindouisme orthodoxe.
Non contents de préférer le renoncement intérieur au renoncement extérieur, ils s’interdirent très tôt toute discrimination de caste, de culture, de niveau intellectuel ou de sexe.
Ils prodiguèrent donc l’enseignement à tous, et se débarrassèrent de nombreux tabous et rituels touchant à la notion de pureté formelle.
Concrètement, cette orientation résolument démocratique se traduisait, chez le disciple, par l’adoption d’un mode de vie on ne peut plus banal.
Il avait un travail correctement rémunéré, et bien souvent une famille.
Pour le Navnath, l’Absolu est en tout, y compris dans la vie mondaine.
Dans cette doctrine, Dieu se cache au cœur de la Maya.
Et l’existence qu’Il réserve à chacun n’étant que l’expression de Sa Volonté, il convient dès lors de ne plus voir dans le samsara une voie de perdition mais au contraire la Voie individuelle et naturelle menant à l’Eveil.
Ainsi, même s’il existait une certaine morale Navnath, conseillant vivement la discrétion, l’humilité et l’honnêteté, chacun pouvait finalement faire ce qu’il voulait.
Les seules choses qu’on exigeait du disciple étaient de ne pas croire être le corps et de demeurer dans le détachement le plus parfait vis-à-vis de ses actes, au point de ne pas les considérer comme « ses » actes !
Chaque disciple n’est ici qu’un instrument du Soi pour découvrir le Soi ; et cette découverte se réalise indifféremment avec ou sans retrait du monde, avec ou sans méditation, avec ou sans rite…
Tels étaient les préceptes de la Tradition des Navnath que les siècles contribuèrent à raffermir à travers ses Gurus successifs.
Parmi les plus décisifs dans l’évolution de cette Tradition, citons Revan Nath, le huitième des neuf Nath, qui fut aussi le fondateur de la sampradaya, puis, plus près de nous, Kad Siddheshwar Maharaj et Nimbargi Maharaj aux 18ème et 19ème siècles, et enfin Bhausaheb Maharaj, Siddharameshwar Maharaj, Ranjit Maharaj et Nisargadatta Maharaj pour le 20ème siècle.
Cette Tradition a cependant pris un tournant plus que significatif avec Sri Siddharameshwar Maharaj.
Siddharameshwar transforma en effet l’enseignement traditionnel de la méditation que lui avait transmis son maître Bhausaheb en une Voie beaucoup plus rapide et beaucoup plus adaptée aux conditions de vie actuelles.
Siddharameshwar Maharaj
Né en 1888 à Pathri, un petit village du district de Sholapur dans l’état du Maharashtra, en Inde, Siddharameshwar, après avoir rencontré son Maître, suivit tout d’abord le Chemin le plus traditionnel qui soit, en Inde, commençant par renoncer au monde pour se consacrer entièrement à la méditation.
Mais, peu de temps après la mort de Bhausaheb, en 1914, il se sentit tellement résolu à réaliser son Eveil par la Voie la plus directe possible, qu’il abandonna la compagnie des autres disciples.
Et, à l’instar du Bouddha, il s’assit en méditation, fermement décidé à ne plus se lever tant qu’il n’aurait pas « compris ».
Au bout de neuf mois de méditation continue, son Maître lui apparût et lui dit : « Lève-toi, maintenant, car tu as compris ».
Bhausaheb Maharaj
Qu’avait-il compris ?
Que le traditionnel renoncement au monde, comme préalable à la quête, n’amenait à la connaissance que très lentement, alors qu’au contraire, un effort porté dès le début à prendre conscience de l’illusion du monde entraînait pratiquement immédiatement le renoncement.
« Quelle solution reste-t-il, quand on comprend que le monde n’est pas réel », disait-il, « sinon d’y renoncer ? ».
C’est ainsi que Siddharameshvar Maharaj devint le réformateur moderne de la Navnath sampradaya.
Il transforma le « chemin de la fourmi », Voie progressive basée sur la méditation, en une Voie plus directe.
Cette Voie, Vihanga marg, le « chemin de l’oiseau », s’appuyait sur la « compréhension » et se démarquait de l’enseignement classique en bien des domaines.
On a vu notamment que, dans Vihanga marg, il devient nécessaire de « comprendre » avant de renoncer.
Toutefois, même dans ces conditions le renoncement reste du domaine de l’ego.
Il faut encore renoncer au renoncement et aller jusqu’à « comprendre » que la source de la connaissance est une illusion.
Il faut « comprendre » (comprenez « réaliser ») que la Réalité se trouve au-delà de l’ignorance et de la connaissance.
Autre spécificité de cette Voie directe : selon Siddharameshvar, le maître se doit de dévoiler le But ultime sans attendre que le disciple ait franchi un certain nombre d’étapes ainsi que le préconisaient la plupart des méthodes traditionnelles.
Il s’agissait bien ici de « comprendre »… dans tous les sens du terme !
Et, pour aider à cette compréhension, aussi profond et exigeant que pouvait sembler cet enseignement, il présentait l’indéniable avantage de rester formulé dans un langage dénué de concepts philosophiques compliqués.
C’est ainsi que le voulait Siddharameshvar Maharaj, afin que la Réalité demeure accessible à tous… puisque nous sommes tous Elle.
Aujourd’hui, les Navnath modernes continuent d’appeler « Voie de la fourmi » la méthode passant par le renoncement et la méditation classiques, et « Voie de l’oiseau » celle utilisant la « réflexion », beaucoup plus rapide.
Cela dit, la méditation reste, bien entendu, utile, mais seulement dans un premier temps.
Elle assure en quelque sorte une bonne assise à la « réflexion ».
Qu’est-ce que c’est que cette « réflexion » ?
Une telle réflexion n’a, bien sûr, rien à voir avec la réflexion commune, mais constitue plutôt une sorte de contre-pensée chargée de déraciner la pensée génératrice d’illusions mondaines.
En d’autres termes, et pour reprendre dans les termes l’enseignement de Ranjit Maharaj (l’autre disciple de Siddharameshwar connu en Occident) :
« Puisque c’est par le mental que l’illusion prend effet, c’est par le mental qu’elle doit être dissipée ».
Ranjit Maharaj
Comme Dattatreya, Siddharameshwar Maharaj allait plus loin encore puisque, non content de demander à ses disciples de renoncer au renoncement, il leur demandait en fin de compte de renoncer à la « réflexion », à ce vestige de mental générant la contre-pensée salvatrice.
C’est pourquoi, après qu’ils aient compris l’illusion de ce monde, Nisargadatta, Ranjit et les autres disciples furent envoyés sur les routes de l’Inde mendier leur nourriture comme des renonçants classiques.
Et, à leur retour, ils s’entendirent asséner par leur Maître :
« Puisque rien n’est vrai, à quoi avez-vous donc renoncé ? Soyez maintenant des êtres ordinaires dans le monde ».
Cela fait, il leur donna l’enseignement final, selon lequel « même la connaissance est fausse ».
Il entendait par là qu’après s’être libéré des illusions du mental pensant, le disciple devait réaliser que le pur sentiment de présence, autrement dit la connaissance « je suis » de la conscience cognitive, n’était que le produit d’une dissociation totalement illusoire entre le sujet et l’objet.
Et que, sans cette dissociation, il ne pouvait y avoir d’ego s’appropriant quelque connaissance que ce soit, fut-elle « initiatique ».
Ainsi le véritable enseignement des Navnath diffère-t-il beaucoup de celui que les adeptes du new age ayant lu le livre « Je suis » ont pu imaginer pour justifier leur croyance dans le Nirvana Express !
Ce que Siddharameshwar avait enseigné à Ranjit et Nisargadatta était une Voie en trois points essentiels :
Se débarrasser du mental égocentré.
Voir la conscience cognitive comme un fonctionnement factice surgi du néant.
Traverser le néant de l’inconscience en s’abandonnant au Réel.
Cet enseignement, en plaçant l’Absolu au-delà du néant, au-delà de l’être et du non-être, au-delà de la conscience et de l’inconscience, au-delà de la présence et de l’absence, est dit « complet ».
Capable de conduire jusqu’à la « destination finale ».


Bonjour,
Vous dites d’une part: « Dans un premier temps, les sages « Navnath » se rendirent dans les villages indiens pour expliquer en quoi consistait l’illusion du mental à des paysans qui jusqu’alors n’avaient approché leur Tradition qu’à travers les mythes et les légendes populaires »
Et d’autre part: « Ce que Siddharameshwar avait enseigné à Ranjit et Nisargadatta était une Voie en trois points essentiels : Se débarrasser du mental égocentré. Voir la conscience cognitive comme un fonctionnement factice surgi du néant. Traverser le néant de l’inconscience en s’abandonnant au Réel. »
Moi-même je ne comprends pas exactement ce que cela signifie. Alors je me demande ce que des villageois « qui jusqu’alors n’avaient approché leur Tradition qu’à travers les mythes et les légendes populaires » ont bien pu y comprendre?
Sophie
Sophie, bonjour,
L’enseignement des Navnath implique de mettre les gens au courant de toutes les étapes du Chemin, mais on ne s’attend évidemment pas à ce qu’ils comprennent profondément tout de suite.
La compréhension est une pénétration. Au début, il faut bien commencer par une simple compréhension intellectuelle. Contrairement à ce que semblent croire certains adeptes du new age, la compréhension intellectuelle n’est pas le diable. Elle précède simplement la compréhension plus profonde, plus intégrale.
Il faut la dépasser. Pas s’en passer !
Aussi, les Navnath voyaient comme une bonne chose que les étapes ultimes soient dévoilées, dès le début.
A notre époque, cela a au moins le mérite d’éviter à des tas de gens de se croire « arrivés » dès qu’ils ont la moindre expérience non ordinaire de conscience.
Cela dit, le discours des Navnath n’était pas non plus d’un niveau universitaire ! Les métaphores rendaient l’essentiel du message accessible à tous.
Le mieux est de vous offrir, comme exemple, un extrait des Satsangs que Siddharameshwar donnait dans les villages :
« Le pèlerinage n’est une consolation que pour le plus pauvre d’entre les pauvres.
« La vénération des idoles n’est un réconfort que pour l’ignorant.
« La plupart des aspirants s’en remettent à la méditation.
« Mais celui qui est mûr plonge sans hésitation en lui-même ; immergé dans son état naturel de « je suis », il demeure à jamais dans la félicité.
« Vénérer les idoles, c’est arracher la fleur vivante pour l’offrir à une image inerte. Vous vénérez l’idole du seigneur Satya-Narayana (Satya = vérité), mais vous ne comprenez pas qu’elle est périssable, donc irréelle.
« Quant au pèlerin, il est comme la rivière qui s’éloigne de sa source et se perd à jamais. La rivière coule à flots pour se perdre dans l’océan. Son eau douce devient alors saumâtre, et elle disparaît sans laisser de trace.
« Si, comme la rivière, vous vous éloignez de votre état originel dans la recherche effrénée de la gratification de vos désirs, vous serez emporté et voué à la ruine.
« Mais si vous retournez à votre origine, la connaissance à laquelle vous atteindrez sera celle du Brahman.
« Pour acquérir cette connaissance, vous devez tout d’abord abandonner aux pieds du Maître intérieur toutes les mauvaises habitudes et tendances que vous avez accumulées. Vous les verrez alors s’étioler pour disparaître.
« Hélas, vous ne voulez pas vous connaître !
« Vous n’essayez jamais de vous voir. Vous voulez voir le monde, Jagat, qui signifie « ce qui est terminé, passé ».
« Arrêtez de vous concentrer sur le passé ! Vous êtes tellement occupés à regarder le monde et à revivre le passé que vous en oubliez totalement le présent.
« Concentrez-vous sur le présent, c’est tout ce qui importe !
« Tournez le dos au passé, et n’anticipez pas sur le futur non plus, car vous n’avez prise ni sur le passé ni sur le futur ! »
Comme vous le voyez, c’est là une introduction à la spiritualité qui, tout en restant simple, permet quand même d’abandonner rapidement toute religiosité sur le bord de la route.
Bernard
bonlour bernard, et vous tous,
C’est difficile de se faire avaler par une substance qui n’est plus, (le passé) et pourtant ce rêve qui s’écoule comme un torrent rejette sur les rives de notre mémoire, des débris identifiés dans l’émotion, dans une résurgence sensorielle (ex ; olfactive) et qui se situe dans l’instant présent spontané, étrange !!!!!!
Et bien notre fonction cognitive exploite peut être une intelligence passée, mais comprendre ce qui n’est plus, avantage la perception intellectuelle, factice, des fragments désuets, qui servent visiblement de tremplin à une intelligence intuitive plus profonde, qui n’a pas besoin d’explication, et qui se propage vers un devenir.
Spot Hello,
Voici l’exemple d’un protocole hypnotique de double dissociation :
« Votre conscient peut écouter mes paroles, pendant que votre inconscient profite de la relaxation ; à moins que votre inconscient soit à l’écoute de mes paroles, pendant que votre conscient jouit de la relaxation. »
Ça n’a l’air de rien, mais la structure de ce genre de suggestions (à condition, bien sûr, d’être adaptée à la personnalité du sujet) est capable d’induire une hypnose assez rapidement.
Comment donc « endormir » un sujet ?
En générant une confusion entre des éléments de l’état conscient et des éléments de l’état inconscient.
Il se produit la même chose le soir quand on s’endort. Une impression remonte de l’inconscient et prend l’allure d’une réalité en éclatant à la surface du conscient, pendant qu’une perception consciente descend vers l’inconscient et se laisse réinterpréter sous forme d’aventure onirique.
Tout se mélange.
C’est le règne de la confusion !
Or, c’est par le jeu irrésistible des confusions entre les différents niveaux de conscience qu’on passe d’un plan de conscience à l’autre. Ce passage s’appelle « bardo ».
On parle souvent du bardo de la mort… mais ce n’est pas le seul, bien au contraire !
Il y a une infinité de bardos.
En dehors de la vie à la mort, ou de la veille au sommeil, nous passons constamment d’un état de conscience à un autre. Concentré sur ceci puis dispersé sur cela, en pleine abstraction intellectuelle puis à l’écoute des sens, etc., etc.
Ce qui fait qu’à chaque instant des maelströms de confusions brassent les matières psycho-mentales constituant à grand peine notre ersatz de « réalité ».
Ce sont de tels brassages qui ont notamment lieu entre la mémoire du passé, la perception du présent et la projection dans le futur.
Chacune de ces opérations est très loin d’être clairement séparée des autres. Chacune s’enchaîne à l’autre dans des tourbillons confusionnels qui feraient de grands ssschlurp de chasse d’eau dans la tête s’ils n’étaient aussi foncièrement discrets.
Mais lorsque, malgré leur discrétion, on finit par les remarquer, les observer, alors on devrait s’apercevoir que tout ce minestrone confusionnel n’a rien en commun avec la pure faculté intuitionnelle.
Celle-ci aide, au contraire, à mettre de l’ordre, un ordre naturel, dans ce paysage envahi par les scories laissées sur le bas-chemin au passage des bardos.
La faculté intuitionnelle, pour ainsi dire par définition, transcende le temps. Elle prend son origine dans la Conscience dont elle est un écho beaucoup plus proche et plus pur que la pensée ordinaire.
Or, la Conscience ne vient, elle-même, certainement pas du passé… ni d’aucun temps du temps.
Bernard