Interview – Thich Nhât Hanh, instructeur de l’inter-être et militant de la paix

juil 12

A la base de tout enseignement Traditionnel, chaque maître insiste avant tout sur l’idée que tout est un.

Les religions monothéistes ne sont que la traduction de ce principe fondamental de l’Unicité. Il n’y a qu’un Dieu.

Il n’y a en effet qu’une Conscience, qu’un Etre.

Et l’Eveil spirituel consiste à se libérer de ce mental égocentré qui nous oblige à nous percevoir comme une entité séparée.

Une fois transcendées les limitations de notre ego, le Réel se révèle alors comme un Tout Unifié.

La Réalité est évidemment de nature spirituelle et indivise.

Malheureusement, les aberrations du mental égocentré nous cachent complètement cette Unicité.

Et tant que nous ne réalisons pas l’éveil de notre Esprit individuel, nous ne pouvons avoir accès à l’Esprit Universel.

Les hindouistes résument cet Eveil en disant que l’Atman est le Brahman.

Thich Nhât Hanh, lui, préfère à cette sorte de vérités métaphysiques, une notion plus en rapport avec la physique, et par conséquent peut-être plus accessible à l’homme moderne, surtout lorsque celui-ci s’est un tant soit peu familiarisé avec la physique quantique : la notion de l’Inter-être.

T 2

Grâce au concept d’inter-être, il devient très facile à chacun de se rendre compte que l’objet isolé est un pur fantasme du mental.

La table sur laquelle repose votre écran d’ordinateur, par exemple, a probablement été faite avec le bois d’un arbre, lui-même composé de minéraux, d’eau, de lumière…

Thich Nhât Hanh dit alors que la table inter-est avec la terre, le soleil, le nuage…

Mais elle inter-est également avec le bûcheron qui a coupé l’arbre, et avec le blé dont s’est nourri le bûcheron, et donc avec le boulanger… ainsi de suite à l’infini !

Blé

Enfin, et c’est peut-être le plus important, cette table inter-est avec nous-mêmes, dans la mesure où elle se manifeste à travers notre perception, où elle apparaît dans notre conscience.

Bref, il n’est rien, dans tout l’univers, qui ne se trouve dans cette table ; et s’il manquait quoi que ce soit à l’univers, cette table ne pourrait être !

Etre, c’est donc toujours inter-être !

Ceci est cela

Cette notion fondamentale ne doit évidemment pas se limiter au stade du simple concept intellectuel mais au contraire s’intégrer d’une manière habituelle à notre vision du monde.

Cela acquis, il devient possible de mieux comprendre que le dualisme du mental est générateur d’illusion et d’erreur.

En effet, si rien au monde n’a de réalité en tant qu’objet séparé, si l’esprit et l’objet sont un, si tout est dans tout, alors les opposés, eux-mêmes, sont loin d’être irréconciliables.

Ainsi pourra-t-on aussi facilement trouver la beauté dans la laideur, la jeunesse dans la vieillesse, la pureté dans l’impur… que voir le grand dans le petit ou l’intérieur dans l’extérieur…

Seul le mental opère des séparations entre les paires d’opposés.

Du

Et se libérer du piège de la dualité, que ce mental tend constamment à notre perception de la réalité, révèle immédiatement en nous une Conscience pour laquelle il n’y a jamais eu ni commencement ni fin, ni unité ni pluralité.

Pour cette Conscience, chaque grain de poussière contient l’univers entier, chaque individu était avant sa naissance et continue d’être après sa mort.

Ce discours, d’ailleurs, la science nous le tient depuis quelques années déjà, qui ne voit dans les particules que des relations mutuelles entre les particules elles-mêmes.

Et ce n’est pas au moment où elle nous confirme l’existence du boson de Higgs qu’elle va dire le contraire.

Bo 2

De la même manière, dans l’enseignement de Thich Nhât Hanh, la méditation sur l’Inter-être pourrait se résumer par « Ceci est cela, et Cela est ceci ».

Mais il diverge tout de même de la démarche scientifique dans la mesure où il n’a d’autre but que d’aider à dissoudre le concept de moi… puisque ce concept est précisément construit sur l’opposition entre l’unité et la diversité.

Ici, l’interdépendance de tous les phénomènes est proposée comme métaphore utile à guider le chercheur dans sa découverte et dans la Réalisation de sa Nature profonde, et non, comme c’est le cas dans le cadre scientifique, à construire des hypothèses ou à enregistrer des constats objectifs.

L’univers est notre corps

Pour le spiritualiste, comme son nom l’indique, tout est Esprit.

Et l’Esprit est la source de tout.

Mais cet Esprit est également Vide.

Les Taoïstes ne disent-ils pas, d’ailleurs, que c’est le vide au centre de la roue qui permet à la roue de tourner ?

R

Si la Conscience Ultime n’était pas Vide, elle serait « quelque chose », c’est à dire un phénomène dont l’apparition, postérieure à une interaction spécifique des autres phénomènes, serait conditionnée.

Il faudrait alors rechercher ce qui est antérieur à cette Conscience Ultime, ce qui la conditionne.

Or, précisément, si elle est Ultime, rien ne lui est antérieur.

Ce n’est donc pas un phénomène. Ce n’est rien de créé.

Voilà pourquoi la Conscience Ultime ne peut être que « Vide » !

Et pourquoi seul ce Vide, en tant que témoin ultime, peut donner naissance à tous les phénomènes qui, du même coup, sont eux aussi intrinsèquement vides.

Dans cette Conscience, donc, l’univers apparaît.

Et Thich Nhât Hanh, comme beaucoup de maîtres spirituels, enseigne que l’univers est le corps de cette Conscience, autrement dit : que l’univers est notre corps.

U

Ceci le conduit tout naturellement à conseiller à ceux qui le suivent ou le lisent de respecter l’environnement au même titre que leur propre organisme.

Ce n’est pas là l’expression d’un souci écologique ou moral, mais bien spirituel, en vue de l’accomplissement de ce sentiment profond de Responsabilité, de Compassion et d’Amour.

Car l’Etre ne peut être qu’Amour… puisqu’il est Inter-être !

Un enseignement pratique

L’enseignement de Thich Nhât Hanh se veut extrêmement pratique, offrant des outils très concrets pour opposer des protections immédiates face à la violence qui nous habite et qui met précisément en péril la Paix, la Compassion et l’Amour.

« C’est de la transformation de nos souffrances et violences intérieures que dépendent la paix et le bonheur des générations futures », dit-il.

T 7

Mais le maître vietnamien ne se contente toutefois pas de rêver.

C’est une véritable méthodologie qu’il offre à ses disciples pour arriver à cette transformation.

Dans sa communauté de moines et de moniales du Village des Pruniers, on s’efforce activement à faire, de chaque geste quotidien, une prière, un don, un acte d’amour.

Et c’est aussi ce qu’il enseigne à tous ceux qui l’écoutent ou le lisent.

Comment trouver la paix ?

La paix, le royaume de Dieu, sont disponibles dans chaque cellule de notre corps.

Or, nous pouvons toucher cette joie et ce bonheur : la paix pour nous-mêmes… mais aussi pour le monde !

Hélas, dans chaque cellule de notre corps, il y a aussi la violence, la souffrance et le désespoir.

Alors, le Bouddha nous invite à rentrer chez nous, corps et esprit, avec une source d’énergie qui est la Pleine Conscience.

C

Avec Elle, nous touchons la paix, la joie et le bonheur dans chaque cellule de notre corps.

Sans Elle, nous risquons fort de toucher la peur, la guerre, la violence, le désespoir.

En quoi consiste cette Pleine Conscience ?

C’est une énergie qui nous permet de réaliser ce qui se passe dans le moment présent.

Nous sommes tous capables de générer cette énergie. Il suffit de faire attention à notre respiration car l’énergie de la Pleine Conscience réside dans le souffle.

Si je bois de l’eau et que je sais que je suis en train de boire de l’eau, je bois en pleine conscience.

Si je mange et que je sais que je suis en train de manger, je mange en pleine conscience.

Si je marche et que je sais que je suis en train de marcher, je marche en pleine conscience.

M 3

Je suis conscient de chaque pas que je fais. Mon corps est là, avec moi. J’investis à 100% mon corps et mon esprit dans chaque pas.

C’est ainsi qu’avec cette concentration forte, on touche le Royaume de Dieu, on marche comme une personne libre.

On n’est pas entraîné vers les regrets concernant le passé, ni possédé par la peur ou l’incertitude concernant le futur.

La Terre Pure de Bouddha, le Royaume de Dieu, est maintenant ou jamais.

Le pouvoir de la Pleine Conscience nous permet de le toucher à l’instant même.

Comment cette Pleine Conscience peut-Elle être présente dans chaque cellule de notre corps ?

Dans l’Avatamsaka Sutra, le Bouddha dit que l’Un contient le Tout.

Autrement dit, chaque cellule de notre corps contient toutes les autres cellules.

C’est pour cela que le clonage est possible ; parce qu’en chaque cellule est déposée la totalité du patrimoine génétique.

Nous avons des ancêtres génétiques, mais également des ancêtres spirituels. La transmission se fait aussi par la voie spirituelle.

Je n’ai pas d’enfants biologiques, mais j’ai beaucoup de fils et de filles spirituels. A ces enfants, j’ai donné mon bonheur et ma sagesse.

TE

Parmi nos ancêtres spirituels, le Bouddha, lui aussi, nous a transmis son amour et sa sagesse à travers les générations de Bodhisattvas et de maîtres.

Ainsi peut-on dire que le Bouddha est présent dans chacune des cellules de notre corps, qu’Il est présent à travers l’énergie de la Pleine Conscience.

Et le Bouddha en nous permet la transformation intérieure qui nous conduira à la réalisation de notre vraie nature.

En quoi la respiration peut-elle nous aider ?

Quand on n’est pas bien dans son corps, qu’on est agité par des émotions, la respiration n’est pas paisible.

En portant notre attention sur l’inspiration et l’expiration, on se rend pleinement conscient du fait que l’on respire.

La respiration devient alors plus profonde et plus harmonieuse.

Selon l’enseignement du Bouddha, on augmente la Pleine Conscience en méditant sur la pratique de la respiration.

B

A travers la respiration, on embrasse l’énergie de la Pleine Conscience sous toutes ses formes.

Je sais que j’inspire : j’identifie l’inspiration comme inspiration.

Je sais que j’expire : j’identifie l’expiration comme expiration.

C’est un jeu d’enfant, mais l’effet sera très grand car l’énergie de la Pleine Conscience est pareille au soleil dont la lumière embrasse la végétation qui se transforme.

Avec l’énergie de la Pleine Conscience, la paix s’installe dans le souffle.

Si l’on pratique cinq minutes par jour, on développera beaucoup de qualités.

Il y a la guerre dans notre corps. Il faut revenir à notre corps avec la respiration consciente. Il faut laisser le corps se détendre, se restaurer, participer à la pratique de la paix.

Beaucoup d’entre nous ont perdu l’habitude du repos qui permet au corps de guérir.

Lorsqu’un animal est blessé, il sait instinctivement ce qu’il convient de faire. Il trouve un endroit tranquille, il ne mange plus, ne poursuit plus d’autres animaux. Son corps guérit dans un processus d’auto guérison.

L 2

Dans le passé, les hommes ont eu cette sagesse spontanée.

Lorsqu’ils étaient malades, ils ne mangeaient plus et ne pensaient plus.

Nous devons faire la paix avec notre corps, le transformer par la pratique consciente de la respiration.

 

Et avec notre psychisme ?

Je sais que le désespoir est en moi, j’embrasse mon désespoir dans ma Pleine Conscience.

On devient comme la maman avec son bébé. Lorsque le bébé pleure, la maman prend son bébé dans ses bras et le berce.

De même, chaque fois que l’enfant intérieur pleure en nous, nous le consolons.

Le désespoir et les émotions font pleurer ce bébé terrible qui est en nous.

BB

Il faut revenir à lui, en prendre soin.

En chacun de nous, il y a un petit enfant qui a besoin qu’on se retourne vers lui, un enfant empli de souffrance, de frustration, de violence et de désespoir.

On utilise pour cela l’énergie de la Pleine Conscience.

Il faut revenir en nous car l’énergie de la Pleine Conscience est le Bouddha.

Elle est porteuse de la concentration, de la vision profonde et de la compréhension profonde.

Elle contient le pouvoir de guérir.

Nous souffrons parce qu’il y a en nous trop de violence, de peine et de désespoir.

D’où vient ce désespoir ?

Le Bouddha aime parler de notre souffrance en termes de nourriture.

Si nous pouvons reconnaître la source qui nourrit la souffrance, nous sommes sur la voie de l’émancipation.

Il faut identifier la source du mal-être.

Si nous avons la vue correcte, nous saurons couper la source qui nourrit notre désespoir.

C’est une forme de consommation irréfléchie qui est à la source de notre mal-être.

Nous consommons par peur, souffrance, désir maladif de la richesse, du sexe, de la renommée ou du pouvoir.

Cs

Mais le bonheur véritable n’est pas obtenu par la satisfaction de tels désirs.

Le bonheur vient lorsqu’on est enveloppé de paix, d’amour et de compréhension.

La psychologie bouddhiste parle de la Conscience comme d’une graine, Bija, la semence d’Eveil.

C’est une graine d’amour, de compréhension.

Mais nous avons aussi une graine de violence et de désespoir. Si elle est arrosée chaque jour par la télévision, les journaux, les magazines, les romans, et même la conversation, nous devenons comme paralysés par trop de violence, de désespoir et de souffrance.

Pour nous protéger et protéger nos enfants, consommons de la pleine conscience.

Dirigeons le regard profond et la compréhension vers notre souffrance, avec le frère Dharma et le maître Bouddha.

De la compréhension profonde naît l’amour véritable.

Propos recueillis par Bernard Klein

 

T 5

6 commentaires

  1. Charly Alverda /

    Bonsoir,

    Je n’étais pas en vacances mon cher Bernard, je goûtais tous tes propos m’imprégnant de + en + de la vision du Védanta que tu sais si bien et simplement exprimer. Ah l’Amour !… et l’humour, Frère Antoine m’a fait penser à ces moines pansus du Moyen-âge, je le vois bien en Frère Tuck, le compagnon de Robin Hood !

    Si je n’intervenais plus c’est que je n’avais rien à re-dire, mais ce soir j’ai trouvé deux os medullaires.

    Le premier est relatif à la physique quantique qu’il faudrait selon moi laisser aux chercheurs, qui eux-mêmes pataugent en s’inspirant des doctrines orientales ! Le problème tient à ce que – sous prétexte de recherche spirituelle, les adeptes du D. Personnel agrandissent ainsi considérablement leur champ de perception en affirmant à longueur de forum que : « Les mondes multidimensionnels sont une réalité selon la physique quantique ». Ouiche ! Les fées… en effet, les anges, les OVNIS… deviennent une réalité plus… proche ! Et je trouve aujourd’hui sur le forum de la radio ICI et MAINTENANT ! cette conclusion néo-cartésienne : « La réalité unique c’est le racisme de la perception ».

    Mon deuxième os concerne ta vision du « mental égocentré » et donc uniquement ta FORMULATION de l’ego ; ayant cependant bien souligner de prime : « Une fois transcendées les limitations de notre ego… » Mais une foultitude croiX qu’il faut se débarrasser du mental, j’en rencontre toutes les semaines ! Aussi pour d’éventuels lecteurs, non avertis, permets que j’extraie des citations de ce post, au demeurant excellent.

    « Malheureusement, les aberrations du mental égocentré nous cachent complètement cette Unicité. »

    Certes !

    « Seul le mental opère des séparations entre les paires d’opposés.
    Et se libérer du piège de la dualité, que ce mental tend constamment à notre perception de la réalité, révèle immédiatement en nous une Conscience pour laquelle il n’y a jamais eu ni commencement ni fin, ni unité ni pluralité. »

    Le mental joue son rôle… à merveille ! Qui voudrait se libérer d’un piège, à part moi ?

    « Si je bois de l’eau et que je sais que je suis en train de boire de l’eau, je bois en pleine conscience.
    Si je mange et que je sais que je suis en train de manger, je mange en pleine conscience.
    Si je marche et que je sais que je suis en train de marcher, je marche en pleine conscience. »

    Seul le mental nous permet de marcher, boire, manger… et lire ce blog ! Considérons donc premièrement, en conscience, cette superbe machine que la Conscience que JE SUIS a voulu expérimenter. Peut-être verrons-nous que l’identification à cette machine est l’unique cause d’un ego… inexistant.

    Ah ! Et puis j’allais oublier ceci : « … seul ce Vide, en tant que témoin ultime, peut donner naissance à tous les phénomènes qui, du même coup, sont eux aussi intrinsèquement vides.
    Dans cette Conscience, donc, l’univers apparaît. »

    Penses-tu vraiment que ce Vide producteur du Tout manifesté soit témoin de quoi que ce soit ?

    En fête JE ne saiT pas.

    Bonne soirée,

    Charly

    • BK /

      Bonjour mon cher Charly,

      Et dans la veine des « non-anniversaires » d’Alice, permets-moi donc de te souhaiter de bonnes non-vacances puisque tel était le cas.

      Quant au quantique des quantiques, je ris avec toi de la world-cuisine mitonnée par nos amis physiciens, où, sur fond de mathématique, se mêlent des relents du vieux paradigme matérialiste et des spéculations métaphysico-orientalisantes mal digérées ; et j’en profite en passant pour pleurer sur les anges et les OVNIS.

      Toutefois, la vulgarisation scientifique nous offre un lot de métaphores qu’il serait cruel d’ignorer.

      Dans la mesure où le mental égocentré est une bestiole qui se caresse dans le sens du poil, et où il a fait ses provisions d’images d’Épinal dans le domaine de cette vulgarisation, pourquoi ne pas faire preuve d’un modernisme de bon ton en remplaçant le minautore du labyrinthe par le minou de Schrodinger ?

      Deuxième os : concernant ce turbulent concept spiritualiste de « mental » qui inciterait certains lecteurs non avertis à croire qu’il faut flinguer le mental, nous avons eu, déjà à quelques reprises, l’occasion d’en débattre.

      Le véritable problème, c’est que la question du concept mal compris ne se pose pas seulement pour le mot « mental ».

      Tous les mots du discours spiritualiste sont plus ou moins mal compris.

      Rien que le mot « spiritualité », par exemple, fait l’objet de définitions extrêmement variées dont certaines ont de quoi horrifier.

      Alors, s’il me semble effectivement indispensable de consacrer, ici ou là, un article ou un commentaire à préciser le sens de ces mots, il me paraît tout autant impossible de le faire chaque fois qu’on les emploie.

      Ne serait-ce que parce qu’il faudrait également préciser le sens des mots utilisés pour préciser le sens d’un mot… à l’infini.

      Le « lecteur non averti », lui-même, n’est pas un concept. C’est un être vivant comme un autre. S’il en est au stade de la religiosité, quoi que tu fasses, il interprétera tes mots comme ça l’arrange. Mais s’il a dépassé ce stade, il ne pourra s’empêcher de remettre en question sa compréhension et d’approfondir sa recherche.

      Enfin, troisième os : le Vide témoin ultime.

      « Témoin ultime » est une façon de dire qu’il ne s’agit pas d’un témoin au sens ordinaire du terme.

      On dit aussi « état ultime » pour désigner ce que l’on appelle par ailleurs « l’état sans état » ou « l’absence d’état ».

      L’étiquette « ultime » correspond donc généralement au cachet de la poste faisant foi de l’Absolu.

      Le « Témoin ultime » désigne « ce qui reste quand tout a disparu ». Il n’est donc pas témoin au sens de « témoin de quelque chose ». Il est simplement ce qui ne peut disparaître, ce qui ne peut naître ni mourir. Ce qui demeure présent dans tous les états et même dans l’état sans état.

      Du point de vue du manifesté, il ne se distingue pas du Vide. Mais Il est, en réalité, au-delà du Vide, ce qui, par définition, est incompréhensible. C’est pourquoi « je ne sait pas ».

      Dans l’ordre du compréhensible, on peut juste oser la proposition paradoxale selon laquelle le Vide serait le Témoin ultime, témoin de rien, au-delà du savoir.

      De quoi « flinguer » le « mental » !

      Bernard de Guillemets

  2. Encore un Etre qui m’a plu dans ce qu’il écrit…bonne journée

  3. bonjour,
    Artiste plasticienne et adepte des enseignements de Tich Nath Han,je travaille sur la notion d’interdépendance et d’inter-être.
    Puis-je reprendre une partie de votre témoignage sur mon blog,car vous synthétisez mieux que moi son enseignement.
    En vous remerciant par avance. Bien cordialement.
    PEGGY
    http://interdependance-peggyreboul.blogspot.fr/
    http://ferroncallot.blogspot.fr/

    • BK /

      Peggy bonjour,

      Reprenez, bien sûr, tout ce dont vous avez besoin.

      Main et manuscrit ont toujours une histoire en commun.

      Votre travail est admirable.

      Si je puis vous être d’une aide quelconque… c’est avec plaisir.

      Bernard

      • Bonjour,
        veuillez m’excuser de vous répondre si tardivement. Je vous remercie infiniement de votre accord et de vos compliments.
        je vais prochainement m’atteler à l’interdépendance entre l’homme et l’animal.Pour m’aider, vous simplement 2 fois par an envoyer le lien de mon blog à vos contacts.
        Bien à vous.
        Et merci pour votre partage.
        PEGGY
        http://ferroncallot.blogspot.fr/
        FERRON CALLOT Son dernier article…Les photographiques du Mans / 2013My Profile

Laissez votre commentaire ici

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong> <img src="" alt="" class="" width="" height="">

CommentLuv badge

Notify via Email Only if someone replies to My Comment

[+] Zaazu Emoticons