Navnath (2) – L’enseignement de Nisargadatta

juin 18

Rarement maître spirituel fut plus direct, plus abrupt, intense, voire agressif et provocateur, que Nisargadatta Maharaj.

A tel point qu’on ne peut s’empêcher de le comparer à certains patriarches du Ch’an comme Ma Tsu ou Lin Tsi qui institutionnalisèrent l’usage de la violence pour court-circuiter le mental du disciple.

Nisargadatta Maharaj, lui non plus – même s’il n’allait pas jusqu’aux coups de bâton – ne s’embarrassait pas de politesses superflues.

Il n’hésitait en tout cas pas à empoigner les spiritualistes bouffis de vanité par le col et à les flanquer dehors.

Et même à ceux qui étaient un peu trop lents à vouloir comprendre, il lançait volontiers des :

« Ne suis-je pas fondé à affirmer que votre tête est pleine de sciure ? »

ou des :

« Suis-je un enseignant de jardin d’enfants ? »…

Combien de fois, aussi, s’est-il emporté contre ceux de ses compatriotes qui venaient lui demander une protection occulte, ou contre les Occidentaux qui ne savaient qu’argumenter.

Bref, il passait pour avoir un sacré caractère de cochon !

Nisar 1

Sans être vraiment acariâtre, Nisargadatta déplorait simplement les orientations erronées dans lesquelles la religiosité matérialiste réussissait trop souvent à fourvoyer ses visiteurs.

« Nombreux sont ceux qui se complaisent dans des attitudes spirituelles mais pour qui il n’est pas question d’abandonner leur identité corporelle », regrettait-il.

« Ils poursuivent leur quête de profession de foi, de dogmes, d’exercice, et jamais ils ne remettent en cause leur identité ou ne sondent l’intérieur à la recherche d’eux-mêmes.

« Tous ces comportements sont caractéristiques d’une attirance vers l’intellect et non vers notre véritable nature ».

Nisargadatta pourfendait donc les croyances, qu’elles soient issues de la religiosité ou de la prétendue logique.

« La grande Mul-Maya », enseignait-il par exemple au sujet de la réincarnation, « vous égare en vous inculquant la conviction d’avoir déjà subi des millions de naissances, et vous, ignorants, ne remettez jamais cela en question !

« Avant d’être né vous ne disposiez d’aucun « j’ai été » et encore moins de l’expérience de naissances antérieures.

« Peut-on sérieusement croire de telles histoires !

« Vous êtes sûr d’être né et d’avoir connu d’autres naissances, n’est-ce pas ? Oui, mais de quoi êtes-vous fait et comment ?

« Tant que vous n’aurez pas prêté attention à cela et trouvé la réponse vous ne pourrez pas vous libérer de ces concepts de renaissance ou autres ».

La question de la réincarnation

Que les adeptes de la théorie de la réincarnation se rassurent toutefois !

Il leur suffit de continuer de croire en la réincarnation… pour que celle-ci reste vraie pour eux.

Tout comme leur ego est vrai pour eux.

Ce que dit Nisargadatta, c’est que les concepts de naissance et de renaissance sont illusoires en regard de notre véritable nature, non née et donc, bien sûr, non réincarnée.

Ici, il ne faut pas confondre :

Fleche la connaissance transpersonnelle dont ont témoigné les auteurs des Védas lorsqu’ils ont eu l’idée de la doctrine de la réincarnation,

Fleche et l’éveil dont parle le Vedanta, au-delà des Védas, qui dépasse le plan de la connaissance transpersonnelle.

« Lorsque je concentre mon attention sur le moment de l’éveil », dit encore Maharaj, « les Védas joignent les mains en signe de soumission et font silence ! »

Veda

L’éveil spirituel est au-delà du plan transpersonnel.

Mais, au niveau transpersonnel, la conscience collective est un réservoir de mémoires permettant de se relier de façon privilégiée à certaines autres incarnations du passé.

Ces incarnations n’appartiennent évidemment pas à l’ego, mais tant qu’il reste un ego celui-ci ne peut que percevoir toute chose de son point de vue et… considérer ces autres incarnations comme « siennes » (tout au moins lorsqu’il les perçoit).

D’une certaine manière, elles sont d’ailleurs effectivement siennes… puisque ces anciennes incarnations partagent avec l’ego en question un certain nombre de caractéristiques communes.

Ces caractéristiques sont appelées « samskaras ». Ce sont les tendances collectives auxquelles l’ego s’est identifié.

En tant qu’ego, vous plongez vos racines dans le transpersonnel-collectif où certaines influences inconscientes remontent très loin dans le temps.

Reste à savoir si vous êtes cet ego qui s’approprie certaines de ces influences au point de les appeler « mes incarnations précédentes »… ou si ces identifications font partie du rêve dont vous vous éveillez.

Et la fourmi devint un lion

Né à Bombay en 1897, Nisargadatta passa dans cette ville pratiquement toute sa vie.

Il y exerça le métier de marchand de beedies, ces petites cigarettes indiennes à l’eucalyptus et au tabac.

Lui-même grand fumeur devant l’Eternel, il mourra d’un cancer le 8 septembre 1981 à l’âge tout de même respectable de quatre vingt quatre ans.

Sm

Entre-temps, après avoir coulé une enfance laborieuse et religieuse auprès de ses parents, simples fermiers du sud de Bombay, Maharaj, qui alors s’appelait Maruti, fut engagé comme employé de bureau.

Mais il préféra vite la vie, plus indépendante, de commerçant.

En 1924 il se maria à Sunatibaï qui lui donna un fils et trois filles.

Puis, en 1933, tourmenté par l’interrogation métaphysique, il rencontra son Sadguru, Sri Siddharameshwar Maharaj, et suivit son enseignement.

Après que son maître lui eut donné l’initiation en prononçant les mots sacrés « Tat Tvam Asi » qui signifient « Je Suis Cela », il lui conseilla de ne s’occuper que d’une seule chose : son Soi.

« Tu n’es pas ce que tu crois être », lui dit-il, « trouve ce que tu es. Observe le sens de je suis, découvre ton véritable soi ».

« J’ai fait ce qu’il m’a dit de faire.

« Tout temps gagné, je le consacrais à m’observer en silence.

« Cela opéra en moi un changement rapide et profond » expliquera plus tard Nisargadatta à ses propres disciples.

« Ecoutez ceci », ajoutait-il, « il y avait par terre une minuscule fourmi inanimée, presque invisible.

« Pendant que je la regardais elle a manifesté des signes de vie et tout à coup, de la minuscule fourmi a surgi un lion rugissant.

Li

« Cet être qui m’habite – l’état assujetti à l’expérience – est mesquin, bas et méprisable.

« La fourmi minuscule était presque morte, elle avait une forme fluide résultat d’un crachat (d’une éjaculation).

« C’est de cette humidité, de l’énergie fluide qu’a surgi le lion. De ce fluide qui était là comme un crachat ! »

Le crachat

Ainsi, par la Grâce de son maître et l’application diligente qu’il mit à investiguer le « je suis », il réalisa sa véritable nature en quelques années à peine.

Par la suite, et durant plus de quarante ans, il partagera son expérience avec les visiteurs du monde entier venus se regrouper autour de son échoppe, puis, plus tard, dans la minuscule pièce d’un vieil immeuble de Bombay où il s’installa à sa retraite.

C’est là que Maurice Frydman, jusqu’alors adepte de l’enseignement de Krishnamurti, découvrit celui qui allait devenir son maître et dont il allait être le traducteur, lui assurant, à terme, une renommée mondiale.

Fryd

Maurice Frydman

Au contraire de l’enseignement de Ranjit Maharaj qui s’appliqua toute sa vie à retransmettre le plus fidèlement possible la Parole de son Maître, l’enseignement de Nisargadatta Maharaj fut beaucoup plus original.

Sans pour autant dévier de la Tradition Navnath, les livres de Nisargadatta sont particulièrement inspirés, poétiques et polymorphes.

Ceci ne l’empêche pas, par ailleurs, d’insister et de revenir fréquemment sur certains points de doctrine auxquels son Maître tenait tout particulièrement.

En effet, face à cet homme du vingtième siècle plus matérialiste et amoureux de son corps que ses ancêtres ne le furent jamais dans l’histoire, il convenait que l’enseignement frappe fort.

Nisargadatta s’appliquait donc, par exemple, à présenter notre merveilleuse incarnation comme le méprisable résultat d’un « crachat de verge ».

Il ne s’agissait évidemment pas là de choquer gratuitement mais de recadrer dans une vision spirituelle l’identification au corps et l’attachement au monde qui font précisément obstacle à l’Eveil.

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« Issue de ce crachat, une entité corporelle se révèle la demeure de cette êtreté, c’est à dire de l’état amour d’être.

« D’une émission, d’un jet fluide, l’amour de soi a pris une forme.

« Dans cette trace d’amour de soi se manifeste l’univers entier battant du pouls d’un principe identique.

« Avez-vous compris que cette source de l’être est un écoulement et qu’elle est méprisable ?

« Savez-vous que votre être est irréel, indigne, une tricherie, une fraude ?

« Cet être qui vous pousse à croire je suis comme ceci, je suis comme cela est illusoire, c’est une imposture ! »

Mais ce crachat, cet événement sexuel par lequel l’être vient à naître, est aussi pris comme point de repère, par Nisargadatta, pour proposer une formidable régression conscientielle vers la première enfance.

La première enfance et surtout l’état antérieur à la naissance sont, pour lui, la racine de l’être.

« Dans la langue marathi », précise-t-il, « le mot mul signifie la racine d’un arbre, mais aussi le petit enfant.

« Comme un arbre prend racine à partir d’une graine minuscule, un homme en pleine maturité est enraciné dans le petit enfant, dans son être. Tandis qu’en tant qu’Absolu, je suis antérieur à la racine, à l’enfant et à l’être ».

Et c’est ainsi que, durant des années, une part importante de l’enseignement de Maharaj restera orientée vers « l’avant » et « l’après » de ce crachat initial.

Le petit enfant

« Dans mon état originel de non-savoir j’ignorais l’être, et tout d’un coup ce sentiment d’être a spontanément été ressenti.

« Puis, en un éclair, j’ai découvert cet immense univers manifesté et aussi mon corps.

« Au début il n’y avait pas de message je suis et il n’y avait pas non plus de monde.

« Instantanément le message je suis et ce monde vaste se sont manifestés à partir du vide, du rien.

« De l’Absolu, du non-être, l’être a surgi devant moi en même temps que le monde manifesté.

« Voilà pourquoi il est important de réaliser l’état Absolu antérieur, l’état où n’existe pas le message je suis.

« Qui aurait pu observer je suis si cet état de non-être antérieur à tout n’avait pas été là ? »

Bé

Comme vous le voyez, Nisargadatta indique prioritairement la destination finale, à savoir la réalisation de l’état Absolu antérieur.

Mais il n’insiste pas moins sur la nécessité préalable de pleinement comprendre le « je suis ».

Il faut d’abord comprendre la racine, le petit enfant, cette êtreté à l’état primitif qu’il appelle également essence-de-nourriture car, dit-il :

« de même que le corps se nourrit d’aliments, l’être se nourrit du corps pour expérimenter.

« Vous mangez différentes sortes d’aliments pour vous soutenir.

« Il s’agit là du principe d’enfance, l’être.

« Quand l’être disparaîtra vous serez qualifié de mort, mais en fait que protégez-vous de la mort ?

« C’est cette base, ce principe d’enfance, la racine !

« A l’apparition de l’enfant débute le premier instant d’expérimentation.

« L’être demeure à l’état latent pendant les premiers jours suivant la naissance.

« Ensuite il s’identifie à cette forme qui se développe en accord avec l’image des parents imprimée en elle au moment de la conception.

« L’être maintient son existence en tétant jour et nuit ce petit réservoir d’essence de nourriture je suis… je suis.

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« Le principe tétant ce réservoir n’est donc pas le corps, il est distinct du corps, il y habite simplement, et comme un enfant se maintient en vie en tétant sa mère, l’être se nourrit en tétant le corps.

« Cet enfant infortuné, qui avant sa naissance demeurait paisiblement en dehors de cet univers de la connaissance, est maintenant gratifié de toute une gamme d’expériences et de souffrances.

« A l’instant de sa conception, la photo exacte de la situation du cosmos dans sa totalité a été imprimée en lui.

« Quel est le principe qui prend cette photo ?

« Ce principe suprême à de nombreux noms, c’est l’océan de vie, grouillant de millions de formes.

« Krishna dit qu’au travers de ce principe suprême il applique toutes les fonctions universelles tout en demeurant, Lui, Absolu, en dehors de ce jeu.

« Comme Krishna, tout Eveillé a compris la racine de l’être, uniquement composée d’ignorance.

« Le sachant, il ne s’implique pas dans les actions de cet être et ainsi le transcende.

« Il observe l’émergence, la maintenance et la disparition de ce principe, sachant tout du long qu’il n’est pas ce principe.

« Il est le témoin, celui qui connaît le rôle de cet être ».

La pointe de la plume

Dans cet enseignement, il semble donc primordial que soit avant tout révélée l’individualité éternellement infantile de l’être humain.

Ce je suis, ce sens de l’ego reste enfance-racine aussi bien dans le rôle de l’enfant que dans ceux de l’adolescent, de l’adulte et du vieillard.

Cet être n’est qu’une résultante du corps réservoir d’essence de nourriture.

Et il disparaît lorsque la qualité de l’essence de nourriture n’est plus à même de le nourrir.

Car c’est en comprenant ce qu’est ce contact avec soi-même exprimé par « je suis », et surtout en réalisant la manière dont il est apparu, que l’on se place spontanément dans l’état précédant ce « je suis ».

Autrement dit, dans l’état véritable.

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Comme le dit encore Maharaj,

« la pointe de la plume mouillée d’encre écrit volume après volume, mais la cause, la source de tous ces écrits est simplement cette extrémité de plume humide qui correspond à l’être.

« Il est facile de constater que des volumes ont été écrits, mais le bout de la plume, le bout de la graine, ne se voit pas facilement.

« La graine-être est sans forme, comme l’extrémité minuscule de la plume, et la forme corporelle est comme les volumes écrits.

« Or, vous ne vous identifiez pas à cet aspect graine, mais à la forme corporelle visible.

« Vous vous accrochez à la forme en tant que je au lieu de considérer la graine.

« Alors, maintenant rejoignez cette source et comprenez-la ».

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41 commentaires

  1. Charly Alverda /

    Bonsoir

    Excellente approche-vision de la réincarnation ! Il n’y a que des « bourgeois » jeunes, riches, beaux et en bonne santé pour souhaiter une réincarnation.

    Je « reprends cet énoncé » :

    « Issue de ce crachat, une entité corporelle se révèle la demeure de cette êtreté, c’est à dire de l’état amour d’être. »

    Dans la tradition occidentale il est dit que cette demeure est le Temple de la divinité.

    « D’une émission, d’un jet fluide, l’amour de soi a pris une forme. » Dans cette trace d’amour de soi, j’entends l’Amour de Soi qui s’est conditionné dans la forme.

    « Savez-vous que votre être est irréel, indigne, une tricherie, une fraude ?
    « Cet être qui vous pousse à croire je suis comme ceci, je suis comme cela est illusoire, c’est une imposture ! »

    Eh oui, ô combien ! Mais pourquoi cette source de l’être – voulue par la Source – serait-il méprisable ? N’y-a-t-il pas un risque de faire l’ange pour ne pas faire la bête, service culpabilité et névroses diverses compris ?

    Je suppose que l’Excellentissime s’adressait à un public spécifique dans ce discours ?

    Charly

    • BK /

      Hello Charly,

      Oui, bien sûr, ce n’est généralement pas aux « bourgeois jeunes, riches, beaux et en bonne santé » que l’on s’adresse lorsqu’on dit que « votre être est irréel, indigne et méprisable »… parce que là, pour le coup, non seulement ces beaux jeunes gens refuseraient une autre réincarnation mais ils seraient bien fichus de se suicider tout de go !

      Il est vrai que Nisargadatta ne s’est jamais opposé à la publication de ses satsangs sous forme de bouquins, mais, que je sache, l’enseignement des Navnath ne passe pas non plus au 20 heures.

      Quant à savoir pourquoi certains instructeurs disent « mépriser » la bestiole, c’est essentiellement pour contrebalancer le culte qui lui est rendu par l’ego.

      Il existe aussi, dans le Zen, des méditations codifiées pour déprécier le « méprisable corps humain », où le disciple est invité à se le représenter à proximité des excréments, dans le ventre maternel, puis pourrissant après la mort, étant dévoré par la vermine, etc.

      Aux temps védiques de l’origine, il n’était pas du tout question de voir le corps autrement que comme une manifestation sacrée de la divinité.

      Mais, au fur et à mesure que l’ego s’est sur-identifié à ce corps, certains instructeurs ont trouvé bon de le lier pédagogiquement à des remugles de charogne.

      Cela fait donc partie de certaines doctrines. Si cela ne convient pas, il faut suivre une autre doctrine. Et même si cela convient, il faut toujours se débarrasser le plus vite possible de la doctrine après usage, c’est à dire dès que la suggestion selon laquelle « le corps est méprisable » a détruit l’identification de l’ego au corps.

      Enfin, concernant l’étreté, il faut savoir que Nisargadatta a tout d’abord réalisé le « Je suis »… et qu’un livre, curieusement nommé « Je suis », a résumé tous les satsangs qu’il avait donné à ce sujet.

      Mais, par la suite, en réalisant le Parabrahman, il a été au-delà du « Je suis ». Aussi, dans les satsangs (et les bouquins) qui ont suivi insiste-t-il fréquemment sur le Chemin qui s’étend au-delà de l’étreté, de l’amour d’être et, bien sûr, de la bestiole qui lui sert de réservoir de nourriture et de demeure.

      That’s all, Folks !

      Bernard

  2. Comment faire advenir un processus spontanée et naturel? Le Yi cherche à nouveau a contrôlé la Vie, le Chenn (voie progressive).

    L’atma-vichara (investigation du qui suis-je? identification à la graine), cher à Ramana, redevient rapidement une « méthode » entre les mains autoritaires de l’égo illusoire, qui se maintient ainsi en vie.

    Comment devenir amoureux de Cela, amoureux de l’Amour dirait, Tony Parsons ? L’ego (pas encore assez las, assez usé) recherche le comment, au lieu de lâcher prise et admettre sa totale inexistence.

    L’Amour ne se décrète pas, mais Il arrive sois par un coup de foudre (Yolande,…), sois progressivement (Nisagardatta).

    Pourriez vous , s’il vous plait, cher BK, une nouvelle fois (je suis de la poudre mouillée, il faut souvent que l’on me répète les choses), donner la définition des mots vasanas (tendances individuelles) et samskaras (tendances collectives) ? Leur rapport, s’il y en a un avec les kouei, d’un de vos articles précédents)? Les maladies du corps physiques ont elles leur origine dans ces kouei ? Et si c’est le cas, comment un Ramana, un Nisagardatta,… dans lesquels l’ignorance n’est plus peuvent ils avoir été atteint de cancer (théorie de Hamer où le cancer est toujours causé par un choc émotionnel non résolu)?
    Je ne sais pas si je suis assez clair dans mes interrogations, mais je préfère passer pour un idiot et les poser, que rester un idiot sans les poser. Je sais que dans ses questions, il y a confusion de niveau de compréhension, transpersonnel/spirituel, d’où la confusion, dont je suis sûr, vos réponses vont réordonner tout cela.
    Merci d’avance et merci pour vos articles.

    RV

    • BK /

      RV bonjour,

      Comment faire advenir un processus spontanée et naturel?

      Évitons de sous-entendre ici l’alternative suivante :

      - ou « je » a le contrôle et fait advenir,

      - ou « je » n’a pas le contrôle et rien ne peut advenir. Na !

      Cette alternative est stérile.

      Mais il y a une troisième option :

      - ou « je » se rend, abandonne toute recherche de « comment », n’investit plus toute son énergie à résister contre sa dissolution, etc.

      Alors, grâce à cette troisième option, « cela » advient spontanément au moment opportun.

      L’atma-vichara redevient une « méthode » entre les mains autoritaires de l’égo

      Je veux bien admettre que l’ego n’éprouve aucune difficulté à appeler « Atma vichara » n’importe quelle recherche psycho-mentale, mais…

      Mais l’Atma vichara est en réalité une investigation sans objet, et ne débouche que sur le constat qu’il n’existe pas d’ego.

      Il est par conséquent impossible que l’ego s’en empare.

      Cela dit, il est indispensable d’appliquer la dynamique du « ni ceci, ni cela » à cette investigation sans objet… juste au cas où des objets apparaîtraient, du genre « je suis ceci », « je suis cela ».

      Si je ne suis ni ceci, ni cela, et que l’investigation demeure sans objet, la recherche se fatiguera aussi vite que possible, c’est à dire au bout du temps nécessaire et suffisant pour épuiser la collection de vasanas et de samskaras que l’individu remisait par devers lui.

      L’Amour ne se décrète pas, mais Il arrive sois par un coup de foudre (Yolande,…), sois progressivement (Nisagardatta).

      Cette progressivité que j’évoquais en parlant « d’épuiser la collection de vasanas et de samskaras » est valable pour tout le monde, Nisargadatta comme Yolande.

      Le « coup de foudre » n’est en effet pas suffisant pour épuiser les samskaras.

      Il correspond généralement à ce que j’appelle « l’éveil transpersonnel », ou « l’éveil soudain », c’est à dire une illumination entraînant une libération temporaire vis à vis des vasanas… mais rarement des samskaras.

      Pour bien comprendre ce que cela signifie, passons tout d’abord à la questions suivante.

      Pourriez vous , s’il vous plait, cher BK, une nouvelle fois (je suis de la poudre mouillée, il faut souvent que l’on me répète les choses), donner la définition des mots vasanas (tendances individuelles) et samskaras (tendances collectives) ?

      Les vasanas et les samskaras sont les attributs-racines illusoires du « je suis ».

      Dans mon vocabulaire, je leur attribue respectivement des niveaux personnel (conscient et inconscient personnel) et transpersonnel (inconscient collectif).

      Une telle définition n’est évidemment pas traditionnelle, mais pas fausse pour autant.

      En effet, selon l’orthodoxie védique, les vasanas sont les effets, dans cette vie, des samskaras qui, eux, sont des empreintes provenant d’anciennes vies.

      Je dis donc que les tendances personnelles de l’ego (vasanas) sont causées par certaines empreintes mémorielles transpersonnelles (samskaras).

      Les Védas enseignent que chaque karma contient des samskaras, des « impressions » très subtiles et généralement inconscientisées, qui sont autant de moules à des tendances personnelles, généralement plus ou moins conscientes ou inconscientes, tendances qui, elles-mêmes, au fil du temps et en réaction aux évènements, pétrissent des vrittis, c’est à dire des schémas de pensée.

      Enfin, ces vrittis conduisent à l’action, constituant par la même occasion à nouveau du karma.

      Dans le « coup de foudre » précédemment évoqué, autrement dit dans l’éveil transpersonnel, les vasanas ont été effacés… mais pas les samskaras.

      Le petit enfant est à peu près dans la même situation : avec ses samskaras qui l’attendent patiemment dans la virtualité, et des vasanas à peine formés.

      Cher petit innocent… mais pas pour très longtemps !

      L’éveil transpersonnel, le « Silence » de Yolande, témoigne d’une liquidation des vasanas.

      Tous les moines tch’an disciples de l’école de l’éveil soudain, ou tous les moines zen adeptes du Koan, qui ont vécu un éveil de ce type ont obtenu la Vision grâce à ce nettoyage des vasanas.

      Mais ni eux, ni les Navnath et Nisargadatta, n’en sont restés là !

      Ils ont poursuivi le Cheminement, sous la guidance de leurs Maîtres ou du Maître intérieur.

      Il y a donc toujours une « autre progression », une « pénétration verticale », après la liquidation des vasanas, que celle-ci se soit produite par « coup de foudre » ou progressivement.

      Après le « coup de foudre », c’est donc un autre processus progressif – celui de la destruction des samskaras – qui doit s’enclencher en conscience ; à défaut de quoi la parenthèse enchantée de silence finira un jour ou l’autre par se refermer, lorsque les samskaras auront suscité de nouveaux vasanas et de nouveaux vrittis.

      Leur rapport, s’il y en a un avec les kouei, d’un de vos articles précédents)?

      Le rapport des vasanas et des samskaras avec les Kouei ?

      Eh bien les Kouei étant des parasites psycho-énergétiques, ils joueraient donc le même rôle que des pucerons dans des mauvaises herbes.

      Dans le jardin fleurit la fleur d’éveil. Mais il y a aussi des mauvaises herbes (les vasanas et les samskaras) envahies de pucerons (les kouei).

      L’Atma vichara, en permettant de constater l’inexistence de karta, inactive tous les liens karmiques et arrache par la même occasion les mauvaises herbes et leurs pucerons, puisque vrittis, vasanas et samskaras trouvent tous leur source en karma… et que celui-ci ne peut exister sans karta.

      Les maladies du corps physiques ont elles leur origine dans ces kouei ? Et si c’est le cas, comment un Ramana, un Nisagardatta,… dans lesquels l’ignorance n’est plus peuvent ils avoir été atteint de cancer

      En disant que l’Atma vichara inactivait les liens karmiques, je ne voulais pas dire que tout karma était détruit.

      Rappelons que les Védas définissent trois karmas :

      - Le sanchita karma qui est le stock de dettes karmiques accumulées dans des incarnations passées.

      - Le prarabdha karma qui prend effet dans notre existence présente.

      - L’agami karma qui est le destin, plus ou moins joyeux selon nos mérites, que nous créons pour nos incarnations futures.

      Là-dedans, seuls le sanchita et l’âgami sont définitivement détruit par l’Eveil.

      Le prarabdha (qui est tout simplement le corps) poursuit sa route jusqu’à la mort.

      Pour reprendre la métaphore la plus rigolote dans ce domaine, disons

      - qu’en naissant on se jette par la fenêtre du 100ème étage,

      - que l’existence est la chute

      - et la mort le moment de l’écrabouillis sur le trottoir.

      Durant la chute on peut réaliser qu’on a fait une sacrée connerie en se jetant par la fenêtre… ou ne pas le réaliser.

      Mais dans les deux cas, on s’écrabouille de la même façon.

      On s’écrabouille parce qu’on s’est jeté par la fenêtre !

      Et non pas parce qu’on aurait omis de prendre conscience que c’était une connerie !

      On s’écrabouille à cause du prarabdha !

      Et le prarabdha se fout complètement des théories, y compris de celle de Hamer !

      Bernard

      • Véronique /

        Bonjour,

        On peut donc, au cours d’une même incarnation, être un tueur en série, s’éveiller et éviter les souffrances induites par des renaissances futures ou bien être une personne exemplaire en général, mais non-éveillée et continuer de souffrir et tourner avec la roue du samsara.

        Véronique

      • BK /

        Véronique bonsoir,

        L’éveil ne se mérite pas !

        L’éveil ne s’obtient pas grâce au mérite !

        Ça c’est un point primordial.

        Et, en passant, c’est aussi une des grosses différences entre la religiosité et la spiritualité.

        Qui, d’ailleurs, même le « meilleur » d’entre nous, pourrait prétendre mériter l’éveil ?

        Il n’y a que l’ego pour croire ça possible.

        Eh, bien sûr puisqu’il veut s’éveiller… et qu’il a trouvé, dans le mérite, une bonne combine pour rafler le jackpot de l’éveil !

        Le « mérite » est une valeur commerciale.

        L’éveil est gratuit.

        Il est déjà là, à « attendre » tout simplement que l’ego, et ses fantasmes de mérite, s’effacent.

        Cela dit, pour reprendre votre exemple de « tueur en série qui s’éveille », voilà un exemple qui est probablement plus valable en théorie qu’en pratique.

        Parce que, dans la vraie vie, un tueur en série a généralement un ego très, très résistant à l’éveil.

        En revanche, la personne exemplaire peut effectivement continuer de souffrir, même dans la vraie vie. Tout simplement parce que la personne est souffrance.

        Comme disait si bien Ranjit Maharaj (voir l’article de demain) :

        le vertueux et le débauché ont exactement le même problème : ils ne sont pas éveillés.

        Bernard

  3. Véronique /

    L’éveil de se mérite pas, certes, c’est seulement difficile à comprendre car nous attachons toujours une étiquette de bien de et mal à nos actions. Alors, on dit parfois un peu à la blague : attention à vos mauvaises actions, ce n’est pas bon pour votre karma. Dans l’absolu, quelles soient bonnes mauvaises ou neutres, toutes les actions d’un être non-libéré vont toujours «produire» des dettes karmiques auxquelles la personne attachera elle-même une étiquette «agréable» ou «désagréable», alors que nous avons souvent l’impression que seules les actions mauvaises en produisent. Pour cette raison, je me demande souvent pourquoi les gens qui se disent éveillés racontent qu’elles n’ont pas envie ou ne sont plus capables de commettre des actes nuisibles. Or, il a déjà été dit mille fois que les actions ne sont pas bonnes ou mauvaises. Elles sont, c’est tout.
    Véronique

    • BK /

      Voilà, vous avez parfaitement résumé la question !

      Le bien et le mal sont des fantasmes de l’ego.

      Un bien peut amener un mal, et inversement.

      Et bien et mal ne sont de toute manière que des jugements en fonction de ce qui plait ou déplaît à l’ego.

      Quant à la question des éveillés qui « ne commettent pas d’actes nuisibles », c’est plus complexe.

      Tout d’abord il y a ce qui est « nuisible » en terme d’éveil des consciences.

      Un éveillé « travaille » toujours dans le sens de l’éveil. Il ne peut structurellement pas commettre d’actions qui empêcheraient l’éveil chez les êtres, ou qui les aideraient à s’illusionner un peu plus encore.

      Donc, sa nature d’éveillé lui interdit tous ces « actes nuisibles » là, ou tous les actes pouvant avoir ces conséquences nuisibles là.

      Mis à part ça, sa nature d’individu, son conditionnement (qui est toujours présent, même s’il en est parfaitement détaché), peut le porter à des « choix conditionnés », comme par exemple le végétarisme ou le pacifisme, qu’il laisse simplement s’exprimer… sans pour autant y voir un lien particulier avec l’éveil.

      Il est possible aussi que l’éveil révèle l’existence d’un végétarisme ou d’un pacifisme (pour reprendre ces exemples) qui étaient jusqu’alors refoulés par l’ego.

      Enfin, il y a, avant l’éveil, toutes sortes de comportements agressifs ou conventionnellement « nuisibles » que l’ego adopte spécifiquement par peur de l’éveil, pour lutter contre l’éveil.

      Il va de soi, qu’une fois l’éveil réalisé, de tels comportements prennent fin ; ce qui, par contraste avec l’ancien comportement, apparaît comme un rejet des « actes nuisibles ».

      Mais ce n’est pas un rejet. Ce n’est qu’une disparition.

      Bernard

      • Véronique /

        Wow, la qualité de vos réponses. Ça fait peur ;-)
        Véronique

  4. bern /

    les mots , sons ,phases, idées , concepts pourfendant d’un trait de clarté tout le maëlstrom , le trou noir du nuage illusion.

    merci , ça éclaircit

    may.

  5. Bonjour Bernard. Je ne sais pas si Nisargadatta était le plus direct voir le plus violent. Nityananda, était aussi pas mal, dans son style. Quand un disciple disait une …, tu m’as compris, il recevait un fruit sur la tronche. Muktananda, même s’il a tourné petit garçon, paraît-il, donnait des coups de bâtons à ceux qui n’allaient pas méditer le matin. Ils devaient être tous trois, sorti d’un roman de Vian, vous savez, celui qui chantait « Faut qu’ça saigne ! ». En tout cas, les agressés de Baba, disaient avoir reçu des coups de grâce (Non, sans jeu de mot). Mais je comprends tout à fait, nous avons, quand même, la tête sacrement dure et nous nous apercevons même pas des coups immenses que nous nous infligeons. C’est cela l’éveil pour les endormis.
    Je te salut bien fort du fond du coeur.
    Didier
    Didier Thiellet Son dernier article…Petit jeu éclairant (1)My Profile

    • BK /

      Bonjour Didier,

      Mon Dieu, pourquoi tant de violences ?

      Dans le T’chan aussi, il y avait beaucoup de coups de bâton. Mais là, on a même vu, à certaines époques, les disciples tabasser le Maître, juste histoire de bien comprendre qu’il n’y a ni Dieu ni Maître et que « si tu rencontres Bouddha, tue-le ».

      Et dire qu’il y en a qui trouvent la spi ennuyeuse !

      En vérité, je vous le dis : on rigole vachement !

      Bernard

  6. « Ni Dieu Ni Maître » opposé à Avatar – j’adore ces paradoxes, qui tordent notre mental et nous aide à regarder plus précisément. La vie est magique, jusqu’à ces coups de vaches. J’en meugle de joie.
    Didier Thiellet Son dernier article…Petit jeu éclairant (1)My Profile

  7. Myrianne /

    Bonjour Bernard,
    je continue à lire peu à peu tes articles, qui m’apprennent et m’apportent beaucoup, et j’y ai vu paraître à plusieurs reprises une mystérieuse « Yolande »,mais qui donc est cette Yolande?
    Au plaisir
    Myrianne

  8. eric /

    Bonjour,

    Moi celui qui me parait le plus intransigeant,droit et imperturbable c’est J.Krisnamurti.Il n’était pas agressif ou sévère,je pense que l’agessivité et les emportements appartiennent à l’individu du monde,un être pleinement éveillé n’est jamais agressif,c’est une disposition et une attitude qui n’a pas lieue d’être pour lui.Je ne vois pas comment on peut être à un niveau de conscience élevé et avoir les réflêxes de l’individu du monde.
    Je me demande ce qu’aurais pu être une conversation entre J.Krishnamurti et Nisargadatta,l’un étant l’instructeur que l’on connait,considéré comme le véhicule du maytreya et l’autre se présentant comme ayant atteint un niveau de conscience et d’éveil ultime et suprême?
    Par contre je suis moi aussi sceptique et dubitatif concernant les maladies dont sont morts ces deux êtres(Krishnamurti est mort également d’un cancer).Comment à ce niveau de conscience et d’éveil(K avait des dons de guérisons,de lévitation,de transformation entre autre)peut on être mis en échec par une simple maladie touchant le corps,la partie la plus grossière de l’être? Il y a là une énigme à mon avis,quelque chose de ne pas très logique.

    • BK /

      Eric bonjour et bienvenue,

      La réalité est-elle logique ?

      Nous avons deux grandes facultés pour appréhender la réalité : une faculté logique-analytique, et une faculté intuitive-globale.

      Vouloir que la réalité soit toujours conforme aux repères de la première de ces facultés (la logique) n’est pas logique (si je puis dire) puisque l’autre faculté fait aussi partie de la réalité et qu’elle a donc tout autant voix au chapitre.

      Votre logique a dressé un portrait-robot de l’être ayant atteint un niveau de conscience et d’éveil ultime.

      Ce portrait-robot répond à des critères comme la non agressivité ou la santé physique qui semblent, effectivement, devoir logiquement correspondre à ces niveaux de conscience.

      Pourtant, Nisargadatta ne fut pas le seul à s’autoriser des coups de gueule. Sans aller chercher bien loin, on se souvient d’un certain Jésus qui bottait vertement les fesses des marchands du temple et qui traitait nombre de ses contemporains de « races de vipères » et autres noms d’oiseaux.

      Un être éveillé s’exprime à travers son corps. Si celui-ci est doté de surrénales grosses comme des pastèques, notre ami sera probablement assez actif. Si c’est le contraire il sera plus contemplatif. Pourquoi et au nom de quelle norme absolue la pleine conscience irait-elle modifier la grosseur de ces surrénales ?

      L’activité, l’agressivité ou le cancer sont affaires d’organismes psychophysiques. Et ces organismes sont ce que la réalité les a fait. Si leur modification s’impose, la réalité les modifiera. Sinon pourquoi le ferait-elle ? Pour satisfaire la faculté logique ? Pour coïncider avec une morale ? Pour valider le bien fondé de catégories arbitraires, comme celle des « maladies » ou des « défauts » ?

      La réalité n’a aucun intérêt à se laisser enfermer dans ces concepts.

      Bernard

  9. eric /

    Bonjour Bernard,

    Merci pour votre réponse.

    Je comprend ce que vous voulez dire.
    Je ne parle pas tant de logique que de conséquences simples,de causes à effets.On sait que le cancer ou d’ailleurs tout autres maladies découlent,sont le résultats d’une perturbation,d’un déséquilibre psychologique,d’un trouble intérieur,sont ce que l’on appele des maladies psychosomatiques,ce qui suppose que si l’on parvient à trouver un équilibre,une plénitude,une stabilité psychique,et d’autant plus un éveil,une réalisation intérieure,ça aura un effet de régulation et de réparation du désordre,du disfonctionnement de l’organisme,la survenue d’une espèce d’harmonie entre le corps et l’esprit.C’est ce qui se passe lorsque l’on est stressé à l’approche d’une épreuve,d’un examen,d’un entretien ou de toute autre situation déstabilisante,et où se produit une réaction du système digestif,de l’estomac en particulier,qui se noue étant très inervé,et qui nous fait perdre nos moyens avec toutes les conséquences gênantes que l’on connait,et qui se redétend et revient au calme dès que la tension disparait,j’en fais souvent l’expérience,c’est réglé comme une horloge.On peut donc supposer que pour quelqu’un qui a atteint un niveau de conscience très élevé,qui est sorti du conflit moi-non moi,qui en a finit avec les contradictions de l’égo,de la perte d’énergie due aux bavardages de l’intellect et du cerveau,qui a réconcilié le corps et l’esprit,l’apparition d’une santé sans faille et d’un organisme fonctionnant de façon optimale est inévitable.Car l’on sait qu’il ya un effet de réparation sur les organes,l’organisme lorsque le mental va mieux,est apaisé.Ca me fais penser à l’exemple d’une couche de peinture que l’on appliquerait sur un mur délabré sans l’avoir nettoyé,décapé auparavant et où l’on reverrait apparaitre les cloques et la peinture ancienne au bout d’un certain temps.Si le mur est décapé et préparé correctement la peinture se maintiendra et protégera son support convenablement.Krishnamurti a expliqué de nombreuses fois que le corps avait sa propre intelligence et que si il n’était pas perturber par le mental une énergie non entravée pouvait alors le maintenir en bonne santé et empêcherait les maladies ou tout autres disfonctionnement de se produire,il serait protégé en quelques sortes.
    Je ne sais pas où est le vrai du faux,le pertinent du non pertinent mais je reste surpris que des êtres qui ont atteint un tel niveau de conscience soit victimes comme monsieur tout le monde d’une simple maladie organique,ils sont censés être au dessus de ces petites contraintes physiques.Cela me fais penser à l’éléphant qui fuit devant la petite souris.

    • BK /

      Eric bonjour,

      Oui, bien sûr ces questions se posent à beaucoup de chercheurs, mais il y a, dans cette histoire, plus à considérer que le seul aspect psychosomatique.

      Un médecin de mes amis, le Dr Jacques Kalmar, estimait que la santé (ou la maladie) étaient « onto-psycho-somatiques ».

      Par là, il entendait qu’il y avait un « troisième élément », une trinité… que l’on a aussi l’habitude d’appeler « corps-âme-Esprit ».

      Paracelse, de son côté, distinguait les causes «ens naturale», «ens astrale», «ens spirituale» et « ens deale ». Cette dernière étant l’expression de la volonté divine.

      Je parle de tout ça en détail dans cet article :

      http://vous-y-etes.com/2012/10/la-gurison-spirituelle-4/

      Bernard

      • eric /

        Bonjour Bernard,

        Je viens de lire votre article sur la maldie et ses causes comme vous me l’avez suggéré et je dois dire que je me sens conforté dans mon questionnement et mes doutes concernant la problématique des maitres qui en ont étés victimes.

        Avec un esprit et une conscience tels que les leurs il est difficile de comprendre que la maladie ai pu avoir une quelconque emprise sur eux.Comment le moineau peut il inquiéter l’aigle?

        Il est noté l’intervention et la possible cause du karma,une espèce de retour de baton,de résidus d’actes ou de faits venants de vies passées se manifestants sous forme de maladies ou de dérèglements divers et variés,mais cette réponse n’est valable que pour celui pour qui la réalité du karma est quelque chose d’acquis,or pour beaucoup ce n’est qu’une théorie,de probables inteprétations élaborations humaines.

        On peut remarquer également que la maladie touche les animaux et toute forme de vie se mouvant sur cette terre,sans que ceux ci soient aux prises avec un quelconque problème d’égo.

        On peut constater également que certaines personnes qui se négligent,qui s’adonnent à toutes sortes d’excés,qui auront fais des tas d’abus ont une santé plus vigoureuse et seront beaucoup moins malades que certaines autres qui font attention à elles,j’en connait pour ma part:le type en tee-shirt en hiver qui n’aura jamais un rhume,une grippe alors que l’autre bien couvert et prenant soin de lui sera souvent mal en point.

        Je pense que l’on n’est pas égaux devant la maladie,la résistance,la constitution physique,biologique.Il ya beaucoup d’inégalités et d’injustice,mais j’enfonce une porte ouverte en disant ça.Bien à vous.

      • BK /

        Éric bonsoir,

        Concernant le karma, il faut distinguer entre l’interprétation « populaire » qui donne lieu à des réflexions du genre « j’ai un sale karma », d’une part, et la pure et simple loi de causalité d’autre part.

        Karma veut dire action.

        Une action a une cause et un effet, cet effet étant à son tour la cause d’un nouvel effet, etc.

        Dans cette acception, le mot karma n’a rien à voir avec une superstition.

        L’éveillé ne s’appropriant plus l’action, l’agami karma et le sanchita karma n’ont plus de prise sur lui.

        Mais s’il ne s’approprie plus l’action, c’est parce qu’il ne croit plus être le corps.

        Le corps est donc « abandonné » à son « sort », à son karma, le prarabdha.

        Et le prarabdha étant le karma d’un corps auquel on ne s’identifie plus, il n’a par conséquent pas de prise non plus sur l’éveillé.

        Car l’éveillé n’est pas son corps.

        Et c’est même là toute la différence entre un éveillé et un animal, fut-il un animal humain.

        Un animal est identifié à son corps. C’est un individu. Le sens de l’individualité existe chez lui. Il y a donc ego.

        L’animal humain a simplement mentalisé cet ego. Ce qui nous donne un mental égocentré.

        Le mental est, bien sûr, une spécificité humaine, mais l’ego qui le parasite est d’origine animale.

        C’est cet ego animal dont l’éveillé s’est débarrassé en se désidentifiant de son corps animal.

        L’éveillé, ayant « vaincu » l’animal, il n’a alors plus besoin de son corps. Il l’abandonne.

        Mais ce corps, comme toute chose, est régi par la loi de cause à effet.

        Ce corps poursuit donc sa route selon son karma.

        Et il disparaît selon son karma.

        Qu’importe le karma d’un corps animal à la Conscience qui s’est libérée de l’animal ?

        Bernard

  10. eric /

    Bonjour Bernard,

    Tout ceci est très intéressant.

    Je vous rejoins concernant l’évidence que chaque cause entraine un effet et vice-versa,c’est une loi incontournable,implacable,par contre je reste dubitatif lorsqu’elle s’applique à des évènements passés,à des supposées vies antétieures car là on est dans la croyance,dans la conviction personnelle,mais chacun bien sûr à le droit d’avoir son avis sur la question.

    L’eau de la mer s’évapore,se transforme en nuage qui va arroser la terre,la végétation qui va donner de nouvelles pousses qui vont transpirer et entretenir le cycle etc… C’est naturel,mesurable et on en voit les effets partout autour de nous,mais appliquer ce mécanisme,cette loi,ce processus au champ de l’esprit et de la conscience en faisant intervenir le passé,je pense qu’on extrapole.

    Le type qui né difforme,nain,ou avec une maladie dégénérescente,demeuré,simple d’esprit,qui est assassiné pendant sa jeunesse,qui est violé par un pédophile,la joggeuse qui tombe sur un pervers et est découpée et brûlée,l’enfant qui meurt avant d’avoir atteint ses 2 ans,l’individu qui n’a jalmais de chance,à aucun moment,en opposition à celui qui imperturbablement sera toujours heureux,à qui tout sourira,payent les conséquences de leurs vies passées? Mais comment attribuer la diversité des effets,la variété des conséquences à des causes ou des actes identifiables? Tout ça ressemble plutôt à une partie de poker,à un jeu de dé,à la loi du hasard.

    Concernant les animaux effectivement ils agissent en individus mais ils ne sont pas pris dans les filets de l’égo,du moi,on ne sait même pas si ils ont conscience de mourir un jour,ils ne fonctionnent que dans le but d’assurer leur survie,leur perpétuation,ils ne sont pas habités par les travers et les illusions de la pensée et de l’esprit comme nous,et d’ailleurs de ce point de vue là ils sont peut être plus sain(ts)s et purs que nous.Bien à vous.

    • BK /

      Eric bonjour,

      Les questions que vous soulevez sont complexes.

      Tout d’abord, la loi de cause à effet ne se borne évidemment pas au seul domaine matériel, concret et « objectivement » mesurable.

      Il est vrai que notre esprit rationnel et pragmatique ne peut guère trouver sa pitance que dans le mesurable, mais la logique nous permet toutefois de comprendre que la causalité s’applique aussi dans le non mesurable… même si, effectivement, les vérifications demeurent là totalement impossibles.

      Le hasard est, en tout cas, une hypothèse à exclure dans tous les domaines. Tout, absolument tout, est l’effet d’une (ou plus généralement de plusieurs) cause(s).

      Quant au karma, aux réincarnations, aux vasanas, aux samskaras et à tout ce bazar, je ne puis que répéter ce que je dis depuis longtemps à ce sujet : ce sont des doctrines et non des descriptions de la réalité.

      Autrement dit, ce sont des moyens d’organiser la pensée dans les domaines où l’investigation objective ne permet pas de ramener des informations viables. Et ce sont surtout des moyens d’assouplir le mental en vue d’une prochaine et éventuelle « purification ».

      Alors, même si le karma n’est pas mesurable et qu’on ne peut pas assurer avec certitude qu’un cancer présent provienne d’une incarnation passée, il n’en demeure pas moins que le cancer présent provient du passé.

      Ce passé, lui-même, peut tout à fait s’inscrire dans le seul cadre biographique ; mais rien ne nous interdit de penser qu’il puisse également s’originer dans l’extra-biographique, c’est à dire dans le transpersonnel ou le collectif.

      Entre le génétique, le culturel transgénérationnel ou ethnique, l’inconscient collectif, etc., il y a là un immense réservoir de causes passées au cancer présent.

      A partir de ce constat tout de même assez objectif et parfaitement logique, chacun pourra faire appel aux doctrines de son choix, karma, réincarnations ou autres, pour « donner un os à ronger » à son mental… en attendant de pouvoir se passer de tels « os » et accueillir ce qui est en toute simplicité.

      Au bout de ce Chemin, l’éveil apporte en tout cas un tel démenti aux croyances du mental, que les doctrines du karma ou des réincarnations sont balayées ni plus ni moins au même titre que toutes les autres visions qu’on avait du monde, y compris les visions les plus « rationnelles ».

      Quant aux animaux, je voulais juste suggérer de chercher en eux nos ancêtres. En effet, notre mental égocentré provient bien du passé. Il n’est pas soudainement apparu ex nihilo. Il faut bien qu’il trouve son origine chez les animaux. Pas en tant que faculté mentale, bien sûr, mais en tant qu’ego. L’animal ne produit guère de réflexion et de savoir, c’est vrai, mais ses réflexes et ses instincts le poussent néanmoins à marquer et défendre son territoire et ce qui lui appartient, à se battre pour essayer de dominer ou à se soumettre, à lutter ou à fuir, etc., toutes choses qui règlent aussi bien les activités quotidiennes de notre mental égocentré.

      C’est pourquoi je ne considère pas que l’ego soit le propre de l’Homme.

      Le mental, oui ; mais l’ego, non !

      Et le seul problème du mental, c’est son égocentrisme, c’est à dire son animalité.

      Bernard

  11. eric /

    Bonjour Bernard,

    Il y a un problème que j’aimerais vous soumettre ou du moins sur lequel j’aimerais avoir votre avis,qui concerne certaines déclarations et positions de grands maitres dont Nisagardhatta ou Krishnamurti qui ont trait à la vie après la mort.
    Nisagardatha dans un de ses entretiens dit qu’après la mort le moi,l’égo,cesse(puisqu’il n’est qu’une illusion)et qu’un niveau plus subtil de la conscience apparait.Krishnamurti dit à peu près la même chose précisant que le moi est une élaboration de la pensée,du mental et que dès lors que le corps matière arrive à sa fin le processus de pensée donc l’égo prens fin également,il n’a plus de support pour perdurer.Tout ceci se tient effectivement,mais que penser des voix désincarnées,des réponses de défunts,d’entités de l’au delà qui s’expriment à travers des pve et rentrent en contact avec des médiums ou autres.Des émissions existent là dessus (ghost adventures,traqueurs de fantômes etc…)ou les spécialaistes du paranormal obtiennent des détails et parfois plus sur des personnes décédées.C’est bien que le moi (leur moi) perdurent quelque part.Alors comment concilier ça avec les dires des instructeurs?

    Donc que sont,ou qui sont ces personnages,ces fantômes désincarnés qui répondent?
    Idem pour les expériences de mort imminentes,les nde,où les personnes font l’expérience de l’au delà mais le font avec leur peronnalité habituelle,terrestre.Mystérieux tout ça.

    Que savez vous là dessus?
    Merci pour votre réponse.Bien à vous.

    • BK /

      Eric bonsoir,

      Au lendemain de ma première « expérience » d’éveil soudain, je me suis réveillé (le matin) très étonné d’être apparemment revenu dans le même organisme psychophysique que la veille.

      Pourquoi étais-je étonné ?

      Parce que dans cet éveil transpersonnel j’étais la Totalité, c’est à dire la conscience globale « contenant » toutes les consciences de tous les êtres de tous les temps. Logiquement, j’aurais donc aussi bien pu « revenir » dans le corps d’un extraterrestre ayant vécu il y a un million d’années que dans celui de mon voisin de palier. Alors, pourquoi être revenu dans le même que la veille ?

      De ce point de vue, c’était « étonnant »!

      Toutefois, attention : dans l’Océan de conscience il n’y a pas de différenciation entre les « différentes » consciences des êtres. La différenciation appartient au monde du mental égocentré. Toutes ces consciences étaient simplement, ensemble sans particularité, mon Soi transpersonnel.

      On pourrait dire, si l’on veut, qu’à l’état indifférencié la conscience des êtres demeure virtuellement différenciée. Mais seulement virtuellement.

      Donc, au-delà de la conscience limitée par notre personnalité, un « réservoir » transpersonnel sans dimension contient tous les schémas conscientiels possibles, à l’état virtuel.

      Et l’on retrouve, dans ce réservoir là, aussi bien l’extraterrestre de service, qu’un trisaïeul oublié, un héros de BD ou une divinité de la mythologie…

      Fort heureusement pour tous les individus qui auraient du mal à supporter un tel foutoir, il y a un ego qui les enferme dans une personnalité à peu près définie, politiquement correcte et propre sur soi.

      Pourtant, certains ego ne sont pas aussi nets. Et tous ne sont pas en liberté.

      Toujours est-il que lorsqu’une faille affecte cet ego, c’est comme une brèche par laquelle un flux de connaissance transpersonnelle submerge le mental qui, puisqu’il reste tout de même globalement égocentré, interprète ce flux à sa convenance.

      Les uns se l’expliqueront par la visite d’âmes désincarnées ; les autres par des revécus d’incarnations précédentes ; possession par un esprit, etc.

      Tout ça n’est qu’interprétation mentale d’une lecture très partielle de la conscience de la Totalité.

      Mais, par la même occasion, cette interprétation extrait hors de sa virtualité (ou de son indifférenciation) une information. Elle lui redonne, en quelque sorte, existence.

      Mais cette existence est purement imaginaire.

      Le Bouddha proposait de soumettre les fantômes à un test : vous prenez une poignée de riz et vous demandez au fantôme combien votre main contient de grains. Généralement effrayé par l’aspect rationnel de la question, le fantôme ne peut se maintenir et disparaît.

      Quant aux NDE, elles sont victimes d’une petite confusion entre l’ancienne définition de la mort clinique et la mort véritable.

      Revenir de la mort… signifie seulement qu’on n’était pas mort. Donc, malgré un mauvais état corporel, la personnalité peut encore se raconter ce qui lui fait plaisir.

      Tout ceci étant dit, n’oublions surtout pas qu’il n’est pas obligatoire d’attendre la mort pour que l’ego s’efface.

      Bernard

  12. eric /

    Merci Bernard pour vos réponses.
    Très intéressant,complexe parfois,pour moi en tout cas.

    Pour la question des NDE je suis tout à fait de votre avis,les gens qui en font l’expérience ne sont pas véritablement mort,la mort véritable est celle dont on ne revient pas.Un scientifique faisait une comparaison très juste à ce sujet,il disait: » la mort clinique n’est pas « la » mort,elle est comme quelqu’un qui doit prendre un avion,qui arpente le couloir de l’aéroport,qui gravit l’echelle de l’appareil,qui se retrouve devant la porte mais qui ne la franchit pas,qui reste sur le seuil,la passerelle.Il n’est pas parti ».

    Néanmoins ce qui est troublant c’est que tous les gens qui ont fait cette expérience décrivent à peu près les mêmes choses,le même décor,le même environnement.

    Pour ce qui est des « fantômes » c’est à dire ce que l’on considère être des personnes défuntes je peux vous donner quelques exemples de contacts et d’interactions assez troublantes qu’ont les chercheurs en paranormal sur les sites hantés qu’ils étudient dans leur différentes émissions.Je précise que ces spécialistes cherchent avant tout à trouver une explication rationnelle et logique aux phénomènes,ils n’essaient pas d’emblé de traduire ça en termes de surnaturel ou paranormal,et d’ailleurs 90% des problèmes rencontrés se trouvent au final avoir une explication rationnelle.

    Une méthode qu’ils utilisent souvent est un petit appareil de leur confection qui réagit,qui s’illumine si une présence ou un esprit est là et l’actionne.Les entités ont besoin d’énergie pour se manifester ou intéragir avec quelqu’un,cet appareil leur permet de communiquer.Il y a également beaucoup plus simple,une petite lampe de poche tube,légèrement dévissée,juste de quoi par un infime contact allumer l’ampoule,qui est posée par terre ou sur un meuble,une table,et où il est proposé à l’éventuelle entité présente de communiquer en l’actionnant.

    Et une fois les enquêteurs se sont retrouvés en présence d’un enfant qui allumait quasiment à la demande la lampe,répondant à des questions précises en allumant une fois pour « oui »,deux fois pour « non ».Etonnant.

    Une autre fois toujours avec la lampe,une défunte a apporté tout un tas de détails sur elle,l’endroit où elle se trouvait etc…suite à des questions qui lui étaient posées,du genre: »Etes vous une femme? « Etes vous… une telle »(la personne décédée censé hanter les lieux), »Y a t’il d’autres personnes dans cette pièce avec vous? » « Souhaitez vous que nous restions? »,etc…Et la lampe de poche répondait précisément et simultanément aux questions.Je crois que toute supercherie ou trucage était exclus,ça avait l’air totalement authentique.

    Tout ça reste bien mystérieux,énigmatique,troublant tout de même.

    Que sont selon vous ces entités? Sont elles réelles,une illusion,sont elles des défunts avec leur personnalité d’avant,ou des entités d’univers parallèles semblables au notre,nos doubles,qui communiqueraient(c’est également une théorie)?

    J’avoue que ce qui se passe derrière le miroir,de l’autre côté du rideau est assez intriguant.
    Merci de m’avoir lu.Bonne journée.

    • BK /

      Eric bonjour,

      Il n’est pas tout à fait exact de dire que tous ceux qui ont fait une NDE décrivent la même chose.

      Tout d’abord, beaucoup reviennent sans aucun souvenir ou « le souvenir de rien ».

      D’autres font une expérience très désagréable, pour ne pas dire « infernale ».

      D’autres, enfin, témoignent effectivement de « décors », comme vous le dites, « à peu près semblables »… dans la mesure où ils appartiennent aux mêmes genres d’archétypes.

      Car ce sont tout simplement des archétypes, des points communs aux constructions mentales de toute l’humanité (ou de toute une ethnie).

      Finalement, ce qui serait étrange c’est qu’un épisode de dissolution, même partielle, de l’ego personnel, et surtout l’entrée dans l’espace transpersonnel, ne présentent aucun point commun d’un individu à l’autre.

      Tout ce qui est transpersonnel est commun à tous. Par définition. C’est « Un ». Et ce « Un » transpersonnel, interprété à un niveau personnel, se manifeste de manière archétypale.

      .
      Concernant les manifestations énergétiques, il n’y a rien, là non plus, que de très naturel.

      Qu’est-ce que l’énergie ?

      Métaphysiquement parlant, c’est le produit de la fission de l’Un en deux.

      Dans la Totalité où tout est indifférencié, tout n’est qu’Un.

      La manifestation d’un phénomène différencié arrache donc ce phénomène à son berceau dans l’Unité indifférenciée où il faisait Un avec les autres phénomènes virtuels.

      Ce qui génère une énergie « phénoménale ».

      D’un autre coté, c’est grâce à cette énergie que le phénomène différencié peut être arraché à l’Unité indifférenciée.

      C’est là le paradoxe de l’énergie.

      Il en va d’ailleurs de même dans la physique où le vide est plein de particules et d’antiparticules virtuelles, à durée de vie très courte mais néanmoins existantes.

      A partir du néant, de la masse apparaît et disparaît constamment. Cette masse emprunte en fait une énergie qu’elle restituera en disparaissant par l’annihilation réciproque de la matière et de l’antimatière. Ce qui libère l’énergie dont elle s’était endettée pour apparaître.

      Voilà de quoi est fait notre univers impermanent : d’emprunts et de remboursements d’énergie dont le bilan reste éternellement égal à zéro.

      C’est pourquoi, du point de vue spiritualiste, rien n’est vrai.

      Du point de vue de l’illusion, en revanche, le fantôme est un phénomène comme un autre ; et il suscite une manifestation énergétique spécifique, comme n’importe quel autre phénomène arraché au Tout.

      Mais le point de vue spiritualiste nous invite simplement à voir que ce n’est pas vrai.

      Le fantôme ne nous est servi en spectacle que pour nous faire croire en notre individualité séparée.

      Dès lors, si nous cherchons des preuves énergétiques ou matérielles nous allons en trouver. La manifestation, la Maya, manifeste tout ce dont nous avons besoin pour croire en elle… et pour croire en nous.

      Mais nous ne sommes nous que grâce au « nous sans le nous » !

      Notre être est nous sans le nous.

      Le nous avec le nous n’est pas. Il ne fait qu’exister. Or, l’existence est impermanente. Illusoire.

      Quelle réalité a un fantôme ? Quelle réalité a l’une des 50 personnalités de quelqu’un qui souffre du syndrome des personnalités multiples ? Et quelle réalité a ce quelqu’un ?

      Toutes ces prétendues identités sont totalement illusoires.

      Et tout cela dépense une énergie folle… qu’il faut rembourser.

      Et c’est cela, la mort. Un simple remboursement parmi tant d’autres.

      A chaque instant.

      Bernard

  13. eric /

    Merci pour vos réponses Bernard,

    Néanmoins concernant les phénomènes paranormaux ou d’entitées désincarnées,de fantômes,de soit disant défunts qui se manifesteraient si ce sont des illusions au sens spirituel du terme ou de la réalité « une »,c’est assez bluffant au niveau matériel et physique.

    Les spécialistes qui opèrent dans ces émissions expliquent qu’il y a plusieurs types de manifestation,qu’elles ne sont pas forçément des fantômes:

    Il y a ce qu’ils appelent une ou des énergies résiduelles,c’est à dire un restant,une marque,une mémoire d’un évènement ou d’un acte vécu par quelqu’un qui se répète de façon presque mécanique,un peu comme un tourne disque rayé,souvent au même moment et au même endroit( bruits de pas,voix,porte ou meuble qui claque etc…)cette manisfestation n’a ni intelligence ni conscience,elle n’intéragit pas,ne communique pas et est totalement innofensive.

    Après il y a les manifestations intelligentes qui peuvent communiquer,qui réagissent à l’environnement et sont souvent des défunts,soit coincés en un lieu, soit attachés à ce même lieu ( maison,pièce,endroit de leur vie où elles se sentaient bien…).Ces entitées peuvent donner des informations sur leur existence passées et ont les mêmes caractéristiques comportementales et psychologiques (caractère,personnalité) que de leur vivant,d’où ma question initiale sur la perpétuation du moi après la mort qui est nié par la plupart des instructeurs.

    Il y a ensuite des entités non humaines,souvent intelligentes mais qui peuvent être malsaines ou « mauvaises »,les poltergeists,les esprits frappeurs etc…

    Et il y a enfin des énergies simples,physiques,lumineuses,spectrales,luminescentes,sous forme de voile,de fumée,souvent furtives et dont l’apparation est aléatoire.Elles ne sont pas pourvu d’intelligence,ce sont simplement des manifestations physiques ou énergétiques inexpliqués.

    Voilà à peu près le tableau des phénomènes que rencontrent ces « chasseurs » de fantômes.

    Même si tout cela n’est qu’illusion c’est tout de même troublant lorsque par exemple un de ces chasseurs est touché réellement,que quelque chose lui pose la main dessus ou lui tire les cheveux alors qu’il est seul dans une pièce et où de surcroit son détecteur de champs magnétique signale une montée subite de niveau.
    Idem lorsque un meuble ou un bruit peut être obtenu sur simple demande,comme si l’entité répondait en conscience.

    Je ne sais où est la réalité dans tout ceci mais j’ai l’impression que beaucoup de choses nous échappent ici bas.

    Merci de m’avoir lu.Bonne journée.

    • BK /

      Si personne n’est là pour l’entendre, un arbre qui tombe, dans une forêt, ne fait pas de bruit.

      Cette métaphore pour dire que, d’une manière générale, il faut un observateur pour qu’il y ait un phénomène.

      Et si le nom d’une chose n’est pas la chose, la perception d’une chose n’est pas non plus la chose.

      Il existe actuellement un nombre incalculable de bandes magnétiques, de films, de photos, de mémoires d’ordinateurs et autres enregistrements où sont stockés l’image et la voix d’un nombre incalculable de personnes décédées.

      Il faut néanmoins quelqu’un pour pousser un bouton quelque part pour faire démarrer la lecture de ces enregistrements, et il faut aussi, bien sûr, un observateur.

      Sinon nos morts demeurent dans leur virtualité numérique.

      Pourquoi n’en irait-il pas exactement de même du coté « invisible » ?

      Pourquoi n’y aurait-il pas des enregistrements psycho-énergétiques sans supports matériels mais nécessitant, malgré tout, la présence d’un observateur physique pour les faire passer de l’état virtuel à l’état de « spectacle » ?

      Que beaucoup de choses nous échappent, c’est certain. Mais plutôt que de se laisser piéger par le mental égocentré qui veut à tout prix se rassurer quant à sa continuité au-delà du décès, et ainsi sauter sur la conclusion d’une vie après la mort pour expliquer ces phénomènes paranormaux, ne vaut-il pas mieux adopter le recul ontologique d’une vision spiritualiste pour regarder la manifestation, dans son ensemble, comme un spectacle orchestré par l’observateur.

      Et une fois que la spiritualité aura fait son office, et que l’observateur aura disparu, alors on verra bien à quel point ce que l’on appelait la vie, que ce soit ici-bas ou dans l’au-delà, n’était que la mort… et non la vraie Vie.

      Bernard

  14. eric /

    Re-bonjour,

    Exact concernant les enregistrements qui sont en « sommeil » et qui ont besoin d’un auditeur,d’un observateur pour leur donner vie,les mettre en mouvement,mais cela ne veut pas dire qu’ils n’existent pas,qu’ils sont du domaine de l’imaginaire,de l’illusion.Dans les émissions en question des phénomènes sont filmés ou enregistrés dans des pièces dépourvues de présence humaines où ce sont des caméras seules qui les captent et les enregistrent.

    L’arbre qui tombe seul dans la forêt sans spectateur pour assister à son trépas tombe néanmoins.

    De même si je ne suis pas à l’instant où je parle aux Etats-Unis ou sur la lune,cela ne veut pas dire qu’ils n’existent pas et ne sont pas réels.Le monde tourne sans moi ailleurs que là où je me trouve.

    Petit,comme beaucoup de personnes,je pensais que le monde n’existait que pour moi,n’avait de réalité que là où je me trouvais,que le type qui habitait à l’autre bout de la planète n’avait pas d’existence,et je suis bien sûr (re)venue à la réalité en grandissant.

    En ce qui me concerne ces questions de phénomènes paranormaux ne m’intèressent pas tant dans le but de me rassurer ou d’avoir une certitude concernant ce qu’il se passe après la mort mais parce que je trouve le sujet fascinant,étrange,étant curieux de nature.

    La même chose me fait cet effet concernant les ovnis ou extraterestres ou tout autre phénomène inexpliqué ou mystérieux.Mais c’est vrai que le mystère qui entoure l’après vie physique ou le devenir du défunt est assez fascinant.

    Et puis on est tellement noyé dans des tas de théories,d’affirmations,de soient disantes révélations,d’écrits des livres sacrés,des dires des médiums,des explications toutes plus farfelues les unes que les autres de « spécialistes »,que l’on s’y perd un peu et reste dans le flou,le vague.

    Bonne fin de journée.

    • BK /

      Que tout cela soit intéressant, voire amusant, je ne le nie pas.

      Mais à condition de s’intéresser avant tout à Celui qui s’intéresse.

      Or, Celui qui, à l’origine, « s’intéresse » n’est pas le moi naissant de l’enfant qui croit qu’il n’y a que lui au monde, qu’il n’y a d’autre observateur et d’autre réalité que lui.

      Non, Celui qui est à l’origine de l’intéressement n’est pas un moi mais un Soi.

      Par ailleurs, même la notion d’observateur-moi, d’un point de vue spiritualiste, ne se borne pas à moi. Tout observateur autre que moi est observateur. Un observateur à l’origine duquel est le même Soi.

      Ceci implique que, dans l’hypothèse absurde où il n’y aurait aucun observateur dans tout l’univers… il n’y aurait pas d’univers.

      L’univers n’est l’univers que parce qu’il y a observateur. L’univers est une observation. D’où la formule védantiste « l’univers est dans le mental ».

      Alors bien sûr, réduire la notion d’observateur à vous ou moi est effectivement une erreur d’enfance.

      Dans la réalité, il y a une infinité d’yeux qui font la « réalité » (également connue sous le nom d’illusion).

      Car si je mets « réalité » entre guillemets, et si je la traite d’illusion, c’est parce que ce qui « existe » n’est pas.

      Exister, comme l’étymologie nous l’indique, signifie « en dehors de l’être ».

      Ce qui existe ne fait qu’apparaître et disparaître.

      Et même lorsqu’un spiritualiste voit apparaître le Christ ou Krishna (ce qui vous a quand même une autre gueule qu’un malheureux fantôme), il sait que cette apparition va disparaître et qu’elle n’est donc pas réelle.

      Attention : ces apparitions mystiques ne se bornent pas toujours à des espèces d’hallucinations. Elles s’accompagnent souvent de ce que l’on appelle des « miracles » bien concrets.

      Et pourtant, rien de tout ça n’est Réel !

      Cela existe bel et bien, certes. Mais cela n’est pas.

      Tout ceci pour dire qu’il n’est pas question de nier l’existence des phénomènes paranormaux, ni de prétendre qu’ils ne seraient pas intéressants.

      Simplement que pour s’y intéresser sans se laisser fasciner (ce qui serait un symptôme d’hypnose), et même pour les étudier avec toute la clarté d’esprit que cela demande, il est indispensable de discriminer entre ce qui est et ce qui existe.

      Ou, plus exactement, il est indispensable de s’établir dans un état de conscience où est naturellement discriminé ce qui est et ce qui existe.

      A partir de là, on peut assister au spectacle que donne le monde, sans le prendre pour autre chose qu’un spectacle… dont notre conscience profonde (et non notre moi) est le metteur en scène.

      C’est là toute la différence entre la spiritualité et la parapsychologie.

      Bernard

  15. Bien le bonjour Bernard,

    En ce qui me concerne je ne sais pas où ni ce qu’est la vérité,ni si tout ce qui a été élaborés par les penseurs,maitres,instructeurs à son sujet est fondé,ni tout ce qu’affirment les différentes religion est sensé,ni tout ce que l’homme a échafaudé comme théories,croyance,doctrines a une once de vérité,et je m’en garderais bien,mais ce que je peux dire c’est que la marque,la caractéristique de la vie au sens large,du vivant,du monde,est l’injustice et la dureté voire la cruauté.

    Qui que nous soyons,simples individus,personnes éclairées,éveillés,grand maitres,nous sommes tous assujétis aux lois de la nature et nous y conformons, nous y soumettons,que nous le voulions ou pas,on obéit à ses règles et contre cela on ne peut rien.

    Ces règles,qu’elles soient chapoté par une divinité,un principe supérieur,une énergie universelle,une intelligence suprême,que certains appelent Dieu,sont marquées du fer de l’injustice et de la violence.Je ne parle pas de la société des hommes,du monde élaboré par l’esprit humain sous forme d’organisation humaine,je parle du monde qui nous entoure ,de la nature,l’univers etc…

    La vie qui prend la vie pour vivre,le prédateur qui tue un autre être vivant pour survivre,la gazelle qui est dévorée vivante par le lion,l’agneau qui tombe sous les crocs du loup,le manchot qui se fait déchiqueter par le requin,la sécheresse qui décime des milliers de poissons sur un lit de rivière etc…

    La mort semble être la règle et le principe majeur de la vie,du monde,de la nature ici bas et ailleurs.La mort réelle,physique,pas la mort du moi,de l’égo,ou psychologique.

    Je suis frappé par la subtilité,l’ingéniosité,Lla sophistication voire presque le raffinement dont sont fait le vivant,la nature,le système qui nous entoure.
    Les milliards de choses auxquelles ils auraient fallu penser ne serait ce que pour créer une fourmi,un être vivant simple,une fleur,un brin d’herbe,plus la vie qui les habite,cette energie vitale,sans parler de la conscience,de ce don de raisonner,d’appréhender les choses environnantes.

    Et en même temps je suis stupéfais du contraste entre cette intelligence,cette inventivité inouïes et le sort,la condition de vie qui est appliqué aux êtres vivants,esclaves des lois cruelles de la nature.

    Alors après on peut dire que tout ceci n’est qu’une illusion,n’est pas réel mais ça a bien lieu pour celui qui le subit,nous le voyons nous même sur notre visage et la décrépitude de notre corps ou bien en voyant que tout se fane autour de nous,nos êtres chers qui disparaissent et le désert qui se fait jour dans nos vies.

    On peut parler du moi,du non moi,de l’illusion et des artifices de la pensée,du mental,et dire que la réalité est autre,que la conscience est une,que le monde est factice,n’existe pas vraiment,qu’il faut se (ré)s’éveiller et retrouver sa propre nature,mais tout ceci est peut être une autre illusion,comme la réincarnation,les niveaux de conscience,l’éveil ect…de simples interprétations,élaborations,subtiles certes,mais inventions humaines.

    Pour savoir ce qu’il y a après la mort il faut mourir,il n’y a pas d’autres solutions,toute explication,affirmation faites en dehors de ce principe ne seraient que supposition,élucubration,dénuées de toute réalité,que celles ci proviennent de Monsieur tout le monde ou d’un maitre reconnu.Car cela reviendrait à parler d’un pays où l’on a jamais mis les pieds,dont on ne saurait que ce que l’on en a lu ou ce que l’on nous en a dit.

    Je suis frappé par l’intelligence qui sous-tend tout le système de l’univers,de la vie,de la nature et l’incroyable dureté et injustice qui en découle.

    Même concernant le principe de la réincarnation,si celui ci était vrai,le fait que l’on ne soit même pas conscient de ce que l’on payent de nos(supposées)vies antérieures,des causes qui sont à l’origine de nos tracas,malheurs présents,des évènements de notre existence,est aberrant et presque absurde.

    Comment la sagesse universelle,un principe suprême,la « réalité »,le sacré,peut avoir échafaudé,inventé un système pareil,un univers basé et régit par le sang,la violence,l’élimination de l’autre,la selection implacable et souvent barbare de la vie.

    Dire que cela n’existe pas vraiment,n’est qu’une illusion est peut être justement une illusion supplémetaire,on se jouerait des tours,tout en étant certains de tenir la tête hors du panier,d’être éveillé et de s’être affranchi de ce que l’on estime être faux et illusoire,et ainsi perpétuant cette même illusion,un comportement infantile en quelque sorte.

    Michel Galabru,répondant à un animateur lors d’une émission télé en ce qui concerne sa croyance ou non croyance en Dieu dit de façon spontané et naturelle quelque chose que je trouve très profond et intéressant: »Dieu? je ne sais pas si il existe,j’en sais rien,mais pourquoi une jolie jeune femme,fraiche,délicate,pleine d’éclat,l’abimer,la faire vieillir,la rider,la froisser,la rendre moche,lui retirer son energie,la dégrader et la faire tomber? Pourquoi mon oncle que j’aimais tant,l’avoir retiré,l’avoir fait partir,pourquoi? Pourquoi cette plante que l’on appelle plante carnivore s’ouvre,attend un insecte,se referme sur lui et l’avale? Hein pourquoi? Pourquoi? » et ainsi de suite.

    J’ai trouvé ce simple discours,cette simple réponse plus touchants et pertinents que des tas d’autres servis par des spécialistes ou des érudits en tout genre.

    En tout cas pour moi le doute et quelque part la frustraton demeure.J’ai vécu ce que l’on pourrait appeler une petite expérience spirituelle,bien que je me méfie de ce terme et de ce que l’on y met autour,ce que Krishnamurti appelle un « insight »,une vision pénétrante,justement en repensant à un passage d’un de ses livres,et j’ai eu pendant plusieurs jours une bénédiction,une sorte de plénitude,de délivrance,de bien être,accompagnéés d’une lucidité et d’une espèce d’éveil fulgurant,le tout simultanément,et cependant,bien que cette expérience reste gravée dans mon esprit,je reste sceptique et vigilant sur l’existence et la réalité de ces états et plans de conscience.Je pense que l’on se raconte beaucoup d’histoires,subtiles et profondes pour certaines,mais des histoires quand même.On est dépassé par ce que l’on ne connait pas,par l’inconnu comme disent certains,et en bons petits garçons que nous sommes nous nous inventons des mondes,des principes,des réalités,des éveils,des dimensions qui coifferaient et dépasseraient,se tiendraient au delà de notre petit monde enfantin et immature.

    A cela je crois.

    Merci de m’avoir lu.Bon week-end.

    • BK /

      Eric bonjour,

      Voila un cri du cœur plein de sincérité et tout à fait compréhensible.

      Toutefois ce n’est évidemment qu’un point de vue.

      Car votre phrase « En ce qui me concerne je ne sais pas où ni ce qu’est la vérité », présuppose qu’il y aurait une vérité.

      Or, il n’y en a aucune !

      Il n’y a que des points de vue ratifiés par une sincérité variable d’un individu à l’autre ou d’un moment à l’autre.

      Finalement, il y aurait presque plus de vérité dans la conviction qu’on met à arborer un point de vue que dans le point de vue lui-même.

      Mais, même dans la conviction et dans la sincérité, il n’y a aucune vérité.

      A tel point que la formule « tout est illusion », elle-même, n’est pas une vérité.

      En fait, chacun de nous fabrique de la vérité (relative) pour parvenir jusqu’au point où l’on atteint cette supra vérité (toujours relative) selon laquelle tout est illusion. Et « au-delà de là », la Vérité est réalisée. Mais elle est alors tellement paradoxale qu’elle demeure indicible.

      Vous ne la trouverez donc jamais écrite ou dite nulle part. Et vous avez parfaitement raison de penser que les doctrines sont des inventions. Aucun Sage digne de ce nom ne cache d’ailleurs ce fait. Il n’y a que les religions pour transformer les doctrines en dogmes et faire croire à « la vérité ».

      La doctrine, elle, pourrait être comparée à beaucoup de choses : une hypothèse de travail, un mensonge destiné à déraciner un conditionnement, un virus informatique, une berceuse pour calmer les pleurs du petit enfant, un rôle de théâtre… mais jamais la vérité !

      Disons, pour simplifier, que les doctrines spiritualistes sont faites pour vous détacher des points de vue communs.

      Un de ces points de vue pourrait être exprimé par : « la caractéristique de la vie au sens large,du vivant,du monde,est l’injustice et la dureté voire la cruauté. »

      C’est une façon de voir partagée par beaucoup de gens qui partent du point de vue de l’individu.

      L’individu face au monde.

      Et c’est là un face à face qui, évidemment, peut paraître cruel ; ne serait-ce que, comme le dit si bien Galabru, parce qu’il s’achemine vers la décrépitude et se termine inéluctablement par la mort.

      Seulement, ne serait-ce qu’à ce niveau de discours, posons-nous la question de savoir si un monde où toutes les formes de vie demeureraient en pleine jeunesse serait viable.

      Imaginez que, depuis le début de la vie sur terre, aucun micro-organisme, aucune plante, aucun animal, aucun humain n’ait jamais vieilli ni ne soit mort. A coté d’un pareil foutoir, les bouchons d’autoroute à l’époque des départs en vacances seraient d’une fluidité des plus réjouissantes.

      Certes, notre monde, au niveau de densité qui est le sien, nous apparaît inévitablement comme « violent ».

      C’est le cas puisque nous avons un mental égocentré qui fabrique des concepts comme « violent » ou « injuste ».

      Et ce mental est tellement persuadé qu’il est en phase avec la réalité qu’il s’autorise à créer des religions pour formuler des « vérités absolue ».

      Par exemple, concernant la violence du monde, beaucoup de Gnostiques ont conçu une cosmogonie faisant intervenir d’une part un Dieu démiurgique, responsable de cette création pleine d’injustice et de furie, et d’autre part un Dieu absolu qui, lui, ne voulait rien avoir à faire avec ce « bas » monde.

      Mais bien sûr, ce ne sont là encore que des points de vue. Tous ces dieux et ces religions ont été inventés par une humanité incapable de prendre du recul vis à vis de ses pensées, de son mental.

      Et c’est d’ailleurs ce qui fait que la société humaine est aussi violente.

      C’est parce que le mental humain, scotché à son fonctionnement égocentré, ne s’est pas encore affranchi de l’animalité, qu’il continue de reproduire les schémas de violence que l’on retrouve chez l’animal ou dans la nature.

      Pourtant, lorsque le fonctionnement égocentrique se dépotentialise dans le mental, une grande paix et un Grand Pardon, c’est à dire une parfaite compassion, laisse l’animal humain sur le bas coté du chemin, et révèle un Amour qui va « curieusement » à l’encontre des « lois » apparemment violentes de la nature.

      C’est en cela que le message des Sages réside beaucoup plus dans leur compassion que dans leur enseignement verbal.

      Verbalement, en tout cas, je ne puis que me résumer en demandant où, dans le concept d’injustice, se situe celui qui juge de la justice ou de l’injustice ?

      Il se situe tout simplement dans l’ego.

      C’est du point de vue du sentiment d’individualité qu’il y a justice ou injustice.

      Ces notions sont totalement absente du sentiment de Totalité.

      Alors, s’il est vrai que l’individualité fait partie de la Totalité, n’oublions jamais qu’il n’y a pas non plus que l’individualité, dans la vie.

      Loin du concept de ce Dieu dont on ne peut que douter, la réalité est parfaite du « point de vue » de la Réalité.

      Sur cette base, il ne nous reste donc plus qu’à douter de nos points de vue.

      Bernard

  16. eric /

    Merci Bernard pour votre réponse,

    En disant « je ne sais pas où ni ce qu’est la vérité » j’inclu le fait qu’il y a doute et interrogation sur son existence bien sûr,je ne pars pas de l’idée qu’elle est réelle,que son existence est acquise et qu’il faudrait partir à sa recherche,à sa rencontre,je veux dire par là que je ne sais pas,que c’est l’inconnue.Tout comme est l’inconnu ce qu’il se passe après le trépas,ce qu’il advient de l’esprit,de la conscience après la mort,et ceux qui prétendent le savoir me paraissent de mon point de vue bien vaniteux.

    A propos de l’injustice ou de l’impression d’injustice,effectivement c’est peut être affaire d’égo,de perception personnelle individuelle et subjective mais elle est réelle néanmoins,elle est subit,vécue par la grande famille du vivant,cela rejoint un peu l’exemple de l’arbre qui tombe seul dans la forêt,sans témoin,mais qui tombe néanmoins,même si personne n’est là pour le constater.

    Comment appeler l’aigle qui s’envole avec l’oisillon volé dans le nid,le saumon qui parcourt des milliers de kilomètres pour retrouver son lieu de naissance et se fait,épuisé,attraper et dévorer par l’ours,la mer qui se déchaine et va emporter et engloutir des milliers de gens?

    On peut dire « c’est tout simplement la vie » « c’est ainsi », »c’est la loi immuable de la nature » mais elle porte en elle la mort,la cruauté et l’injustice,appelons là comme on veut,peut importe le nom.Il y a de la souffrance dans ce système,il y a des douleurs inouïes,le monde avance en drainant tout ceci.

    Si on le considère d’un point de vue détaché,dégagé du filtre de l’égo,de la perception étriquée du moi, effectivement on peut penser qu’il n’ y a rien à comprendre,que c’est dans le cours des choses,que le condamner ne serait que pervertir la réalité,vouloir lui trouver,lui imprimer un sens éronné et faux,mais à ce moment là les actes de Hitler ou d’autres dictateurs pourraient être perçus de la même façon,aucune raison de les condamner puisque notre perception et notre point de vue serait sensé être biaisés.

    Concernant la mort même si effectivement on ne peut pas imaginer des êtres vivants vivrent indéfiniment et s’agglutiner,s’empiler les uns les autres à la surface de la terre,c’est le fait même de vivre cette condition,de se retrouver pris dans ce système qui est injuste ou du moins incompréhensible.Mon père me disait « la vie c’est un entonnoir dans lequel on glisse doucement ».Pourquoi cette expérience,si c’en est une,ce passage dans cette existence,ce monde,quel est le sens de ce périple,pourquoi engendrer de l’affection pour des gens ,nos proches,des amis,pour supporter ensuite le supplice de les voir partir?

    Je ne peux me contenter de la sagesse spirituelle et des discours des saints et autres maitres ou instructeurs.Peut être sont ils dans le fantasme,l’illusion,le délire,la divagation.

    Ceci me fais penser à un dialogue vu sur le forum d’un journal national où il était question de tauromachie et où certains pros corrida disaient « Nous sauvons cette race de taureau car elle aurait disparue sans la corrida,elle n’existerait plus »,sous entendu « on fait le bien finalement »,et un intervenant anti corrida répondait « Cela sert à quoi qu’il soit sauvé,qu’on lui octroie la vie si c’est pour qu’il serve à combattre dans les arènes,quel sens cela a t’il,quel intérêt? ».

    Donc je dirais pour résumer que ce qui régit notre monde,l’existence dans laquelle on est engagé,l’univers qui nous entoure et nous héberge, comporte en lui la souffrance et la violence.Il se construit peut être d’ailleurs par elles.

    Si je considère que mon moi voit faux,trouble,qu’il n’est pas fiable,qu’il corrompt et déforme tout ce qu’il perçoit,il me semble qu’indépendamment de lui
    les choses ont lieues,se passent tout de même.L’injustice est autour de nous,et elle semble être la règle sur cette terre.Et je n’irais pas jusqu’à citer Coluche,grand philosophe devant l’éternel: « Dieu a dit: »tous les hommes seront égaux,mais pour celui qui sera noir,petit,moche et pauvre ce sera très dur ».

    Merci de m’avoir lu.

    • BK /

      Eric bonjour,

      Revenons tout d’abord sur cette question de « vie après la mort ».

      On ne sait pas ce que c’est. OK !

      Mais sait-on ce qu’est la vie avant la mort ?

      Soyons clairs : on est dans la vie… mais on ne sait pas ce que c’est !

      Toute la question est, si je puis dire, de savoir qu’est-ce que le savoir ?

      Concernant la vie, la mort et tout le bazar, en se bornant aux deux seules catégories « je sais » et « je ne sais pas » on passe un peu à coté du problème.

      Comparons ces deux catégories à celles que nous offre la Tradition spirituelle.

      Là, on parle tout d’abord de Conscience et de Connaissance.

      Dans la Genèse, ce sont l’Arbre de Vie et l’arbre de la Connaissance.

      La Conscience est absolue et statique. Elle est « au-delà » de tout le manifesté. Au-delà, même, de l’être et du non-être. On ne peut rien en dire. Même le mot « Conscience » est inapproprié.

      La Connaissance est transpersonnelle et englobe la Totalité du manifesté. Plus populairement, on l’appelle aussi « science infuse ». Elle commence avec l’éveil de la faculté intuitionnelle et s’étend jusqu’à la Sagesse (Prajna).

      Le contraire de la Connaissance est appelé ignorance (avidya), aveuglement ou inconnaissance.

      Connaissance et ignorance sont les deux faces d’une même pièce : l’illusion (Maya), engendrée par la différenciation entre sujet et objet.

      Conséquence de l’ignorance, il y a la peur ; et afin d’exorciser cette peur, le mental utilise le savoir, totalement illusoire, ou, en l’absence de savoir, le croire, encore plus « totalement illusoire ».

      Alors bien sûr, il est extrêmement courant, chez la plupart des individus, que l’usage de toutes ces catégories du discours spiritualiste (Conscience, Connaissance, ignorance…) ne soit pas réalisé au-delà des niveaux du croire et du savoir.

      Auquel cas, cela n’apporte pas grand chose… sinon un savoir ou une croyance de plus, de quoi encombrer le mental.

      Auquel cas, mieux vaudrait s’abstenir d’adhérer.

      Mais il est aussi possible que l’individu se serve de ce savoir pour réorienter son regard.

      Et lorsque, au-delà de ce savoir, il découvre la Connaissance, le savoir lui devient un simple outil extérieur, interchangeable et d’ailleurs facultatif.

      Il ne sait plus croire au savoir. L’illusion se dévoile.

      A partir de là, tout ce qui peut être dit de la vie, de la mort et de tout le bazar n’est plus que de l’ordre de la métaphore.

      Et il ne peut en être autrement dans la mesure où rien, ni la vie, ni la mort, ni tout le bazar n’est vrai.

      Le Sage indien montre le monde et dit « Maya » ; puis il se désigne lui-même et dit « Maya » ; et enfin il lève les bras au ciel et dit « Maya ».

      L’illusion règne dans toute la manifestation, aussi bien dans l’ici-bas que dans l’au-delà. Dès lors, comment oser prétendre savoir ou ne pas savoir ? Cela n’a plus aucun sens.

      Mais il est vrai que tant que le mental a besoin du savoir, les notions d’illusion ou de Connaissance restent des notions, voire des croyances auxquelles on adhère ou non.

      Tant qu’il en va ainsi l’état d’adoration, d’accueil, de vacuité, est impossible.

      Tant qu’il en va ainsi, seule l’implacable logique prévaut.

      La Sagesse, elle, est une folie aux yeux du monde.

      Et le monde est une folie aux yeux de la Sagesse.

      Voila pourquoi le spiritualiste préfère abandonner le savoir du monde au profit du savoir de la Tradition.

      Mais même le savoir de la Tradition n’est pas un pont vers la Sagesse. C’est un tremplin. Il faut donc à son tour s’en détacher pour être propulsé au-delà.

      Que ce monde soit souffrance… ce n’est pas le Bouddha qui dira le contraire !

      Le tout est de savoir ce que l’on va faire de cette souffrance.

      L’égocentrer pour rester attaché à ce monde, et ainsi suivre la voie de Judas (YHWDH) qui se suicide ?

      Ou la christocentrer pour se détacher, et ainsi suivre la Voie de Jésus (YHSWH) qui s’offre au sacrifice ?

      Bernard

  17. Bernard,

    Le fait de dire :

    « A partir de là, tout ce qui peut être dit de la vie, de la mort et de tout le bazar n’est plus que de l’ordre de la métaphore.

    Et il ne peut en être autrement dans la mesure où rien, ni la vie, ni la mort, ni tout le bazar n’est vrai » (je reprend vos propos),

    peut également être perçu comme une simple affirmation,un simple point de vue,au même titre que tous les autres auxquels se livre l’égo.Dire que rien n’est vrai ou que la vérité existe,est réelle revient un peu au même.

    Sinon pour revenir à un sujet un peu plus terre à terre mais qui m’intrigue également,je voudrais parler du contact,de l’approche spéciaux qu’ont les animaux avec nous,l’homme.

    Il y a une espèce de crainte,presque innée,de la grande majorité des êtres vivants pour l »homosapien,une méfiance,une prudence.

    En y pensant c’est assez surprenant.Le même animal,oiseau,rongeur,canidé,s’approchera d’un animal beaucoup plus imposant que lui,comme la vache,le taureau,l’éléphant dans les zoos où dans la savane,et fuira à notre simple vue.J’avoue que c’est assez surprenant.

    Il y a comme une distance,un réflêxe de protection vis à vis de l’homme,comme si celui ci représentait automatiquement une menace,comme si il dégageait des ondes négatives.Je trouve ça assez frappant.

    Partout dans le monde animal,sauf celui domestique,il y a cette crainte instinctive vis à vis de l’homme,alors que celui ci n’est pas le plus effrayant et imposant être de la création,loin de là.

    Peut être que la raison est très basique et finalement très simple mais c’est un phénomène qui m’a toujours marqué.Pourquoi cette méfiance quasi instantanée pour l’être humain,une aura particulière nous envelopperait elle,menaçante,inquiétante,que les animaux percevraient? Bizarre en tout cas.

    Et à l’inverse je suis stupéfais par cette soumission,cette presque vénération,cette attirance,cette fidélité que le chien,et le chat également,éprouvent à notre égard.C’est à dire le contraire total.

    Un scientifique étudiant l’intelligence des chiens et en particulier celle se manifestant au contact de l’être humain s’aperçut qu’il se passait quelque chose dans le cerveau du chien à la vue de l’homme,d’un homme,une espèce de reconnaissance,d’attirance presque irrésistible.

    Au delà du fait que la domestication s’est faite sur un grand nombre de siècles,au cours desquels elle s’affina,se précisa et rapprocha les deux espèces,on peut être tout de même étonné de cet attachement assez extraordinaire.

    Il se passe quelque chose de particulier avec le chien,il y a quelque chose de spécial qui ne se passe pas avec les autres animaux.Je trouve ça troublant,beau et troublant à la fois.

    Voilà j’en ai finis avec ce sujet et vous remercie de m’avoir lu.

    • BK /

      Eric bonjour,

      Le « rien n’est vrai », en tant que savoir peut effectivement être perçu, à l’extérieur, comme une affirmation dénuée de fondement.

      Mais en tant que Connaissance, à l’intérieur de l’intérieur, c’est simplement la vision de l’illusionnement.

      De quelle nature est cet illusionnement ?

      Elle est cognitive.

      La cognition ne nous permet pas d’appréhender le monde autrement qu’en tant que sujet percevant des objets, chaque sujet et chaque objet étant séparé.

      La Conscience est antérieure à ce processus cognitif.

      Ainsi lorsque, dans l’Eveil, cette Conscience antérieure se révèle, le processus cognitif est vu « depuis cette Conscience ».

      Étant vu, l’illusion d’un monde où le sujet et l’objet sont séparés est vu.

      A partir de là, toute expression verbale de la Connaissance concernant cette illusion passera par un mental libéré de sa dépendance à lui-même (libéré de son fonctionnement égocentrique).

      Ce mental au service de la Connaissance ne sera donc plus fasciné par les concepts qu’il utilise. Il discriminera toujours entre le concept et ce qu’il désigne.

      Ainsi le concept « rien n’est vrai » n’est qu’un concept. Mais ce qu’il désigne (la vision de l’illusion d’un monde où sujet et objet sont séparés) est antérieur à la formation des concepts.

      Mais bien sûr, dans tout ça il ne faut pas interpréter ce « rien n’est vrai » comme un « il n’y a rien du tout » mais comme un « il n’y a rien en particulier ».

      L’illusionnement réside seulement dans cette opération cognitive consistant à particulariser sujet et objets.

      Le Réel est en-deçà de toute particularité.

      Quant à la question touchant les animaux, la crainte éprouvée par eux vis à vis de l’homme est certainement essentiellement causée par la stature verticale du bonhomme.

      En effet, en « langage » animal, se mettre sur ses pattes de derrière signifie « je vais t’attaquer ».

      Voila donc un bonhomme qui, en tant qu’animal, est constamment en position d’attaque.

      Il y a de quoi vous foutre la trouille !

      Quant aux animaux domestiques et en particulier aux chiens, c’est là une « collaboration » qui existe aussi dans le monde animal sauvage.

      On connait le cas des oiseaux qui viennent picorer les parasites des rhinocéros ou autres brouteurs de savanes, ou encore des poissons qui se livrent à un travail similaire sur les mammifères marins.

      Beaucoup d’espèces préviennent d’autres espèces d’un danger. Beaucoup d’espèces prennent soin de la progéniture d’autres espèces. Beaucoup d’espèces exploitent d’autres espèces, comme les fourmis avec les pucerons. Beaucoup d’espèces voyagent avec d’autres espèces, comme les thons et les dauphins…

      Bref, les chiens et les hommes se sont sans doute trouvé des intérêts communs à collaborer.

      Et ça n’empêche pas les sentiments !

      Bernard

  18. eric /

    Bonjour Bernard,

    Voici le passage avec Michel Galabru dont je vous ai parlez récemment où il s’exprime lors d’une émission(les grosses têtes) sur Dieu.J’en ai fais un petit enregistrement audio court que vous pouvez écouter sur ce lien.
    http://www70.zippyshare.com/v/93825579/file.html

    Personnellement je trouve ce passage et ce que dit Galabru beaucoup plus profond et touchant que nombre de discours de grands spécialistes et autres maitres ou prétenduments tels.Cette simplicité sonne mieux.

    • BK /

      Bonjour Eric,

      Adorable !

      Il est vrai que je suis un inconditionnel de Galabru, d’autant que j’ai toujours été partisan de l’idée que s’il y avait un Dieu, il n’y aurait pas de guerre ni d’arêtes dans le poisson.

      Bon, lui c’est plutôt après le morpion qu’il en a, mais c’est pas grave… s’il y avait un bon Dieu il aurait certainement le bon goût de supprimer tout ce que déteste chacun des 7 milliards d’humain.

      Comme ça au moins la planète serait plus chauve que Yul Brynner et ce triste monde serait définitivement plus propre sur lui.

      Mais comme on n’est tout de même pas là pour rigoler, redevenons sérieux et confessons que nous trouvons on ne peut plus saine la révolte galabruenne.

      Comment, en effet, ne pas s’insurger contre cette grotesque image du bon Dieu véhiculée par la religiosité occidentale.

      Cela étant, au-delà de cette révolte, remplaçons donc le mot « bon Dieu » par le mot « réalité ».

      Dès lors, la seule chose qui nous restera sur l’estomac sera notre propre incapacité à comprendre la réalité.

      Car, finalement, ce « bon Dieu »… c’est juste un synonyme de « connerie humaine » !

      Bernard

  19. eric /

    Effectivement Bernard c’est la connerie humaine dans toute sa splendeur,mais la chaine alimentaire et les lois de la nature le sont un peu moins par contre,elles étaient là avant que l’on apparaissent,et on les subit.

    J’ai déjà entendu Galabru dans d’autres émissions où il faisait montre de beaucoup de sagesse et de bon sens,le tout en language simple et spontané.

    Pour moi c’est un des plus grands philosophes en France avec Coluche,Raymond Devos et des gens comme Michel Serres,Hubert Reeves et même Régis Debray avec ses fameuses formules; »on vit à l’aire du tout à l’égo » et « De nos jours on vit en médiocratie ».

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