Avatar (2) – Amma
juil 23
Avec Amritanandamayi, plus simplement appelée Amma, c’est un aspect particulièrement tendre de l’Avatar qui est offert à l’humanité.
Cette femme extraordinaire se démarque en effet radicalement de l’ensemble des maîtres spirituels indiens dans la mesure où elle accepte les contacts physiques avec ses disciples et visiteurs, ce qui est très rare.
Or, non seulement elle les touche, mais elle les embrasse longuement, les serre contre son cœur, les couvre de baisers et de caresses, et surtout les entoure d’un amour que rien ne saurait limiter.
Totalement au service de ces « autres » qui ne sont qu’elle-même, Amma semble bien être sans ego et rester immergée dans le ravissement et la béatitude.
L’orientation exclusive d’Amma sur l’amour est évidemment typique de la Bhakti, mais s’inscrit néanmoins dans la Tradition de l’Advaïta Vedanta.
Car son enseignement ne se limite pas à une simple transmission par contact physique.
Il plonge ses racines dans la philosophie universelle.
Cela étant, au-delà de toute référence culturelle à une philosophie particulière, l’enseignement d’amour d’Amma lui est imposé par une époque qu’elle juge beaucoup trop intellectuelle par rapport à la pratique des qualités de cœur.
Son enseignement se veut donc bien un retour aux nobles qualités de cœur, et son exubérante compassion est une preuve vivante que le Christianisme et le Bouddhisme n’ont pas le monopole en ce domaine.
Toutes les Traditions peuvent pareillement permettre de passer par cet aspect maternel et chaleureux de la spiritualité.
C’est le 27 septembre 1953, dans un petit village de pêcheurs de la côte du Kérala, que Soudhamani (« semblable au nectar »), la future Amma, naquit en souriant.
Un moment de panique s’empara des parents et de la sage-femme lorsqu’ils ne l’entendirent pas pleurer ; mais ils devaient vite se rendre à l’évidence que le bébé était vivant… et qu’il semblait même heureux de vivre.
Sa famille était très pauvre et appartenait à la caste hindoue des pêcheurs.
Contrairement à ce que l’on imagine souvent en Occident, la plupart des Hindous n’est pas passionnée par la spiritualité, ni même par la religion.
Les parents d’Amma ne se distinguaient guère des athées matérialistes ordinaires vivant en Europe ou en Amérique.
C’est ce qui constitua la principale épreuve à laquelle fut confrontée la petite Soudhamani dont l’esprit mystique, en s’exprimant librement dès la plus tendre enfance, suscita constamment l’irritation et l’affliction parmi les membres de sa famille.
Si le sort des surdoués occidentaux plongés dans un milieu familial intellectuellement indigent n’est pas enviable, que dire de celui d’un enfant littéralement aspiré par le divin ?
Le comportement de Soudhamani aurait pourtant eut de quoi émerveiller une famille de croyants.
La petite fille, extraordinairement tôt, se trouvait en effet fréquemment absorbée dans un état de profonde méditation, totalement perdue à ce monde, quant elle ne répétait pas inlassablement le nom de Krishna.
Mais, hélas, dans la famille qui était la sienne, tout ceci était plutôt sujet de désespoir et d’inquiétude.
Désespoir, tout d’abord, parce que Soudhamani, suivant la loi de son cœur, ne pouvait se conformer à l’ordre social et n’obéissait jamais à personne, ce qui, en Inde, est à peu près impensable de la part d’un enfant.
Pire encore, elle affichait un amour identique envers les étrangers ou les membres de sa propre famille, et faisait preuve de la même affection pour sa mère ou ses frères et sœurs que pour une vache du troupeau ou un serpent venimeux.
On l’entendait d’ailleurs souvent appeler « père » un mendiant de passage, ou dire à ses parents qu’elle ne leur appartenait pas et que le monde entier était sa famille.
Enfin, elle disparaissait souvent durant la nuit pour aller chanter des hymnes, danser en extase ou méditer dans la nature.
Sa mère, qui la cherchait, très en colère, la retrouvait généralement endormie sur la plage, et la réveillait rageusement à grand renfort de seaux d’eau glacée.
Mais inquiétude aussi car la petite enfant parlait aux statues des dieux ou aux photos des Mahatmas de la même manière qu’à ses proches.
Sans compter qu’il lui arrivait continuellement de perdre connaissance, même en marchant, et de tomber, ou de se rouler par terre en extase.
On pensait donc qu’elle était folle, ou malade.
La « folle », toutefois, s’avérait être une élève exceptionnellement douée pour les études, apprenant n’importe quelle matière avec une facilité et une rapidité déconcertantes.
De plus, son extrême gentillesse en faisait une camarade adorée par tous les autres enfants.
Alors que Soudhamani n’avait que neuf ans, sa mère tomba malade, et la petite fille décida de ne plus aller à l’école pour assumer la responsabilité de la cuisine et de la maison, et s’occuper de ses frères et sœurs.
Mais alors que d’autres enfants n’auraient supporté qu’avec difficulté de telles charges, Soudhamani s’acquittait de ses tâches ménagères en chantant le nom du Seigneur et en dansant, absorbée dans l’adoration à tel point qu’il lui arrivait de ne pas même penser à manger.
De plus en plus, ce comportement mystique provoquait l’agacement des membres de sa famille qui commencèrent vraiment à lui faire subir d’assez mauvais traitements.
Mais Soudhamani profitait de chacune de ses douloureuses épreuves pour s’approcher de Dieu.
En fait, durant cette pénible période de sa vie, ses seuls amis étaient les animaux, qui semblaient la comprendre mieux que les humains et lui apporter un réconfort qu’elle imaginait inspiré par Dieu.
Et toujours, dès que son travail était terminé, vers minuit, Soudhamani, au lieu de s’effondrer et de dormir, passait la nuit à méditer, à chanter et à prier.
L’amour et la compassion envers tous les êtres humains était une autre qualité qu’elle manifesta clairement dès l’âge tendre.
Elle écoutait avec patience les malheurs des uns et des autres, surtout des personnes âgées qui lui confiaient comment leurs enfants adultes et leurs petits-enfants les négligeaient et les maltraitaient.
Leurs récits lui faisait comprendre que les mêmes personnes qui, enfants, priaient Dieu d’accorder la santé et une longue vie à leurs parents, les maudissaient lorsqu’ils devenaient âgés et infirmes.
L’amour humain était donc bien égoïste, inconstant et limité ; et seul l’amour de Dieu était constant et absolument inconditionnel !
Mais sa quête du Divin avait aussi un autre but : soulager la souffrance d’autrui.
Ainsi, chaque fois qu’elle le pouvait, elle prenait à la maison de la nourriture ou des bijoux pour les donner aux pauvres ou aux malades afin qu’ils s’achètent des médicaments.
Et l’on se doute que lorsque ses pauvres parents prenaient connaissance de cette redistribution intempestive des richesses familiales, l’enfant n’échappait pas au fouet.
Pourtant, aucune punition ne pouvait empêcher Soudhamani de manifester sa compassion.
Lorsqu’elle parvint à l’adolescence, son amour pour le Seigneur atteignit des proportions indescriptibles.
Ses extases se firent de plus en plus fréquentes. Elle dansait et chantait, ivre de Dieu, se roulait dans la boue en criant le nom de Krishna…
Elle eut bientôt des visions de son Seigneur, voyant sa forme vivante en toute chose.
Aux yeux de Soudhamani, l’essence de l’univers entier était Krishna.
En peu de temps, la jeune fille accéda à une union si profonde avec Krishna qu’elle ne pouvait plus Le distinguer de son propre Soi.
La seconde phase de ses pratiques spirituelles commença lorsqu’elle eut un jour une vision inattendue de la Mère divine.
A la suite de cette expérience merveilleuse, grisée de Dieu, comme ce fut aussi le cas pour Ramakrishna, elle aspira nuit et jour à s’unir à la Mère divine, possédée d’un désir qui ne lui laissait pas de trêve.
Entre-temps, ses parents avaient résolu de s’en débarrasser en la mariant.
A deux reprises, elle refusa poliment le prétendant, mais elle chassa le troisième à coups de bâton.
Elle fut finalement contrainte de quitter la maison familiale et de vivre dehors.
Là, avec le ciel pour seul toit, Soudhamani se livra pendant des mois aux pratiques spirituelles les plus rigoureuses et les plus austères.
Elle devint complètement indifférente aux besoins de son corps, se passant bien souvent de manger et de dormir.
Tout son être brûlait d’amour pour la Déesse. Elle embrassait la terre, étreignait les arbres, percevant en toute chose la Mère divine.
Elle pleurait sous la caresse du vent, qu’elle ressentait comme celle de la Déesse.
Elle restait plongée en Samâdhi pendant des heures et parfois des jours, sans manifester le moindre signe de conscience extérieure.
Un jour, la Déesse lui apparut enfin dans toute sa splendeur.
« Souriante, la Mère divine se transforma en une masse de lumière et Se fondit en moi. Mon âme s’épanouit, baignant dans la lumière multicolore du Divin », racontera plus tard Amma.
Peu après, elle réalisa l’Absolu sans forme et sans attribut.
« Rien n’est différent de mon propre Soi sans forme, dans lequel l’univers entier existe comme une bulle minuscule ».

Bonjour cher BK,
le film de Jan Kounen sur Amma « Darshan,L’étreinte » peut être visionner gratuitement, pour ceux que cela intéresse sur:
http://nous-les-dieux.org/Darshan
Au dernier post, tu as mis en avant, à juste raison, le pessimisme de cet organisme corps-mental que je crois de moins en moins être. Mais tu n’as pas répondu à la question sur la raison de la préférence des avatars complets de s’incarner en Inde et pas dans d’autre région du monde.
La période charnière que l’on est entrain de vivre voit la présence de nombreux avatars : Amma, Mère Meera, Sathya Sai Baba (qui est mort il y a un an), Premananda ( mort aussi il y a un an).
Bonne journée à tous dans la Présence du Soi.
RV
RV bonjour,
Merci pour le lien du film. J’aurais pu y penser ! D’autant que je lui avais fait de la pub à sa sortie.
Pour ce qui concerne la réponse à ta question, par contre, ce n’était pas un oubli mais un simple et discret report puisque j’avais prévu de répondre à ça dans le dernier volet de la « série Avatar » (après Amma, il y aura un article sur Saï Baba de Shirdi, puis un article de conclusion dans lequel j’évoquerai la question en question, après quoi, dans un gros effort de normalisation bien que la honte au front, je prendrai des vacances comme tout le monde).
Donc, comme dans toute bonne série : « A suivre… »
Bernard
RV : « la question sur la raison de la préférence des avatars complets de s’incarner en Inde et pas dans d’autres région du monde. »
Peut-être simplement la stratégie de ceux qui s’incarnent en occident est-elle totalement différente car ils ne peuvent pas toucher de la même façon. Les religions occidentales ne reconnaissent pas les avatars. Pourquoi se faire connaître dès lors en tant qu’avatar? Quelle utilité pour un avatar qu’on sache qu’il en est un? Se considère-t-il seulement lui-même comme tel pour qu’il faille le crier sur tous les toits? On a jamais entendu que je sache un avatar se targuer d’en être un (même si en projetant nos propres désirs on serait tenté d’imaginer qu’il les a aussi, essayons d’aller au-delà de ce raisonnement).
L’esprit de l’Inde a de plus ses subtilités. Sans idéaliser l’Inde outre mesure, il faut reconnaître
1) La capacité d’accepter l’hypothèse de l’existence d’un guide éclairé qui peut nous aider… idée qui est rejetée de toute force par l’occident pour qui tout accomplissement est individuel et tout guide est une insulte au sacrosaint « libre arbitre » (vas savoir pourquoi on accepte un maître de piano, mais pas un maître spirituel…)
2) En corolaire, il faut aussi admettre que la différence entre un saint lambda et un avatar est bien trop subtile pour notre culture, en Inde, seuls de rares individus très éclairés établissent que tel saint est un avatar car l’avatar ne se proclame pas comme tel, en Inde ces êtres sont écoutés par un certain public (important quand même) alors qu’en occident les personnes inspirées sont enfermées dans des asiles psychiatriques dès qu’ils sont un peu trop spontanés… Pourquoi dès lors imaginer que nous autres saurions reconnaître un avatar s’il y en avait un chez nous? C’est toi qui dit qu’il n’y en a pas, mais sur quelle preuve bases-tu cet avis à part sur l’idée que s’il y en avait tu le saurais? Et comment donc? Là est effectivement la question. Très peu même en Inde savent reconnaître cela, et en occident, ils risquent bien de se taire s’il y en a. Enfin, du moins de se taire dans la vie publique/profane, car dans la vie spirituelle initiatique, dans certaines loges ou sociétés secrètes, la présence d’avatars occidentaux au long de l’histoire est parfois reconnue et affirmée sans ambiguïté, même si on les désigne de façons différentes. Il existe quand même des groupes sérieux où on travaille bien, dans nos pays, ce n’est pas parce que les fuites d’informations initiatiques mal digérées ont donné lieu à tout un tas de théories new-age fumeuses une fois profanées, qu’à la base tout est pourri
Il y a donc peut-être bien des avatars en occident et certains savent peut-être bien les reconnaître, mais si c’est le cas, trouveraient-ils si pertinent de l’annoncer au monde dans l’Express, Marianne ou sur Doctissimo? Finalement, l’avatar est-il limité par l’idée qu’on a de Lui? Il peut bien être pris pour un fou ou un saint ordinaire, qu’en penses-tu? Tant qu’on prenait Amma pour une folle, cela ne semblait guère la déranger.
Tout ceci bien entendu n’est pas incompatible avec l’hypothèse que l’Inde soit prodigue depuis la nuit des temps, peut-être plus que d’autres contrées, en sages et en mahatma. L’Inde véritablement est dans le mental, or dans le mental la diversité apparente est la règle. Faut-il dès lors plus de raisons à cela qu’au fait que les chats miaulent alors que les chiens aboient? Les choses sont peut-être simplement telles qu’elles sont.
Bertrand et RV,
Oui, c’est vrai que RV m’avait posé cette question et que j’ai oublié de lui répondre.
Shame on me… mais Bertrand vient finalement d’exprimer plus ou moins ce que j’aurais dit. Quelle économie !
Le mot « Avatar » est un mot ; et ce qu’il y a derrière n’est pas forcé de toujours emprunter ce mot pour se « définir ».
Un concept relativement proche (mais quand même passablement différent) est employé par les Tibétains avec le concept de Tulku. Mais un Tulku n’est pas censé être forcément un éveillé.
J’ai souvent entendu employer le mot « envoyé » dans les sociétés secrètes (pas toujours si secrètes) occidentales.
Bref, qu’importe le flacon…
Bernard
Bonjour Bernard,
STP, peux-tu écrire aussi un texte selon tes sources sur Mère Meera que j’ai rencontrée cette année et qui a gommé le personnage de façon fulgurante.
Bouleversante expérience oh! combien révélatrice……..
Ton site est fantastique, chacun peut y puiser ce qui lui semble juste.
Bonnes et lumineuses vacances.
Pia
Pia bonjour et bienvenue,
Merci pour mes vacances et le « site fantastique ».
Concernant Mère Meera, ma foi, si j’ai le temps avant de partir ce sera avec plaisir que je lui consacrerai un article dans cette même « série Avatar ».
Mais je dois bien t’avouer être un peu serré question temps ces temps-ci. Donc, se sera plus probablement à la rentrée ou, si les moyens techniques me le permettent en voyage, pendant ces vacances.
De toute façon, OK !
Bonne journée
Bernard
Merci mille fois Bk pour ce super article sur amma.. Je suis allé la voir à Toulon, en 2011 et j’espère ne pas manquer l’appel en 2012..! Peut être qu’un jour nous nous rencontrerons là bas..
Je ne connaissais pas à 100% l’histoire d’Amma, et ton article me permet de m’y intéresser encore de plus près.
Thank you very much
Ps: Est tu déjà allé la voir en Inde, France ou ailleurs ?
Dimitri
Dimitri du blog Des Techniques Pour Trouver Le Bonheur ! Son dernier article…Objectif n°1 Motivation, bien-être et optimisme grâce à la gratitude !
Coucou ! je crois que mon commentaire n’a pas marché. Je tiens vraiment à en laisser un.
Alors s’il n’a pas marché, je te laisse mettre celui ci:
Merci infiniment pour cet article !
Je comptais allé la voir à Toulon en 2012 mais là ça devient presque une de mes premières préoccupations…
Es tu déjà allé la voir toi?
Bonjour RV merci pour le lien de la vidéo, je n’avais pas connaissance de ce film.. Géniale !
Dimitri
Dimitri Son dernier article…Objectif n°1 Motivation, bien-être et optimisme grâce à la gratitude !
Dimitri bonjour,
Tes commentaires marchèrent mais… tu fus l’une des nombreuses innocentes victimes d’Akismet, la grosse dévoreuse de Spam (d’après ce que j’ai pu en voir sur ton blog, je suis sûr que tu en apprécierais toi aussi les services : http://akismet.com).
Et pour répondre à ta question de savoir si j’avais vu Amma : eh bien non, sans doute parce que ma nature est nettement plus jnana que bhakti, l’occasion de la rencontrer ne s’est jamais spontanément présentée.
Or, vu mon grand âge, je me contente désormais des rencontres spontanées (humour, bien sûr).
Cela dit, une fois que tu as rencontré un Maître spirituel qui va comme un gant à ton âme (ou à ce qui en tient lieu), le mieux est effectivement de le suivre.
C’est plus qu’une chance, c’est une bénédiction !
Bernard
Oui en effet, j’ai ce plugin mais il me semple qu’il me demande de faire une mise à jour. C’est pour cela qu’il n’a pas arrêter ce spam, véritable fléaux dans notre activité !
Je suis très content pour toi que tu ais trouvé ce qu’il te conviens.
Moi je ne suis pas vraiment adeptes d’une personne en particulier. J’aime être ouvert à toutes personnes intéressantes. Pour l’instant je ne connais qu’Amma qui fasse ce genre de chose extraordinaire.
Ton article m’a encore plus ouvert les yeux sur le fait que ce soit une personne d’exception.
J’aspire à ce qu’elle ne le soit plus et que chaque personne devienne aussi exceptionnel qu’amma !
Est ce indiscret de te demander qu’elle est ton gant qui te vas si bien ?
Dimitri
Dimitri Son dernier article…Objectif n°1 Motivation, bien-être et optimisme grâce à la gratitude !
Eh bien oui, aspirons à ce que tous soient comme Amma ! Et commençons par essayer ça sur nous-même (charité bien ordonnée).
Pour ce qui est de mon « gant », je ne suis pas non plus « adepte d’une seule personne ». Pratiquement chaque Maître spirituel dont je parle sur ce blog représente un doigt du gant. Je dois d’ailleurs être extraterrestre car ça nous fait là un gant à beaucoup plus que 5 doigts !!! L’avantage, c’est que je n’ai pas de problème pour me gratter !
Je disais seulement que j’ai toujours été plus orienté jnana que bhakti, et que j’ai donc plus volontiers trouvé l’inspiration à mon aspiration chez des Krishnamurti, Ramana, Nisargadatta, Poonja, etc. (surtout etc.) que chez des Maîtres de la Bhakti comme Amma.
Mais cela ne m’a jamais empêché de trouver de la bhakti en jnana, ni de « fondre » face à la bhakti d’Amma.
Tout cela étant dit, ça fait maintenant une vingtaine d’années que le Maître intérieur s’est éveillé et que je n’ai plus du tout le même rapport aux « Maîtres extérieurs » qu’auparavant.
La dernière fois que j’ai côtoyé un Maître réalisé, c’était Ranjit Maharaj il y a une douzaine d’années, et tout s’est passé à l’intérieur. Il aurait aussi bien pu ne pas être physiquement là.
A tel point d’ailleurs que j’ai vécu une puissante « rencontre intérieure » d’un mois avec ce que j’appellerais l’essence de son enseignement lorsqu’il est mort (alors que je l’ignorais).
Pour tout dire, je ne crois pas qu’on rencontre un Maître à l’extérieur.
Tout se passe toujours à l’intérieur.
Mais on ne le réalise pleinement qu’après avoir été débarrassé de quelques vasanas encombrants.
Et il est un fait que ça arrive plus vite si l’on rencontre des Maîtres… même « à l’extérieur ».
Bernard
Bonjour Bernard,
Intéressant, mais je me demande parfois si vous avez déjà ressenti l’appel de l’enseignement en tant que Maître (même si je sais que le Maître est partout, tout et en tout) ou si écrire à propos des Maîtres et traditions est votre manière de transmettre.
Bonnes vacances et reposez-vous bien, on veut que vous soyez productif au retour, hihi
Véronique
Bonsoir Véronique et merci,
Je ne suis pas sûr du tout d’avoir compris le sens de votre question
Quant à « écrire à propos des Maîtres », c’est probablement une forme héritée de mes habitudes d’écriture en tant qu’ex journaliste.
D’ailleurs, je n’écris pas que sur les Maîtres.
Quoi qu’il en soit, mes articles sont plutôt un mélange d’informations (sur les Traditions et les Maîtres) et de réflexions (plus en rapport avec la sensibilité actuelle) mais servant surtout de prétextes à d’éventuels échanges de commentaires plus « directs » que les articles.
Mais tout ça ne m’empêche pas de n’avoir pas compris ce que vous entendiez par « ressentir l’appel de l’enseignement en tant que Maître » !!!
Bernard
L’appel d’avoir des disciples à qui transmettre un enseignement alors?
Aaaaah ! Sainte Vierge, Jésus, Marie, Joseph et tous les Saints du Paradis !
D’une part ça ne m’est jamais apparu comme faisant partie de ma nature. Enseigner en tant que Maître spirituel correspond à un karma qui ne m’apparaît pas exactement être celui de cette bestiole plutôt taciturne dans le civil.
D’autre part, en l’absence d’un tel karma d’Instructeur, il me semble – mais ce n’est qu’un point de vue – que la nécessité d’enseigner ne doit s’imposer qu’à la réalisation du Parabrahman… et répondre à des demandes pressantes de la part de disciples en quête de Maître.
Bien sûr, j’admets qu’en plus des infos je ne me prive pas de donner quelques conseils ici où là quand ça me semble possible. Mais on est encore très, très loin d’un enseignement.
Et « très loin », ça ne nous rapproche pas du commerce de proximité, le seul à ne pas exiger d’efforts intempestifs !
Et puis… les Maîtres, c’est même plus à la mode !
Bref, j’ai l’air de prendre ça à la rigolade, mais en réalité m’imaginer en Maître spirituel est plutôt surréaliste.
J’ai toujours considéré les échanges spiritualistes (oraux ou écrits) comme la seule occasion qui nous était offerte d’ouvrir utilement la bouche ; mais cela n’a strictement rien à voir avec le « boulot » de Maître spirituel, commençant là où l’échange verbal finit, dans le Silence !
Or, si ce Silence m’est « familier » à l’état individuel et éventuellement portatif, rien, dans la vie que le bon Dieu m’a prêtée, ne m’a jamais mis en situation d’en faire l’échange conscient à plus ou moins grande échelle.
Alors, un blog, des articles et des bouquins oui, parce que ça au moins c’est le job et le mode d’expression que ce même bon Dieu m’a refilé !
Et ces échanges de commentaires qui me ravissent d’autant qu’ils autorisent ce qu’aucun livre ni aucune revue ne permet… cent fois oui !
Et s’il se passe autre chose, en plus, en dehors de la juridiction de mes mots, mille fois tant mieux !
Mais quant à ressentir un quelconque appel à avoir des disciples et un enseignement spécifique… si je pouvais ressusciter les Marx Brothers, je récupérerais l’idée pour en faire un film avec eux !
Bernard
P.S. Tout bien considéré, si je pouvais ressusciter les Marx Brothers, je crois que, pour le coup, je me ferais Maître spirituel.
Les passages hautements significatifs que vous citez de « Éveillez-vous mes enfants » résume magnifiquement le fait que les êtres spirituels sont certes invités pour beaucoup à vivre dans le monde, à être pour employer une image biblique, le levin dans la pâte.
Amma dit avec ses propres mots, que nous ne saurions en aucun cas fermer les yeux sur le monde au nom de la spiritualité. »
Cependant les êtres spirituels, et en particulier ceux dont la vocation est de guider les autres, ne sont pas du monde et, toutes traditions et familles d’esprit confondues, on peut leur attribuer les paroles de Jésus sur l’envoyé de Dieu en butte à l’irrespect et à la persécution, ou comme le dit très bien Amma, à l’ignorance:
« Si vous étiez aveugles, vous seriez sans péché. Mais c’est parce que vous prétendez y voir que votre péché demeure. »
S’entretenir dans les tromperies, les illusions, la « maya » dit la spiritualité indienne, voilà ce qui empêche bien des êtres humains d’accepter, eux qui ne sont habitués qu’à une forme limitée de l’amour (on aime sa famille, son pays… mais pas de manière égale tous ses frères en humanité), qu’un autre être humain, en apparence semblable à eux en toutes choses, puisse vivre ce qu’eux-mêmes se croient, inconsciemment et à tort, incapables de vivre eux-mêmes, à savoir l’amour universel.
Et pourtant, eux qui se croient poules de perdrix, Amma leur rappelle à temps et à contre-temps qu’ils sont de grands aigles ayant en eux tout ce qu’il faut pour s’élever haut dans le ciel.
Ils sont de la même nature que le Divin, « à l’image et à la ressemblance de Dieu » dit la théologie chrétienne.
En Inde, on critique donc Amma parce que le Darshan, cette invention qui brise toutes les conventions et en particulier celle selon laquelle « les Indiens ne se touchent pas », est perçue par certains comme une sorte d’insulte aux bonnes mœurs.
Ce n’est certes pas une consolation pour les enfants d’Amma là-bas, mais en Occident aussi, où les câlins surtout en public sont mal vus parce que clairement considérés comme un mode de fonctionnement suspect, des idées monstrueusement fausses circulent également sur Amma et la communauté de ses enfants.
Dans l’inquiétude souvent exprimée dans les médias quant à l’hypothèse d’avoir affaire là à une secte, je perçois l’expression d’une peur fasse aux diverses formes d’endoctrinement, voire d’embrigadement, que les maîtres de sectes font subir à leurs adeptes par le biais de manipulations mentales dont les plus connues sont: « personne ne t’a jamais aimé comme je t’aime », alors qu’Amma affirme que sa religion est l’amour et qu’il en est de même de tous les vrais maîtres spirituels, entre lesquels il ne saurait y avoir de compétition, puisque chacun est venu exprimer, dans le langage de son temps et en adaptant la forme de son discours à la culture de ses auditeurs, une vérité immuable et valable pour tous les êtres humains, et qui par voie de conséquence, n’est pas à réinventer, ce que du reste elle ne prétend nullement faire.
Ouvrir une grande bouche pour adresser à leurs adeptes ces paroles prétentieuses, ces faux maîtres savent le faire.
Qui sont-ils pour se permettre de comparer la qualité de leur amour à celui des autres?
Combien d’entre eux seraient capables de témoigner concrètement de leur tendresse envers ceux qui s’approchent d’eux, comme le fait Amma?
Je voudrais seulement, à titre d’illustration, citer ici un texte que je traduisais récemment de l’Anglais pour une amie.
J’assume évidemment les imperfections de cette traduction, je ne suis en effet pas une bête en Anglais, et chacun sait que toute traduction est discutable.
Voici donc:
« Au cours de sa visite à Tokyo, de nombreuses personnes sont venues des zones touchées par le tremblement de terre et le tsunami pour chercher consolation et accompagnement auprès d’Amma.
Plusieurs de ces gens ont pleuré dans ses bras tandis qu’Elle partageait leur chagrin.
Ils lui ont exprimé leur inquiétude face aux menaces radioactives, anxieux de savoir si leurs enfants et les générations à venir seraient à l’abri des radiations nucléaires et autres catastrophes naturelles qui affectent régulièrement le Japon.
Voyant le chagrin et la douleur de ces gens, Amma a décidé de se rendre sur les lieux du désastre et d’aller visiter un camp de rescapés.
Elle s’est adressée à eux en ces termes inspirés:
« Vous venez de passer par une expérience douloureuse, et vous n’avez pas encore surmonté ce choc.
La situation est telle qu’il n’y a pas de mots qui puissent vous donner la paix.
Amma est là seulement pour prendre part au chagrin que vous traversez.
Il y a des situations dans la vie où vous ne pouvez rien faire, si ce n’est les accepter. Or voici l’une de celles-ci.
Si vous demandez à un musicien d’où vient la musique, il vous dira: « Elle vient de mes doigts, ou de ma gorge, ou de mon coeur. » Si vous pratiquez une opération sur le doigt, la gorge ou le coeur, vous ne trouverez pas la musique. En réalité, la musique vient de bien au-delà.
Nous devons comprendre combien nos actions sont limitées, et reconnaître la place de la grâce de Dieu dans nos vies.
Tout en gardant foi en cette puissance, mes enfants, priez pour demander la Grâce.
Comme toute décision, le bonheur est aussi une décision.
Prenez une résolution: quoi qu’il arrive, je serai heureux, je serai courageux. Sans jamais perdre confiance en soi ou foi en Dieu, allez de l’avant. »
Après quelques minutes de méditation silencieuse, Amma a mené une séance de prières chantées en mémoire des disparus. Elle a pris dans ses bras et consolé chacun des résidents du camp, leur offrant son épaule pour qu’ils puissent laisser s’épancher leur chagrin.
Son visage reflétait aussi ce chagrin: des larmes coulaient de leurs yeux, et aussi de ceux d’Amma. Sachant qu’ils avaient tout perdu, Amma a fait des dons particuliers aux familles pour leur assurer un soutien matériel et contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie dans le centre. »
L’annonce d’un don d’un million de dollars aux victimes de cette catastrophe pour la reconstruction a également été faite à l’occasion de ce voyage au Japon.
Ceci est une démonstration magistrale, plus parlante qu’un long discours, pour ceux qui, depuis qu’Amma parcourt le monde pour transmettre son enseignement d’amour universel, l’illustrant par l’exemple du Darshan, se demandent où passe l’argent de ses programmes.
Ceux qui, outre leur Darshan, sollicitent un mantra d’Amma, peuvent lui demander d’adresser celui-ci à quelque nom par lequel la personne a l’habitude d’invoquer le Divin.
« Le monde est peuplé d’ennemis, dit le chef de secte, et je suis le seul à pouvoir te protéger de ceux qui veulent ta perte ».
Amma dit au contraire que même notre amour, légitime pourtant, envers notre famille, nos amis, notre pays, est incomplet, l’être spirituel aspirant à la compassion et au désintéressement envers tous ses frères en humanité.
D’autres caractéristiques des sectes: identité entre le compte bancaire du groupe et celui de son chef: le compte en banque de la communauté d’Amma est celui, non d’Amma, mais de l’association Embracing the World, dont les actions humanitaires en Inde et dans le monde sont internationalement reconnues.
Séparation des personnes d’avec leur famille: on raconte qu’un homme vint un jour recevoir le Darshan d’Amma en un lieu éloigné de chez lui, et qu’il lui raconta que sa femme était enceinte.
Feignant de n’avoir pas bien compris, elle lui fit répéter, ce en quoi il s’exécuta.
Avec tendresse mêlée de fermeté, Amma dit à l’homme: « Mais que faites-vous ici? Votre place est aux côtés de votre épouse! »
Amma embrasse des familles entières, explique que l’on peut parfaitement assumer une importante responsabilité professionnelle dans le monde ordinaire (même celle de chef d’entreprise ou de dirigeant politique), tout en s’éveillant spirituellement, pourvu qu’on donne au Divin une place prioritaire dans sa vie intérieure.
Elle dit non aux malades graves qui attendent d’elle l’autorisation d’interrompre leur traitement médical, encourage les enfants à se rendre à l’école, se refuse catégoriquement à accomplir des miracles pour se faire admirer, bref, tout le contraire des pratiques habituellement constatées dans les sectes.
A-t-on remarqué que l’entrée dans la salle où se déroule la cérémonie est gratuite, et que le ticket de Darshan est tout aussi gratuit?
Partout dans le monde, chaque passage annuel d’Amma est très attendu de tous ceux qui, appartenant ou non à sa communauté, ont été un jour ou l’autre saisis par la bouleversante simplicité de son Darshan, invention si étonnamment délicate dans son principe, et dans laquelle tout est dit de la plus douce, la plus universelle et la plus compatissante des mamans.
Les choix spirituels sont comme chacun le sait, chose très intime, et si la légitimité de la recherche en ce domaine n’est plus à prouver (toutes les disciplines de la science contemporaine se heurtent en effet à un mur contre lequel vient se fracasser le très obscurantiste matérialisme pseudo-scientifique, et auxquels trouvent à s’appuyer les honnêtes chercheurs du sens de lavie, de quelque tradition qu’ils viennent), le parcours de chaque être humain en la matière n’en demeure pas moins de son ressort personnel, et avec lui, la solution qu’il choisit de donner pour son propre compte, par adhésion à une doctrine ou à un mouvement, ou bien en définissant sa route à titre strictement individuel, aux grandes questions auxquelles nulle mathématique ne saura jamais répondre.
Marshall Rosenberg, dans son livre « Spiritualité pratique: les fondements spirituels de la communication non violente », les appelle « les questions qui font peur », les définissant en ces termes: « Que sommes-nous? Et que sommes-nous censés être? »
Amma quant à Elle, pose ainsi le problème: « Nous ne pouvons plus nous permettre de considérer ces deux courants de la connaissance comme s’écoulant en sens contraire.
En vérité, tous deux sont complémentaires l’un de l’autre. Si nous mêlons ces courants, nous verrons que nous sommes capables de faire naître une rivière très puissante, une rivière dont les eaux pourront effacer la ssouffrance et dispenser la vie à l’humanité tout entière ».
Ma propre démarche ne fait certes pas exception à cette règle, mais elle est source d’une forme d’ouverture d’esprit qui me permet, le plus loyalement qu’il m’est possible, d’examiner toutes choses afin de retenir ce qui est bon dans chacune d’elles.
C’est dans cet esprit que je garde de l’Inde les valeurs universelles de méditation et de sagesse, et de l’œuvre d’amour d’Amma, notamment en faveur des plus démunis de ses concitoyens, mais aussi de cette invention simplissime et pourtant merveilleuse qu’est le Darshan, les fruits dont elle est porteuse: de nombreux témoignages concordants de personnes qui ont reçu le Darshan d’Amma font état d’un ressourcement spirituel parfois inattendu, s’accompagnant de sentiments tels que réconfort, consolation, sourire et paix, joie du cœur et de l’esprit…
Si’il est vrai que la qualité de l’arbre se reconnaît à ses fruits, alors il est cohérent d’élever Amma au rang des êtres d’exception dignes d’être reconnus comme maîtres spirituels, Mahatma comme on le dit en Inde, sans parler de sa dimension de figure humanitaire à laquelle il est juste et légitime de faire référence.
La place d’Amma, vue comme incarnation de la face maternelle de l’amour divin, n’est certes pas usurpée et, quelle que soit la tradition à laquelle on se réfère, force est d’admettre que de telles figures ne sont offertes que rarement à l’humanité.
Amma est donc une de ces bénédictions que le Divin n’accorde à ce monde que quelques fois par siècle!
Mon but n’est certes pas de faire de la publicité (ce serait déplacé, voire inconvenant dans le contexte qui nous occupe aujourd’hui), mais de partager parce que je le trouve tout simplement très beau, la lecture d’un livre qui retrace deux ans et demi d’une vie spirituelle qui se poursuit toujours, dans le giron maternel d’Amma.
Son auteur, Anne YUNG, fonde son témoignage sur des faits, des anecdotes apparemment insignifiantes aux yeux de certains, mais qui prennent sens dès lors que les coïncidences fabuleuses qui les rendent parfois cocasses, sont éclairées par la lumière du Divin incarné dans une figure de femme, et plus précisément de mère universelle, Amma, transcendant les barrières qui séparent les cultures et les traditions spirituelles d’Orient et d’Occident, ainsi qu’il convient de le souligner, en précisant que, venant de l’hindouisme, Elle dépasse le cadre de sa religion en étreignant toute personne sans considération d’appartenance ethnique ou de condition sociale.
À quoi je me permettrai d’ajouter, également celui des cultures et modes de vie: le principe même de l’étreinte n’est-il pas un courageux acte de rupture avec la dérive déshumanisante de cette civilisation occidentale où les chercheurs en psychologie s’ingénient à calculer, statistiques à l’appui, la distance que doivent garder l’un envers l’autre deux êtres humains, selon leur pays d’origine, et en-deçà de laquelle l’un des deux ressent la présence de l’autre comme une intrusion dans son territoire personnel(j’ai lu un article à ce sujet il y a quelques années dans une revue en langue espagnole)…
Mais aussi dans le propre pays d’Amma, où, dit-on (en partie à tort du reste), que « les Indiens ne se touchent pas » !
Au fil des pages du livre dont je viens vous dire aujourd’hui quelques mots, Le cheminement auprès d’Amma et au sein de la communauté de ses enfants, est raconté sous l’aspect le plus simple qui soit, à savoir, la vie de tous les jours.
Le message d’Amma est à tel point limpide qu’un enfant de douze ans peut le comprendre sans avoir la moindre explication à en demander.
Cet ouvrage plein de fraîcheur et de sensibilité, voire d’humour, ne saurait évidemment se substituer aux recueils d’enseignements et de paroles d’Amma, tous passionnants du reste, et indispensables pour approfondir la connaissance de sa spiritualité, et que d’aucuns peuvent se procurer dans la boutique rattachée au site officiel d’Amma en France.
Ce livre-ci est un récit, une sorte de journal de bord relatant une tranche de vie avec Amma, donnant un aperçu des us et coutumes de lacommunauté de ses enfants bien-aimés, sous une forme accessible qui donne l’impression que ce témoignage spirituel, dans toute sa profondeur, se lit paradoxalement comme un roman.
Les Bhajans, ces chants dévotionnels à la gloire de cette facette maternelle du Divin, n’y sont pas oubliés, faisant même l’objet de situations qui ne manqueront pas, par la manière dont elles y sont rapportées, de vous faire tout à la fois méditer et sourire.
Du reste, je ne viens ici vous entretenir de ce livre que parce que son auteur s’est engagée à reverser tous les bénéfices engendrés par sa diffusion, aux œuvres caritatives d’Amma, via l’association « Embracing The World », par le biais de laquelle cette femme d’exception offre tout à la fois à son peuple (et à l’ensemble du monde via ses ramifications dans de nombreux pays), l’aide dont il a besoin (écoles, orphelinats, hôpitaux etc), et à ceux qui peuvent faire le bien autour d’eux, l’occasion d’accomplir leur chemin spirituel en se donnant aux autres.
Éditeur: Bénévent.
Auteur: Anne YUNG.
Titre: LES JEUX DIVINEMENT ESPIÈGLES D’UNE P’TITE MAMAN.
Ce titre pour le moins inattendu tire son origine du fait que La Mère Divine est célébrée en Inde sous mille noms, dont l’un (et non des moindres), est Lalita, ce qui signifie « la grande joueuse ».
La Lila (jeu divin), consiste à dissimuler à l’humain sa véritable nature, afin que la finalité du parcours spirituel soit précisément de renouer avec elle par la compassion (thème particulièrement cher à Amma, et donc le renoncement à l’égoïsme.
Outre le lien ici proposé, l’ouvrage se trouve sur les sites de toutes les grandes enseignes de produits culturels, dans les librairies Dialogue, ainsi que chez n’importe quel libraire qui peut le commander pour vous.
J’en souhaite d’ores et déjà bonne lecture à chacune et chacun, vous ne le regretterez pas! Qu’il vous donne de découvrir de quelle beauté peut s’habiller la vie quotidienne transfigurée par la tendre présence d’Amma, et qu’il vous donne envie de découvrir dans la foulée, le nouveau livre du même auteur, paru il y a seulement quelques mois, à l’orée du Tour d’Europe 2011 d’Amma mais qui est largement passé inaperçu dans la grande presse lors de sa publication: « Amma, mon abri, ma forteresse, ma citadelle ».
C’est aussi un concentré d’enseignements d’Amma, toujours en résonance avec des tranches de vie graves ou insolites, mais exprimés chacun avec une douceur que vous ne trouverez dans la vie réelle, que quelque part entre celle du miel et celle du lassi à la rose.
Et qu’il me soit permis pour conclure, de joindre ma prière à celle d’Amma, pour que lapaix règne partout:
Om Shanti Shanti Shanti !
Isabelle bonjour et bienvenue,
Et merci pour ce (ou plus exactement ces) témoignage(s)… que je me suis permis d’aérer en paragraphes pour en favoriser la lisibilité.
Quant aux accusations de « secte », surtout en France, elles sont généralement proférées moins par des ennemis des sectes que par des ennemis de la spiritualité !
Il y a peu de spiritualistes authentiques qui n’aiment pas Amma. Même si son darshan de contact met certains d’entre eux culturellement mal à l’aise, on ne va pas l’accuser d’avoir créé une secte pour autant.
En revanche, les fanatiques du matérialisme ou de la religiosité, haïssent, souvent inconsciemment, la spiritualité et jettent systématiquement le mot « secte » sur tout ce qui n’est pas conforme à leur mode de vie et à leur fonctionnement mental.
What to do ?
Bernard
Vous avez mille fois raison de dénoncer le fanatisme religieux d’où qu’il vienne. Au point où nous en sommes, je peux maintenant tomber le masque et vous faire un aveu: je n’appartiens pas personnellement à la communauté d’Amma et je n’ai jamais spécialement aspiré à venir au-devant de son Darshan, simplement parce que je suis d’une autre famille spirituelle et que je me sens comblée là où je suis. En revanche, il y a une citation d’Amma que je trouve très belle: « Soyez un bon chrétien, hindou, bouddhiste, juif ou musulman, mais ne perdez jamais votre discernement en devenant fou au nom de la religion. » Si j’aime et respecte ma famille spirituelle comme ma mère, je n’accepterai pour rien au monde que quiconque traite ma mère de ce qu’elle n’est pas. À partir de là, au nom de quoi ferais-je cela à quelqu’un d’autre? Je peux discuter avec lui en lui disant: « Je ne suis pas d’accord avec certaines choses que dit ta religion… », mais je me refuse à tout jamais à traiter la mère de mon voisin d’un nom que je ne mettrai pas sous ma plume virtuelle ! La discussion spirituelle a pour but, non de me séparer de l’autre, mais de m’unir à lui dans une vérité plus haute. Tout le contraire du nivellement par le bas ou du plus petit commun dénominateur !
Quant aux ennemis de la spiritualité, c’est toujours avec amusement que j’observe la débauche fabuleuse d’énergie avec laquelle ils éprouvent le besoin de défendre leur vision nihiliste des choses. Faut-il avoir du temps et de l’énergie à perdre pour payer autant de sa personne à combattre avec acharnement ce qui, affirme-t-on, n’existe pas ? C’est bien la démonstration du fait que les réalités spirituelles titille bel et bien leur conscience mais qu’ils préfèrent, enfermés qu’ils sont dans leur mentalité de coupeurs de cheveux en 4, mettre toutes leurs forces à les rejeter plutôt que de se laisser faire. De toutes les folies humaines, l’orgueil et la vanité sont bien les plus ridicules !
Enfin, je rectifie ici une erreur que j’ai commise. La biographie d’Amma ne figure pas comme je l’ai dit à tort, dans « Éveillez-vous mes enfants », mais dans « Amma, mère de la douce béatitude immortelle ». Tout un programme !
Merci de m’avoir lue jusqu’au bout en tous cas, et… Om Shanti Shanti Shanti !
Isabelle bonjour,
Oui, le fanatisme, qu’il soit d’ailleurs religieux ou matérialiste, est un des plus déplaisants symptômes de ce dysfonctionnement du mental humain consistant à confondre la pensée avec la réalité.
Mais même lorsque vous évoquez une discussion pleine de respect mutuel et impliquant un « Je ne suis pas d’accord avec certaines choses que dit ta religion… mais je te respecte », c’est encore là le symptôme d’un attachement à la pensée.
La question n’est en effet pas d’être d’accord ou pas. La question est de distinguer entre la pensée et la réalité.
Au restaurant, personne ne dit « Je ne suis pas d’accord avec les petits pois… mais je tolère que tu en manges ». Il semble au contraire tout à fait naturel à chacun que l’un puisse manger des petits pois, et l’autre des endives. Jamais personne n’éprouve le besoin d’évoquer d’accord ou de désaccord à ce sujet.
Les religions ou, plus exactement, les doctrines sont des pensées. Et les pensées ne sont pas la réalité. Elles n’en sont que des représentations possibles parmi tant d’autres.
Il est donc tout autant inapproprié de constater qu’une pensée est « d’accord » ou « pas d’accord » avec une autre pensée, que de dire qu’une photo de face ne serait « pas d’accord » avec une photo de profil. Là encore, tout le monde parlera, à ce propos, de « deux angles de vue » et non de « désaccord ».
Si, à la base, on prenait l’habitude de ne voir, dans les doctrines, que des « angles de prises de vue », comme en photo ou au cinéma… on éviterait par la même occasion d’orienter son mental sur des concepts comme l’accord ou le désaccord qui restent à l’origine du fanatisme, avant même l’irrespect.
Le seul véritable respect est fils de l’Amour inconditionnel. Et qui dit « inconditionnel » écarte toute trace d’accord ou de désaccord.
En revanche, le « respect malgré un désaccord » n’est finalement qu’une stratégie psychosociale autorisant et facilitant cette consensuelle confusion entre la pensée et la réalité.
Bernard
Bonjour,
merci pour tous vos bons articles sur les Maitres, j’ai pu voir une vidéo sur la vie de Amma et quelques unes de mes connaissances l’ont rencontrée -
Bonnes vacances à vous
Intermède ludique.
Une différence entre la spiritualité adulte et le dogmatisme puéril étant notamment l’ouverture à la dimension de l’humour, voici une petite suggestion …
Proposons ici à quiconque dispose d’un peu de « temps à perdre » de reprendre les textes et commentaires concernant Amma en remplaçant « Amma » par « maman ».
Quelques temps plus tard …
Voilà. C’est fait ?
Parlons maintenant de maman et non d’Amma.
Maman n’est ni dieu ni diable. Elle est pleine d’amour, d’empathie et d’attention mais …
Si je reste dans les jupes de maman jusqu’à l’âge de six ans, tout va bien.
Les moines bouddhistes commencent d’ailleurs à quitter le cocon maternel pour le monastère vers cet âge.
Si je reste dans les jupes de maman jusqu’à l’âge de douze ans, cela commence à nuire à mon épanouissement psychologique et plus tard spirituel. La parabole des talents s’inscrit bien dans une tradition admise comme spirituelle. Ne pas confondre avec l’emphase de l’ego suscité par une culture occidentale qui confond souvent instruction et éducation.
Les sociétés traditionnelles, quant à elles, placent généralement les rituels de passage à l’âge adulte vers l’âge de 12 ans. Une éducation correspondante irait ainsi dans le sens, durant cette période de 6 à 12 ans, d’une indépendance progressive vis-à-vis de la « toute-puissante » bienveillance maternelle. Le contraire installerait probablement un infantilisme freinant la maturation saine de la psyché.
Si je continue à entretenir une dépendance affective (ou spirituelle ou autre) envers maman jusqu’à l’âge de 18 ans, cela commence alors à devenir problématique, avec suspicion plus ou moins forte de pathologie de la personnalité.
Si, à l’âge dit « adulte » (communément dès 18 ans dans nos sociétés contemporaines), je suis incapable de m’épanouir humainement et spirituellement sans l’aide « omnipotente » de maman, l’éventualité de la pathologie devient inquiétante.
Pour éviter toute méprise, je précise que ce « petit jeu d’imagination » parle ici de « maman » et non d’Amma.
Elargissons maintenant le cadre restreint de ce « petit jeu » pour signaler que le rôle d’un guide spirituel authentique consiste à s’adresser d’abord à des « élèves » et non à des « adeptes ».
La relation « gourou – adepte » (courante dans le new age et certaines modes, nouvelles ou anciennes, même orientales) est fondamentalement différente, voire antinomique, de la relation « maître – élève » des traditions spirituelles authentiques.
On peut de ce point-de-vue s’interroger en corollaire sur le fonctionnement de certaines religions mais ceci est un autre débat. Sans entrer dans celui-ci, on peut toutefois émettre l’hypothèse selon laquelle il pourrait y avoir un lien de causalité entre le fait d’avoir grandi dans une tradition religieuse infantilisante et une fragilité face à l’influence des gourous de tout poil. Fermons la parenthèse.
L’aboutissement de la relation « maître – élève » consiste en l’accès chez l’élève à la maturité spirituelle. Cette maturité comprend la liberté véritable, consistant notamment au terme définitif de tout lien de dépendance envers le maître. L’élève reste fidèle à la tradition dans laquelle son épanouissement spirituel s’est accompli et à l’enseignement qu’il a reçu ; là s’arrête toute dépendance envers cette première du cheminement. Il devient libre.
L’élève peut alors devenir maître à son tour, perpétuant ensuite la tradition.
Dans la relation « gourou – adepte », il n’y a nulle fin à ce lien de dépendance, lequel entretient un sentiment de sécurité et de bien-être chez l’adepte mais l’empêche d’accéder à la maturité spirituelle et à la liberté véritable.
Si l’enseignement se limitait éventuellement (hypothèse fantaisiste) à un geste « magique » donné par le maître, la démarche spirituelle consisterait à ce que l’élève apprenne le geste pour pouvoir le donner lui-même à de nouveaux élèves et devenir maître à son tour. Dans le cas contraire, il s’agirait d’une dépendance envers un gourou seul détenteur d’un pouvoir qu’il ne veut pas partager : un phénomène tenant alors plus de la religiosité infantile (avec toutes ses dérives possibles) que de la spiritualité adulte.
A un niveau plus naïf et prosaïque, il peut s’avérer aussi intéressant de méditer, en marge de ce texte, sur la symbolique des contes, notamment celui d’Hansel et Gretel. Attention toutefois aux analyses hâtives et aux amalgames ! Notons aussi qu’un conte est une œuvre imaginaire à visée limitée et n’ayant pas la prétention d’accéder à la portée universelle d’un mythe.
Dans tout ce mail présent, le propos ne concerne (évidemment) pas directement Amma, ni le groupe de personnes l’entourant, ni ses sympathisants à des degrés divers.
Chacun est libre de lier ou non ce texte avec son expérience personnelle d’Amma.
Le but de ce mail est de proposer un élargissement du cadre de réflexion, tout en gardant une légèreté ludique … à l’intention de quiconque ressentirait l’opportunité de réfléchir, sous un angle tel, aux thèmes ici abordés.
Que les personnes non intéressées par cette digression veuillent bien m’excuser d’abuser de leur temps.
Ne connaissant pas personnellement Amma, il serait prétentieux de ma part d’exprimer un avis (positif, négatif ou autre) à son égard. « Pourquoi ce mail ? » pourra-t-on alors rétorquer. « Voir le paragraphe précédent », répondrai-je.
Il existe évidemment de nombreuses personnes, d’âges divers, toujours sous l’emprise d’un lien de dépendance avec « maman ». Cela ne m’empêche pas de vivre … et elles non plus.
Il existe aussi des personnes, de plus en plus nombreuses, tombées sous la dépendance d’un gourou ou d’un écrivain new age. Cela ne m’empêche pas de vivre … quant à elles, parfois si, en tout cas pas toujours selon des conditions satisfaisantes et épanouissantes à long terme, une fois la féérie initiale dissipée.
Il existe de nombreuses voies spirituelles authentiques pour qui veux vivre une spiritualité adulte.
Ces voies dispensent, à terme, l’adulte de toute dépendance envers tel ou tel gourou, envers une quelconque idole (sous toute acception) … ou même envers maman.
Dans un autre registre (toutefois associé à notre réflexion), il existe des médecins œuvrant dans des missions humanitaires, lesquels n’ont nul besoin de la béquille existentielle d’un gourou, d’une croyance quelconque, sinon celle (à supposer qu’elle en soit une) de la « foi en la vie » et en la bonté fondamentale de l’existence, humaine ou plus générale. Même si une telle démarche ne porte pas explicitement l’étiquette de « spiritualité », elle s’en approche bien plus que d’autres voies usurpant ce « label ».
Certaines personnes ont besoin d’une béquille pour vivre.
Certaines personnes ont besoin d’une maman, même si au-delà d’un certain âge, cela peut devenir assez interpelant.
Ainsi va la vie … depuis des millénaires et pour encore longtemps.
Pour rappel, tout ceci « ne concerne toujours pas directement » Amma …
Ce mail pourra dès lors apparaître à certains lecteurs comme n’étant pas « à propos ». Encore désolé.
Une question me taquine encore.
Comment se fait-il que l’imagination sans limite du new age n’ait pas encore utilisé ce thème de la dépendance affective maternelle comme base d’un nouveau mouvement de pseudo-spiritualité ?
Lacune d’autant plus étrange que l’autorité paternelle (voire clanique) constitue, quant à elle, un héritage simiesque couramment récupéré par l’atavisme religieux. Sacré papa !
Comment se fait-il donc que le charlatanisme commun, d’une manière plus générale, n’ait pas encore déguisé la dépendance affective maternelle sous le masque éculé du mot « Amour », avec un grand « A », pour en construire une parodie de religion ? (cela fait deux questions mais la seconde est inclue dans la première).
Remarquons qu’en spiritualité les mots « à majuscule » sont souvent l’indice d’une forme pernicieuse d’idolâtrie. En effet, en spiritualité authentique, tout mot cherchant à nommer dieu manque inéluctablement sa cible. La divinité est innommable. Le dieu que l’on nomme ne l’est pas ; c’est un leurre du mental.
En spiritualité, les mots à majuscule seraient plutôt des symptômes du narcissisme du mental qui se mire dans ses propres productions.
D’autre part, le mot « amour » est d’autant plus récupéré et galvaudé par les parodies de spiritualité (et surtout par les sectes d’inspiration orientale) que la stimulation de sécrétion de certaines hormones associées à ce sentiment humain peut entraîner une dépendance affective et physique.
La production endogène d’ocytocine, notamment, est associée aux attouchements et gestes de tendresse amoureuse, comme ceux entre la mère et l’enfant (tiens, tiens !) ou entre partenaires amoureux. L’ocytocine peut générer une dépendance physique et psychique attestée médicalement. Elle a aussi comme fonction d’inhiber le fonctionnement de certaines zones cérébrales, notamment celles intervenant dans la pensée critique. Phénomène repris par les adages populaires « quand on aime, on ne compte pas » ou « l’amour rend aveugle ». Quel bel outil de manipulation pour les gourous !
Rien à voir, lors d’une telle effusion sensualiste, avec la notion d’amour adulte dont parlent les évangiles ou avec celle de compassion du bouddhisme.
Le message évangélique propose d’ailleurs « aimez-vous comme des frères … ou des sœurs » et non pas « aimez-vous entre adultes comme un enfant aime sa mère ».
Restons donc attentifs aux éventuelles dérives et falsifications de « l’amour » … et à certains « gestes » entre certaines « mains ».
En spiritualité, une distinction nette est aussi faite entre la sensualité et l’esprit. Certains dogmes religieux occidentaux les opposent de manière sans doute trop radicale. Certaines voies spirituelles plus proches du mysticisme les unissent plutôt par des liens de complémentarité et de pertinences respectives, dans un ensemble relationnel qui n’est pas non plus la fusion en une soupe indifférenciée.
La dimension adulte puis spirituelle de l’amour transcende nettement le sensualisme infantile de la caresse maternelle et de la dépendance affective qui lui est généralement associée (et observée cliniquement).
La régression est un phénomène psychique de direction diamétralement opposée à la quête spirituelle.
Pour en revenir enfin à cette « question » …
Etrange donc qu’aucun gourou ne cherche aujourd’hui (hum !) à générer la confusion entre ces diverses dimensions de l’amour pour profiter de la fragilité affective de certaines personnes peinant à accéder à une spiritualité adulte ! Etrange qu’aucun gourou ne cherche à profiter de cette possible confusion pour en tirer des avantages divers !
Son sourire public en étant la preuve inéluctable, Amma ne peut être qu’un « guide authentique » et il saute aux yeux qu’elle ne correspond en rien au profil du charlatan commun.
En général, les mamans non plus d’ailleurs !
Voilà. L’intermède touche à sa fin.
L’intention de ce mail était simplement de détendre un peu l’atmosphère concernant ce « phénomène importantissime de dimension historique et planétaire » par une petite note d’humour.
Un être, peut-être immature, me répondra éventuellement : « touche pas à ma maman ! ».
Toute suspicion envers le guide universel Amma étant donc hors de propos, il reste toutefois prudent de rester sur nos gardes … au cas où un futur gourou aux intentions moins intègres que celles de cette « brave dame » aurait un jour le projet de jouer avec notre production d’ocytocine pour nous faire tomber dans son « grand nuage d’Amour » (ne surtout pas oublier la majuscule).
Il serait alors intéressant d’étudier, lors d’une telle éventualité, le comportement des dignitaires de sa secte avec les effets connus de l’ocytocine.
Voici (à titre indicatif) un extrait de Wikipédia concernant l’ocytocine :
« Effectivement impliquée lors de l’accouchement, elle semble aussi par ailleurs favoriser, chez l’homme et la femme, les interactions sociales amoureuses ou impliquant la coopération, l’altruisme, l’empathie, l’attachement voire le sens du sacrifice pour autrui, même pour un tiers ne faisant pas partie du groupe (…) Dans certaines situations, l’ocytocine pourrait aussi induire des comportements « radicaux », voire violents pour la défense du groupe, par exemple face à un tiers refusant de coopérer. Elle deviendrait alors une source d’agressivité défensive (et non offensive) ».
Rien à voir, on le constate, avec la démarche et l’entourage d’Amma.
Nous savons tous aujourd’hui, grâce au new age, que la spiritualité va bientôt se dispenser, dans un « lâcher prise » général, de toute préoccupation de responsabilité et de toute réflexion adulte. Par une magnifique régression infantile, nous allons vivre une « ascension planétaire » vers le « nouvel âge ».
Merci maman, merci papa.
Pourquoi les « vieux prophètes » ont-ils donc multiplié les mises en gardes contre les parodies de spiritualités, œuvres des « faux-prophètes » à venir (ou actuellement déjà présents) ???
Je remercie les lecteurs ayant apprécié cet interlude récréatif.
Encore désolé d’avoir importuné les autres.
Allez, salut et bonjour à maman !
Gilles bonjour,
Excellent !
Mise à part l’attaque contre ces braves majuscules qui, même si elles peuvent quelquefois effectivement révéler une certaine idolâtrie, sont quand même bien pratiques pour palier les déficiences d’une langue singulièrement indigente en matière de concepts spiritualistes (je rappelle que le Sanskrit dispose de plus de 90 mots pour désigner les différentes sortes d’amour, ce qui le met à l’abri d’un usage intempestif de majuscules dans le seul but, finalement, d’éviter aux jeunes filles de se demander par quel tour de passe-passe transformer l’amour de la choucroute ou l’amour romantique en amour sans objet… puisque, après tout, c’est toujours du même amour dont on semble parler), mis à part ça, donc, on ne peut qu’applaudir d’une main cet admirable commentaire, sorte de remake spiritualisant de « Papa, maman, la bonne (âme) et le moi » !
Oui, la spiritualité infantile et crédule – que j’ai pris l’habitude de dénommer « religiosité » – n’est pas la spiritualité adulte et sceptique !
Mais n’oublions pas, d’une part, que, pour certains, patauger pendant un certain temps dans l’infantilisme pseudo spirituel peut servir de support à une indispensable purgation « psycho-ontologique ».
Le tout étant, bien sûr et comme toujours, d’en sortir !
Et n’oublions pas, d’autre part, que le contexte culturel indien ne confère pas tout à fait le même sens au mot « maman » que le contexte émanant de notre société d’assistés.
Ramana Maharshi appelait sa vache « maman ».
Et là, je ne suis pas certain que Freud eût fait, de ce petit nom aussi respectueux qu’affectueux, une psychanalyse très pertinente !
Honni soit qui mal y pense !
Bernard
Bonsoir Bernard.
Nos langues modernes européennes se sont développées selon d’autres critères que leurs cousines orientales. Nous facilitant certains aspects plus techniques de la vie, elles nous handicapent (avec regret) dans d’autres.
Je me plais à « aimer » cette complémentarité universelle et ressens avec une certaine lassitude la soupe actuelle new age et son habitude à réduire à outrance des notions comme « tout », « amour » et « Un » (avec majuscule; boutade). La récupération récurrente de démarches d’origine orientale par le charlatanisme occidental finit aussi par porter la suspicion sur tout ce qui y ressemble de près ou de loin, même dans le cas de personnes animées de « bonne foi ».
Le personnage Amma n’est probablement pas le plus critiquable « en ce monde ». Mais concernant son entourage, le doute serait plutôt de mise. Le battage médiatique et le show business sont des outils peu recommandables, surtout dans certaines démarches. Dans le cas présent, la fin justifierait-elle les moyens ? L’avenir seul nous éclairera sur cette question.
D’autre part, lorsqu’une personne partage un archétype avec un aspect de la divinité, les traditions orientales tendent à des identifications ontologiquement abusives, comme dans la notion d’avatar. C’est aussi le cas en ce qui concerne Amma.
L’humain reste un humain. L’idolâtrie nuit à la démarche spirituelle. La dévotion saine s’adresse aux aspects divins et non aux représentants humains qui en partagent les archétypes. L’humain n’est qu’un acteur, quel que soit son rôle.
Autre hic quant à la portée présentée comme universelle du « phénomène » Amma : pas sympa envers certains « malchanceux », comme les personnes disparues avant sa mission ou nées après son terme (la remarque vaut pour toute « révélation », inaccessible évidemment aux défunts) ; c’est la faille irrémédiable d’une démarche basée sur un contact physique. Un successeur serait-il dès lors en préparation ?
Chercher à en faire une « incarnation universelle » est clairement abusif. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ; sa démarche a bien sûr une dimension spirituelle. D’ailleurs, comme le conçoit la mystique soufie, toute manifestation de la vie est sacrée et donc spirituelle ; « tout est dieu ». Reste à grader pour éviter le réductionnisme à un holisme plat.
Tout a un sens.
Tout attend sa place.
Le « temps des deniers » s’étirerait de 1542 à nos jours. L’association omniprésente du mercantilisme aux démarches spirituelles toucherait alors symboliquement à sa fin.
S’agissant selon cette hypothèse d’une fatalité historique archétypale, Amma et son entourage ne seraient ainsi pas la cause unique de leur situation, juste (partiellement) un symptôme de notre époque, en attendant des conjonctures plus saines comme celles du « temps des coupes » à venir.
La roue tourne, pas l’axe.
Bonsoir à toi et à toutes les « mamans », humaines ou autres.
Bonsoir aussi à la « dame à l’enfant » … ceci est une autre histoire.
pascal
(gilles étant un pseudo dont je me permettrai de garder la signification)
Pascal Gilles, bonsoir,
Effectivement, il y a quelque chose de l’ordre de la « fatalité historique archétypale » ou du « c’est comme ça et puis c’est tout » dans la manifestation en général, et dans le new age, les faux prophètes et autres charlatans en particulier.
Je l’ai déjà dit dans un autre commentaire : si le son d’une cloche a pu « éveiller » Hakuin, pourquoi ne pas accueillir avec la même ouverture le son d’un faux prophète ?
Tout est bon, dans le cochon !
Même l’entourage d’Amma, qui d’un certain point de vue mérite indéniablement une moue très dubitative, peut se voir avalé tout cru par le Grand Pardon.
Le Grand Pardon est un autre point de vue, celui selon lequel tout est bon, qu’il n’y a rien de mal, que tout est parfait.
Il n’existe strictement rien dans l’univers qui ressemble à un péché ou à une offense ; et lorsque cela se révèle dans la conscience, un Grand Pardon efface les péchés du monde.
La Conscience profonde impose sa vision sans péché à la conscience superficielle qui, dès lors, ne peut plus voir d’offense nulle part.
« Dieu » nous pardonne comme nous pardonnons.
Bien qu’on ne puisse préjuger de rien en ce domaine, il est possible qu’Amma maintienne sa conscience dans ce Grand Pardon.
Bernard
Bernard : « Contrairement à ce que l’on imagine souvent en Occident, la plupart des Hindous n’est pas passionnée par la spiritualité, ni même par la religion. Les parents d’Amma ne se distinguaient guère des athées matérialistes ordinaires vivant en Europe ou en Amérique. »
S’il est vrai que les parents d’Amma n’avaient aucune compréhension spirituelle et l’ont abondamment illustré (du moins dans la période avant qu’ils deviennent ses dévots et se mettent à étudier avec soin) il n’avaient rien non plus d’athées. Ces gens étaient déjà extrêmement pieux, respectant rigoureusement diverses pratiques et cultivant des croyances religieuses parfois avec une extrême rigueur.
Si par exemple Amma marchait sur un morceau de journal, on la battait car elle avait manqué de respect à la déesse Sarasvati (des arts et lettres).
Bertrand bonjour,
Oui, vous avez raison de préciser ce point : le conditionnement des parents d’Amma baignait dans une religiosité plus ou moins superstitieuse, comme il se doit en Inde.
Mais, du point de vue que j’adopte dans ce blog, la religiosité est matérialiste au même titre que l’athéisme. Ce dernier est en partie l’aboutissement de croyances religieuses qui n’ont pas prouvé leur efficacité en produisant suffisamment de satisfactions matérielles et égoïstes. On cesse alors de croire en Dieu et on se met à croire en la science. Même combat !
C’est donc bien par rapport au matérialisme animal qui est à la base de la nécessité de croire en des moyens « magiques » (religieux ou scientifiques) de satisfaire besoins et désirs matériels, que je ne distingue pas les athées occidentaux des croyants orientaux.
Ce qui les intéresse avant tout, c’est la soupe ! Et ce n’est pas une critique. Elle est bonne, la soupe !
Seulement voila : dès qu’un vague parfum de spiritualité montre son nez, ils se mettent à croire que leur soupe est menacée et ils deviennent dangereux !
Et finalement, qu’ils soient athées ou croyants, ils réagissent à peu près par le même genre de répression.
Ils ne sont pas très différents !
Bernard
Bernard : « Ils ne sont pas très différents ! »
Oh cette affaire là est entendue, si j’ai souligné la religiosité des parents d’Amma et de ceux de son village qu’Elle a dérangés, c’est plus pour abonder *encore plus* dans ton sens que pour contester ton analyse.
Enfin quand même, avant de jeter la pierre (je crois que l’histoire d’Amma joue avec notre tentation de blâmer cette famille, bien des visiteurs à Amritapuri développent une haine envers eux et un désir de les punir) il faut bien réaliser que ces personnes étaient sincères et innocentes, même si l’ignorance spirituelle est établie. Si un être apparaissait dans notre propre famille qui remet en question la totalité de nos préjugés et en plus en bloc, je ne suis pas sûr qu’on réagirait très différemment, car nos préjugés faux sont bien aussi solides que ceux des parents d’Amma, nous ne les voyons simplement pas car ils nous sont trop familiers! Au lieu de tenter de la tuer on tenterait de la faire enfermer, de la mettre sous tutelle et de l’assommer de médicaments, la trépanation n’est plus à la mode mais peu s’en faut, nul doute qu’on tenterait au moins de lui opérer le cerveau avec l’espoir vague que l’opération tourne mal et qu’elle finisse tétraplégique… bref ce ne serait pas fondamentalement différent à part dans la forme, de ce qu’a subi Sudhamani. Seuls les sots croient être exempts de l’ignorance spirituelle des parents d’Amma. Les parents d’Amma sont devenus ensuite des ardents dévots alors qu’elle avait détruit leur monde confortable. Ils ont fait preuve en cela d’un courage et d’une humilité admirables que peu d’entre nous pourraient avoir.
Oui, tout à fait. C’est ce qu’en d’autres termes je disais dans un commentaire précédent :
« Même l’entourage d’Amma, qui d’un certain point de vue mérite indéniablement une moue très dubitative, peut se voir avalé tout cru par le Grand Pardon. »
Or, Amma semble tout à fait du genre à les avoir avalés tout cru dans son Grand Pardon !
A chacun d’entre nous d’en faire autant.
Ça mérite, en tout cas, d’être essayé. C’est très relaxant, le Grand Pardon !
Bernard
Bonjour Bernard,
Voici quelques élucubrations concernant le « prince de ce monde ».
Notons d’abord que le « nuage » (prononcer « new age ») a remis au goût du jour le culte de Bélial, à peine déguisé sous le masque de la « loi d’attraction », dont la popularité s’étend d’Amérique jusqu’ici.
Ce « commerce avec les intermédiaires » y prend des allures touchant au grotesque : de bien naïves personnes s’imaginent, du haut de leur narcissisme sans borne, être en communication avec « l’Univers en personne » (après les « êtres de lumières et la clique », cette mouvance n’en n’est plus à un délire schizophrénique près), à qui ils disent « merci » une fois leur vœu exaucé. Non seulement l’Univers n’est pas une « entité communicante en ce sens » mais surtout, si c’était le cas, « il » aurait des préoccupations nettement plus importantes.
« Les intermédiaires » contactés, quels qu’ils soient, se régalent de se faire passer pour « l’Univers » et de jouer avec la naïveté de ces orgueilleux. C’est d’ailleurs la liberté qui a été laissée à « Bélial et ses acolytes » (s’il faut donner un nom au phénomène ») par « Ahura Mazda », autre nom symbolique.
Venons-en plus précisément au « prince de ce monde », projection psychique de l’orgueil humain.
Petit rappel étymologique … MUNDUS (latin) : trou nauséabond ouvert sur l’enfer.
Les adorateurs de Sanat Kumara, archétype simiesque du grand mâle dominant (dont la nullité spirituelle saute aux yeux) lâché en pâture par le « génie Blavatski » aux innombrables victimes de la pathologie du narcissisme théosophique, ne pratiquent en fait rien d’autre que le culte foncièrement contre-initiatique du « prince de ce monde ».
Ce « prince » s’amuse à signer son emprise de sa griffe.
Les adeptes de cette « théosophie » se nomment les « serviteurs du MONDE ».
Leur association : la « bonne volonté MONDIALE ».
Leur messie attendu : « l’instructeur du MONDE ».
A pleurer de rire.
Politiquement, cela donne le « nouvel ordre MONDIAL » ou « new WORLD order ».
A cette farce sont liés des personnages controversés comme Krisnamurti, gavé dès l’enfance d’endoctrinement luciférien (Lucis Trust), qui a eu la géniale idée d’exercer une action en justice pour des … droits d’auteur ! Le concept de « propriété intellectuelle » s’inscrirait donc pour ce monsieur (Sri à majuscule) dans le cadre de la spiritualité. Comique.
Quant à Gandhi, ne traînerait-il pas une réputation de pédophile ?
Tout ceci pour nous amener à la « cousine indienne de Johnny Halliday », notre chère Amma, dont la mise-en-scène juteuse, orchestrée par des lobbies occidentaux, ressemble à s’y méprendre à une succursale de la théosophie.
Son association ne se nommerait-elle pas « Embracing the WORLD ».
Expression qui, après réflexion, ne veut absolument rien dire … sinon que l’entité qui a pris le pouvoir sur cette âme égarée ambitionne d’étendre son emprise sur le MONDE. Que d’orgueil dans tout cela !
Quel farceur, ce « prince de ce MONDE » !
Amma est ma « sœur », dans la grande famille humaine.
Jamais elle ne sera ma « mère », pas plus que cet orgueilleux personnage qu’est le pape ne sera mon « père ».
Il est assez curieux que les vrais prophètes nous aient décrit les faux sous des traits très proches de ces farceurs new age.
Quoi qu’il en soit, cette histoire m’a bien fait rire.
Gilles bonjour,
Ainsi l’univers ne préoccuperait pas de me voir acquérir une nouvelle Ferrari !!!
Déception !
La loi de l’attraction est indéniablement une plaie !
Quant aux dénominations « Mère », « Père », « Soeur » ou « Frère », je partage cette répulsion à employer les deux premiers, et une préférence pour les deux derniers.
D’autant que les premiers seront les derniers !
Bernard
A cette nouvelle, le Frère a ri rouge.
Bonne soirée.
Ah, cette nouvelle Ferrari rouge!
Calembour facile, sans autre allusion.
Je suis en intime communion avec dyonos. L’heure de mes posts constitue parfois un indice sur l’état d’esprit dans lequel je les écris. merci pour ton indulgence.
Pour me faire pardonner, je te concocte un petit texte sur les symboliques qui, selon mon humble avis, vaut le détour.
Bonne nuit.